Site Officiel - Répertorié Site Ile en Ile - Publié dès 1999 Créateur du courant Littéraire : Caribénitude (La) Un Visage dans la Mer – Noces Divines – Château des Murat (Le) – Mare au Punch (La) - Sortir du Macadam. Nombreux articles sur les sites et journaux locaux: (Politique – Economie – Sociologie). Répertorié dans la liste des Sociologues Français. Recherches : Emigration Congolaise de 1870-1890 aux Antilles. Particulièrement sur l’Ile de MARIE-GALANTE. (Thèse de Doctorat).
mardi 24 décembre 2013
dimanche 22 décembre 2013
11000 000€, RIEN QUE CELA !
11000 000€,
RIEN QUE CELA !
Elle est belle notre chère Guadeloupe, le SIAEAG qui
doit 11 000 000€ à la Générale des Eaux Guadeloupe ! N'est-ce pas cette Structure
qui, très récemment organisait des soirées à prix exorbitants dans un faste écœurant,
invitant gracieusement de surcroît toute la Caraïbe ?
De sérieuses menaces de coupures sont alors proférées par le créancier suite à
l’ultimatum du règlement lancé ! Je pensais que sa raison d’être était la
qualité de l’eau.
Comme d’habitude chez nous, on ne trouvera aucun responsable, a fortiori de pouvoir dénicher le vrai coupable ! Ou alors, l’instruction
du dossier prendra quinze ans, à un point tel, que les protagonistes n’y seront
plus !
Le pays de la culpabilité fantomatique et de l’oubli
commode et confortable ! Encore une
affaire classée comme bien d’autres !
VEOLIA devrait très probablement reprendre le bébé, annonçant
d’ores et déjà une augmentation de 57% dès les premières factures pour tous les
consommateurs !
Les Gérants de Station de Service se voient déposséder
de leur job au détriment d’un stupide bras de fer entre Pétroliers et Politique !
Le souci de la fameuse transparence souhaitée ne compte que pour les plus
faibles or la SARA a déclaré 30 000 000€ de dividendes pour l’année 2012, partagés
à 100% entre les actionnaires, sans y mettre bien sûr le moindre centime en
réinvestissement !
Nous avons là, n’est-ce pas, les prémices d’une
excellente et extraordinaire année 2014 en perspective ! Il y a de quoi être rassurant et rassuré !
Néanmoins, je vous souhaite chers amis, de pouvoir réellement
passer de superbes fêtes de fin d'année ! Je crois qu’il va nous falloir très sérieusement
retrousser nos manches ! Bon courage à tous !
2014, j’ai l’impression que ça passe ou ça casse !
B. Leclaire
22/12/2013
dimanche 15 décembre 2013
AVIS AU FUTUR MAIRE DE GRAND- BOURG !
AVIS
AU FUTUR MAIRE DE GRAND- BOURG !
Grand-Bourg
Ma
ville
Mais
qu’ont-ils fait de toi ?
Bien plus qu'un simple exercice comptable, il faut
que nos hommes politiques fassent preuve de plus d'imagination pour trouver des
solutions porteuses et efficientes. Marie-Galante ne peut pas et ne doit pas vivre
en vase clos dans un monde où les frontières s'abolissent de plus en plus, où
les moyens de communications les plus sophistiqués dominent et conditionnent l’existence de tout un
chacun...
Une vraie politique doit pouvoir proposer aux Marie Galantais un avenir qui tienne compte de la conjoncture mondiale. Le "génocide par substitution" auquel on assiste depuis quelque temps est effrayant. Mais aussi très révélateur. Il permet de mettre en lumière une problématique vitale à l’intérieure de laquelle doit s’inscrire un vrai PROJET politique.
La question qui sous-tend cette problématique : Comment se fait-il que d'autres sont prêts à tout sacrifier pour investir à Marie Galante (une île qu'ils regardent comme une terre riche de promesses !) or « les enfants du pays » soient incapables, dans leur immense majorité, de concevoir une existence stable sur leur propre caillou, « la lombrik a-yo téré » ?
Il faut sortir de la politicaillerie qui a prévalu pendant si longtemps à Marie-Galante (dans un infâme imbroglio de querelles de personnes et de luttes fratricides) et penser enfin une politique autour de problématiques sérieuses et adultes.
C'est l'occasion ultime pour l'île de s’affranchir de ces dissensions fratricides et stériles, de ces exhibitions de « majors de quartier » qui ont en somme suicidé cette Île. Suicidé ? Non pas… tant qu’il y a vie… mais alors, il va falloir faire vite, très vite !
Pour l’instant, j’entends toutes les doléances
et elles sont fondées, mais où sont alors les « perspectives de
demain » qui referont la gloire de notre noble Cité ?
Cette île a perdu plus de 5000 habitants
sur les 15 dernières années ?
Cette perte est tristement historique et
c’est là, véritablement la preuve par neuf que les politicards actuels n’ont
pas voulu ou n’ont pas su sauver le soldat Marie-Galante, le laissant plus
que jamais s’enliser dans la médiocrité, le désespoir et le vide.
Le bilan est désastreux et ça tout le
monde le sait, tout le monde le voit, tout le monde le vit, mais attention à ne
pas vouloir bâtir un édifice sur un terrain déjà miné ! Attention à ne pas
vouloir reconstruire un temple là, où les fondations sont déjà pourries !
Il va falloir fonder d’autres bases, plus modernes et plus consensuelles afin
de mettre en application les nouvelles données de la réussite de demain !
Les derniers courageux de l’île qui y résident
veulent savoir comment continuer à y demeurer et ceux qui veulent revenir
souhaitent d’urgence entendre quels sont les nouveaux facteurs intelligents qui
leurs permettront d’amorcer un éventuel retour ?
Nos médecines « an tan lontan » basées sur
l’empirisme nous ramènent tous, cinquante ans en retard et manifestement au
lieu de progresser nous avons considérablement régressé.
Le discours politique pour cette île ne
passera pas et ne passera plus par le choix d’un homme pour un autre, au
risque d’une abstention massive par le désaveu généralisé. La population marie-galantaise s’attend à un
discours « révolutionnant »
à défaut d’être révolutionnaire ! Cette nouvelle donne est aujourd’hui
espérée et attendue ! Tous les
Marie-Galantais d’ici ou d’ailleurs ont les yeux rivets sur l’espoir
annonciateur des temps nouveaux !
Il faudra au contraire mobiliser toutes
les forces vives afin de repenser demain pour sortir le Pays de cette léthargie
funeste.
Cette bataille électorale se gagnera
essentiellement sur un programme digne de ce nom, en mettant l’accent sur :
l’AUDACE, l’ENGAGEMENT, la PERSPICACITÉ, l’ACTION et l’IMAGINATION!
Les temps urgent !
Nous ne rajeunissons pas ! Il faut inventer un avenir réaliste, crédible
et prometteur pour Marie-Galante !...
Pour l’instant nous
sommes hélas, dans l’expectative !
B. Leclaire
GB le, 14/12/13.
dimanche 17 novembre 2013
MARIE-GALANTE LA GRACIEUSE …MENT SINISTREE - AOÛT 1990
J'ai écrit cet article en Août 1990 à la
demande de Monsieur Harry Selbonne qui était responsable du Bulletin de la Ville de Grand-Bourg à cette époque. Il y a 23 ans et 90% des points relevés
dans cette réflexion, alors que je n'avais que 31 ans, sont toujours et encore
des furoncles purulents de la honte posés sur le front de ce Pays Marie-Galante. Il faudra bien un jour parler du bilan !
Article
paru dans le Bulletin N° 4
de
GRAND-BOURG
- Août 1990 -
MARIE-GALANTE
LA GRACIEUSE …MENT SINISTREE !
Effectuant une visite rapide ou prolongée sur « l’île aux Cent Moulins »,
tout un chacun animé d’un minimum d’objectivité pense de suite que
Marie-Galante peut se développer dans le sens le plus large du terme car elle
détient contrairement aux autres îles voisines : le potentiel du
quasiment vierge.
Pourtant le bilan est et reste depuis belle lurette
l’immortalisation du gouffre, le statut quo et l’immuabilité. Il faudrait
face à l’irréversible échéance de 1993 un grand dessein, un grand
projet et surtout une volonté de travail dans un esprit consensuel pour
que l’adaptation à la réalité d’aujourd’hui et de demain soit propice à la sauvegarde
d’une directive Marie-Galantaise.
En 1985, nous avons assisté à l’arrivée de vedettes
rapides, ce qui logiquement devait désenclaver l’île et ouvrir un créneau
porteur pour la relance générale de l’économie de ce « Pays Marie-Galante ». En
résultat, la richesse intérieure fut négative et la croissance alla aux
Compagnies Maritimes.
Ce créneau maritime a été favorisé par le déclin
croissant de la Compagnie Air Guadeloupe sur la ligne Marie-Galante / Pointe à
Pitre.
Echec dû à :
- un tarif inadéquat
- une organisation au sol irrationnelle
- une bousculade intempestive à l’enregistrement
- une vente anarchique des billets déjà réservés
- favoritisme et copinage lors des réservations surtout
en période des vacances
- au non respect des horaires et surtout par le sourire
figé et angoissé des hôtesses
- de plus, un Aéroport de Marie-Galante ressemblant
davantage à un chalet de nécessité, vu les odeurs qui vous assaillent à la porte
d’entrée...
De 1986 à aujourd’hui (1990), nous assistons au
déploiement d’une véritable « force navale » sur la ligne. De 2
vedettes en 1986, nous sommes progressivement passés à 9, à signaler que deux
autres seraient attendues l’année prochaine. (Soit dit en passant, aucune
n’appartient à des capitaux Marie-Galantais).
Chaque matin dès six heures, le tout Grand-Bourg est
réveillé par le tintamarre anarchique des deux vedettes concurrentes. A croire
que l’on joue à celle qui klaxonnera le plus, et surtout le plus fort. Etat de
fait que l’on ne retrouve pas en Guadeloupe, ni à six heures, ni à douze heures
et ni à dix sept heures.
Malheureusement il y a pire.
Chaque vedette à six heures quitte Grand-Bourg avec
une moyenne de cent passagers Marie-Galantais. Chaque passager se déplace
avec un minimum de six cents francs, aux deux vedettes cela fait deux cents
passagers pour une « masse monétaire »
de cent vingt mille francs, sur vingt huit jours, trois millions trois cent
soixante mille francs se sont envolés au profit des établissements
Pointois.
Annuellement, le chiffre est très lourd :
quarante millions trois cent vingt milles francs. Sans commentaire !
A noter que dans notre analyse, il n’est compris ni le voyage de neuf heures ni celui de
quinze heures, nous vous laissons le soin de faire la multiplication.
Une île aujourd’hui, commercialement
« marasmatique » où l’on ne voit pas passer dans les rues de
Grand-Bourg l’ombre d’un touriste.
Démographiquement à l’état de diaspora, où nos valeurs
sont dispersées partout ailleurs sauf à Marie-Galante. Culturellement aussi
vide qu’associativement, où la jeunesse n’a pas le moindre sursaut de
motivation, où l’on est déjà trop vieux à vingt ans !
Du point de vue de l’agriculture, unique et seule
ressource de misère : « la
canne, la canne et encore la canne … » dont on ne sait que trop la
santé !
L’élevage individualisé est devenu dans l’histoire une
économie de dépannage, sans structure et sans ambition aucune. L’aspect de
l’économie générale est inévitablement le système D.
Avec ce tableau déjà bien triste l’on s’évertue à
torturer un malade déjà agonisant. Les départs massifs en Guadeloupe pour le
« shopping » causent chaque jour la mort de la jeunesse
Marie-Galantaise qui ne sait où trouver le moindre job à effectuer. Cet état de fait est un suicide économique
collectif programmé qui pèsera très lourd dans un avenir proche.
Nous pensons qu’une vive interrogation s’impose dès
maintenant.
Qui a dit qu’autrefois les Marie-Galantais n’allaient
pas en Guadeloupe pour faire des achats ? L’on nous dira qu’ils ont
toujours fait la traversée certes, mais aujourd’hui, il en est devenu une
véritable promotion sociale.
Quand un « Pays » est vidé
économiquement, démographiquement, culturellement et sportivement… on ne voit
pas, même gratuitement ce qui retiendrait des gens qui, au fond, ne demandent
que le « droit à l’existence ».
Sur 10 000 habitants restant sur l’île, chaque
Marie-Galantais paye comptant – avec ce phénomène de fuite des capitaux :
« quatre mille deux cents francs »), en moyenne annuelle à la
Guadeloupe continentale. Nous faisons bien comprendre que les Marie-Galantais
ne vont pas à Pointe-à-Pitre uniquement pour faire leurs courses, mais qu’ils
profitent pour le faire dans l’élan du déplacement ; il va de soi qu’ils
recherchent tout naturellement et psychologiquement autre chose qu’un paysage
qui se meure.
Marie-Galante, « An tan Soren », la
mamelle de la Guadeloupe avec plus de six usines, avec plus de six distilleries,
avec plus de vingt six milles habitants, elle ne compte aujourd’hui plus
qu’une population de dix milles habitants (composée à 65 % par les plus de 65
ans), quatre distilleries et une usine moribonde et budgétivore.
Quel bilan catastrophique !
En 1993, avec l’Acte Unique Européen, on
se posera la question de savoir s’il existe une copie encore conforme du
Marie-Galantais ou voire même, de Marie-Galante ?
Nous offrons un spectacle gratuit, très animé, joué
par des acteurs suicidaires et « damocléssiens ». Lieu du
film, le rendez-vous au Port de Grand-Bourg à 17 heures pour assister à
la seule et unique animation de la ville : le débarquement des avalanches
de paquets – de boites – de filets – de tondeuses – de débroussailleuse – de
réfrigérateurs – de télévisions – de chaises – d’armoires – de cantines – de
glacières – de sacs de riz Craf – de barquettes de Sunkist – de pains - …
que dis-je ? de … sandwichs… etc., etc.
Nous devinons aisément vos éclats de rire à ces mots
et nous vous disons tout simplement : il faut le voir pour le
croire !
Afin de justifier les nombreux départs sur
Pointe-à-Pitre, le disque a fini par se rayer, mais la chanson est
restée sur le bout des lèvres : « les
commerçants de l’île vendent trop cher ».
L’ASSECOMAG :
« Association des Entreprises et des Commerces de
Marie-Galante » parue dans le JO n° 27 du 2 juillet 1986 a
pour objet de défendre les intérêts, de promouvoir le développement, de
coordonner les Entreprises avec les partenaires et de prendre une part active
dans la mise en place des structures nouvelles, lieu de réflexion et
d’action, de formation et d’information, sans oublier le schéma développement
touristique.
Cette Association a eu pour premier objectif de
vérifier la différence de prix pratiqué sur l’île et à Pointe-à-Pitre. Nous
avons en effet, remarqué qu’il y avait une assez grande différence de prix,
mais dans certains secteurs bien précis comme l’ameublement – les
matériaux de construction – la réfrigération ou la congélation – les
téléviseurs – la hi-fi … etc.
Il est à noter que tous ces articles ont des points
communs, d’être premièrement volumineux et deuxièmement impliquent
systématiquement un service après vente compétent en la matière.
Après analyse, une question paraît incontournable.
Comment faire pour maintenir les Marie-Galantais chez eux ?
La balle est donc lancée dans le camp des
socioprofessionnels qui, dès lors devront plus que jamais tout mettre en œuvre
pour que chaque secteur soit désormais et définitivement
« structuré ».
Mais, elle est aussi dans le camp de nos Municipalités
qui devront mettre l’accent de manière visible et déterminé sur le
développement de cette île, en pratiquant une gestion rigoureuse, saine et
transparente avec la collaboration étroite des socioprofessionnels.
Nous sollicitons l’extrême attention de nos Instances
Locales ainsi que tous les Organismes de promotions économiques pour qu’un
changement radical et rationnel soit entrepris dans les plus brefs délais, dans
la dite île.
Cette « grande dépendance » sans jeux de
mots, est depuis trop longtemps laissée pour compte dans les grands projets
guadeloupéens, il serait peut-être temps que l’on se rende enfin compte que
cette île subissait depuis des décennies déjà, son Hugo.
Nous avons noté quelques aberrations qui restent un
frein véritable pour une image plus noble de la « grande galette ».
Nous espérons ainsi pouvoir sensibiliser davantage tout un chacun du retard
chronique de plus d’un demi siècle qui nous sépare du Continent.
Quand on
s’aperçoit que des banques ferment, que d’autres ne renouvellent pas des
contrats de Chef d’agence et que le moindre dossier commercial ou
individuel doit être impérativement redirigé vers le Siège en Guadeloupe, d’où
une lourdeur et une méconnaissance des dossiers en cours.
Quand on constate qu’il n’existe pas l’ombre d’un Expert Comptable, ni d’un Centre de Gestion, ni même d’un simple Conseiller économique, alors que les Sociétés sur place sont déjà en grand danger.
Quand on observe que l’Antenne du Conseil Régional est strictement fermée depuis plus d’un an et que l’Antenne du Conseil Général n’est pas connue de plus de 90 % de la population.
Quand on sait qu’il existe un service abattoir qui a fonctionné longtemps, trop longtemps sans vétérinaire.
Quand nous remarquons que le rhum de Marie-Galante 59° est vendu dans les grandes surfaces de la Guadeloupe à 28.00 francs, alors que les contributions nous l’imposent à 33.85 francs.
Quand on sait que l’on reçoit par mois moins de 200 bouteilles de gaz pour 10 000 habitants, et que des mères de famille sont parfois obligées de cautionner jusqu’à trois bouteilles pour éviter la rupture ? Alors qu’il serait bien plus simple de procéder à la mise en bouteille sur place, ce qui générerait inévitablement des emplois.
Quand on se rend compte qu’il est souvent impossible de trouver un kilo de poissons sur l’île car nos pêcheurs sont devenus trop vieux et que la relève n’a pas suivie. Qu’en est-il justement de cette fameuse « Ecole de Pêche » ?Les originaires des Saintes aujourd’hui revendent à Marie- Galante du poisson Marie-Galantais aux propres Marie-Galantais. C’est le comble !
Quand on sait qu’une Agence de voyage a créé la « Destination Marie-Galante » avec le passage d’un bateau de croisière « le Regent Sun » qui doit emmener plus de 700 touristes Américains avec à son bord 400 hommes d’équipage, ceci avec un contrat ferme de 28 jeudis d’affilés (réalisation historique) et en contrepartie, le laxisme de certains face tout simplement à des retombées alors évidentes, persiste.
Quand on s’aperçoit qu’aucun corps de métier n’est organisé, tout le monde est mécanicien, transporteur, agriculteur, éleveur, marin pêcheur, etc. ... un monde de misère où le marché au noir fait la loi… et la foi.
Quand on considère toutes ces insuffisances, comment ne pas conclure que l’île est sinistrée !
A dire vrai, des remarques qui n’en finissent pas, mais qui pour au moins une fois auront le mérite d’être lues par tous. Toutefois, il nous semble indispensable, dans l’immédiat, pour que Marie-Galante renaisse de ses cendres, de faire quelques suggestions :
Qu’il soit mis sur place une Antenne de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pointe-à -Pitre ;
Que l’internationalisation de l’aéroport de Grand-Bourg soit effective ;
Qu’il soit mis en place d’urgence une Antenne de l’Office du Tourisme de la Guadeloupe. Elle doit servir de tremplin et de trait d’union dans les grands dossiers Marie-Galantais pour la promotion touristique de l’île.
Que la « Maison de Marie-Galante » en Guadeloupe soit le miroir et le reflet des volontés et des atouts du Pays.
Qu’il soit mis en place très rapidement un Commissariat de Police compétent avec des Inspecteurs qualifiés (il faut le dire, on le sait, des gens disparaissent à Marie-Galante de manière étrange, sans que jamais les enquêtes aboutissent) ;
Qu’il soit étudié au plus vite pour Marie-Galante : un « Système » de Port Franc, de Zone Franche ou de Duty free généralisé des Villes, afin de développer le secteur commercial, semi-industriel et artisanal.
Un statut de Port Franc qui serait un véritable « choix économique », dûment adapté, limité dans le temps (10 ans) avec des verrous de nature à éviter la fuite des capitaux avant et après le nouveau changement.
Il faudrait après Hugo que le Port de Folle-Anse revête une double vocation :
Quand on constate qu’il n’existe pas l’ombre d’un Expert Comptable, ni d’un Centre de Gestion, ni même d’un simple Conseiller économique, alors que les Sociétés sur place sont déjà en grand danger.
Quand on observe que l’Antenne du Conseil Régional est strictement fermée depuis plus d’un an et que l’Antenne du Conseil Général n’est pas connue de plus de 90 % de la population.
Quand on sait qu’il existe un service abattoir qui a fonctionné longtemps, trop longtemps sans vétérinaire.
Quand nous remarquons que le rhum de Marie-Galante 59° est vendu dans les grandes surfaces de la Guadeloupe à 28.00 francs, alors que les contributions nous l’imposent à 33.85 francs.
Quand on sait que l’on reçoit par mois moins de 200 bouteilles de gaz pour 10 000 habitants, et que des mères de famille sont parfois obligées de cautionner jusqu’à trois bouteilles pour éviter la rupture ? Alors qu’il serait bien plus simple de procéder à la mise en bouteille sur place, ce qui générerait inévitablement des emplois.
Quand on se rend compte qu’il est souvent impossible de trouver un kilo de poissons sur l’île car nos pêcheurs sont devenus trop vieux et que la relève n’a pas suivie. Qu’en est-il justement de cette fameuse « Ecole de Pêche » ?Les originaires des Saintes aujourd’hui revendent à Marie- Galante du poisson Marie-Galantais aux propres Marie-Galantais. C’est le comble !
Quand on sait qu’une Agence de voyage a créé la « Destination Marie-Galante » avec le passage d’un bateau de croisière « le Regent Sun » qui doit emmener plus de 700 touristes Américains avec à son bord 400 hommes d’équipage, ceci avec un contrat ferme de 28 jeudis d’affilés (réalisation historique) et en contrepartie, le laxisme de certains face tout simplement à des retombées alors évidentes, persiste.
Quand on s’aperçoit qu’aucun corps de métier n’est organisé, tout le monde est mécanicien, transporteur, agriculteur, éleveur, marin pêcheur, etc. ... un monde de misère où le marché au noir fait la loi… et la foi.
Quand on considère toutes ces insuffisances, comment ne pas conclure que l’île est sinistrée !
A dire vrai, des remarques qui n’en finissent pas, mais qui pour au moins une fois auront le mérite d’être lues par tous. Toutefois, il nous semble indispensable, dans l’immédiat, pour que Marie-Galante renaisse de ses cendres, de faire quelques suggestions :
Qu’il soit mis sur place une Antenne de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pointe-à -Pitre ;
Que l’internationalisation de l’aéroport de Grand-Bourg soit effective ;
Qu’il soit mis en place d’urgence une Antenne de l’Office du Tourisme de la Guadeloupe. Elle doit servir de tremplin et de trait d’union dans les grands dossiers Marie-Galantais pour la promotion touristique de l’île.
Que la « Maison de Marie-Galante » en Guadeloupe soit le miroir et le reflet des volontés et des atouts du Pays.
Qu’il soit mis en place très rapidement un Commissariat de Police compétent avec des Inspecteurs qualifiés (il faut le dire, on le sait, des gens disparaissent à Marie-Galante de manière étrange, sans que jamais les enquêtes aboutissent) ;
Qu’il soit étudié au plus vite pour Marie-Galante : un « Système » de Port Franc, de Zone Franche ou de Duty free généralisé des Villes, afin de développer le secteur commercial, semi-industriel et artisanal.
Un statut de Port Franc qui serait un véritable « choix économique », dûment adapté, limité dans le temps (10 ans) avec des verrous de nature à éviter la fuite des capitaux avant et après le nouveau changement.
Il faudrait après Hugo que le Port de Folle-Anse revête une double vocation :
A savoir sucrière mais aussi touristique. Dans sa
réparation à venir il faudrait, avec
le Port Autonome de Guadeloupe, acquérir cette double compétence qui sera
plus chère certes, mais plus adéquate.
Ainsi les bateaux de croisières n’auraient
pas à mouiller au large et cela
limiterait énormément le temps de débarquement, au lieu que les gens du
troisième âge soient trimbalés en chaloupe jusqu’à l’appontement.
Par
ailleurs, en accostant, les Croisiéristes devront s’acquitter du droit de Port,
ce qui engendrera des devises récurrentes pour l’île.
Cette réalisation ouvrira l’île de manière rationnelle
vers un secteur aujourd’hui incontournable qui est le Tourisme de
Croisière.
Nous comptons sur la vigilance de nos élus, ainsi que
sur leur sens de l’anticipation. Il faut que cette île, vu son état général de
délabrement, se dote enfin d’un grand projet afin de casser la morosité
économique ambiante.
Nous avons
dans cet article essayé de dresser un tableau objectif de la situation globale
de Marie-Galante. Beaucoup de secteurs sont évités ou oubliés, mais nous
restons ouvert à toutes suggestions intéressantes.
Notre but est d’œuvrer pour l’intérêt économique des
Marie-Galantais. Notre bilan n’est que succinct, mais ensemble avec tous les
responsables et les hommes de bonne volonté nous finirons par être plus
efficace face à l’avenir.
Nous ne détenons pas la vérité, nous la chercherons
ensemble. Nous attendons avec impatience votre analyse et votre projet
concernant tel ou tel point. Nous tâcherons d’expliquer dans un nouvel article
notre projet de «Port Franc Limité dans le
temps », afin que toutes les réponses aux questions posées
ne soient pas que négatives et restrictives.
Nous vous remercions d’avance de l’extrême attention
et de l’intérêt que vous portez au développement général de cette Grande Île.
Merci.
Grand-Bourg. Août 1990
Président de l’ASSECOMAG
Bernard
Leclaire
vendredi 8 novembre 2013
FISCALITÉ - FISCALITÉ - FISCALITÉ !
Il n’existera pas de relance économique sans une fiscalité réactive et adéquate !
Il n’existera pas de relance
économique sans une fiscalité réactive et adéquate !
Il est très
intéressant que la Région puisse aider les salariés sans rémunération aucune
depuis sept mois ! J'approuve à deux
mains ! Mais, il serait plus intelligent de mettre d’urgence en place un « partenariat »
tripartite entre la Communauté des
Communes de M/G - les Collectivités majeures et l'Etat pour pérenniser la
structure !
Les gens
veulent surtout travailler et non mendigoter ! C'est une question de dignité ! Marie-Galante
est descendue en dessous de la barre des 10000 habitants or ce pays
comptabilisait dans les années 50 plus de 30000 ! Cherchons l’erreur ou
les erreurs ? Courage !
Comment
voulez-vous relancer l’économie de cette île sans revoir le levier fiscal ?
Comment voulez-vous ramener du monde pour y vivre sans revoir la fiscalité ?
Comment voulez-vous asseoir et développer le tourisme sans revoir la fiscalité ?
Comment voulez-vous faire revivre les commerces sans revoir la fiscalité ?
Comment voulez-vous
faire redémarrer une économie – un port – un aéroport – l’usine de Grand-Anse –
le BTP … si vous ne revoyez pas la fiscalité ?
Comment
voulez-vous attirer des investisseurs privés à créer des structures nouvelles
et modernes sur cette île sans revoir la fiscalité ?
Comment
voulez-vous créer des emplois pour les jeunes sans revoir la fiscalité !
L’évolution
de cette île passe et passera essentiellement
par la révision d’une fiscalité attractive limitée dans le temps sur au moins
15 ans pour une relance réelle et définitive !
Tout le reste
ne sera que gémissements et lamentations !
Marie-Galante
à quand ton réveil ?
BL. 08/11/13
mardi 29 octobre 2013
LE CRÉOLE EST-IL UNE LANGUE EN EXIL ? L'EXEMPLE DE MARIE GALANTE !
Le, 27/10/2013
À l'occasion de la
JOURNÉE
INTERNATIONALE DU CRÉOLE, dimanche 27 octobre, « Tous
créoles » présente une conférence de Bernard Leclaire sur le thème :
"Le créole est-il une langue en exil
dans son propre chez soi ? L'exemple de Marie-Galante" !
Rendez-vous à la distillerie
Trois-Rivières (Sainte-Luce, Martinique).
***
"Le créole est-il une langue en exil
dans son propre chez soi ?
Non… !
L'exemple de
Marie-Galante" !
Avant de commencer
cette intervention, je dois vous avouer que je l’aborde dans l’esprit d’un échange fraternel,
d’autant plus que lorsque je suis en Martinique je me sens chez moi. Avant
d’aller plus loin néanmoins, permettez-moi de remercier les organisateurs de
cette manifestation. D’abord « Tous Créoles » qui fait un
travail remarquable et remarqué sur notre « créolitude » ainsi
que mon Éditeur, Monsieur Jean Benoît Desnel, qui, dès nos premières rencontres, a cru
en moi.
C’est aussi une
immense joie pour moi de partager cet instant avec une assistance pour qui,
notre part de créolité constitue un pan primordial de notre quête
identitaire !
Il m’est demandé
ici d’examiner la question du créole à travers une problématique, ô combien
complexe ! et pour cause, puisqu’il s’agit de son statut sociolinguistique
dans nos espaces historiques et géographiques qui sont précisément les espaces
natifs de la langue et de la culture créoles.
La problématique
est ainsi formulée : Le créole est-il une langue en exil dans son propre
chez soi ? En d’autres termes, la langue créole a-t-elle, chez nous, un
statut de « langue paria » (si je puis me permettre cette apposition
quelque peu audacieuse) ?
Ma communication
va se structurer autour de quelques questions rhétoriques auxquelles
j’essaierai d’apporter les réponses les plus claires et qui me semblent les
plus justes possibles. Bien entendu, nul n’étant titulaire de la science infuse
et l’histoire de l’humanité étant là pour témoigner que, même dans le domaine
des sciences exactes, la réalité est d’une telle densité et d’une telle
complexité qu’elle échappe toujours au Logos, je dois avouer que j’aborde cette
question avec une certaine humilité.
Toutefois en tant qu’écrivain, et surtout
en tant qu’écrivain antillais et donc
créole, je considère que mon expérience de créateur est, d’une certaine
manière, exemplaire de cette civilisation et de cette culture qui irrigue et
enrichit mon expérience scripturale et romanesque.
Ma première
interrogation sera celle-là :
Qu’est-ce que le
créole ? D’où sort-il et pourquoi existe-t-il ? Existe-t-il aussi un
ou plusieurs créoles ?
L’homme n’est pas
un solitaire, il est avant tout un animal qui vit en collectivité et par
essence dans une structure sociale élaborée. Vivre ensemble exige de nous une
qualité fondamentale, c’est notre
capacité à communiquer.
Les esclaves
venant d’Afrique disposaient déjà de leurs moyens de communications
langagiers ! L’Afrique noire est un
vaste continent – d’un coin à l’autre, les langues – les coutumes – les rites …
les cultures changent et parfois de manière considérable !
Ne voilà t-il pas
que, tous ces hommes, unis certes par un même continent et une même couleur de
peau se retrouvaient dans une cargaison commune, mais privés des moyens de
communiquer les uns avec les autres !
On pourrait sans
se tromper, affirmer que dès ce moment s’enclenchait déjà, de par la situation
imposée, le mécanisme propice à l’élaboration d’une langue – d’un langage -
d’un patois ! Autrement dit,
le créole qui allait permettre à tous
ces hommes « démoulés », déshumanisés dans le laminoir esclavagiste
de communiquer, de se comprendre, de rêver, et de se battre pour exister,
et pour cela de fonder une culture et de combattre l’entreprise de déshumanisation
à laquelle ils étaient confrontés !
Il aura fallu
beaucoup de temps pour favoriser l’émergence de la langue et de la culture
créoles, puisque ces deux processus, qui sont concomitants, s’accompagnent
toujours, et pour cause ! de l’appropriation de l’espace et de l’univers
de la terre d’accueil. Mais dès l’arrivée des premiers bateaux négriers en
1665, on assistait ipso facto aux balbutiements d’un langage plus ou moins
inefficace qui allait inévitablement se perfectionner et s’imposer comme une
réalité de communication, de vie et surtout de survie dans l’univers clos
qui constituait désormais le quotidien des expatriés de la terre originelle !
La multitude de
langues africaines allait, à plus ou moins court terme péricliter puisque le
maître, dès le départ avait interdit l’utilisation de ces résonances
hermétiques. .
Il est
compréhensible que dès lors, les esclaves ne pouvaient pas – ne pouvaient plus,
s’approprier les langues terroirs, ils allaient par obligation se mettre à
capter et à comprendre, bon gré malgré, la langue du maître ! Ils n’avaient pas le choix sinon de mourir et
de disparaître à jamais !
Le maître lui
aussi est condamné à communiquer avec les esclaves pour leur donner des ordres
plus ou moins complexes…
C’est la fameuse
dialectique du maître et de l’esclave. Le maître est un élément de la créolisation, puisqu’il
est lui aussi prisonnier de l’enfer colonial et esclavagiste, comme l’a montré
Césaire dans "Une Tempête" et Shakespeare avant lui.
La malédiction
coloniale ne frappa pas que les esclaves. Le créole ne concerne pas que la
langue, mais aussi la culture, car la langue n’existe pas que pour elle-même
mais pour véhiculer une culture et une vision du monde !
Non seulement, il
fallait prendre en unique référence le français comme la langue obligatoire,
mais plus important encore, il fallait embrasser la culture – la religion – les
rites et coutumes françaises en délaissant totalement tout ce qui pouvait
relever d’une certaine africanité !
Nous pouvons
aisément dire par déduction, que partout où il y eut un apport de bras pour la rentabilité –
pour les travaux forcés - pour la construction de la richesse et du capital en
général, il y eut simultanément une dynamique
ou une mécanique de création d’un
« créole » et d’une « créolisation » inéluctable !
La Caraïbe
renfermerait alors dans cette mouvance des formes de créole avec une domination
anglophone – hispanophone – néerlandaise etc. …. en fonction de la domination
du pays colonisateur. Ainsi, on peut affirmer qu’il existe plusieurs créoles
qui traduisent en même temps, l’influence initiale et dominatrice des pays exploitants. Ceci est un fait !
Pour ce qui est du
nôtre, c'est-à-dire de notre « créole », on peut aisément remarquer
qu’il est à 90% constitué de consonances et de résonances lexicales
ressortissant à la langue française, bien que la syntaxe soit plus
problématique à définir, puisqu’elle semble provenir pour partie des langues
africaines, de la langue française et probablement d’un compromis psychologique
ou, à tout le moins mental entre la langue française et les langues africaines.
Les esclaves
n’ayant pas droit à l’alphabétisation devaient essentiellement se contenter de
répéter quelques mots qui devenaient une espèce de verlan du français où
les articles étaient systématiquement rejetés après les noms et en féminisant
toutes « choses » appelées ou nommées par simplification !
Exemples :
Chaise-la – table-la – chien-la etc. … On a connu aussi le oui Moussié et le
oui Madanm !
Après
1848, pourquoi nos parents ont-ils voulu nous faire taire notre
créole ? La période de
« singification » !
Dès le début du
XIXème siècle, nous pouvons penser que le langage créole était déjà entré dans
la tradition orale de tous les esclaves. Nous avons préalablement affirmé que
ce créole en devenir et en mouvance dans son essence s’était constituée sur les
bases du français mais certains mots
d’origine africaine ont aussi résisté et font aujourd‘hui encore toute la
beauté de la langue. (Exemple du Grap a Kongo célébré tous les premiers novembre
en Guadeloupe par la famille Masembo).
Les esclaves ont
perpétué leurs rites et coutumes après les avoir coulés dans le creuset de leur
créolisation ! Nous retrouvons le rythme du tam-tam africain [Gwoka en Guadeloupe, Bèlè en Martinique, les
différents rythmes que l’on retrouve dans le vaudou haïtien, etc.] dans les
danses – dans les chants, dans toutes les musiques dans ce monde nouvellement
créolisé ! Mais aussi dans les contes, les proverbes, les
« kwayandiz » où souvent la gyablès est représentée sous la forme
d’une femme blanche.
Il a fallu dans
une étrange fusion mixer le blanc et le
noir – mélanger l’Afrique et l’Occident en un seul « migan » qui allait donner une saveur jusqu’ici inconnue du
monde entier et ô combien magnifique !
Jusqu’à
l’abolition de l’esclavage, il n’a jamais été question pour les esclaves de ne
pas parler leur créole, bien qu’ils devaient tous, vis-à-vis du maître
s’égosiller à répondre même très maladroitement par un français qui faisait
rire la galerie !
A partir de 1848,
la vision du monde du ci-devant esclave nouveau récipiendaire de la liberté
allait changer ! Le maître était sa référence de raffinement et de
réussite ! Il n’est pas étonnant que la majorité de ces peuples n’ait eu
qu’un objectif inconscient, « singer » son maître. On se souvient de
cette pantomime qui a prévalu en Haïti après l’indépendance et que les
intellectuels haïtiens ont défini par la très suggestive de « bovarisme
haïtien ».
Pour ce faire, il
n’était plus question d’enfermer sa vie essentiellement dans la terre !
Les colons aussi se rendaient vite compte des difficultés à avoir à payer les
travailleurs des champs et des usines.
Un autre monde
s'ouvrait où il allait falloir réinventer les relations sociales dans une
perspective de moins en moins ethniquement et explicitement verticale, mais de
plus en plus horizontale !
Ainsi, dès la fin
du XIXème siècle, les usiniers furent contraints de faire venir de France des
contingents de « blancs pauvres et malheureux » pour cultiver la
canne.
En 1854, on faisait déjà appel massivement à la
main-d’œuvre indienne pour compenser la perte de main-d’œuvre et assurer le
maintien de la productivité !
On fit aussi venir
même des Chinois et des Russes pour les mêmes raisons. Mais, tout cet apport
humain, manifestement ne faisait pas l’affaire des grands planteurs en termes
de production. Le manque à gagner par rapport à la période de la traite était
abyssal !
C’est alors au
Congo Belge, en passant par le Comptoir de Régis, un ancien esclavagiste marseillais,
que l’on fit venir en Guadeloupe 12000 Congolais – 10000 en Martinique et 6000
à Marie-Galante entre 1875 et 1890. Il fallait une main-d’œuvre forte et
vaillante pour supporter la pénibilité et la dureté du travail de la canne.
Cette main-d’œuvre
fut très mal accueillie par les anciens esclaves qui traitaient de mauvais et
de nuisible tout ce qui était Congo ! D’où quelques réflexions encore
vivantes dans l'inconscient collectif : « kongo ki vwè kalson ta –
nwouè kon lèni a kongo – kongo ka palè wanni-wanan etc… ».
Les Indiens aussi
ont eu leur part de mépris et l’on retrouvait encore jusqu’à il n’y a guère,
des appellations et des sobriquets pour les rabaisser par rapport aux noirs
anciennement esclaves.
Les Congo et les
Indiens ainsi que les autres d’ailleurs de cette époque post-esclavagiste qui
sont tous venus sous « contrats de travail » n’étaient pas des
esclaves – ils étaient payés et dans leur contrat, il était question même de
les rapatrier dans leur pays d’origine.
Mais ces contrats
n’ont jamais été respecté par les usiniers, alors pour dédommager ces
travailleurs, les colons furent obligés de leur attribuer des lopins de terres
en compensation.
C’est ainsi qu’en
Guadeloupe, aujourd’hui presque tous les indiens sont grands propriétaires
terriens, ce qui explique en partie leur présence prépondérante dans l’économie
du pays ! Les Congo, eux, ont hérité de modestes parcelles mais, sont tout
de même tous devenus propriétaires. Or, en 1848 les esclaves libérés n’ont pas
été dédommagés alors que l’état français de l’époque a jugé indispensable de le
faire pour les anciens maîtres.
A ce moment, les
Noirs ont voulu se glisser dans une forme d’imitation intellectuelle par
rapport aux anciens maîtres. Il fallait rivaliser au niveau de l’intelligence
et de la connaissance. C’est l’époque où le degré d’appropriation de la
culture, mais surtout de la langue française, celle du maître donc est un signe
de prestige et de distinction sociale.
Ainsi les parents
délaissant la terre, demandaient à leurs
enfants de ne pas ou de ne plus parler le créole ! Au début du XXème
siècle, l’heure était à la scolarisation
et à l’alphabétisation. Il fallait devenir quelqu’un !
Les villes
commencèrent à devenir des lieux d'attraction et de réussite sociale pour ne pas dire une
réussite !
Il fallait de
toute façon devenir un citadin.
Le « ka »
dévalorisé mais on survalorisait le quadrille – la biguine – le mazurka – la
valse et nombre de noirs commençaient à aborder l'apprentissage des autres
instruments comme le piano – le violon – le saxophone … etc.
L’île de
Marie-Galante va subir le même essor structurel mais à moindre échelle par
rapport à la Guadeloupe et la Martinique ! Les habitants ont su sauvegarder la
beauté et la joie de la ruralité et même quand certaines familles
investissaient en ville, les gens rentraient chez eux dans les campagnes le
soir.
Les villes sont
habitées par des commerçants et des fonctionnaires et les week-ends, il était
courant que ces derniers aillent en « changement
d’air » à la campagne, comme on disait à l’époque. Le peuple
marie-galantais est très terroir et souvent chacun garde la tradition de
cultiver son petit jardin tout en s’occupant d’un petit élevage pour le « débrouillardisme » !
Le créole est et a
toujours été omniprésent. Les familles
de l’ancienne génération parlent à 80% le créole et Marie Galante est un
berceau de mots typiquement créoles n’ayant même pas la traduction française
quand ce n’est pas directement un mot d’origine africaine. (tolinanni – tchoukoudmèl
etc.).
Très souvent, déjà
dans les années 60, certains enseignants du primaire et des collèges affinaient
leur pédagogie pour une meilleure compréhension en expliquant en créole. Dans
les campagnes les gens ont toujours parlé le créole – dans les champs – sur les
marchés – etc. …
Ainsi, pour mieux
comprendre l’épopée de cette langue il serait intéressant en parallèle de
suivre la trace des courants de pensées qui serviront de repère pour l’évolution culturelle et sociologique
de nos îles.
Le premier
mouvement littéraire de Guadeloupe et de Martinique fut qualifié de
« Doudouisme » ou de « régionalisme » avec des poètes tels que Daniel
Thaly ou Victor
Duquesnay. Il était question de remettre de
délicate dissertation qui plagiaient les textes français de l’époque et en faisant
avant tout l’apologie de l’esthétique occidentale ou en magnifiant la beauté de
nos paysages et de nos doudous.
Ce terme de
« doudouisme » et la littérature qu’il a engendrée sont restés comme
des formes d’insulte à l’égard de nos pays qui commençaient à percevoir au fil
du temps les limites économiques et sociologiques de la colonisation.
La langue et le
parler créoles connurent une longue période d’obscurité voire d'obscurantisme
et la réussite d’une famille quelconque venait de la réussite scolaire des
enfants et surtout de leur degré de reniement de leur socle culturel créole.
Ainsi, dès les
années 1910 – 1920, il y avait déjà des Noirs qui « faisaient la classe », comme on disait à l'époque !
Être instituteur
était le signe d’une évidente réussite et l’ascenseur social a bien fonctionné
jusqu’à la première crise du pétrole en 1973.
En 1946, avec la
Départementalisation et l’arrivée de la Sécurité Sociale, nos territoires
allaient sortir de l’insalubrité et les infrastructures modernes donnaient
encore plus de valeur aux villes au détriment des campagnes de plus en plus
délaissées ! Grâce à la scolarisation obligatoire l’alphabétisation était en marche !
Il fallut attendre
les années 30 pour oser entendre le grand cri de la Négritude, éructé par les
plumes du Martiniquais Césaire, du Guyanais Damas, du Sénégalais Senghor et du
Marie-Galantais Tirolien !
On entrait dans
l’histoire de la littérature en rivalisant directement avec les grands lettrés
de France et de ce monde ! Le
« Doudouisme » avait vécu et dès lors, la grande période d’exigence
et de revendication pointaient à l’horizon !
La Négritude n’a
pas tenu compte du créole puisqu’elle est née directement par et dans cet
effort des parents à vouloir faire réussir leurs enfants dans un esprit de
rivalité et d’égalité d’intelligence avec les anciens maîtres. Dans la
problématique que sous-tendait la revendication des auteurs de la négritude,
chez Damas et Césaire en particulier, c’est-à-dire de la part de ceux qui
avaient subi la déportation et la traite, il ne suffisait plus de devenir
quelqu’un, il fallait être quelqu’un !
Ces mêmes parents,
de 1848 à 1959, n’ont jamais parlé de l’esclavage – il ne fallait pas remuer ce
passé – le sujet était tabou tout comme le créole ! C’était leur façon de
faire le deuil d’une tragédie qu’il devait d’abord oublier et enfouir dans le
ciment de l’histoire.
Après l’irruption
de la Négritude, la question de l’esclavage sera de moins en moins taboue. Les
intellectuels antillais (Fanon, Manville, Glissant, Niger, Tirolien, Rupaire etc.)
exhument les grandeurs de l’Afrique sans défaillir. Il y a des résistances et
c’est longtemps après que nous avons recueillis les fruits de leurs efforts,
mais le séisme culturel était déjà à l’œuvre !
Nos aînés
baragouinaient un français mais ils voulaient et ils tenaient à le
parler ! Ils parlaient créole entre
eux mais les enfants devaient s’adresser à eux essentiellement en français et
en bon français. C’était comme une façon
de voir et de vérifier que l’enfant évoluait bien à l’école et dans le
bon sens de l’éducation !
Je relève un
extrait de « Rue Monte au ciel » de Simone Dracius qui
dit : « En classe, au premier mot de patois, on vous punissait
d’un carreau noir doublé d’un pensum. A la sonnerie, l’élève qui détenait
encore le carreau d’infamie prenait un zéro pointé ». Elle rajoute un
peu plus loin : « Sous le couvert de ta promotion et de
l’éducation, on jugulait la langue créole, tout en cultivant, entre Créoles, la
plus mesquine délation, la moquerie, les miasmes du mépris ».
S’il est vrai que
le Créole est longtemps resté une langue paria en exil dans son propre berceau
nous constatons au fil du temps que cet outil indispensable a permis de
sauvegarder l’âme de la culture antillaise. Cet exil en fait était une
apparence mais les gens pour survivre ne pouvaient plus se passer de l’élément
majeur de leur communication et de leur consolation.
Qu’est-il advenu du Créole après le
Mouvement de la Créolité ? Le Mouvement des Créolistes.
Avant d’en venir directement au
courant de la Créolité, Edouard Glissant en
1967, souligne tout particulièrement l'importance des métissages culturels
entre les civilisations européenne et africaine sur le territoire des Antilles.
« Il utilise alors des exemples
concrets comme celui du recours aux médecins et aux sorciers en Martinique et
en Guadeloupe. Il est aussi d’accord sur le fait que la pratique de la langue
française aux Antilles résulte du métissage de ces deux cultures ».
« Ce qui lui paraît intéressant dans la
civilisation des Antilles, c'est qu’elle témoigne d'un effort pour harmoniser
des éléments de civilisation très divers qui se sont affrontés au cours de
l'histoire, qui n'ont pas été mariés sans combat, sans heurts, sans fracas, mais
qui réussissent petit à petit à créer un nouveau style de civilisation qui
emprunte à la fois aux civilisations africaines et aux civilisations
occidentales ».
Il propose
également le concept de « créolisation » qu'il définit comme le
« métissage qui produit de l'imprévisible » et qui est pour lui le
« mouvement perpétuel d'interpénétrabilité culturelle et
linguistique » qui a pour vocation d’accompagner la
mondialisation culturelle. Cette mondialisation met en relation des éléments
culturels éloignés et hétérogènes, avec des résultantes imprévisibles ».
Glissant, qui est à la fois poète, romancier, dramaturge, essayiste et
philosophe définit cette forme très particulière de la dialectique par une
expression explosive qui n’est pas sans rappeler le big-bang primordial :
« l’esthétique du chaos » !
Ses derniers
travaux s'articulent autour du concept de « tout-monde » et
interrogent l’universalité. « Il cherche à développer une approche
poétique et identitaire pour la survie des peuples au sein de la mondialisation
au travers de concepts comme la « mondialité » en opposition à la mondialisation économiste
ou d'identité-relation contre l'affirmation des
identités-racines qui génèrent d'innombrables conflits à travers le
monde ».
Le processus de
créolisation étant, bien sûr, dans la logique de son discours la dynamique qui
est chargée de servir d’épine dorsale à cette mondialité.
Ses réflexions sur
l’identité antillaise ont inspiré une génération de jeunes écrivains antillais
qui formera le mouvement de la créolité. Nous retrouvons alors
au début des années 90 ce courant mené par Bernabé –
Confiant et Chamoiseau.
En 1989 paraît un manifeste
littéraire intitulé Éloge De La Créolité.
« La Créolité chante la
totalité du réel antillais et pas seulement la mer bleue, le sable blanc et les
colibris. Elle s'intéresse aux quimboiseurs, aux djobeurs, aux coupeurs de
canne, aux femmes de mauvaise vie, etc., brisant ainsi le cliché des îles
paradisiaques.
Elle écarte toute connotation
raciale ou raciologique. Le mot « créole » viendrait du latin creare qui
signifie « créer/se créer » et désigne les nouvelles réalités des
Amériques à la suite de la conquête européenne, en particulier dans l'archipel
des Antilles.
La Créolité ne se résume pas à ce
seul archipel puisqu'elle vise, dans un premier temps, à englober les zones
créolophones des îles du Cap Vert et de l'océan Indien (Maurice, Seychelles,
Réunion), puis dans un second temps, les populations mixtes apparues dans les
banlieues des grandes métropoles du monde occidental (Paris, Londres, New-York
etc. ...) ».
Les Auteurs du mouvement défendent
une certaine écriture créole mélangée avec le français ce qui donne une
nouvelle couleur de littérature dans le fond comme dans la forme.
Plus qu’une langue, le Créole est
devenu un « état d’être » voire une « raison
d’être » ! Procédé identitaire et sociologique par la réalité créole
dans la Caraïbe !
On peut dire de ce nouveau
mouvement littéraire, même si on n’est pas toujours d’accord avec ses
fondements, qu’il a permis de donner naissance à un nouveau courant littéraire,
celui des « Créolistes » qui défendent eux la langue en écrivant et
publiant sans proscrire le créole de leurs créations littéraires. Alors que les
auteurs de la Créolité écrivent et publient certes en créole mais, il faut
remarquer que leur publication majeure est souvent en langue française.
Avec l’historique des différents
courants nous observons la progression intellectuelle des Antilles – nous
voyons aussi la progression et la percée de la langue qui, sortant du domaine
de la singerie est aujourd’hui un
étendard portant en avant tout les apports de l’histoire en un seul et même
bouquet, pour un seul et même pays et un seul et même peuple.
Peuple naissant dans les tumultes
de l’histoire se retrouvant pour un même avenir.
Dans l’effort de la démocratisation
du créole, on constate que toutes les races des Antilles se sont appropriées ce
parler. A partir de l’abolition de l’esclavage les usiniers ont fait l’effort
pour s’exprimer dans la langue du pays. En réalité les usiniers, békés,
blancs-pays ou blancs créole ont toujours parlé le créole ; c’est dans
cette langue qu’ils donnaient des ordres aux esclaves. Ils parlent le créole
aussi bien que n’importe quel créole !
Ainsi, dés le début XXème siècle
tout le monde économique échangeait en créole. Les colons se mirent très
rapidement à pratiquer cette langue car il fallait bien faire fonctionner les
distilleries et les usines. A force, il a fini par faire l’unanimité.
Ce qu’il y a de beau aujourd’hui,
c’est que toutes ces composantes des sociétés créoles revendiquent aussi leur
part créole. Le Blanc – l’Indiens – le Libanais - le Noir … tous les mélanges du métissage - tout le monde
est fier et revendique haut et fort son antillanité – sa créolitude et son
apport dans ce gigantesque bouillon de culture.
En Guadeloupe aujourd’hui, il y a
autant de noirs dans les cérémonies indiennes que des Indiens ! Même le
métro qui arrive se créolise en moins d’un an, contrairement à une certaine
époque où ils vivaient sans se mêler à la population locale.
Il prend des cours de créole et
veut s’intégrer à la culture. Il y a autant de métro défilant dans le carnaval
que des Antillais.
Il faut définitivement noter que la
Caraïbe est enfin devenue un sixième continent et que l’histoire de la
renaissance du monde ne passera peut-être pas ou plus, par des sociétés un peu
à bout de souffle, mais par les sociétés émergentes – nouvelles – récentes où
le mélange des hommes ouvrent désormais sur une humanité nouvelle !
Mouvement de la
Caribénitude !
Après le
Doudouisme, la Négritude, l'Antillanité et la Créolité, datant de 1990, je
pense qu'il est temps de tourner ces pages un peu jaunies et tristement
poussiéreuses par rapport à la vraie réalité de nos îles qui souffrent d’une
violence dont nous savons tous quelles en sont les causes !
« Nous
devons désormais nous instituer dans la réalité de notre pays, de notre
histoire, mais aussi dans notre géographie pour une économie mieux
réussie et mieux maîtrisée ! Plus que penser la Caraïbe, nous avons le
devoir de la vivre, de la faire, et surtout d'en prendre goulûment part. La
francité nous a écartés de nos frères caribéens, parfois en les regardant de
haut ou de trop loin. Nos enfants et notre peuple réclament dès lors un sentiment
pro-caribéen davantage tourné dans le réel que dans le virtuel ! Il est temps pour nous, Guadeloupéens,
Martiniquais et Guyanais, de proclamer notre appartenance totale à cette âme
caribéenne ».
« La Caribénitude » est un courant de
revalorisation et d'affirmation définitive du positionnement des populations de
la Caraïbe dans leur histoire, leur espace et dans la perspective d'un avenir
commun où l’économie équitable sera un outil prédominant et primordial.
Caribénitude, celle qui allie la Négritude de
Césaire, le Tout-Monde de Glissant dans sa créolisation généralisée et enfin la
Créolité de Bernabé, sans oublier l'apport des Créolistes. La boucle sera ainsi
bouclée en synthétisant les différentes approches en un seul bouquet triomphant,
en une oriflamme commune, défendant une Caribénitude universelle comme le
projet d’un humanisme nouveau où l’homme doit être le véritable centre de tous
les débats.
Nous voyons l'unification culturelle de la Caraïbe
comme possibilité d’assoir un avenir solide et efficace. Devenir et être
résolument caribéens, fiers de l'être et frères de sang, quel que soit
l'endroit d'origine de la Caraïbe anglophone, hispanophone, néerlandaise ou
francophone. La Caraïbe est l’affaire de tous !
Conclusion
La réalité de la langue a engendré
une sociologie – une façon de marcher – une façon de manger – de danser etc.
… et notre créole, malgré ses
particularismes, dans son essence et dans son histoire est le même !
Martinique – Guadeloupe – Guyane –
Marie Galante - Haïti ou ailleurs en dehors de l’accent, nous nous comprenons tous
et nous pouvons même dire, grâce à la mobilité des hommes et de leur
intelligence, qu’il commence à prendre forme un créole commun mélangeant toutes
ces îles de la Caraïbe. Dans cent ans, il est probable que le ich, le to, le map, le ija, le ida, le menm biten menm bagay … ne
feront plus qu’un.
Le créole appartient à toutes les
composantes de cette société
multiculturelle et multiraciale ! Le créole appartient à qui l’aime
– à tout le monde et pourquoi pas déjà à l’universel comme une pierre
sacrée à l’édifice de l’humanité !
Bernard Leclaire
Marie-Galante le, 26/10/13.
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