jeudi 11 juin 2026

HOMMAGE À PATRICK SOLVET - MEMBRE FONDATEUR D'AMBITION GUADELOUPE


HOMMAGE À PATRICK SOLVET







Hommage à Patrick SOLVET

 

          La mort est la mort. Depuis l’aube de l’humanité et jusqu’à la fin des temps, les âmes s’envolent, quittant le rivage des vivants pour rejoindre l’inconnu. Mais certaines disparitions laissent un vide plus profond que d’autres, car elles emportent avec elles une part de mémoire, de courage et d’espérance.

Aujourd’hui, c’est avec une immense tristesse que nous saluons la mémoire de Patrick SOLVET.

Patrick n’était pas un homme ordinaire. Il appartenait à cette catégorie rare d’êtres humains qui consacrent leur existence à quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. Il fut l’un des artisans de la reconnaissance du GWO KA, ce trésor de notre identité, comme patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il avait compris avant beaucoup d’autres que la culture n’est pas un simple héritage du passé, mais la colonne vertébrale d’un Peuple, la preuve vivante de son existence et de sa dignité.

Guerrier intransigeant de la culture guadeloupéenne, Patrick a consacré son énergie, son intelligence et sa détermination à défendre ce qui fait l’âme profonde de notre Pays.

Mais son combat ne s'arrêtait pas là.

Il fut également l’un des pères fondateurs d’AMBITION GUADELOUPE, un mouvement né de la volonté de voir émerger une Guadeloupe plus forte, plus juste et plus maîtresse de son destin. Avec lui, la politique n’était pas une carrière, mais un Engagement. Elle était un acte de foi envers son Peuple.

J’ai eu l’honneur de cheminer à ses côtés, avec Mélina Seymour, lors de la campagne régionale de 2015. Je garde en mémoire ces longues journées sur les routes de l’archipel, à bord de cette maison mobile qui nous servait de quartier général itinérant. Nous traversions la Guadeloupe de part en part, nous arrêtant dans les communes, les quartiers, les sections, multipliant parfois jusqu’à sept conférences dans une même soirée.

Patrick était infatigable.

Partout où nous passions, il était chez lui. Il connaissait les hommes, les femmes, les familles, les histoires, les blessures et les espoirs de ce Pays. Il connaissait la Guadeloupe comme peu la connaissent. Cet archipel n’avait plus aucun secret pour lui.

Il savait écouter avant de parler. Il savait convaincre sans humilier. Il savait rassembler sans renoncer à ses convictions.

Aujourd’hui, nous ne perdons pas seulement un militant, un acteur culturel ou un homme politique. Nous perdons un frère, un ami, un compagnon de route. Nous perdons surtout un visionnaire, l’un de ceux qui croyaient encore que la Guadeloupe pouvait se redresser par la force de ses valeurs et la dignité de ses enfants.

Patrick faisait partie de ces hommes qui regardaient le pouvoir droit dans les yeux. Non par défi, mais parce qu'il estimait que nul ne devait courber l'échine lorsqu'il s'agit de défendre son peuple. Il croyait profondément que la dignité n'est pas négociable.

Il aurait donné sa vie — et, d'une certaine manière, il lui a consacré sa vie — pour voir émerger une Guadeloupe libre dans ses choix, fière de son identité et administrée par des femmes et des hommes debout. Voilà ce qu'était Patrick SOLVET. Voilà ce qu'est l'esprit d'Ambition Guadeloupe.

Être capable, en toutes circonstances, de demeurer un homme libre. Un homme vrai. Un homme qui ne baisse jamais les yeux lorsque l'intérêt général est en jeu. Un homme qui place la dignité du peuple guadeloupéen au-dessus de toute ambition personnelle.

Les grandes figures ne meurent jamais vraiment. Elles continuent à vivre dans les idées qu'elles ont semées, dans les combats qu'elles ont menés et dans les consciences qu'elles ont éveillées.

Patrick nous quitte aujourd'hui, mais son empreinte demeure. Elle restera inscrite dans la mémoire culturelle, politique et humaine de la Guadeloupe. Que son âme repose en paix. Et que ceux qui l'ont connu, aimé et accompagné poursuivent, chacun à leur manière, le chemin qu'il a tracé.

          Salut à toi, Patrick. Merci pour ton engagement. Merci pour ton courage.
Merci pour ton amour indéfectible de la Guadeloupe. Les hommes meurent. Les idées demeurent. Les grands serviteurs du peuple, eux, entrent dans la mémoire collective.

  

Bernard LECLAIRE

Président AMBITION GUADELOUPE

Président NOU KAT SÉ YONN

GB le, 10/06/2026.

 

mercredi 31 décembre 2025

(2025) CAHIER D'UNE ANNÉE SUFFOQUÉE !


Cahier d’une Année Suffoquée !

 

2025
Année bâillonnée de slogans
Année à la bouche pleine de cendres
Année couchée sur le ventre de la Terre
Oreille collée aux grondements
Mais sourde
Sourde à son propre avertissement.

Je dis 2025
Et j’entends la pierre se fendre
J’entends la mer vomir ses morts

Le magma vengeur sommeille

Un vent plaintif prédit le lugubre
J’entends le monde tousser sous le poids de ses certitudes.

Nous avons marché dans l’année
Comme on traverse un champ miné
Sifflotant
À ne pas entendre l’explosion imminente de nos renoncements.

2025 l’année du grand rétrécissement
Rétrécissement des consciences
Rétrécissement de l’Humanité
Rétrécissement du courage à la taille d’un communiqué.

On a vu la violence se vêtir de respectabilité
On a vu la honte se faire administrative
La cruauté parler le langage froid des tableaux Excel.

Les peuples ont été rangés
Classés
Triés comme des marchandises avariées
Les corps déplacés, les âmes ajournées
Et le sang — toujours le sang —
Prié de rester discret.

2025 fut l’année où l’on tua sans haine
Et c’est cela le plus terrible
On tua par procédure
Par habitude
Par lassitude morale.

L’homme devint un dossier
L’enfant un dommage
La mort une note de bas de page.

Et nous 
Nous avons appris à vivre avec cela
À respirer dans l’air vicié du « c’est comme ça »
À dormir dans les draps du « nous n’y pouvons rien »

Mais sous la croûte de cette année malade
La Terre hurle encore
Les volcans de la dignité grondent
Des voix se lèvent rauques – solitaires - indisciplinées
Des voix refusant l’anesthésie générale.

2025 malgré tout
Ne fut pas seulement l’année de la chute
Elle fut l’année de la révélation.

Elle nous a dit :
Voilà ce que vous êtes devenus
Quand vous confondez Ordre et Justice
Puissance et Grandeur
Silence et Paix.

Elle nous a mis le miroir à la main
Et ce miroir brûlait

Et maintenant
Voici 2026
Année encore informe
Année fœtus
Année tremblante dans le ventre du temps.

Que ferons-nous alors d’elle ?
La livrerons-nous aux mêmes appétits ?
Aux mêmes guerres repeintes ?
Aux mêmes lâchetés recyclées ?

Ou bien
Oserons-nous l’insurrection des consciences ?
Oserons-nous dire que le monde n’est plus une fatalité
Mais une œuvre inachevée
Qui exige nos mains - nos voix - notre verticalité ?

Il ne s’agit plus de savoir
Si nous allons vers le pire
Le pire sait déjà marcher

Il court 

Il s’agit de savoir
Si nous aurons le courage

Le courage
D’être plus grands que notre peur.

2025 a parlé
Elle a parlé dans la langue du feu
À nous alors de décider
Si 2026 sera l’année de la cendre
Ou celle de l’ultime relèvement.

 

 

B Leclaire (31/12/25).

Mon message pour 2026.

Bonne année à toutes et à tous.

 

vendredi 13 décembre 2024

CÉSAIRE, Toujours d’Actualité… Déconnexion Politique totale aux Antilles !





CÉSAIRE, 

Toujours d’Actualité…

Déconnexion Politique totale aux Antilles !

 

La question d’Aimé Césaire est plus que jamais d’actualité. 


Sommes-nous des Français à part entière ou des Français entièrement à part ? 

     

Si, à l'époque déjà, ce dernier s'interrogeait sur le fond de cette question, il semble évident qu'il maîtrisait les tenants et les aboutissants de sa réflexion pour décider de la poser. Ainsi, sa réponse, sans avoir à la donner, sautait aux yeux. Le poète a raison de pointer du doigt des évidences que l’on a parfois peine à déceler.  

De nos jours, cette interrogation est encore plus cinglante. En 2009, il y a eu 44 jours de grèves contre la Vie Chère en Guadeloupe. La Martinique et la Guyane ont suivi le pas puisque ces populations subissent la même « pwofitasyion ».

Les accords signés de cette révolte ont très rapidement volé en éclats. Nous sommes ainsi retournés à la case départ avec un phénomène de Vie Chère encore plus rude pour nos concitoyens. 

Actuellement, la Martinique emboite le pas, avec deux mois déjà de barrages et de confrontations contre les forces de l’ordre. Un pseudo-accord a été acté entre les Politiques, l’État et les Représentants de l’économie locale. Or, le RPPRAC (Rassemblement pour la Protection des Peuples et Ressources Afro-Caribéens) n’a pas validé cet accord. Or, il s’agit-là de l’entité qui dès le départ réclamait une entente, dans le but de baisser les marges abusives des sociétés. Lesquelles, a priori, détiennent le monopole de la grande distribution.   La répression semble des lustres depuis, plus facile que la communication, tout comme en 1952, 1967 et 2009. 

On veut nous faire croire que réclamer plus d’égalité et de bon sens dans une politique de prix, plus juste et plus abordable pour la population, constitue le crime. Cette monomanie de renverser une situation, voire inhumaine comme un fait légal et tout à fait dans la normalité de la vie. Cette habitude à vouloir vous faire accepter l’inacceptable, le retour à la philosophie et à la stratégie du « bien meuble » ! Il y a là, forcément, une absurdité qui ne passe plus ! Tout le monde sait qu’il sera impossible d’obtenir les mêmes prix par rapport à l’hexagone, mais le différentiel de folie est dorénavant à revoir. Sinon ces territoires iront tôt ou tard à l’explosion totale.  

Baisser les prix de 6 000 produits sur 40 000, évidemment, à croire que l’on nous rit au nez. Puis, quel dispositif de contrôle pour faire respecter cette décision ?  En Guadeloupe, rien n’a été respecté par suite du Mouvement du LKP.    

Attention ! Certains lettrés de chez nous critiquent vertement le Mouvement en Martinique contre la Vie Chère, en établissant une stupide comparaison avec celui de 2009. Quinze ans après …. le monde a déjà changé ! Tout a empiré et la réalité n’est plus la même.  Politiciens, Syndicats et Autres… n'ont plus cette reconnaissance du Peuple. La méfiance et le dédain ont pris place. 

Dès lors, le ras-le-bol peut à tout moment générer des réactions collectives spontanées. Nos lettrés s’attaquent inopinément à la forme et non au fond. Critiquer le RPPRAC n’est pas la solution. L’État français s’en charge déjà suffisamment pour ne pas rentrer dans cette danse macabre.  Nous avons l’obsession de ne jamais voir d’où vient le feu. Nous nous contentons de constater l’incendie et non ses causes. L’atténuer aujourd’hui avec quelques casseroles d’eau n’est pas l’éteindre pour toujours. Cette réflexion de la critique facile va encore créer de ridicules tensions entre Martiniquais et Guadeloupéens. On n’a pas besoin de cela en ce moment, ni pour demain, ni à jamais.   Au contraire, aujourd’hui, nous devons obligatoirement avancer du même pas, face à cette guerre contre la Vie Chère qui gangrène nos régions. C’est de cette vérité que nous allons pouvoir affirmer de substantielles améliorations de notre monde.  Ce sujet est le seul pour l’instant à pouvoir faire consensus au sein de nos populations. De plus, il y a là un travail psychologique et pédagogique à mettre en place pour une réelle prise de conscience des effets négatifs d’un système qui joue uniquement de supercherie et d’hypocrisie. 

Pour revenir à la question de Césaire, je prendrai un exemple très parlant sur l’absurdité des politiques publiques menées dans nos régions par le pouvoir central. Un exemple qui démontre l’inexistence de nos représentants politiques et bien sûr leur inefficacité. 

De surcroît, nous parlons plus que jamais du réchauffement climatique. De fait, nous n’avons plus le choix. L’Europe est à l’avant-poste et depuis quelques jours, de soudaines inondations dévastatrices viennent manifestement fragiliser davantage des régions entières. Le mois dernier, nous avons même vu un ouragan traverser l’Atlantique et repartir vers la France en créant de catastrophiques inondations. Il y a dix ans de cela, les spécialistes annonçaient les effets du réchauffement des océans et de la fonte des glaces pour les trente ou cinquante ans à venir. Force est de constater que nous y sommes. Les USA viennent de subir deux ouragans en deux semaines d’une rare violence. Nous ignorons jusqu’où ira le déchainement de la nature, alors que rien, fondamentalement, n’est fait pour éveiller la prise de conscience et de prendre d’urgence de nouvelles directives. Comble de l’histoire, les Américains viennent de réélire un horrible candidat qui affirme que le réchauffement climatique est une chimère. 

Bref ! Venons-en au fait.  

Le « Plan Solaire 2024 » accorde trente milliards pour l’écologie et la transition énergétique. L’État français s’engage à porter la part des énergies renouvelables à plus de 30% d'ici à 2030. Il y a donc urgence de rectifier le tir et nous approuvons. 

L’objectif est d’équiper en solaire des foyers français en autoconsommation d’électricité, de permettre aux propriétaires « éligibles » d’avoir un projet solaire rentable, sans démarche et sans réduire leur pouvoir d’achat. 

Il faut savoir que la nouvelle génération des panneaux solaires « hybrides ou aérovoltaïques » permet de produire de l’électricité, et par ailleurs, de produire le chauffage et la climatisation. Une vraie solution verte, de trois en un. 

Il faut aussi savoir qu’en France hexagonale et en Corse, plus de deux millions de foyers réalisent déjà des économies, allant jusqu’à 70% sur la facture d’électricité. Le gouvernement français subventionne volontiers l’achat et la pose des panneaux solaires, depuis 2024 et jusqu’à 2030, à hauteur de 9 976€ pour la part « Ma Prime Rénov ». 4 412€ pour la part « Prime Certificats d’Économie d’Énergie ». Ainsi, nous retrouvons un montant de 14 388€ en financement total par foyer. 

L’idée n’est pas tout simplement de porter cette information. Lisons un peu entre les lignes et ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes, nous Antillais, tout simplement et radicalement exclus de cette disposition écologique. Ce programme ne nous concerne pas, circulez, il n’y a rien à voir ! 

Comment comprendre la logique des personnes qui nous gouvernent sinon de constater essentiellement leur méchanceté et leur machiavélisme ?  

S’il y a des terres qui devraient être pilotes en termes d’énergie solaire, ce sont bien les DOM et les TOM. Comment faire comprendre aux populations des OM qu’ils n’ont pas droit à cette subvention ?  Or, nous sommes ensoleillés toute l’année, nous subissons au premier chef les intempéries catastrophiques dues au réchauffement climatique. Les ouragans sont de plus en plus nombreux avec une force diabolique, à un point tel que l’on est prêt à créer une classe au-dessus du niveau 4. 

Tout le monde se souvient de l’ouragan HUGO en 1989. Nous avons depuis eu beaucoup de chance, mais personne ne sait jusqu’à quand elle va durer.  S’il y a une région où l’on doit fournir des efforts en matière d’écologie, c’est bien ici. Or, nous sommes écartés de toute stratégie permettant d’améliorer cette dangereuse situation qui perdure en s’intensifiant. Le pire est à venir. 

À quoi joue alors ce gouvernement qui n’a de cesse de nous montrer et de démontrer que nous sommes de la seconde zone et les derniers de la classe ? Il faudra un jour avoir le culot et la franchise de cracher aux visages des Antillais la haine que vous leur portez. Arrêtez l’hypocrisie et ayez le courage de nous regarder en face et d’affirmer enfin le fond de votre âme.  Pourquoi ne pas élargir cette subvention aux Antilles-Guyane ? Or, vous le faites pour la Corse ! Nous n’avons rien contre la Corse, n’empêche que nous constatons qu’elle est bien dans le dispositif et nous, NON. 

Par conséquent, le grand Aimé Césaire avait raison dans son interrogation affirmative. Nous sommes des pseudos français entièrement à part. Au moins là, on le sait, nous saurons que faire et de quoi demain sera fait.  

Cependant, j'appelle à la rescousse nos députés et sénateurs pour demander à l’État français de rétablir le respect de nos Populations. Par ailleurs, nous ne réclamons pas plus que les autres, mais les mêmes avantages. Point barre !

Pour enrichir notre réflexion sur les enjeux écologiques dans le contexte des territoires caribéens, nous devons mentionner une journaliste, auteure et militante pour ses critiques du capitalisme sauvage et de la mondialisation.

Il s’agit de Naomi KLEIN (No Logo et La Stratégie du Choc) qui est une Canadienne. Ainsi, elle aborde les crises environnementales et sociopolitiques, mettant en lumière l'urgence d'une action collective pour faire face aux défis écologiques contemporains. Son livre (Tout peut changer – 2014) pourrait particulièrement résonner avec nos luttes des territoires caribéens. Klein établit un lien fort entre la justice économique et sociale. Elle plaide pour des actions contre la pollution environnementale et les inégalités sociales. 

Le pire, savez-vous qu'EDF Guadeloupe a porté, en un an et demi, trois augmentations de 10% sur les factures d’électricité ?  Ce qui nous ramène aujourd’hui, pendant que j’écris, à 30% d’augmentation globalement. Selon les dires, téléphoniquement, d’un agent de chez eux, ce n’est pas fini. 

Il y a certes une grève à EDF Guadeloupe, mais ce n’est pas pour avoir augmenté le coût global de la facturation sur la tête des Guadeloupéens.  

Encore une fois, nous regardons le doigt et non l’objectif pointé.  Quand allons-nous revenir sur terre ? Où sont nos Députés et Sénateurs ?  Que font-ils ? Qui défend ce Pays ? Qui parle au nom de ce Peuple ? 

La dualité évoquée dans l’interrogation de Césaire reflète les tensions entre l'idéal républicain d’égalité et les réalités vécues par les populations antillaises et guyanaises. Lesquelles continuent de lutter pour une reconnaissance et des solutions adaptées à leurs besoins. Sa question nous invite plus que jamais à une réflexion sur la solidarité, l’identité et les droits des citoyens vers l’autogestion de nos régions. Sachant, a priori, qu’il nous revient de produire les modalités de ce CHANGEMENT et non en attendant sur un État qui, lui-même, n’arrive même plus à anticiper la demi-heure à venir. 

Nous sommes « LA » SOLUTION. 

 

Grand-Bourg, le 07/11/24

Bernard N’DENDELE LECLAIRE 

Écrivain Marie-Galantais. 




 

 

 

lundi 4 novembre 2024

Des Ombres du Passé aux Lumières de l’Avenir - Parlons de la Vie Chère… (Guadeloupe – Martinique – Guyane).


Des Ombres du Passé aux Lumières de l’Avenir

Parlons de la Vie Chère…

(Guadeloupe – Martinique – Guyane).


Ce concept de Vie Chère demeure dans nos régions depuis l'abolition de l'esclavage. Jusqu'en 1848, tant qu'il fallait travailler sans salaire, sous les coups de fouet et les brûlures d'un soleil ardent afin de produire du sucre et du rhum, jamais le Pays n’a été aussi riche. Évidemment, une richesse pour ceux qui portaient des pantalons et qui avaient des poches aussi vastes que l'Atlantique pour percevoir toute l'abondance du monde. C’est bien cette manne qui est à l’origine du statut de grand argentier de certains. 

 On a bien indemnisé les esclavagistes en 1848, alors que ceux qui, des siècles durant, sous l’emprise de l’asservissement, ont travaillé strictement pour rien au détriment du déshonneur. Celles et ceux qui ont été volés, violés, tués et bien sûr délaissés et enfin lâchés dans les rues, en pâture de la vie comme des bandits de grands chemins. Ironie de l’histoire, ils étaient ensuite arrêtés pour vagabondage. 

Dès lors, il a fallu que chacun se débrouille, cette populace n’est-ce pas vous indiffère. Ainsi, ce monde a avancé, bon gré, mal gré. Comme un instant d’extrême survie, dès l'année 1900, il y avait déjà des instituteurs et des institutrices en Guadeloupe, comme en Martinique et en Guyane. Jamais dans l'histoire du monde, jamais un peuple n'a pu aussi rapidement sortir de l'obscurantisme forcé et de l'analphabétisme. Il a fallu que cinquante-deux ans. 

Le Pays est donc né dans la pauvreté, dans la misère, dans la crasse, le sang et de la sueur versée. Un esclavage qui, sur les papiers, n'existe plus, mais qui, dans les relents de l'histoire, rejette et crache encore au visage de chacun un passé certes, mais qui n'est toujours pas « passé » et encore moins dépassé.

 Dans le fond, on a tourné une page, laquelle cependant est tout simplement un copié-collé de la précédente. Nous sommes arrivés à un monde de "créolade", dans un semblant de survie, une espèce de pseudo-sociologie, où un peu à la Michèl-Mowen, que chacun se démêle. « Débouya pa péché ! »  Que chacun essaie de sortir la tête de l'eau et dans cette souffrance absolue, nous pensons effectivement et tout naturellement avoir dorénavant droit à l'oxygène et à la chaleur du soleil. 

Qu’en est-il vraiment ? 

Nous avons eu la Départementalisation en 46, la Décentralisation en 82, on parle actuellement d'Autonomie, on parle de prise de décision locale, on parle d'autogestion, on parle d'avoir plus de pouvoir, ... tout paraît depuis tellement compliqué pour avancer dans ce sens. Or, intellectuellement, tout le monde sait que nous avons un potentiel pour cette auto-gérance. Pour oser penser d'une autre manière, afin de produire une autre réalité, pour une autre existence, pour un autre devenir, très probablement amélioré par rapport à toute cette existence macabre que nous avons toujours vécue, hélas ! Tout attendre du Pouvoir Central, il faut y mettre fin. 

Nous parlons de Vie Chère, mais cette vie, pour nous, a toujours été dans la difficulté. Dans la souffrance, dans la peine de nous réveiller un matin, ignorant ce que le soir nous apportera et encore moins sur le résultat de demain. 

Une Vie Chère qui, historiquement, est inscrite dans les plis du front de chaque Guadeloupéen, dans le cuir chevelu de chaque Guadeloupéen, dans l'ADN même de chaque Guadeloupéen. Une Vie Chère, économique, sociologique, politique au plus haut niveau de l'État, voulue, signée, validée dans une orchestration lugubre et machiavélique. Elle provient donc d'une volonté perverse et démoniaque de ne point vouloir laisser respirer une population, afin de toujours mieux l'asservir. Est-ce la peur du spectre de l’autodétermination qui inciterait les autorités à maintenir les OM sous une forme de mendicité ? 

En France, la Vie Chère est devenue tintamarre aujourd'hui, alors que pour « Nous », elle est des lustres depuis, notre quotidien. Si nous en parlons actuellement, nous constatons et affirmons que nous vivons 1000 fois plus rudement dans notre microcosme et personne ne dénonce cet état de fait.  Le système esclavagiste a accouché d'un monstre qui a la panse aussi large qu'un océan. Cet ogre s'appelle l'organisation commerciale monopolistique qui régit l'intégralité des échanges commerciaux des Outre-Mer. Il s’agit de contrôler de A à Z l’intégralité de tout ce qui pourrait rentrer sur cette île. Il faut créer le besoin, la demande afin d’être capable seul de pouvoir porter l’offre en réponse. Une forme d’addiction a annihilé toute réflexion dans laquelle on devient bêtement consommateur et le pays une vitrine, c’est-à-dire la machine à sous des propriétaires de cartes dans la grande distribution. L'effet pervers de ce fonctionnement vise à aligner les mêmes individus du bout à bout du circuit des marchandises. 

Comment voulez-vous alors, qu'à partir d'une rente à vie et successorale, de père en fils, que cette classe puisse présentement de son plein gré y déroger ?   Il est normal que dans cet élan stratégique de la dépendance, que la production locale soit oubliée, soit volontairement occultée.  C’est une volonté politique en accord avec cette classe détenant les grandes enseignes.  Par ailleurs, nous ignorons quelles contreparties qui sont en vigueur pour sceller un tel fonctionnement qui perdure malgré son évidence de catastrophisme ? 

Problème d'eau, de chlordécone, d'obésité, de diabète, d'accidents cardiaques, nous avons tout ce qui peut qualifier le cadre d'une Vie Chère désirée, avec son cortège des inconséquences, dans l'unique volonté objective d'avilir les hommes. En France, la crise des Gilets Jaunes, une manifestation collective de grandes envergures qui hélas a accouché d'une souris ! Cette plateforme de revendications a totalement échoué par un manque de leader et de représentativité. L'histoire nous prouve que les grandes transformations de la société passent souvent par un collectif certes déterminé, mais également par la présence d'un individu charismatique. 

Nous avons en Guadeloupe, en 2009, les 44 jours de grève qui auraient pu déboucher sur une réforme du monde ancien afin, enfin, de laisser poindre un nouveau paradigme. On a tout oublié !  Le leader charismatique du LKP a probablement craint de prendre à bras-le-corps la cause politique du Pays. Il y a deux issus. On fait la Révolution ou on passe par le système électoral pour faire évoluer la situation. C'est mon humble avis, je crois très sincèrement que nous avons raté une possibilité d'avancer. La preuve, tout à virer au pire aujourd'hui. La situation était déjà horrible en 2009, mais actuellement, elle est carrément catastrophique. Alors, résultat, nous avons perdu quinze ans. 

On a l'impression de vivre une crise éternelle, où de temps en temps, on laisse couler le magma pour libérer un peu de tension. Cependant, dans le fond, l'abcès reste, le mal persiste, le malheur perdure, la maladie subsiste, la pourriture demeure et au-dessus de tout, au-dessus de Nous, le rire élyséen continue. 

 La France, en dehors de la Zone Exclusive Économique, n'attend rien de ces territoires d'Outre-Mer, sinon qu’un prestige mondial, océanique et de pacotilles. Tout en faisant croire aux autochtones qu'ils ne sont rien.

On nous parle de la Vie Chère, mais des appendices de l'esclavage, c'est mal connaître le comportement d'un Peuple, de toute une diaspora qui a souffert et qui souffre encore.

Ce peuple qui désire maintenant survivre et enfin vivre, quoiqu'il en coûte dans ce monde dans lequel il a aussi le droit d'exister. Alors, que tous ces sacrificateurs, tous ces tortionnaires, tous ces bipèdes maléfiques et tous ces porteurs de putréfactions… qu'ils sachent tout de même que le programme de la maïeutique de la conscience collective des peuples est en marche.

 L'Afrique se réveille et tous ses enfants, quel que soit le lieu géographique, sont aussi, dorénavant, à même de collaborer à ce grand réveil sur la réalité de leur Existence.

Nous ignorons de quoi demain sera fait, nous ignorons aussi par quel bout les choses vont se faire. Mais, une chose est sûre, on ne peut pas, on ne doit pas, tout le temps et indéfiniment, vouloir avec autant d’acharnement bâillonner la volonté des hommes.

L’urgence pour les Guadeloupéens est de définir eux-mêmes le projet de société qu’ils souhaitent avec force, dans le contexte actuel marqué par les séquelles de l’esclavage et des luttes socio-économiques persistantes. La notion de « Vie Chère » ne se limite pas à une question de coût de la vie, mais révèle également d'une quête d’identité et d’autonomisation. Les Guadeloupéens ont longtemps été soumis à des décisions prises de l’extérieur, souvent sans tenir compte des spécificités culturelles et historiques de leur île. Cette situation engendre un sentiment d’injustice et d’impuissance face à des choix qui affectent leur quotidien.

Il est impératif que les Guadeloupéens s'unissent pour élaborer un projet de société qui reflète leurs aspirations et leurs besoins. Cela doit inclure une reconnaissance de leur histoire, de leurs luttes et de leurs particularités culturelles. L'autonomie et l'autogouvernance deviennent des enjeux cruciaux pour permettre à la population de prendre en main son destin. Définissant alors, eux-mêmes, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui les concernent. Ainsi, les Guadeloupéens pourront construire un avenir qui leur ressemble et qui répond à leurs attentes.

De plus, en dégageant un projet collectif, ils pourront faire entendre leur voix face à la France hexagonale, qui fréquemment ne perçoit pas l’urgence de leurs réalités. Une telle démarche serait non seulement un acte de résistance face aux injustices historiques, mais également une opportunité de créer une société plus juste, solidaire et durable. Ainsi, l’urgence n’est pas seulement, de revendiquer des droits, mais de s’affirmer en tant qu’acteurs principaux de leur propre avenir, en concevant un projet de société qui prenne en compte leurs réalités et leurs espoirs.

Philosophiquement, les Guadeloupéens devront définir leur propre projet de société, s’inscrivant dans une quête d’autodétermination et de dignité humaine. Cela soulève des questions fondamentales sur la liberté, l’identité et la justice sociale. Les Guadeloupéens, comme Peuple, doivent avoir l’opportunité de forger un avenir qui résonne avec leurs valeurs et leur histoire, plutôt que de subir les impositions d’un système qui ne les comprend pas pleinement. 

Sociologiquement, cette quête d’autonomie est essentielle pour renforcer la cohésion sociale et pour favoriser un sentiment d’appartenance. En permettant aux Guadeloupéens de participer activement à la construction de leur société, on ouvre la voie à une dynamique de développement plus inclusive et durable. Ce processus est vital pour surmonter les inégalités et privilégier un environnement dans lequel chaque individu peut s’épanouir. Ainsi, l’urgence de définir un projet de société autonome ne se limite pas à une nécessité économique, mais représente également un impératif moral et socioculturel pour l’épanouissement collectif des Guadeloupéens.

Le concept constant de « Vie Chère » en Guadeloupe ne peut pas être traité en occultant les racines dans l'héritage de l'esclavage et les luttes socio-économiques persistantes. Il met en lumière les injustices historiques auxquelles la population a été confrontée. Nous devons tenir compte de la nécessité d'autonomie et d'autogouvernance, ainsi que des défis sévères qu'elle continue d'endurer dans sa vie quotidienne, contrastant sa situation avec celle de la France hexagonale.

Dans son œuvre « Cahier d'un retour au pays natal », Césaire évoque la négritude, mais également le besoin de réclamation de l'identité et de la culture face à l'héritage colonial. Ainsi, un avenir pour nos contrées ne pourrait pas se concevoir sans l’intégration d’une totale reconnexion avec nos racines pour la dignité et l'émancipation des peuples colonisés.

Frantz Fanon, dans « Les Damnés de la terre », aborde sans fard la violence et le besoin de transformation sociale pour surmonter le colonialisme. Son observation sur la nécessité d'une lutte pour la dignité et les droits des peuples opprimés doit renforcer l'argument en faveur de l'Autonomie locale et du changement en Guadeloupe. Ses écrits rajoutent une profondeur théorique à notre analyse, reliant les luttes actuelles des Guadeloupéens à des débats plus larges sur la décolonisation et l'identité.

Edgar Morin pourrait tout à fait trouver sa place dans notre réflexion. En qualité de sociologue et de philosophe, il a souvent abordé des questions complexes liées à la culture, à l'identité et à la société. Son approche de la pensée complexe encourage à considérer les interconnexions entre les différents aspects de la vie sociale et historique. Ce qui est pertinent pour comprendre les nobles luttes face à notre héritage colonial et face aux réalités contemporaines. 

Morin a aussi exploré des thèmes comme la diversité culturelle et la nécessité d'une approche holistique pour résoudre les problèmes sociaux. Cet axe pourrait enrichir le débat sur l'Autonomie locale et les inégalités. Le citant, on mettrait en avant l'importance de considérer la complexité des enjeux sociaux et historiques qui façonnent les expériences des peuples comme celle de notre Pays.

Un auteur comme Édouard Glissant, écrivain et penseur martiniquais, a généralement abordé les thèmes de l'identité, de la mémoire et des héritages coloniaux dans ses œuvres. Son concept de « créolisation » souligne l'importance de reconnaître et de valoriser les cultures locales tout en revendiquant une Autonomie face à des héritages oppressifs. 

Enfin, revenons à Césaire, ce dernier a aussi écrit sur les conséquences de la colonisation et a plaidé pour la dignité et l'émancipation des peuples colonisés. Ses travaux, notamment dans le « Discours sur le Colonialisme », illustrent les luttes identitaires et la nécessité de changement social.

Ces auteurs apportent une profondeur supplémentaire à la discussion sur les luttes des peuples antillais et leur quête d'autonomie. Nous devrions nous en inspirer pour mieux penser le monde de demain. 

Deux questions s’imposent si nous voulons réellement casser cette mentalité de monopole et de rente à vie réservés à une minorité : 

Quand serons-nous capables de sortir de l'ambiguïté d'une double Assemblée ? 

Quand serons-nous enfin disposés à réfléchir sérieusement sur une loi organique pour définir les canons de l'Autonomie de la Guadeloupe ? 

Aujourd'hui, nous devons de toute urgence sortir de l'improvisation. La Vie Chère est la conséquence d’une réalité post-esclavagiste qui perdure. Il s’agit d’attaquer le mal à sa racine, pour cela le système empirique en place est obsolète. Il n'y aura pas de modification concrète et durable en ce sens si un Statut Autonome de fait ne s'y établit pas dans les deux ou trois ans qui viennent. 

Mettons-nous au travail ! 

À bon entendeur, salut ! 

 

Article de Bernard N’DENDELE LECLAIRE. 

         Grand-Bourg, le 29 Octobre 2024




 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 17 octobre 2024

De la Révolution à la Révolution … Le Parallèle de 1789 à 2024-2025 !

De la Révolution à la Révolution …

Le Parallèle de 1789 à 2024-2025 !




Grand-Bourg le, 26/09/24

 

Je ne ferai pas de commentaire direct sur la dissolution de l’Assemblée nationale décrétée par le président de la République. Sachons que cette facture revient à 28,5 millions d’euros pour l’instant. Le temps perdu pour les élections législatives, la longue attente pour la nomination d’un premier ministre et encore le temps compté pour la constitution d’un gouvernement Barnier.  Quel gâchis ! Situation inédite, la France n’a jamais aussi longtemps demeuré dans le flou artistique politique ! Le pire est-il à venir ? 

La géopolitique est sur la braise avec la guerre en Ukraine et le torchon continue de brûler entre Israël et la Palestine. Nous pouvons à tout moment déboucher sur une énorme catastrophe. Les grandes puissances nucléaires n’hésitent plus à affirmer leur choix en cas de conflit majeur. 

Que se passe-t-il aujourd’hui en France et dans les DOM-TOM ? 

Y aurait-il même, quelques similitudes contextuelles entre la période de la prise de la Bastille et la situation de notre époque ? Pourrait-on établir un parallèle entre les conditions de la Révolution française de 1789 et une éventuelle révolution en 2024 ou 2025 à venir ? 

Quels en seraient les aspects à examiner ?

En 1789, le contexte socio-économique de la France résultait d'une crise intense, exacerbée par des inégalités sociales flagrantes. Le Tiers-État, représentant la majorité de la population, était lourdement taxé tandis que le clergé et la noblesse jouissaient de privilèges fiscaux. 

En 2024, de nombreuses sociétés font face à des inégalités croissantes, des crises économiques, comme l'inflation, le chômage et une insupportable charge financière qui pèse souvent sur les classes populaires. Les mouvements de contestation et les grèves sont fréquents, signalant un similaire désœuvrement. La classe moyenne est aspirée vers le bas. 

En 1789, la légitimité de la monarchie était contestée, avec des dirigeants perçus comme déconnectés des réalités du Peuple. On sentait venir le vent de la destitution. Les idées des Lumières et les appels à plus de démocratie ont inspiré la revendication d'un gouvernement représentatif. 

En 2024, de nombreux pays rencontrent une crise de confiance contre leurs institutions politiques et leurs dirigeants. Les réclamations pour plus de transparence, de responsabilité et d'implication citoyenne dans les décisions politiques peuvent raviver le désir d'un changement radical. C’en est le cas en France. À un point tel, que tous les maux des Français, voire de l’Europe, viendraient essentiellement de l’immigration clandestine. Idée de la paille face à la poutre. 

En 1789, les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité ont galvanisé les masses pour renverser l'ordre ancien. Les philosophes comme Rousseau et Voltaire ont incité à la réflexion sur les droits individuels. 

En 2024, les revendications actuelles autour des droits humains, de l'égalité des genres, et de la justice sociale trouvent un écho dans les luttes contemporaines. Les mouvements sociaux, tels que ceux pour le climat ou contre les inégalités raciales et économiques, pourraient s'intensifier, à l'image bien sûr des luttes de 1789. 

En 1789, la circulation des idées était facilitée par les pamphlets, les salons et les cafés, permettant un débat public plus large. 

Aujourd’hui, les réseaux sociaux et Internet jouent un rôle crucial dans l'organisation et la diffusion des idées. Ils permettent à des mouvements d'émerger rapidement et d'unir des personnes autour d'objectifs communs. Tout se sait à la vitesse grand V et plus rien ne peut rester caché. 

À mon sens, j’affirme que le climat de mécontentement socio-économique, le besoin de changements politiques, le désir d'égalité et l'innovation technologique sont des points de convergence de 1789 à 2024. Bien que chaque époque soit unique dans ses causes et ses conséquences, ces parallèles montrent que les sociétés peuvent se retrouver dans des situations critiques, appelant à des transformations profondes. Un boum peut surgir à n’importe quel moment, puisque tous les ingrédients sont sur la table et personne ne s’en occupe réellement. On a presque l’impression que le chaos est voulu afin de réinventer une nouvelle ère des trente glorieuses.  

De ce fait, voyons si « la vie chère » (volontaire ou involontaire) serait un facteur crucial qui pourrait fortement influencer la possibilité d'une révolution à venir ? Sinon, force est de constater que quelques sérieuses raisons expliquent son importance capitale dans nos sociétés contemporaines.

Nous faisons le flagrant constat, de plus en plus, d’un mécontentement économique généralisé.  Cet impact se retrouve directement dans le quotidien des populations. Lorsque les prix des biens essentiels, tels que la nourriture, le logement et les soins de santé, augmentent considérablement, les ménages voient immédiatement leur pouvoir d'achat diminuer. La faim commence à créer un vent de panique. Cela génère alors une frustration étendue, surtout parmi les classes populaires. 

Pour ce qui est des inégalités sociales, elles sont littéralement paroxysmiques. La hausse du coût de la vie accentue les inégalités sociales existantes, créant un sentiment d'injustice sociologique s’étalant irréversiblement comme un cancer. Souvenons-nous de la longue période des Gilets Jaunes dans les rues. A-t-on réellement tiré toutes les conséquences de cette révolte sociale ?  Les plus pauvres sont souvent les plus touchés, ce qui peut alimenter des revendications pour un changement radical. 

Qu’en est-il d’une éventuelle mobilisation sociale ?  

L'augmentation du coût de la vie peut entraîner des mobilisations sociales, des manifestations et des grèves. Ces actions peuvent servir de point de départ à un mouvement plus large contre le gouvernement ou le système économique en place. 

Divers groupes peuvent se rassembler autour de la problématique de la vie chère, unissant les revendications pour d'autres questions sociales comme les droits du travail ou le climat. Personne ne peut imaginer l’ampleur de cette colère et jusqu’où elle serait capable d’emmener un pays ? 

N’y aurait-il pas là le sentiment d’une incompétence des instances dirigeantes ?   

Le manque de confiance s’accentue et le rêve d’une vie meilleure se tourne en cauchemar les yeux ouverts. Lorsque le gouvernement est perçu comme incapable de gérer une crise économique qui perdure au-delà de l’inacceptable, cela peut entraîner un manque de crédibilité chronique, incitant les citoyens à exiger des changements significatifs, voire un changement de régime. Cherche-t-on à ébranler la Démocratie ? 

La demande de réformes est pourtant tangible, mais le pouvoir central adopte la posture des trois singes. Les citoyens peuvent appeler à des réformes économiques, telles que des politiques de contrôle des prix, une augmentation des salaires, ou même des changements radicaux dans le système économique. Est-ce suffisant tout cela ?  On attend des actes et non des palabres. 

Les précédents historiques sont néanmoins là et on n’en tient pas compte. De nombreuses révolutions, y compris la Révolution française, ont été catalysées par des crises économiques et une hausse des prix. Cela montre que le mécontentement économique est souvent un terreau fertile pour des changements sociopolitiques radicaux. La déception touche à son paroxysme. 

En somme, j’affirme que « la vie chère » constitue un levier puissant pour le mécontentement populaire et peut inévitablement servir de catalyseur pour des mouvements révolutionnaires. La combinaison d'une crise économique persistante, d'inégalités accentuées, de mobilisations sociales et d'une confiance érodée contre les institutions peut directement créer un environnement propice à des changements significatifs. Nous avons ces jours-ci l’exemple de la Nouvelle-Calédonie et de la Martinique qui s’embrasent.  La Guadeloupe et la Guyane suivront-elles ? Le colonialisme est devenu un terreau de contestation et de mécontentement, exacerbant la haine contre l’État français. Lequel État agit davantage en PDG, en banquier, tout simplement en petit financier et plus jamais en père de la Nation. À défaut d’égalité, on pourrait autant prôner l’équité. On ferait au moins preuve de moins d’hypocrisie. 

Les conséquences de « la vie chère » sur des territoires comme la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane peuvent être en même temps et directement économiques et sociales. Voici un aperçu de ces impacts, ainsi que des réflexions sur les risques de soulèvements des populations.

Nous subissons, une trentaine d’années depuis, une lourde augmentation du coût de la vie.  Les îles et régions comme la Guadeloupe et la Martinique dépendent souvent des importations pour les produits alimentaires et autres biens de consommation. La prise en compte de l’éloignement est inexistante et la continuité territoriale, responsabilité exclusive de l’État, n’est pas appréciée à sa juste valeur. L'augmentation des prix des matières premières sur le marché mondial se répercute directement et immédiatement sur le coût de la vie. Aussi, depuis le Covid et la guerre en Ukraine, les grands groupes n’hésitent plus systématiquement à augmenter le prix de tous les produits. Dans le domaine de la construction, le prix des matériaux a fortement augmenté. Dans le domaine de l’alimentation, même les produits de premières nécessités ont aussi flambé. Or, toute la grande distribution fait l’objet d’un quasi-monopole entre les mains d’une même catégorie.   

Alors, les foyers ressentent une pression financière accrue, entraînant des choix difficiles concernant leurs dépenses. De plus, chez nous, les politiques appliquées n’ont jamais pensé à développer la production locale. Nous sommes tributaires de l’arrivée des porte-containers pour permettre à la Guadeloupe, à la Martinique et à la Guyane d’assurer leur subsistance.  Triste vérité ! 

La diminution du pouvoir d’achat entraîne systématiquement une baisse de la consommation, ce qui pourrait aussi négativement affecter les entreprises locales et provoquer des faillites. 

Les employeurs peuvent être contraints d'augmenter les salaires pour compenser la hausse des prix, ce qui pourrait engendrer des tensions dans le secteur privé. Parallèlement, une telle situation peut mener à des licenciements si les entreprises peinent à maintenir leurs marges bénéficiaires. 

Les conséquences sociales sont inévitables. Ainsi, les frustrations entrainent un profond mécontentement, pour ne pas dire plus. 

Les hausses de prix fréquentes peuvent engendrer un sentiment d'injustice et d'inefficacité des gouvernements locaux et de l'État français, accentuant les frustrations existantes en un magma de colère pouvant être particulièrement explosif. 

Nous observons un accroissement des inégalités, or les politiques publiques font la sourde oreille. Les populations vulnérables, comme les familles à faibles revenus, les personnes âgées ou les chômeurs, sont particulièrement touchées, ce qui peut accroître les inégalités sociales et économiques. 

Pourra-t-on éviter une mobilisation sociale de grande envergure ? 

Les difficultés économiques peuvent conduire à une mobilisation sociale, des manifestations, voire des grèves. Les mouvements sociaux pourraient très rapidement prendre de l'ampleur si les revendications ne sont pas entendues. 

Y a-t-il alors un réel risque de soulèvements ? 

N’oublions pas l’historique des révoltes, de même, avons-nous tiré des leçons du passé ?  Les territoires ultramarins ont une histoire de mécontentement, souvent gravitant autour des questions de justice sociale, d'identité culturelle et de conditions économiques. Les précédents soulèvements sociaux, comme en 2009 en Guadeloupe, montrent que le mécontentement peut brusquement se transformer en fièvre généralisée.

Il n’existe plus d’exceptions locales. Les contextes politiques locaux, les initiatives communautaires et la capacité des gouvernements à répondre aux revendications peuvent influencer la probabilité de soulèvements incontrôlés, par-ci ou par là.  Une perte de confiance dans les institutions pourrait aggraver les tensions jusqu’à inciter les populations à descendre massivement dans les rues.

Y aurait-il alors un risque de radicalisation ?  

La frustration croissante face à l’inaction perçue des autorités pourrait conduire certains groupes à envisager des actions plus radicales, augmentant les risques de violence ou de confrontations. Si les solutions tardent à venir, la Jeunesse n’acceptera pas de vivre dans un système sans perspective aucune. Or, les dépenses publiques sont colossales, il n’y a qu’à voir les derniers Jeux Olympiques en France (budget global 12 milliards ; en médailles seulement 18 millions d’euros pour l’instant) et le milliard quatre attribués à la dépollution de la Seine, de surcroît pour un pari évidemment non tenu. Comment alors expliquer à des millions de gens dans l’embarras qu’il n’y a pas d’argent ? Où est l’urgence ? Où les le bon sens ?

Pour cause, « la vie chère » représenterait donc un défi économique et social significatif pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. La combinaison d'un contexte économique difficile, d'inégalités croissantes et d'un éventuel mécontentement populaire pourrait mener à de vives tensions sociales, voire à des soulèvements, si les besoins et les attentes des populations, de toute urgence, ne sont pas satisfaits de manière proactive.

 Comment expliquer aux Guadeloupéens que depuis trente ans, on n’a toujours pas réglé la problématique de l’eau ? 

Il en est de même pour la question des responsables de l’acheminement du chlore des cônes dans le sous-sol guadeloupéen ? 

Comment expliquer aux français de l’hexagone que les partis qui ont perdu les législatives sont les futurs ministres du gouvernement ? 

À l'aube de cette nouvelle ère potentiellement révolutionnaire, nous devons reconnaître que les luttes actuelles ne sont pas essentiellement que de simples échos du passé, mais des signes précurseurs d'un changement radical dès lors inévitable. Les fractures sociales et politiques qui se dessinent aujourd'hui pourraient bien être le catalyseur d'une remise en question profonde d’un énorme système manifestement devenu obsolescent.  

S’il y a au moins « une » leçon que l’histoire nous enseigne, c'est bien que le mécontentement collectif, alimenté par la quête de justice et d'égalité, peut inévitablement mener à des bouleversements majeurs implosifs ou explosifs.

 Ainsi, les prochains mois deviendront cruciaux, un moment où la voix du Peuple pourrait redéfinir les structures de pouvoir, et où chaque acte de résistance pourrait devenir une pierre angulaire d'un Avenir radicalement différent. 

En somme, la vigilance et l'engagement d'aujourd'hui dessineront les contours d'une nouvelle société, où les idéaux de démocratie, de justice sociale prendront enfin forme vers une plus grande équité du partage des richesses du Pays. 

Quand on parle de « destitution », c’est que l’on entend déjà sournoisement s’approcher le bruit des fourches, des pioches et des piques. 

 

Bernard N’DENDÈLÈ LECLAIRE

Président Coordonnateur « NOU KAT SE YONN »

Président AMBITION GUADELOUPE

Écrivain Marie-galantais

 

 

 

 

vendredi 14 juin 2024

TERRE DE BLUES 2024 - BLUES DES CHIFFRES - BLUES DE NOUS-MÊMES !





Grand-Bourg le, 03/06/2024

 

TERRE DE BLUES 2024 

BLUES DES CHIFFRES 

 BLUES DE NOUS-MÊMES !

 

Nous avons assisté à la vingt-deuxième édition de Terre de Blues pour cette année 2024, rien de grave ne s’est passé, pas de blessé, pas d’accident… c’est une excellente nouvelle. Surtout lorsque nous savons que l’unité opératoire de l’Hôpital de Ducos n’est pas fonctionnelle, que l’aéroport, bien que refait, est toujours sans l’ombre d’une compagnie. Hélas, nous sommes toujours et encore tributaires d’un éventuel hélicoptère qui doit desservir en même temps la Basse-Terre, les quatre Îles du Sud et la Martinique !  

Autant vous dire que chaque matin, on est en droit de se signer, espérant ne pas être celui qui va devoir l’attendre au petit bonheur la chance. 

Bref, mon propos du jour s’orientera davantage sur le fait que, depuis la création de cet évènement, nous avons bien dit, vingt-deux ans, nous sommes sans rapport financier aucun. 

Comment est-ce possible dans un monde normalement assujetti à des règles légales ? 

Bizarre, bizarre, de constater comment une population est capable toujours d’accepter l’inacceptable.  Le flou et le vide sidéral, à l’image même du Pays. 

L’Association NOU KAT SE YONN, qui se donne pour devoir de poser les vraies questions, au-delà des individus et des cancans qui font légions, ne peut se taire, sans marquer, une fois de plus, son indignation totale face à un tel mutisme qui insulte le Peuple Marie-galantais.

Comment des responsables politiques, qui gèrent l’argent public, peuvent-ils se coucher et dormir en toute tranquillité, se moquant royalement des inconséquences d’une telle pratique ? 

C’est un scandale ! 

Existons-nous encore dans un État dit de droit ? 

Qui permet alors de tels agissements ? 

Au nom de qui et de quoi ? 


Nous sollicitons aujourd’hui la haute autorité du préfet, afin d’exiger les comptes sur les dix dernières années de cet évènement. Si le préfet n’est pas en mesure d’imposer toute la transparence nécessaire et indispensable au sujet du rapport des comptes de cette activité, nous en référons s’il le faut au ministère de l’Intérieur, et tout naturellement l’Association NOU KAT SÉ YONN se portera aussi partie civile afin de réclamer, du point de vue du droit, la publication de toutes les années passées de ce Créole Blues devenu Terre de Blues.

Avez-vous déjà vu les taux pratiqués à Marie-Galante, particulièrement à Grand-Bourg pour la Taxe Foncière, on s’y croirait sur les Champs-Élysées ! Nous ne vivons pas dans un paradis fiscal. 

Sommes-nous devenus à Marie-Galante des citoyens de seconde zone ?   

Nous référant aux données de l’Express des Îles, entre le jeudi 16/05/24 et le lundi 20/05/24 ; la Compagnie a vendu 38 469 sièges pour 47 allers et retours. En 2023, 35 365 sièges pour 40 rotations allers et retours. On observe une augmentation de 16,6% par rapport à l’année dernière. L’Express des Îles porte la précision sur 21 386 passagers du jeudi 16 au mardi 21/05/24. Tenant compte du décompte de la Compagnie, elle précise en termes d’allers et de retours, divisant les 21 386 passagers, pour la période, en deux, ce qui conduit à comprendre qu’elle aurait eu, environ 10 693 personnes acheminées vers Marie-Galante durant cet évènement. 

Du 17 au 20/05/24, il y eut 14 prestations payantes ; 5 le vendredi 17 – 4 le samedi 18 – 3 le dimanche 19 et 2 le lundi 20. 

Il serait donc urgent de savoir quel cachet a payé chaque prestation ? Si nous voulons démontrer la viabilité de l’exercice, nous sommes en devoir de faire la balance entre les sorties et les recettes. 

En termes de billetterie, les ventes représentent la soirée entière des prestations, vendredi 17 : 40€ – samedi 18 : 50€ – dimanche 19 : 30€ et pour le 20 : 30 €.  

Il est aussi urgent de savoir le nombre exact des billets vendus par jour (du 17 au 20), bien sûr, afin de déterminer le montant total, le Chiffre d’affaires réel perçu en billetterie pour l’exercice 2024. Le poste recette vient compenser les dépenses, vieux comme Hérode, ce n’est qu’à partir de la sincérité comptable que l’on peut, que l’on doit même, porter des rectifications pour tenter d'améliorer ce rendez-vous.

Bizarre, bizarre, encore une fois, de constater comment une population est capable toujours d’accepter l’inacceptable.  Le flou et le vide sidéral, à l’image même du Pays. Vingt-deux ans que cela dure et personne sur ce caillou ne pose la question ? 

Apparemment, l’Office du Tourisme de Marie-Galante aurait parlé de 25 000 festivaliers. J’aime mieux partir sur la base des 10 000 festivaliers transportés par l’Express, faire le total payé par festivalier pour les différentes prestations du 17 au 20, ce qui fait 40 + 50 + 30 + 30 = 150€ × 10 000 entrées = 1 500 000 €. Regardez de vous-même, s’il fallait tenir compte des 25 000 festivaliers de l’Office du Tourisme de Grand-Bourg : 150.00 × 25 000 = 3 750 000€ ; la transparence s’impose ! 

Comment manipuler de telles sommes de l’argent public en toute obscurité, pour ne pas dire en tout obscurantisme ? Après 22 ans d’exercice, on pourrait croire que Terre de Blues aurait même la capacité de s’autofinancer. Pourquoi pas ? L’affaire est-elle rentable ou déficitaire ? Quels sont les axes de progrès ? Surtout, où sont les résultats ? 

La Région Guadeloupe, qui est le principal financier, reçoit-elle un bilan de chaque exercice ? Que dit-elle ? Que fait-elle ? Réclame-t-elle ce fameux bilan sur la réalité financière de cette activité ?

Comment et pourquoi des Citoyens de la Société Civile sont-ils dans la supplication pour réclamer cette transparence naturelle ? Ce monde est tombé sur la tête ? Comment ne pas générer la suspicion ?  Vivons-nous tous le même monde ? Voyons-nous tous ce que le bon sens devrait nous dicter avec un minimum de sagesse, de consensus et de responsabilité ? 

Il y a 22 ans que nous vivons, que nous subissons cet évènement dans une lugubre et funeste opacité, or il est de notre devoir de demander toute la lumière sur la gestion de ce Festival. 

Vivons-nous alors dans une dictature ou dans une République bananière ? 

Le but n’est pas d’être contre ce projet. Cependant, il faut aussi de l’honnêteté si nous voulons être exemplaires face à une jeunesse qui nous regarde afin d’être les Pygmalion de demain.

En tout état de cause, je m’adresse aussi directement et particulièrement à cette population, à ma population qui, hélas, consciemment ou inconsciemment, valide, légifère et donne quitus à des gens qui, sans scrupules aucuns, profanent la pureté même d’une terre qui réclame élévation et propreté. 

Avons-nous oublié ce que fut ce peuple Marie-galantais dans l’histoire ? Avons-nous déjà oublié d'où nous sortons ? Nous avons l'exigence de la rectitude. 

Marie-Galantais, nous n’avons pas le droit, vous n’avez pas le droit de regarder sans mot dire, prenant ainsi part hélas à la chienlit et au déshonneur ! Nous avons les politiques que nous méritons, mais il convient d’être responsable et capable de se regarder dans un miroir et de se dire, comme le colibri : « J'ai fait ma part. » 

Kaw ja fè, karw ka fè é kaw ké fè ?

 

L’état dans lequel se trouve cette île ne peut plus souffrir de mollesse, de « kaw vlé fè » ; dé élas ; sé konsa sa yié ; nous sommes témoins et par ailleurs acteurs de toutes ces dérives, donc directement comptables, coupables de cette ignominie rampante qui nous enfonce et qui rendra l’avenir de plus en plus difficile à nos enfants et petits-enfants.

C’est à croire que cette populace elle-même ne croit plus en rien, un monde en dérive, tous suicidaires, sans perspective aucune, ayant foi seulement en un quotidien éphémère et tragique. Un laisser-faire dans la puanteur, la médiocrité et l’immobilisme. 

On a sorti le loup de la bergerie, on a gardé son louveteau, on l’a nourri, on a pris le soin de bien aiguisé ses crocs et on l’a encore lâché dans la bergerie. 

À quoi donc auront servi les luttes d’hier ? 

« Il faut supposer Sisyphe heureux ! »  Sommes-nous des Atlas condamnés à porter le monde des malheurs sur nos épaules à la barbe de certains qui en jouissent sans retenue aucune, voire avec mépris des autres?

 Que nous est-il arrivé ? 

Que vous est-il arrivé ? 

Que sommes-nous devenus ?  

Qu’êtes-vous devenus ?

Chacun essaye de tirer son profit vis-à-vis des plus gros profiteurs et on croit bâtir un Pays de la sorte. On pactise avec le diable, au risque de devenir soi-même son complice et son sujet.  Nous sommes devenus des achetés, du béni-oui-oui, des quêteurs de faveurs, des suceurs d’os, des affamés, des sans vergognes, des sans dignité, des riens, des moins que riens… il est temps de se ressaisir et d’oser le monde dans son objectivité et dans sa rationalité pour le bien collectif dans la dignité de nos ancêtres.

Ainsi, il faut arrêter cette collaboration stérile et diabolique. Des gens qui n’ont ni devoir ni capacité à améliorer notre existence. Pour cause, ils n’ont aucune perspective de l’avenir, sinon la vue immédiate du jour, toujours autocentrée sur leur propre personne. Des gens à qui on a offert le pouvoir du mal en place du bien, qui n’ont ni stratégie ni plan, a fortiori un programme digne de ce nom. 

Que veulent-ils ? 

Que proposent-ils ?  Le néant d’eux-mêmes !

On ne les a jamais entendus défendre le Pays, défendre l’Usine de Grand-Anse, les Planteurs, les Marins Pécheurs, les Taximen, les Commerçants, les Enseignants, la Jeunesse, et autres… ! 

A-t-on jamais vu ce monde manifester contre la fermeture de la Maternité et du bloc opératoire de l’Hôpital de Ducos ? 

A-t-on vu ce monde s’énerver contre la montée des Impôts locaux, contre la fermeture des Écoles, contre la vente des terres Marie-galantaises aux plus offrants… ? 

YO KA FÈ ZAFÈ A YIO comme d’habitude ! 

Tant que vous garderez les yeux fermés sur ce genre d’agissements, le Pays restera à la dérive. Les plus sérieux dégoutés de cette existence pathétique finiront par s’en aller (c’est déjà le cas) et le Pays restera aux mains d’une main-d’œuvre asservie, acculée et esclave de ces mêmes personnes qui n’auront jamais rien fait pour nous permettre de redresser la tête. 

Bizarre, bizarre de constater comment une population est capable d’accepter l’inacceptable.

Jusqu’où se poursuivra notre descente aux enfers ? 

Qu’attend le peuple Marie-Galantais pour réclamer justice dans cette affaire ?

 

Bernard LECLAIRE 

Président Coordonnateur de NOU KAT SÉ YON





 

 

 

 

 

 

HOMMAGE À PATRICK SOLVET - MEMBRE FONDATEUR D'AMBITION GUADELOUPE

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