samedi 23 mai 2020

APPEL A BRISER DES STATUES ET ON FAIT QUOI APRES ! QUEL EST LE PLAN ?

Appel à briser des statues, et on fait quoi après !

Quel est le Plan ?

Appel à briser des statues, et on fait quoi après !

Quel est le Plan ?
  

Encore une fois, nous nous trompons de combat.

N’ayant rien à dire ou à proposer, l’on s’amuse à tirer sur tout et sur rien en même temps, d’où notre absence de perspective ! 

Je suis d’accord avec A C, ces statues sont comme des furoncles purulents sur le visage moralisateur de la France. 
A nous de permettre à notre Peuple de mieux décrypter le monde et faisons confiance à la nouvelle génération. C’est une lutte qui s’inscrit dans la durée dont le but est la prise de conscience collective. 

Que faisons-nous pour cela ?

A vouloir frénétiquement tout détruire nous nous détruisons nous-mêmes en effaçant alors les preuves de l’Histoire. Nous devrions davantage nous préoccuper de l’Avenir au lieu de colporter aujourd’hui encore dans la tête les stigmates du passé comme un avant trophée satisfaisant et légitime !  

            Un Passé dont le passif appartient aux anciens esclavagistes et non à ceux qui ont subi l’ignominie. Ils le savent ! Ayons le courage de nous regarder en face, sans peur, sans reproche, et réclamons notre "respect" tout en louant l’Universel et le Fraternel.

            Pour s’y faire, ne faudrait-il pas une stratégie ?

Le terrain sur lequel nous devons briller est celui de l’excellence afin d’être en possibilité tactique de dire et de faire le monde, au lieu, en tout temps de subir, subir et re - subir !

Que proposons-nous ?

Que voulons-nous ? 

En dehors des sparadraps que nous enlevons sur les écorchures de notre Histoire nous ne sommes même pas capables d’établir une Fraternité dans et malgré la « Caribénitude » immédiate qui nous entoure ! 
S’il nous fallait consacrer notre vie durant essentiellement à casser des statuettes, alors nous ne ferions que cela, oblitérant stérilement l’énergie de notre Réel !
Il serait vraiment temps d’ouvrir les yeux afin de voir la route qui se dessine devant nous, au lieu d’une sempiternelle marche à reculons, les yeux scotchés sur le rétroviseur d’un passé qui, avant tout mérite d’être très rapidement dépassé pour mieux laisser poindre les nouvelles rives de notre Avenir.

 Schœlcher ou Schoelchérisme, rien à foutre !

Nos lanternes sont ailleurs et nous nous contentons de claquer des allumettes mouillées dans une obscurité abyssale où malheureusement de simples étincelles demeureront toujours aussi futiles que rigolotes ! Nous amusons la galerie que de trop !  

Lorsque nous serons prêts pour bâtir un Pays, j’y serai !
Lorsque nous serons prêts pour ériger un Peuple, j’y serai ! 
Lorsque nous serons prêts pour une réelle Union Caribéenne, j’y serai ! 

N’attendez pas sur moi pour faire partie de ces Donquichottes des temps modernes. 
Du concret merci !    

BL.

Grand-Bourg le, 23/05/20.

dimanche 10 mai 2020

HOMMAGE A SAINT-JEAN ALONZO


HOMMAGE A SAINT-JEAN ALONZO
27 MAI ABOLITION DE L'ESCLAVAGE 



Hommage à Alonzo

Du Sinaï̈ de ma douleur
De mille et un pas Inlassablement
J'arpente la voûte céleste
Soucieux des incertitudes maléfiques
Qui planent sur mon île
Et cette colère
Me fait tressaillir le cuir chevelu
Comme un mauvais présage qui s’annonce
Moi 
Alonzo
Fils rebelle
Du pays des alizés chantonnants
Couleur vesou à l’odeur miel
Le pays des Cent Moulins récalcitrants
Et des Mille
Mares endormies
En l’espoir-miroir
D'un réveil des consciences abouliques
Voilà que de mes paupières
Coulent les larmes du sang vert de la honte
Jadis Peuple fier
Au regard franc
Jamais l’histoire ne cria victoire
Face aux braves du Temple
Car nos colonnes furent réelles
De Roussel à Saint-Louis
De Saint-Louis à Caye-Plate
De Caye-Plate à Piton
De Piton à Capesterre
Et
De Capesterre à Grand-Bourg
Des ouragans
Des séismes
Des épidémies
Des guerres
Et quoi encore...
Cette vie ne peut triompher
De la sueur amère de ton histoire
De ta volonté
Fille aimée pour ton discernement légendaire
Tu es Pays
Pays bien qu’étant île
Tu es peuple
Peuple bien qu’étant colonisé
Pays debout
À la sève rare
Prophétique et prédestinée
Vaille que vaille
À exister ...
Par de-là̀
La dérive tragique du Temps
Et l’ingratitude nauséabonde
Des âmes surannées
Les Murat ne sont plus 
Mais tu es là
Ce château témoigne leur perte
Mais tu es là
Progéniture pourrie
À jamais dessous terre
Aucune n’oserait ici-bas revenir
Humer le nectar de ton oxygène
Acide et rancunier
Des incendies du diable
Naîtront des Églises
Des balais-coupés
Naîtront des Chapelles
Ensemble faisons le pèlerinage
De l’impossible et de l’inimaginable
Nos genoux alors s’useront jusqu’au sang
Mais jamais vous n’aurez l’âme
Ni de ma terre
Ni de mon être
Cette terre qui
De mes yeux vus
A vu accoucher genoux à terre
Cuisses ouvertes
La femme matricielle
De toutes nos espérances exorcisées
Enlève donc tes mains de cet arbre
Mon Éden aux fruits d’orpage22image52729088
Ôte-toi de son ombrage rafraîchi
Et annonciateur
Le Fromager a parlé de mille pétales
Étalés au sol en écrit psalmique
Comme un linceul prémonitoire
Et
Le suaire en sueur
Témoignera au-delà des âges
Encore et encore
L’appel christique de la survie
De notre âme
À pas de course
Libère-moi de la puanteur laissée
Sur le chemin de la mémoire
Ne serait-il pas déjà temps
Que l’homme soit Homme
Que le soleil redevienne enfin un frère
Et que la lune
Se réaffirme définitivement une fille aînée
Les astres chuchoteront
Le temps de demain
Les infinis
S’amenuiseront face à notre acuité déifiée
Et
Le malfini majestueux redira le temps
Dans les draps bleutés du firmament
Oui grand temps
Que tout ce monde d’en-haut
Vienne suave
Et docile à nos pieds indomptables
D’en bas
Pour la signature céleste
De l'apaisement terrestre
Ô fierté
Ô résistance face à l’abject
Ô fraternité suprême retrouvée
Dans l’universalité
Des cœurs rêvés
Fossoyeurs de vous-mêmes
Fils indignes de la damnation
Oui vous
Je vous adresse alors ma prière ultime
Prière aux éclats de verre
Aux projectiles cloutés
Aux cris révoltés
Prière du verbe incarné
En flèches de Massaï
Moi 
L’Atlantide dés-engloutie
Moi
L’Afrique du Baobab victorieux
Moi 
L’Africain expatrié
Moi berceau du Monde
Mais fier
Nonobstant l’amnésie volontaire
Du Monde crépusculaire
Bateau ivre à la quille rompue
Sisyphe à l’allure pitoyable
Apollon hideux de pustules abominables
Diogène à la lanterne cassée
Qu’as-tu fait 
Pour apaiser mes soifs
Qu’as-tu fait
Pour les sacrifiés de Pirogue
Qu’as-tu fait
Du punch vengeur de la Mare
De tous les couronnements
De Pirogue
Un lumignon enfin pour mon âme
Moi 
Alonzo
Moi fils assassiné
Dans le tumulte de l’histoire...
Des histoires hideuses

RIEN !
Strictement rien !
Je suis éploré
J’ai honte d’être moi
Et d’être toi
Verrai-je enfin mes frères redevenir
Les chandeliers d’or de ce monde obscurci
Car il était une fois
Une île
Un peuple
Pour une grande destinée
Pour un autre Homme
Pour un nouvel Humanisme
Où est donc passé ton rêve d’antan
Or le cauchemar guette
Qu’en est-il
De la liturgie magique du léwoz
Or la surdité t’envahit
Je n’entends pas Je n’entends plus
La quête lancinante du ka rebelle
Je n’entends pas Je n’entends plus
Le son-glaçon de ton piano indocile
Ton jazz a perdu
L’exhortation de l’Afrique
Sur la cime ténébreuse
De tes incertitudes maléfiques
Et matérialistes ...
Qui es-tu
Quoi es-tu
Combien es-tu
Où es-tu
Dans la somnolence morbide
Des peuples sans rivages
Pas à pas sur le sable Sans visages
Tu vagabonderas
Zombies de midi
Condamnés à errer
Derrière toutes les églises du monde
Pourtant
Jamais Terre ne fut
Plus bénite que mienne
Qui est tienne
Jamais Eau ne fut plus fraîche
Que la Mare-d’Aimer
Le fils aîné dans le malheur
A expié tous les châtiments
Et
Le monde le sait
Pour avoir creusé à même les ongles
La route du bonheur des demains
Allez
Et dites-leur
De vous payer ce qu’ils vous doivent
Ce qu’ils « nous » doivent 
Oui
La dette au père est la rançon du fils
Mais pour ce faire...
La réconciliation de vous-mêmes s’impose
Redevenir un Peuple
Dans et pour une même Histoire
Dans et pour un même aujourd’hui
Dans et pour un même avenir
Alors pas un brin de terre sur cette sphère
N’évitera
Le goût amer de mon sang de blues
Et
Enfin mon flair
Sera la sueur acide de mon salaire
Nous étions cent
Nous étions mille
Nous étions dix mille
Un million même
Mais
Nous étions « Un »
De la souffrance tu saisiras l’Unité
L’Unicité de nos cœurs
Pas un grain de sable
Pas une poussière
De ce globe qui ne craindra
Dorénavant ta rude et acerbe colère... 
C’est alors que l’île prit la parole :
— Vous êtes venus
Fils du blâme et
De l’indigne sacrifice
Usant des plus chers à mon ventre
Ma postérité révulsée de vomissures
Aux yeux des plus convaincus
Des plus de moi-même
Vous régentez dès lors un corps
Lentement assassiné
Qui pourtant
Sachez-le
Ne fait que dormir !
Dormir
De l’absence de ceux qu’il aime
DORMIR
Oui moi
Île de Marie-Galante
Moi Marie-Galante
Femme rebelle
Femme debout
Femme fiel
Femme mamelle
Femme Touloulou
Femme Folle-Anse
Femme Caye-Plate
Moi Marie-Galante
Femme Pitonpage28image52923968
Femme Moringlane
Femme Buckingham
Femme Djèl-Gwan-Gouf
Femme Pirogue
Femme Déruisseau
Femme Twou-a-Dyab
Je suis Marie-Galante
Et
Vous êtes debout au banc des accusés
Je vous accuse en effet
Race de vipères
D’avoir volontairement
Orchestré mon néant
Moi Marie-Galante
Je vous accuse
Au tribunal de la postérité
D’avoir enfanté le vide
Moi Marie-Galante
Je vous accuse
La paume des mains collées au Baobab
D’avoir distillé la répulsion
Moi Marie-Galante
Je vous accuse
Les yeux rivés au Ciel
D’avoir insufflé la division
Moi Marie-Galante
Je vous accuse
Avec le peuple de Lumière
D’avoir instillé le déshonneur
Il trône dès lors
Dans Grand-Bourg
Une sale et putride
Odeur de cadavre en décomposition avancée
Et
Voilà que les cimetières
Recrachent déjà les ossements des indignés
Et
Les sorciers de tous bords
N’hésitent plus
À profaner le repos de nos morts
N’hésitant même pas à voler Les os de mon corps
Mais je dis malheur 
Malheur
Malheur à tous ces vampires
Des temps modernes
Agonisants inconscients aux yeux ouverts
Le monde sait à peine qui ils sont Mais eux
Ils savent miroir assombri
Leur âme en putréfaction
Malheur à eux
Et
À leur sang
Jusqu’à la septième génération
Les quatre-chemins hurlent
Assoiffés de l’urine fétide des vieilles
Pissant debout
Bouche ouverte
Jambes écartées
Retenant sous leurs rotoplots
Les haillons de la pestilence et du paradoxe
Je suis le Pays
Le Pays de Marie-Galante
Oui je suis Marie-Galante
Les tympans du monde gronderont
Sous le magma de mon Nom
La Gracieuse avez-vous dit Méprise !
Je suis
Je suis unique au Monde
Nul lieu ne jouit de l’égal de ma candeur
De ma sensualité
Et
De mon acuité à commander demain
Mais ma grâce n’est point faiblesse
Je suis avant-goût de toutes les terres promises
Le fils que j’attends
Fera de moi une source de paix
D’amour
De résurrection
De fierté
Et de fraternité
Je suis le dernier étang du monde
Où l’homme étanchera sa soif
Je suis le dernier des arbres
Après la nouvelle apocalypse
Et
Quand le monde
Définitivement aura raison perdue
Je serai encore par mes fils retrouvés
Le dernier rempart d’une civilisation

L’homme cultivera Toujours et à jamais
L’espérance d’être
Un jour à l’égal de la sagesse des dieux
Oui
Moi
Marie-Galante
Des Ave Maria
Et des Pater Noster
Femme rebelle
Femme debout
Femme fiel
Femme mamelle
Femme Touloulou
Femme Folle-Anse
Femme Caye-Plate
Moi Marie-Galante
Femme Piton
Femme Moringlane
Femme Buckingham
Femme Djèl-Gwan-Gouf
Femme Pirogue
Femme Déruisseau
Femme Twou-a-Dyab
L’île de Marie-Galante
Une île Monde
À dire mon Nom
Les légions succombent
Et
Toutes les mystiques
Deviennent alors
Une eau claire et suave
Je vous affirme
Au banc de la nation céleste
Avec la pertinence du Sachem
Vous crachant au visage
Qu’il viendra un jour
Le temps inévitable
De toutes les réparations ici-bas !
Voyez-vous L’Histoire certes oublie
Elle a toujours été
Une vieille femme récalcitrante
Aux oreilles rétrécies
Et à la mémoire trouée
Mais les cicatrices du Monde
Finissent toujours
Par révéler enfin
La profondeur ésotérique
Et la provenance de leurs blessures
Gare à toi alors
Le jour où je viendrai
Te réclamer les comptes
De ton abomination !

SORTIR DU MACADAM
Bernard Leclaire
ED IDEM ISBN : 978-2-36430-008-8
Marie-Galante


mercredi 6 mai 2020

ET " NOUS " ALORS, ME DIREZ-VOUS ?



Géopolitique - Crise Sanitaire et Economique  du

COVID-19.

Et " Nous " ? 



Suite entrevue de J. Attali sur ETV
du 23/04/20 ETV : 18 : 12.

Avec le journaliste T. FUNDERE et le Politologue G. CALIXTE.

Incidences du COVID-19 sur l'économie

La crise du COVID-19 est-elle un retour de bâton de la mondialisation ?


Et « Nous » alors, me direz-vous ?

Je ne partage pas l'idée d'une Mondialisation qui constituerait l’unique solution à tous nos maux, et dont la traduction ultime serait la création d’une grande société humaine dans un but prétendument altruiste ou philanthropique : Aussi à mon sens faut-il considérer, en effet, que la situation présente est un effroyable retour de bâton de cette Mondialisation effrénée ! 
  
L’utopie, pour fondatrice et nécessaire qu’elle soit, doit rester mesurée. L’amélioration si fortement espérée du sort de l’Humanité ne se concrétisera pas par un grand marché planétaire, ni par une démocratie généralisée couvrant le globe.
 L’eau aura le temps de couler sous les ponts, et l’accélération des changements climatiques aura tôt fait de provoquer la disparition de continents entiers, et nous avec. 

Bien qu’elle ait ses partisans, l’idée Attalienne d’un Gouvernement Mondial - c’est bien de cela dont il s’agit ! - signerait inéluctablement la mort des petits territoires et de leur population. 
Qui a priori serait d’accord pour partager le monde entre les cinq plus grandes puissances, sur la simple promesse d’une bouchée de riz à chacun ? Essentiellement les cinq puissances en question, chacune convoitant secrètement la tête de ce Nouvel Ordre Mondial. 

Il me semble tout aussi illusoire d’espérer de cette crise sanitaire majeure l’émergence d’une Europe post-Covid 19 qui arborerait fièrement ses valeurs nouvelles de solidarité et de partage. Il apparaît, au contraire, que chaque pays devra dorénavant œuvrer pour garantir sa « souveraineté », ce afin d'être en mesure d’affronter les cataclysmes à venir. La gestion pour le moins hasardeuse de la crise liée au coronavirus a mis en lumière failles et dysfonctionnements ; elle a aussi démontré le caractère vital de l’autosuffisance, dans les domaines très divers de l’alimentation ou de la santé. 

Je crois fermement, en revanche, à un réveil détonnant des Pays Africains, dynamisés par une hyper démographie bouillonnante, et qui, inévitablement, se trouveront dans une situation de « mise en demeure » de survie dans les trois prochaines décennies. 
La fermeture des frontières de l’Europe produira une réaction inventive et révolutionnaire des sociétés africaines qui n’auront d’autre choix que d’apprendre à s’organiser ! La jeunesse seule possède le secret et la capacité de s’adapter à de telles situations.

Quant aux autres pays, européens ou non, ils seront dans l’obligation d'aider, de faciliter et de promouvoir ce jaillissement des « États-Unis d’Afrique » afin de pallier les éventuels flux migratoires qui risquent de devenir incontrôlables. D’autant plus que ces anciens empires esclavagistes, aujourd’hui en voie de tiers-mondialisation, ont mené des politiques de développement économique et de contrôle des natalités désastreuses. Afin de rassurer le peuple, la fermeture des frontières deviendra en un premier temps un gage présidentiel.

Des décennies durant, certains pays ont sabordé leur secteur industriel, en délocalisant un savoir-faire reconnu en Chine.  Le laboratoire de Wuhan en est un exemple flagrant. Ironie du sort (ou juste retour des choses ?), l’Europe est devenue aujourd’hui une colonie Chinoise ! La recherche systématique du profit a paradoxalement affaibli l’Europe, la rendant dépendante d’une économie chinoise qui, elle, ne cesse de croître. C’est un marché de dupes, d’autant plus que la qualité du « Made in China » est aux antipodes du savoir-faire européen évoqué précédemment.
  
Les ramifications de ces renoncements coupables sont profondes, et ses incidences psychologiques réelles : économie en berne, vieillissement accéléré des populations, incapacité manifeste à pouvoir faire face aux grands défis de ce siècle…C’est, de toute évidence, le cas de la France, la nation allemande semblant quant à elle davantage maîtresse de son destin…

Les conséquences de la dénatalité sont multiples : la raréfaction prévisible de la main-d’œuvre nécessite fatalement le recours à une main-d’œuvre extérieure. Ainsi, cette immigration que vous refusez aujourd’hui, vous vous mettez dans l’obligation de l’accepter demain, toujours avec ce même dédain de l’autre, à tout le moins.  C’est là un autre aspect des conséquences démographiques décrites précédemment. 

Alors même que l’économie française est vacillante, l’État persiste dans une politique dénataliste. C’est une aberration car toute velléité de redémarrage de l’économie française se heurterait de plein fouet à la problématique de la main-d’œuvre ! Il faut, au contraire, encourager une politique de baby-boom indissociable de mesures sociales réellement incitatives pour les familles.

La Chine, qui ne (re)connait que la Chine, semble se complaire, elle, dans une autarcie narcissique et presque monstrueuse ! 
L’appétit de cet ogre des temps modernes est gargantuesque, et bien que la capacité de son estomac soit par définition limitée, il se verrait bien engloutir le monde entier ! 
Sait-il seulement qu’il sécrète lui-même le poison qui causera sa perte ? Ce péril qui le menace sourdement c’est l’immense majorité de sa population, une population misérable qui regarde danser ses nouveaux riches avec amertume, concupiscence et impatience…
  
Le jour où le petit peuple chinois sera à même de décrypter le phénomène des antagonismes sociaux, et surtout lorsqu’il intégrera la théorie de la lutte des classes, marquera le début de terribles contestations sociales et de sanglantes tensions. Lorsque des millions de pauvres hères (sans doute au cours de cette présente décennie) réclameront le droit au consumérisme et à la modernité, la Chine risque fort de connaître aussi sa prise de la Bastille : malheur aux nantis ! La révolte du peuple chinois sera à l’aune de sa docilité légendaire : il y aura vraisemblablement un avant et un après, exactement comme pour le virus qui nous frappe actuellement ! Du reste, l’expansionnisme chinois ressemble à s’y méprendre à un néocolonialisme, en Afrique notamment. D’où la nécessité pour celle-ci de s’affranchir d’une mise en tutelle insidieuse qui ne vise en définitive qu’à asseoir la suprématie chinoise face au grand rival américain. 

On aura aussi compris l’impérieuse nécessité pour un pays où l’implosion démographique menace constamment, de désengorger les grandes villes. Sans doute faut-il s’attendre dans les années qui viennent à une extension tentaculaire de la diaspora chinoise.

Qu’en est-il des USA ? Nous sommes très loin désormais du charisme d’Obama qui faisait l’unanimité mondiale. Donald Trump a discrédité non seulement la fonction présidentielle mais encore le pays dans son ensemble. 

L’Amérique est (re)devenue exécrable aux yeux de beaucoup, faisant resurgir ses vieux démons. Ainsi, la question raciale, toujours très prégnante, suscite l’indignation et l’écœurement du reste du monde.
Les arrestations arbitraires, d’une brutalité inouïe, perpétrées à l’encontre des Afro descendants sont tous les jours vues en vidéo par des millions d’internautes. Trump semble avoir déclaré la guerre aux minorités et particulièrement aux Noirs. Sait-il seulement que les USA ont bâti leur empire sur le vol, le viol et le génocide des Amérindiens ?  

À bien des égards, le pays a perdu de son lustre : du fameux Rêve américain ne subsiste plus qu’un douloureux mirage…

Dans cette Amérique lourdement armée, une guerre civile n’est pas exclue, en particulier contre les afro descendants. Les redoutables répercussions du COVID menacent plus que jamais l’unité et l’économie nationales. Alors que Trump pensait brandir le drapeau de la réussite, de la relance économique et de l’endiguement du chômage, voilà que ce virus va annihiler sa part de succès et de pseudo légitimité.

Et « Nous » alors, me direz-vous ?   

Il nous reste à trouver d’urgence avec la France un statut qui nous permette, avec une autonomie accrue, de mieux penser notre économie, de mieux identifier les exigences de notre développement social et culturel.
  Nous devons impérativement tenir compte de notre histoire, de notre géographie et de notre cadre géopolitique. Nous devons très rapidement être en mesure d’appréhender et d’anticiper notre avenir commun. Nous vivons depuis trop longtemps dans une incertitude et une approximation érigées en système. La Politique Guadeloupéenne a perdu de sa noblesse et de sa grandeur ! Jamais l’infantilisation n’a été autant orchestrée par le pouvoir central, avec un certain succès il faut le reconnaître. En effet, l’observateur attentif de la vie politique régionale s’interroge en vain : « où sont nos tribuns ? Où sont les femmes et les hommes réellement engagés dans la vie politique du pays ? Où sont les femmes et les hommes pleinement conscients de l’importance capitale de leur mission sociétale ?  C’est une évidence : il y a pénurie d’hommes, il y a pénurie de leaders ! Les intellectuels guadeloupéens ont sombré dans une léthargie sans précédent. Comme écrasés par la désespérance de l’actualité, ils ont capitulé et renoncé à leur rôle de héraut du peuple.
Sommes-nous tous devenus aveugles au point de ne pas voir ce qui nous paralyse ? Dans un monde qui a considérablement évolué, et où les rapports de force sont en perpétuelle évolution, il doit nous appartenir de décider de notre place et de notre posture. La France elle-même a-t-elle encore les moyens de ses ambitions et de sa politique ? Ne vit-elle pas dans une sorte de nostalgie de sa splendeur et de sa puissance évanouies ? Quid, dès lors, de notre devenir ? 
Nous sommes revenus « an tan Sorin » et le pays de Guadeloupe a à sa tête un Gouverneur de fait, légalisé par notre propre inertie, notre absence de solutions et de perspectives pour notre propre territoire. Nous avons brillamment échoué et nous passons aujourd’hui pour les responsables de l’échec généralisé. 
Je parle de la gestion calamiteuse de l’eau, de la gestion des Communes, l’état des routes, la vie chère, l’état économique général du pays, la Santé etc. … Même si tout ne nous incombe pas directement, nous acceptons, donc nous sommes aussi responsables, à défaut d’être coupables ! 
Qui défend ce pays aujourd’hui ? Qui ? Qui parle ? Qui porte nos idées et notre voix ? La cacophonie ambiante nous a rendus inaudibles ! L’absence de concorde nous a rendus impotents, impuissants, dirais-je, dans toutes les acceptions du terme ! Aux yeux de l’État français nous demeurons encore et toujours d’éternels enfants… D’où une absence patente de crédibilité ; d’où un déficit flagrant de légitimité…

Au milieu de ce XXIème siècle nous devrions accéder à une forme d’indépendance, laissant dès lors place à une priorité d’échanges commerciaux consentis, bilatéraux et bien sûr, autant que faire se peut, avec des relations amicales vis-à-vis de cette France désormais « partenaire ».

Cette transition doit être minutieusement et rigoureusement préparée ; elle doit être conçue comme un levier économique afin d’aborder avec sérénité les enjeux déterminants qui seront les nôtres demain. Elle requiert un bilan mais aussi un prévisionnel  sur les trente ans à venir ! 

Il conviendrait aussi d’établir dès aujourd’hui avec les autres états de la caraïbe un véritable pont économique. Plus que de banals (mais logiques) échanges commerciaux, il importe que nous forgions une vision commune de cet espace caraïbe qui est nôtre aujourd’hui de diverses manières. Mais au-delà de ces différences, qui constituent de fait nos richesses singulières, il s’agit de nous inscrire dans une audacieuse et novatrice démarche commune, au nom d’une Histoire, d’une souffrance, d’une gémellité de trajectoires -bref d’un patrimoine- partagés ! Cette fraternité identitaire et économique est la condition sine qua non d’un développement harmonieux et équitable de nos aires caribéennes.
L’avenir des Peuples de la Caraïbe passe par l’émergence d’une prise de conscience d’une « Union Caribéenne » plus forte, en termes de marché, d’emploi, de développement économique, d’échanges, de coopération, de transport, etc. …

Il conviendra sans doute de redéfinir la CARICOM (La Communauté caribéenne) ; actuellement composée de quinze États, celle-ci devra  s’élargir afin de faire cause et consensus pour un même territoire. 
La levée de l’embargo qui pèse sur Cuba est un prérequis indispensable ! Les Caraïbes sont aujourd’hui fragmentées entre vingt-sept États dont vingt-trois sont souverains, et plus de quatre d’entre eux possèdent dix-huit dépendances. Cette Caraïbe multiple, mais unie, tente de se construire en une entité internationale. Il convient, à cet égard de souligner et de saluer l’admirable initiative de l’Association des États de la Caraïbes (AEC), qui prône un marché unique de la Caraïbe et un passeport commun de la CARICOM. 
Nous restons favorables à une fusion des lignes aériennes, gage d’une plus grande liberté de déplacement, à la mise en place d’une bourse régionale et d’une centrale d’achat inter caribéenne, et bien sûr à un accord de libre-échange. La Caraïbe est à nos portes, nous ne la voyons pas, or elle est notre avenir ! 

La Guadeloupe et la Martinique (pourquoi pas la Guyane ?) se doivent d’honorer ce rendez-vous. Nous devons être moteur et acteur pour la promotion de cette entité comme l’éclosion d’un sixième Continent. 
Il s’agit de redonner force et confiance à notre jeunesse, de réenchanter demain et de sublimer l’Espoir ! Tout est à faire, nous ne sommes qu’au début de nous-mêmes. Osons ce partenariat dans le respect de l’autre, et également dans l’affirmation de nos valeurs, de notre essence ! 
Ce que Marley a réussi avec le Reggae, nous le pouvons aussi sociologiquement et économiquement, car la Caraïbe est aujourd’hui ce que le monde sera dans mille ans !

Bon « déconfinement » à tous : gardons nos enfants chez nous tant que le spectre viral du Covid 19 est encore en circulation. Ne laissons pas la « comorbidité » économique prendre le pas sur les vraies questions sanitaires, et sur notre bien commun le plus précieux : la Vie ! 

   #BernardLECLAIRE

Grand-Bourg le, 30/04/20

Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.

  Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.     Il est des hommes dont la présence impose naturellement le respect. Monsieur  Ludovic DARI...