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L'écrivain marie-galantais Bernard Leclaire à la rencontre des collégiens





                                                Jean-Benoît Desnel, mon Éditeur martiniquais. 


Delphine Rotfus

L'écrivain marie-galantais Bernard Leclaire à la rencontre des collégiens.

Quand un écrivain nous parle...

Que les textes lus à voix haute prennent vie et corps, la magie opère auprès du jeune public : le désir du livre naît. "Quand lirons-nous ce livre ?" " Cela a l'air intéressant, j'ai hâte de le lire ! " me chuchotent mes élèves sous le charme de ces voix.

Le livre en question c'est "La Mare au Punch" de Monsieur Bernard Leclaire, auteur marie-galantais invité par M. Romney à rencontrer les collégiens, comme l'avaient été l'année dernière Madame Gisèle Pineau, d'origine guadeloupéenne, et Luis Mizon, poète chilien, dans le cadre des journées artistiques et culturelles que le représentant du Recteur organise pour notre plus grand bonheur. Le succès est renouvelé cette année encore, suscitant la même qualité d'écoute et d'intérêt chez les jeunes lecteurs, en devenir, des élèves de cinquième et de quatrième.

Ce jeudi matin l’évènement a lieu au collège Soualiga. L'autre voix qui résonne au milieu des livres de la bibliothèque, le C.D.I., c'est celle de Madame Eliane Kancel, professeure de théâtre venue dire des textes choisis de la littérature de la Caraïbe : les mots d'Aimé Césaire (La Tragédie du Roi Christophe), de Max Rippon ( "La Déchirure" in Les Débris de Silences), de Guy Tirolien ( "La prière d'un enfant nègre" in Balles d'or) et encore ceux de Jacques Roumain (Gouverneurs de la rosée) s'incarnent.

L'écrivain prend le relais. Bernard Leclaire s'adresse aux élèves qui l'interrogent sur son métier, ses livres, l'esclavage. Il leur transmet l'histoire de son île chérie Marie-Galante, de l'esclavage à la liberté, et à travers elle, la nécessité d'apprendre, "le devoir d'aller quérir le savoir, la connaissance, lire des livres", "le goût de l'effort", pour apprendre à communiquer, être capable d'interpréter, aller au fond des choses pour avoir sa place dans ce "jeu d'intelligence et d'anticipation qu'est la vie", pour devenir des citoyens qui seront les forces vives de demain, vigilants prêts à défendre cette liberté chèrement acquise et toujours menacée, et cela grâce à la culture.

Être cultivé, savoir qui l'on veut être , "N'acceptez pas n'importe quoi, ouvrez vos yeux !" les enjoint-il avec force. "Vous devez savoir aujourd'hui ce que vous voulez faire comme métier demain ; si vous voulez être les futurs médecins, chercheurs, hommes politiques de Saint-Martin !" et de leur donner rendez-vous dans quelques années pour voir "s'ils ont mis des actions derrière ces mots ", s'ils ont réalisé leur projet.

Le sien, le projet de l'écrivain, il le formule ainsi : "Ce que je cherche quand je prends un livre, c'est une dénonciation. L'écrivain doit interpeller. Quand j'écris, c'est un acte d'amour qui s'adresse à tous, je veux faire plaisir à la terre entière".

Mission accomplie aujourd'hui, à travers ce moment de partage et de plaisir, pendant lequel il a su (r)éveillé l'envie de lire et d'apprendre de nos élèves fortement interpellés, allumant l'étincelle de leur curiosité et de leur volonté, inscrivant en eux la nécessité de se projeter, de lire et d'apprendre !

Madame Delphine Rotfus, professeure de français.




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