mercredi 30 décembre 2020

METHODOLOGIE POUR UN AVENIR GUADELOUPEEN

METHODOLOGIE   

POUR  

UN AVENIR GUADELOUPEEN  

METHODOLOGIE   

POUR  

UN AVENIR GUADELOUPEEN  

         Quand je lis quelques échanges entre les Guadeloupéens en ce moment sur les réseaux sociaux je me demande vraiment où on va ?    

Il y a certes des problèmes dans notre société et AMBITION GUADELOUPE n'est pas là pour les minimiser. Chaque génération vient avec ses soucis, ses peines, ses réussites et il en sera toujours de même. Ainsi va la vie dirait l’autre, tout simplement ! 

Aucun territoire n'existe en état d’apesanteur par rapport à son espace, son temps par conséquent à son histoire qui poursuit hélas sa course folle ! 

« Mais », parce qu’il y a toujours un « mais » hélas ! si nous ne nous respectons pas, si nous ne nous organisons pas, si nous ne faisons pas preuve de maturité en apportant des solutions fiables, avec calme et intelligence face aux maux d'aujourd'hui au sein de notre société, nous risquons alors de plonger notre population dans un doute sidéral. 

La masse silencieuse ne dit rien, mais elle voit, elle entend et elle démontrera encore une fois son mécontentement dans les urnes, derrière l’isoloir choisissant le même vote de l’immobilisme, ce qui fait que nous sommes toujours des années durant à ce même point de départ de nous-mêmes. Tout changement mérite l’orchestration d’une stratégie ! 

 Nos attitudes génèrent hésitation, phobie, méfiance, défiance, division, haine,  méprise, stagnation et une impossibilité totale de faire masse, de jouer collectif en un mot de faire PEUPLE. On aura beau t’offrir tout l’or du monde, mais tout dépendra de l’usage que tu en feras. Si ton action consiste à relâcher ce trésor dans les abysses, alors tu seras toujours au même point de départ sinon pire. 

L'effort pédagogique ne doit pas s’opérer parce que nous voulons cloner l'autre, parce que nous espérons un membre à l'identique de notre entendement, frôlant même une forme de « singification ».  Adhésion n’est pas abnégation ! Cela n'existe pas ou du moins cela n’est plus possible de nos jours ! Il faut toujours accepter une liberté de penser nécessaire et indispensable pour favoriser une critique constructive. Qui ne rend pas compte ne se rend pas compte ! 

Il faut commencer par se mettre d'accord sur les grands axes. Il faut arrêter de tourner autour du pot, la « forme » ne fait pas le sujet, par contre s'agissant du « fond », on doit pouvoir aboutir sur un même constat et c'est déjà beaucoup pour ne pas dire l'essentiel de la construction d’un faisable idéal collectif.  

N'est-ce pas là, en effet le grand début de tout, exactement comme lors d'une rencontre avec l'âme sœur ?  On reste focus sur les fondamentaux et on avance face à un avenir où chaque difficulté est transcendée par le ciment du fond qui devient le sacro-saint d’une vie à deux. Même l’amour ne saurait se suffire à lui-même puisque le besoin de raison et de perspective demeurent indispensables pour la consolidation de ce qui au départ n’était qu’une naïve forme de sensation d’union espérée. 

Celui qui parle veut toujours que l'autre soit d'accord avec ce qu'il dit, sinon nous pensons qu’aucune construction ne semble possible. Ceci est faux !  

Le cent pour cent d’accord avec autrui n’existe pas. Y aurait-il que chez les Guadeloupéens ce rêve cauchemardesque de la perfection ? Même à titre individuel et personnel, cela arrive que l’on repasse une chemise la veille au soir pour le lendemain matin, et au réveil il s’avère que l’on en repasse une autre, tout bêtement parce qu’on a changé d’avis par rapport à soi-même, a fortiori quand il s’agit de débattre de questions complexes et abstraites avec une ou plusieurs personnes. 

De même, un Indépendantiste peut très bien s'entendre avec un groupe qui pense qu'il faille d'abord et méthodiquement passer par une longue expérience sous un Statut d’Autonomie afin de capter toute la science et la maitrise de l'existant et de pouvoir enfin voler de ses propres ailes. Aussi, la provenance d’un membre en accord sur l’actualité factuelle d’un groupe ne doit pas souffrir indéfiniment d’une orientation passée en totale contradiction avec ce présent. 

L’important est la prise de conscience de chacun pour une meilleure compréhension du réel qui nous entoure. Tout le monde n’a pas la même capacité et la même vitesse de compréhension face aux questionnements de notre époque. Nous avons un devoir d’explication, de pédagogie, de monter en compréhension si nous voulons faire adhérer la majorité des Guadeloupéens à ce noble combat.  Cette adhésion est indispensable. 

Si tous les Guadeloupéens ayant votés FN lors des dernières présidentielles sont prêts à signer AMBITION GUADELOUPE aujourd’hui en laissant derrière eux cette erreur d’intellection alors nous les accepterons bras ouverts.  Le problème serait d’être avec nous tout en défendant l’arrière-boutique malsaine, mais du moment qu’un individu s’engage dans une perspective de la dignité retrouvée pour le peuple guadeloupéen nous recevons alors ce geste comme une consécration. 

AMBITION GUADELOUPE, dans ses gènes ne profère aucun dogmatisme sinon d'être anti-extrêmes et de rejeter toute forme de racisme systémique avilissant l’image supérieure de l’Homme.  Nous considérons l’humain dans une totalité, dans un tout complexe tenant compte des spécificités culturelles, cultuelles, historiques et géographiques. Tout individu est d’abord un humain, un terrien et ce dernier est a priori capable de discerner tôt ou tard le mal du bien d’où il vient et où il va. 

Notre Passé n’est pas notre Présent et nous ne portons aucun passif sur notre dos. Comme dit Césaire« la Négritude n’est pas le Négrisme ». Comme dit aussi Tirolien dans son poème Ghetto « Oui j’exalterai l’homme, tous les hommes, j’irai à eux le cœur plein de chansons les mains lourdes d’amitié, car ils sont faits à mon image ».  

AMBITION GUADELOUPE est un universalisme soudé certes dans le ciment de son sol dont la semence humaniste dépasse le périmètre de notre sphère géographique. Nous ne sommes pas de donneurs de leçons et nous sommes heureux d'apprendre des autres. Nous ne refermons de porte sur personne qui, aujourd'hui serait capable d'accepter et de respecter notre Charte et notre Philosophie Politique face à la grande complexité du monde contemporain.

Nous ne sommes pas là, pour calculer le degré ou le niveau de Nationalisme, d'Indépendantisme, d'Autonomisme ou autres de quiconque. Le Pays est petit, la Guadeloupe aura besoin de tous ses enfants dans le respect et l'éthique des convictions qui revendiquent a priori et toujours la Dignité pour le Peuple guadeloupéen. 

Nous ne sommes en compétition avec personne pour affirmer ou infirmer laquelle serait plus dans l'air du temps s’agissant d’une hypothétique révolution à venir ou autre. Le processus de prise de conscience collective n’est pas une coulante généralisée à l’échelle des peuples. Certains revendiqueraient presque le monopole du nationalisme personnalisé et personnifié comme étant un bien privé, étouffé dans l’autosatisfaction, presque une forme morbide de masturbation intellectuelle exacerbée. D’autres ont décrété comme par enchantement que probablement l’heure était venue. On ne se pose pas de question, on casse tout et on fonce dans le tas ! 

Comment, pourquoi, sur quelles bases, au nom de qui, de quoi, avec qui, avec quoi ? … Mystère et boule de gomme ! Sa ki fèt bèl ! La i pan’n i sèk ! 

Demander le programme de l’avant, du pendant et de l’après… rien de tout cela ! Le néant le plus sombre sans la moindre flammèche en ligne de mire. Comment peut-on vouloir se lancer dans une aventure en y insérant une totalité, sans avis a priori, sans feuille de route, sans itinéraire, sans vision, sans trajectoire, sans perspective, tel un désir effréné à vouloir se projeter deux cents kilomètres à l’heure contre un mur à l’aide d’une voiture ? Le temps est à la lucidité, à la clairvoyance, à l’amélioration de l’existant pour le mieux-être de tous. L’homme depuis l’aube des temps n’a qu’une et seule quête en vue, celle du bonheur et dans mille fois mille ans il en sera de même de l’essence de l’existence. 

Suffit-il alors d’arborer un béret avec une étoile au milieu pour être le Che ? 

Suffit-il de créer un drapeau en pays colonisé pour se revendiquer le plus grand révolutionnaire de l’Archipel ?

Suffit-il d’avoir été dans un groupe manifestant certes bravement et énergiquement contre le Pouvoir en place pour se croire dès lors plus légitime, plus autorisé, plus confirmé ou disons-le, carrément plus intelligent que quiconque et cela, même vis-à-vis de ceux et de celles qui aujourd’hui osent penser le Pays dans l’objectif d’une libération à venir ? 

Serions-nous si démoniaques pour ne point comprendre que nous défendons le même objectif, que nous combattons la même infamie et que nous espérons le même destin avec tous ceux qui partagent cette vision universelle du respect de l’Homme ? 

C’est là toute la différence d’AMBITION GUADELOUPE avec le nombrilisme ambiant. Défendre la dignité guadeloupéenne est aussi défendre l’Homme à l’échelle d’une Humanité mondialement reconnue. Pendant les nombreux défilés du LKP, rappelons-nous bien qu’il n’y eût pas que des Guadeloupéens autochtones qui arpentaient les routes. Ne faisons pas « d’une cause juste », « juste une cause » qui s’autolimiterait à notre simple pré-carré. 

Avoir un idéal commun ne signifie pas que cet idéal s’entrevoit de la même manière par tous. En effet, c’est justement là que réside toute la dure complexité de la tâche qui nous incombe et il en sera de même pour les générations à venir.  Par où commencer ? 

Il nous reste à travailler sur le « Comment » sans se laisser berner par l’immédiateté, l’impatience, la gourmandise du but et du résultat facile et éphémère. Nous devons faire taire les mésententes intestines puériles et futiles. 

Cette cassure morbide pour ne pas dire cet antagonisme primaire et systématique n'engendre rien de bon sur les avancées de notre chère Guadeloupe. Nous pouvons et nous devons fonctionner au-delà de nos divergences. Lesquelles a priori sont indispensables et nécessaires. Il faut la contradiction pour élaborer une théorie sinon elle ne serait que dictat.  Personne ne détient la Vérité dans ce bas monde. À nous d'élaborer un processus d'échange, de rencontre, de respect mutuel afin d'échanger autour des différents thèmes qui permettront de sortir de cette morosité cérébrale d'autosatisfaction sans effet positif aucun. 

Chacun tout comme le colibri doit remplir sa part pour éteindre cet incendie de l’histoire qui malheureusement brûle encore trop de cœurs parmi nos frères.  L’agriculteur, le maçon, le chauffeur de taxi, le maître d’école, le politique, le médecin, l’architecte, le croquemort, le chef d’entreprise, l’éboueur, le père, la mère…chacun a une mission providentielle à charge, sur son lieu de travail comme chez lui afin d’élever le niveau mental et la force intrinsèque du guadeloupéen, qu’il sache enfin que ce Pays doit se préparer dans l’optique future d’une autodétermination. Il s’agit là, d’une réalité irréversible ! 

Suffirait-il exclusivement de le dire pour qu’elle soit ? Non. Cela se prépare et cela prendra le temps qu’il faudra, du temps au temps comme on dit pour que la population guadeloupéenne soit prête à l’accession à ce grand changement vers son avenir.

Nous sommes effectivement rentrés dans une phase de transition, il s’agit d’un long murissement et la situation nationale ainsi qu’internationale joue en la faveur de la souveraineté des Peuples. Un vent d’émancipation souffle et l’histoire ancienne se fera tôt ou tard dépasser par la nouvelle, présente ou très prochainement à venir. 

Cette dialectique du réveil des peuples endormis est inéluctable et le degré de connaissance de chacun n’accepte plus la cacophonie des pseudos politiciens devenus de simples VRP de la géhenne et du néant proposés.  

Le Guadeloupéen est conscient de la catastrophique situation actuellement vécue et son pessimisme est visible mais, ne l’est-il pas ou ne le serait-il pas encore davantage sur l’inconnu offert ?

Il sait que l’Assemblée Unique nous pend au nez et que ce changement institutionnel s’impose. Le fusionnement du Conseil Régional et du Conseil Départemental est une évidence méthodologique et une obligation administrative moderne. On ne peut plus longtemps concevoir l’avancée d’un Pays de manière efficace avec pléthore de représentants politiques vouant tout ce beau système inévitablement à la stagnation, à l’ankylose et à l’anachronisme. 

Il faudra par la suite, après une longue et parfaite négociation avec le Pouvoir Central, voir comment mettre sur pied un changement statutaire adapté pour l’Archipel sans pour cela perdre les acquis du peuple guadeloupéen. 

Nous avons suffisamment de juristes, de politologues, de spécialistes en la matière, avec la contribution des intellectuels guadeloupéens de tout bord afin de méditer, de dresser un cahier des charges nous permettant avec le temps qu’il faudra pour entrevoir enfin une gestion autonome de notre territoire.  Ce n’est pas parce que je ne suis pas sûr de voir cette étape que je ne dois pas me battre pur qu’elle arrive. La solidarité des générations doit jouer avant tout pour la préparation adéquate et optimale d’une prise en main des affaires du Pays par les enfants du Pays. L’heure n’est plus à l’empressement, mais à la mise en place de tous les facteurs qui feront le succès de cet aboutissement. 

Ce statut de Pays et Territoire n’est pas une chimère encore moins une lubie ou une vue de l’esprit, d’autres territoires français fonctionnent déjà depuis des décennies sous ce choix, en ces termes il nous sera d’autant plus concret et facile de vérifier la fiabilité et l’efficacité d’un tel appareil. 

Cela doit être le projet de tous et non une forme de caisse de résonance ou même un fond de commerce auto approprié ou même un terrain de chasse privatif. La Politique n’est pas un club fermé, où l’on distribue des cartes d’entrée à qui on veut. Nous devons dépasser notre sectarisme ridicule et commencer enfin à ouvrir les yeux plus grands afin de comprendre que le Pays est définitivement pluriel. C’est justement cette pluralité qui fait notre force et notre espoir de réussite. 

L’Archipel guadeloupéen appartient d’abord au Peuple guadeloupéen et il revient à ce peuple justement de décider et de donner son avis sur les grands choix de demain. 

Ces orientations à venir doivent passer par un consensus entre les hommes politiques et la population de ce territoire. Aucun passage en force ne se fera sans l’approbation de la majorité, sinon nous courons à la catastrophe avec le risque d’un recul considérable par rapport à notre désir profond et légitime d’autonomie de ce Pays.

Il nous reste à nous mettre au travail pour dérouler toute la pédagogie nécessaire afin de faire prendre conscience au plus grand nombre de l’urgence des enjeux de cette décennie.

Il est des évidences qu’il faut tout de même rappeler malheureusement si nécessaires. Dans une Guadeloupe autonome ou même indépendante, il y aura toujours des policiers, des militaires, une prison, des tribunaux, il y aura des feux rouges à ne pas bruler et il y aura aussi des règles, des lois, un savoir vivre et un savoir être …pour la concorde entre tous. 

Je rajoute forcément cette pensée puisque récemment il y a quelqu’un qui m’a appelé pour me poser ces questions. Aucun pays ne peut survivre de lui-même s’il n’existe pas des lois et des institutions en interne pour régir cette dite société.  Sinon on tomberait carrément dans l’anarchie la plus totale qui ne nous mènerait alors nulle part.  

De même, cela ne nous fait pas sourire et encore moins rigoler sur un malheureux accident d'une métropolitaine survenu sur une plage à Saint-Martin. Nous avons trop tendance à faire systématiquement un méli-mélo de tout et cela ne rend pas performant notre vision. Notre passé ne doit pas aveugler notre présent.

La Guadeloupe d'aujourd'hui, de quelle couleur est-elle ? 

Aussi quand une femme est frappée par un homme à Vladivostok ou en Guadeloupe, il en ressortira toujours du même écœurement. Il y a des faits qui imposent une réaction cosmopolite ou alors en tout bon sens, le devraient obligatoirement. Nous ne devons pas pour ainsi dire, perdre notre créole parce que quelque part l’histoire comme un boulet nous ramène toujours vers les abysses de la pensée. Notre hauteur de vue doit atteindre le Monde afin d'accéder définitivement l’universel. Ce n’est qu’à ce titre que notre raison s’imposera chez nous, au sein de notre peuple, de notre Pays, mais aussi elle aura l’écho par-delà notre simple territoire. 

La victoire totale du Guadeloupéen est une victoire-monde au nom de tous les peuples qui ont subi l’infamie du passé. Quand nous nous regardons dans un miroir nous sommes fiers de nous car dans la balance des humanités nous n’avons ni violé ni volé quiconque. Nous ne devons rien à personne alors que ceux qui vocifèrent nous seront redevables à vitam æternam. 

Nous n’en faisons pas une joie ou un étendard. Nous réclamons le respect et nous laissons chacun dans son enfer et dans la prison de sa conscience. Comme dit Césaire « on ne peut quantifier l’horreur par une forme de facturation, nous pardonnons, mais nous n’oublions pas » ! N’empêche que dans notre stratégie du devenir du peuple guadeloupéen cela nous donne droit à réclamer notre méthodologie pour tenter d’atténuer l’injustice. 

Il va falloir nous consulter ! D’où l’importance d’une fusion de penser sur notre « comment ». Ni haine ni vengeance mais perspective d’avenir au nom des « par-dessus bord » et de cette jeunesse d’aujourd’hui qui trouve encore trop de portes fermées par rapport aux réactionnaires ambulants. 

Notre passé ne doit pas nous égarer, bien au contraire. Comment pourrions-nous souligner le degré d'animalité de l'autre ou des autres si nous proposons ou supposons de faire à l'identique ou par mimétisme inversé ? Nous perdrons là, toute notion de crédibilité. 

« Nous sommes aujourd’hui dans cette Caraïbe ce que ce monde sera dans mille ans » et l’étincelle d’humanisme de la reconnaissance d’un nouvel homme universel passera inévitablement par le substrat des fils et filles de ce nouveau Continent. La Guadeloupe nous attend, les Guadeloupéens nous attendent et la Caraïbe aussi. Rejetons chacun notre égo et notre individualisme au nom d’une fraternité collective guadeloupéenne !  

À nous maintenant de jouer, tous ensemble en un seul Peuple pour un même combat, ainsi nous réussirons à entrevoir plus clairement et sereinement cette grande négociation de demain.  

Grand-Bourg le, 29/12/20

Bernard LECLAIRE pour (Ambition Guadeloupe). 











samedi 26 décembre 2020

Aurions-nous échoué notre Île, « Nous » les Marie-Galantais ?

Aurions-nous échoué notre Île, « Nous » les Marie-Galantais ? 







Photos de MME Donineaux Mesmine. Saint-Louis M/G.



Aurions-nous échoué notre Île, « Nous » les Marie-Galantais ? 

 

De bien tristes images de Marie-Galante, encore des preuves flagrantes de l’accentuation de son dépeuplement devenu chronique et presque irréversible.  En plus, le phénomène de dénatalité aujourd'hui se maintient du fait que l’on ne peut plus naître sur cette île. Pour la première fois dans son histoire, depuis l’aube des temps, on a carrément supprimé le service maternité de l'hôpital Sainte-Marie.  

Que veut-on vraiment pour cette île ?

On ose toucher là, une symbolique qui est la Vie dans son essence. 

Marie-Galante est-ce dorénavant un dortoir ou même un mouroir ? 

 

Les Politiques se succèdent et on n'a jamais osé penser redynamisation des Îles du Sud en actionnant un système fiscal plus adapté et plus attractif. C'est là, le seul levier qui ferait repartir l'économie de ces petits territoires. Revoir les droits de Succession en allégeant certaines procédures quand on n'arrive pas à joindre tout le monde et en exonérant des professions comme les Agriculteurs, les Cultivateurs, les Marins-pêcheurs et les Petits Artisans.

 

Il faut motiver et penser le retour à la retraite des Marie-Galantais sur leur île. Cela se faisait anciennement, mais depuis les années 90 les Marie-Galantais habitants ailleurs (Guadeloupe, France ou autres) ne reviennent plus. Pourquoi ne pas réfléchir à une prime de réinstallation ou du retour ? 

Nous avions parlé à une certaine époque de Port Franc, de Zone Franche Généralisée, de Collectivité d'Outre-Mer ... qu’en est-il de tout cela ? Il y a des idées, mais force est de constater que ceux qui sont en responsabilité se contentent de gérer le quotidien or Marie-Galante et notamment les îles du Sud méritent une vision beaucoup plus moderne, plus ambitieuse et innovante pour relancer le secteur économique. 

 

Nous n'avons plus droit à l'empirisme, le monde d'aujourd'hui avancera parce que les hommes sauront repousser les limites existantes, ils seront inventifs et ils oseront dans la rénovation, l’innovation, la modernisation, dans la nouvelle créativité digne de ce nouveau siècle. Si on doit faire comme on a toujours fait, nous n'irons nulle part sinon vers l'échec total.

 

Le pire pour Marie-Galante est de ne pas pouvoir canaliser son potentiel intellectuel pour cette Renaissance espérée. Les politiciens en poste ont toujours l'impression que l'on veut prendre leur place. Ils sont dans l'impossibilité totale de dialoguer, de discuter, de penser, de rassembler quiconque de tous ces Marie-Galantais qui pourraient éventuellement redéfinir et redéployer ensemble avec eux un plan véritable pour l'île. 

 

De quoi ont-ils peur ? 

Quelle est leur vision à court, moyen et long terme pour ce Pays ? 

Que pensent-ils réellement ? 

Ont-ils un plan de développement, si oui lequel ? 

On aimerait connaitre, savoir, comprendre où on va, ...nous pourrions entrevoir un avenir, ...aider des compatriotes, ...stimuler et faire un appel au retour ... ? 

Le vide, le néant, la mort, le lugubre, le silence, le "pé-bouch", personne ne sait quoi dire ou quoi faire ? 

 

Des interrogations à ne plus en finir et vous croyez que les jeunes vont vouloir rester à Marie-Galante, à la Désirade ou aux Saintes ? On a fini par installer une guillotine des impôts sur cette île, l'État n'a rien à faire des Marie-Galantais excessivement assujetties à l'impôt foncier qui repose sur 12 % seulement de cette population. Tout est en déficit sur cette île et rien ne fonctionne ! Tout ferme et cela ne gêne personne ! On paye des impôts à croire habiter les Champs Élysées ! Nous sommes en déraison totale. 

Cette tragédie hélas est le résultat d’un marasme qui a commencé bien avant et qui, malgré les alertes, les avertissements, les articles, les livres, les interviews et que sais-je encore …ceux qui avaient la charge du Pays jouaient lé gwo bwa, lé kalazaza é lé kok a bèl poz. 

Aujourd’hui on ne peut plus revenir en arrière, on est vieux, on est fatigué, on ne peut même plus se battre et il ne reste à certains hélas plus que les yeux pour pleurer ! Je pense qu’un jour le vrai bilan s’imposera !

 

On comprend aussi dès lors, pour quelle raison les gens ne veulent même pas hériter des biens des parents puisque l'État français va chercher son dû directement sur les héritiers directs. La seule façon d'y échapper est de ne pas répondre du bien en question. Aussi, pour payer les impôts fonciers il faut avoir construit sur un terrain qui porte le nom du vrai propriétaire or ce n'est pas toujours le cas. Il faut avoir eu un permis de construire, or on sait comment se faisaient les tractations il y a trente ou quarante ans. Fè kaz-awe ! 

 

Il y a de l'ordre à mettre dans tout le pays et malheureusement les vraies questions ne sont jamais abordées. Les quelques Marie-Galantais qui ont encore quelques biens sur l'île ne vont pas tarder, de force à tout vendre afin de se libérer de charges inconsidérées. 

Est-ce peut-être un voulu tout ça ? 

On aurait subrepticement organisé la perte et la fin de cette île sans jamais comprendre le jeu maléfique orchestré. 

 

Il y a longtemps que la Guadeloupe a délaissé, a oublié totalement ces îles. Cette décennie est celle de la dernière chance. Si les derniers Marie-Galantais ne se concentrent pas sur leur possible avenir, personne ne viendra porter solutions à cette île. Il nous reste une dernière usine à sucre et d'après mon enquête on serait déjà en train de signer un potentiel arrêt ... !

 

De 30 000 habitants dans les années cinquante on en est à 9 000 Autochtones et 3 000 Métros au dernier recensement. Pas besoin d'en dire davantage, on a bien compris que le Pays se meure, sa longue agonie se poursuit et si nous n'en faisons rien alors toutes ces petites maisons abandonnées, décrépies et délaissées fleuriront dans le tout Marie-Galante comme des chouk a dan, cadeau machiavélique d'une mort assurée !

 

Je suis très attristé de voir ces images alors que nous pourrions faire tellement de belles choses pour ce Pays dont le potentiel est rarissime et extraordinaire. 

Pon pèp pa pli fò ki nou lè nou vlé !

 

J'ose encore croire en un sursaut de dignité pour au moins porter sur le tabernacle élargi le début d'une prière de la reconstruction. 

 

Merci pour les photos.

 

Grand-Bourg le, 26/12/20

 

Un fils marie-galantais, Bernard Dendelé Leclaire.

 

mercredi 2 décembre 2020

ÇA SUFFIT !






ÇA SUFFIT !


La Démocratie est le pilier de notre vie collective par la garantie des droits pour tous et chacun qu’elle apporte grâce à son principe du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le peuple, tout le peuple, est donc la réalité humaine qui constitue la légitimité d’existence de nos institutions et du droit, du chef de l’État aux corps intermédiaires et des collectivités aux administrations. La police est une administration régalienne de l’État dont la raison d’être est la protection du peuple et donc de chaque citoyen sans distinction d’origine, de genre, de religion, de profession et ce quelle que soit sa position sociale.

La police n’est pas hors de la loi, la police n’est pas au-dessus des lois, et la police n’est pas au-dessous des lois. Son autorité ne procède pas de la force dont elle est autorisée à faire preuve, mais de son rôle éminent de gardienne de la paix et protectrice de l’ordre public. C’est ce rôle au sein de la société et au service du peuple qui légitime les interventions qu’elle peut avoir à mener. Ces interventions sont donc encadrées par la loi déci- dée et validée par les représentants du peuple.

Alors pourquoi ? Pourquoi un homme s’est-il retrouvé agressé pendant de longues minutes et à deux reprises, battu, tabassé, violenté et roué de coups avec poings, pieds et matraques jusqu’au sang, en se faisant traiter de « sale nègre », pris au piège comme un animal par plusieurs policiers réunis en bande comme un gang ? C’est parce que cet homme faisant partie du peuple, Michel Zecler, originaire de la Martinique ; n’a pas la peau blanche...

Aucune règle ni aucune loi n’autorisent la police à agir impunément en faisant preuve de violences illégitimes à l’égard d’un être humain. Mais en France, patrie des droits de l’Homme, les violences policières subies par des hommes et des femmes en raison de leurs origines, de leur couleur de peau, de leur aspect physique se multiplient. La police n’est pas raciste mais encore trop de policiers sont racistes ! La ligue des droits de l’Homme avait recensé il y a quelques années une moyenne de 10 à 15 morts par an à la suite d'opérations de police, soit en quarante ans entre 500 et 1 000 morts, directement ou indirectement, à la suite d’une opération des forces de l’ordre. Le profil type du décédé est « un jeune homme des quartiers populaires, d’origine maghrébine ou d’Afrique Noire ».

Cette violence raciste continue alors que le gouvernement, lui, s’acharne à obtenir le vote d’un article 24 d’une loi qui s’apprête à jeter un voile épais d’immunité sur les agents de la police tentés par cette monstruosité qu’est l’agression raciste. Ceci est une violation manifeste et outrageante des fondements de notre démocratie et de son état de droit. Que cette violence s’abatte sur un jeune Antillais du nom de Kéziah Nuissier qui manifestait pour la vérité sur le Chlordécone, ou sur Michel Zecler, elle est portée par le même vent nauséabond, pestilentiel et contaminant du racisme. Ké- ziah Nuissier n’a pas eu droit à l’aide de la justice, tout comme Charles Henri Salin ou Théo Luhaka et d’autres avant lui. Grâce à une caméra de surveillance, Michel Zecler lui aura au moins cette possibilité. Mais com- bien de Michel Zecler potentiels ont été victimes de ces violences, de ce racisme, sont en prison ou n’ont pas obtenu gain de cause parce qu’ils n’ont pu bénéficier d’un document sonore ou vidéo prouvant l’horrible injustice dont ils furent victimes.

Dès lors, nous disons aux auteurs de cette violence raciste : ça suffit ! Nous disons à ceux qui défendent la violence institutionnalisée : ça suffit !

Nous disons aux élus qui ferment les yeux sur la réalité des violences policières : ça suffit !

Nous disons aussi à ceux qui veulent porter atteinte aux libertés du peuple : ça suffit !

Nous disons aux auteurs des innombrables et systématiques contrôles aux

faciès : ça suffit !

Nous disons à ceux qui ferment les yeux sur le racisme systémique de cette

société : ça suffit !

Nous ne voulons plus de cette haine de l’autre et de cet acharnement sur les hommes et les femmes qui n’ont jamais demandé à paraître différents et nuisibles à vos yeux en raison de la couleur différente de leur peau.

Nous ne voulons plus de vos excuses pitoyables comme celles qui quali- fient les auteurs de ces violences de « brebis galeuses » et ces actes odieux de phénomènes marginaux.

Nous voulons la vérité ! Et la vérité est que ce gouvernement, comme les précédents, ne fait pas assez pour imposer aux forces de l’ordre le respect de la dignité de ceux que l’on a parqués dans des cages qui portent les noms de minorités visibles, de personnes de couleur, de bougnoules, de sauvages, de nègres.

Nous voulons que les mensonges de ces agresseurs trop souvent proté- gés cessent et que les victimes soient enfin écoutées et protégées. En France les lumières ne s’éteignent jamais comme le prétend le président de la Ré- publique. Alors nous exigeons que nos enfants quelle que soit la couleur de leur peau, grandissent en sécurité, en ayant droit à la sûreté et hors des té- nèbres de la haine de l’autre.

Nous voulons que tous les coupables de ces actes racistes et violents ré- pondent de ceux-ci devant la justice et soient l’objet de vraies sanctions pé- nales.

Nous voulons que les valeurs humanistes et le respect de toutes les diffé- rences soient enseignés et exaltés sans cesse au sein de chaque institution publique au lieu d’être des principes ternis sur les murs écaillés d’une Ré- publique qui menace de tomber en ruine.

Nous voulons qu’en ce XXIe siècle la France accepte enfin son histoire, toute son histoire et le brassage culturel et ethnique qui en est issu, afin d’en être magnifiée et d’arpenter les chemins lumineux du véritable universalisme : celui du monde tel qu’il est, plein de couleurs et d’ailleurs.

Nous voulons que l’ordre public soit conjugué à la paix civile, et que les valeurs républicaines soient incarnées par ceux-là mêmes qui sont déposi- taires de l’autorité publique.

Nous voulons que soient respectés de façon intangible les droits, nos droits, à manifester et à nous exprimer, à être des hommes et des femmes à part entière pleinement titulaire de leur dignité inaltérable d’être humain. Le racisme est aussi systémique et endémique que les violences qui affleurent régulièrement au sein des forces de l’ordre françaises. Il faut cesser de couvrir cette ignominie qui gangrène l’espace public et renie l’espé- rance démocratique.

Nous ne voulons plus de cette nausée qui ne cesse d’envahir tous ceux qui aspirent à vivre dans la lumière des valeurs élevées, loin des ténèbres du racisme et de la xénophobie. Cessez de nous diviser pour vos petits intérêts politiques et soyons ensemble sur les remparts de la lutte contre la haine, le terrorisme, l’exclusion, la violence faite aux hommes, aux femmes comme aux forces de l’ordre ou aux étrangers.

Nous disons donc à ceux que la peur, l’ignorance et la haine de l’autre ont jeté dans l’illusion moribonde du racisme, que les composantes de ce pays que vous ne voulez pas voir et entendre parce que vous ne supportez pas la lumière de leur diversité; vous appellent à la table de la paix, de l’amour, de la fraternité, de l’égalité, et de la justice.

Les Signataires :

SOS Racisme
Le CRAN. Conseil représentatif des associations noires
Christian ANTÉNOR-HABAZAC. Ingénieur, retraité
Dieynaba BALDE. Professeure de mathématiques
Sébastien BERNARD. Citoyen engagé
Henri BERTHELOT. Secrétaire général de l’UIR-CFDT Guadeloupe 

David BOUCAUD. Économiste, psychanalyste et écrivain
Cédrick «Isham » CALVADOS. Entrepreneur, artiste et photographe

Marianne CEVA. Directrice d’école
Crista CHOVINO HALLEY. Juriste
Michel CORBIN. Architecte retraité
René DATRY. Enseignant retraité, chroniqueur 

Bernard LECLAIRE. Écrivain, père de (La) Caribénitude 

Karla LECLAIRE. Avocate

Didier DESTOUCHES. Universitaire, éditorialiste et essayiste. 

Assetou DIALLO. Doctorante en droit public, juriste internationale 

Saïdou DIOP. Étudiant en master 2 droit public
Steffy DANABE. Étudiante en droit

Sandra FRANÇOIS. Directrice Guadav France victimes 971 

Steve « Fola » GADET. Universitaire, écrivain et artiste 

Josué GALITA. Professeur de philosophie
Victoire JASMIN. Sénatrice

Jacob LABETH. Démocrate et citoyen français
Jim LAPIN. Docteur en droit public, juriste. Conseiller municipal de Sainte-Rose 

Raphaël LAPIN. Docteur en droit, juriste
Jacqueline MAGLOIRE. Conseillère en insertion professionnelle
Michèle MAKAIA ZENON. Docteur en sociologie, Sociologue
Didyer MANETTE. Écrivain
Loic MARTOL. Conseiller municipal de Pointe-à-Pitre

Dr Viviane MELYON DE FRANCE. Présidente de l association Amalgame Humani'S et de la ligne d’écoute Voix Arc en Ciel anti discriminations et haine LGBT.

Nadine MONTOUT. Conseillère municipale des Abymes
Stéphanie MULOT. Professeur de sociologie à l’université Jean Jaurès de Toulouse 
Alix NABAJOTH. Conseiller municipal des Abymes. Adjoint au maire.
Clémence NADEAU. Cadre de la fonction publique et citoyenne engagée
Juliette OLIVIER. Ingénieur de recherches à l’université de Bourgogne (CREDESPO) 
Mahité PERRAULT. Cheffe d’entreprise
Jimmy PIERROT. Animateur radio
Alexandra PETIT. Doctorante en science politique
Enzo PORTECOP. Lauréat concours national de débat et d’éloquence, étudiant en droit Jude SAHAÏ. Retraité de l'audiovisuel privé
Steve SALIM. Entrepreneur et restaurateur
Marie-Pierre SAGET. Avocate
Steeve SEGOR. Éducateur sportif
Raïssa SURPIN . Juriste internationale
Philip SADIKALAY. Universitaire et artiste musicien
Murielle VAIRAC. Universitaire, docteure en science politique
Carole VENUTOLO. Artiste lyrique
Christophe WACHTER. Secrétaire général des MPI Guadeloupe
Barbara ZANDRONIS. Journaliste et productrice
Dimitry ZANDRONIS. Cinéaste et réalisateur
Ephrème ZELINA. Fonctionnaire territorial

Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.

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