Site Officiel - Répertorié Site Ile en Ile - Publié dès 1999 Créateur du courant Littéraire : Caribénitude (La) Un Visage dans la Mer – Noces Divines – Château des Murat (Le) – Mare au Punch (La) - Sortir du Macadam. Nombreux articles sur les sites et journaux locaux: (Politique – Economie – Sociologie). Répertorié dans la liste des Sociologues Français. Recherches : Emigration Congolaise de 1870-1890 aux Antilles. Particulièrement sur l’Ile de MARIE-GALANTE. (Thèse de Doctorat).
mardi 8 juin 2010
lundi 7 juin 2010
L'écrivain marie-galantais Bernard Leclaire à la rencontre des collégiens
Delphine Rotfus
L'écrivain marie-galantais Bernard Leclaire à la rencontre des collégiens.
Quand un écrivain nous parle...
Que les textes lus à voix haute prennent vie et corps, la magie opère auprès du jeune public : le désir du livre naît. "Quand lirons-nous ce livre ?" " Cela a l'air intéressant, j'ai hâte de le lire ! " me chuchotent mes élèves sous le charme de ces voix.
Le livre en question c'est "La Mare au Punch" de Monsieur Bernard Leclaire, auteur marie-galantais invité par M. Romney à rencontrer les collégiens, comme l'avaient été l'année dernière Madame Gisèle Pineau, d'origine guadeloupéenne, et Luis Mizon, poète chilien, dans le cadre des journées artistiques et culturelles que le représentant du Recteur organise pour notre plus grand bonheur. Le succès est renouvelé cette année encore, suscitant la même qualité d'écoute et d'intérêt chez les jeunes lecteurs, en devenir, des élèves de cinquième et de quatrième.
Ce jeudi matin l’évènement a lieu au collège Soualiga. L'autre voix qui résonne au milieu des livres de la bibliothèque, le C.D.I., c'est celle de Madame Eliane Kancel, professeure de théâtre venue dire des textes choisis de la littérature de la Caraïbe : les mots d'Aimé Césaire (La Tragédie du Roi Christophe), de Max Rippon ( "La Déchirure" in Les Débris de Silences), de Guy Tirolien ( "La prière d'un enfant nègre" in Balles d'or) et encore ceux de Jacques Roumain (Gouverneurs de la rosée) s'incarnent.
L'écrivain prend le relais. Bernard Leclaire s'adresse aux élèves qui l'interrogent sur son métier, ses livres, l'esclavage. Il leur transmet l'histoire de son île chérie Marie-Galante, de l'esclavage à la liberté, et à travers elle, la nécessité d'apprendre, "le devoir d'aller quérir le savoir, la connaissance, lire des livres", "le goût de l'effort", pour apprendre à communiquer, être capable d'interpréter, aller au fond des choses pour avoir sa place dans ce "jeu d'intelligence et d'anticipation qu'est la vie", pour devenir des citoyens qui seront les forces vives de demain, vigilants prêts à défendre cette liberté chèrement acquise et toujours menacée, et cela grâce à la culture.
Être cultivé, savoir qui l'on veut être , "N'acceptez pas n'importe quoi, ouvrez vos yeux !" les enjoint-il avec force. "Vous devez savoir aujourd'hui ce que vous voulez faire comme métier demain ; si vous voulez être les futurs médecins, chercheurs, hommes politiques de Saint-Martin !" et de leur donner rendez-vous dans quelques années pour voir "s'ils ont mis des actions derrière ces mots ", s'ils ont réalisé leur projet.
Le sien, le projet de l'écrivain, il le formule ainsi : "Ce que je cherche quand je prends un livre, c'est une dénonciation. L'écrivain doit interpeller. Quand j'écris, c'est un acte d'amour qui s'adresse à tous, je veux faire plaisir à la terre entière".
Mission accomplie aujourd'hui, à travers ce moment de partage et de plaisir, pendant lequel il a su (r)éveillé l'envie de lire et d'apprendre de nos élèves fortement interpellés, allumant l'étincelle de leur curiosité et de leur volonté, inscrivant en eux la nécessité de se projeter, de lire et d'apprendre !
dimanche 6 juin 2010
COMMEMORATION 27 MAI 1848
COMMÉMORATION
27 MAI 1848

COMMÉMORATION 27 MAI 1848
Commémoration
27 mai 1848
Commémoration ou pas
Pourquoi pas et après
Pourquoi pas et après
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour que la Mare au punch de Pirogue
Cesse de rendre les tragiques vomissures
De ses entrailles blessées
Faudra-t-il encore
Faire tomber les seins des nonnes
Et
Faire bambouler les curés
Et
Faire bambouler les curés
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour qu’exorciser les fantômes rebelles
De Baimbridge vers l’au-delà définitivement
Se laissent glisser
Et
Que l’on cesse enfin d’entendre
Et
Que l’on cesse enfin d’entendre
En plein midi aujourd’hui encore geindre
Les fils de Solitude la mulâtresse décapitée
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour que les Martyres du Haut Matouba
Ne hantent plus les nuits de cette odeur de soufre macabre
Incitation guerrière à la vengeance
Et
Que de rage au ventre la vielle femme Soufrière
Que de rage au ventre la vielle femme Soufrière
Réincarnée en héros ne vienne à son tour
Gronder les consciences piétineuses d’Histoire
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour annihiler cauchemars et démons
Peuplade des nuits et zombies des jours
Cent cinquante ans de – silencement
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour que ces fillettes défoncées quatre siècles durant
Rejettent enfin les bâtards mort-nés de la Honte
Vomissement
Cent cinquante ans de – silencement
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Pour que ce semblant d’Humanité reconnaisse
Ses crimes d’hier et d’aujourd’hui
Que la facture de l’infamie soit symboliquement
Pour toujours et à jamais
Acquittée à la face amnésique de ce Monde
Faudra-t-il encore
De colère que le sablier du Grand Barbu s’écrase
Répandant de nouveau « les sept plaies »
Que les aubes ne naissent plus
Paradis dès lors des soucougnans
Des crépuscules vaincus en obscurité définitive
Combien de cent cinquante ans faudra-t-il encore
Vomissement
Sinon cent cinquante ans de - silencement
Commémoration ou pas pourquoi pas
Et Maintenant.
« Un Visage dans la Mer » - Alizés 2000 -
27 mai 1848
samedi 5 juin 2010
A l’ombre de tes seins
A l’ombre de tes seins
Laisse-moi
transporté, vaincu indolent,
par la houle torride de tes flots
et… à tâtons
chaton lové, consentant ivre
à l’ombre de tes seins,
mon être
plongé dans ton élixir magnétique.
Que chaque crique de ton corps
en festin de pulsions
vienne célébrer
l’union sacrée de notre flamme
constellée.
Quand dans le creux de mes mains
les yeux fermés
Je renifle animal
le relief poli de tes montagnes
envoûteuses,
Je m’approprie fébrile
assoiffé,
toutes les essences qui font Toi.
Les miaulements stridents
émanant du fond de ton être
en feu d’artifice de plaisir,
étalé par mille éclats
dans un ciel illuminé alors,
font de moi
l’amant viril d’un Univers
transformé en femme lascive
ô paradis d’étoiles !
Mes yeux transpercent
ta galaxie et
j'entrevois plus que l’invisible
de tes sens.
A l’ombre de tes seins
laisse-moi
couché, paralysé de ton nectar,
ô futures voluptés
de nos corps embrasés !
B. Leclaire.
Un visage dans la mer

SUR LES TERRES VAINCUES
Sur les Terres Vaincues
Couvercle assombrissant
Bouche de cachot,
ville assiégée, ballon d’otages,
concert d’apocalypse armaguédant les éléments.
Macabre danse de fourmilière apeurée
Femme et enfant en tourbillon d’effroi et d’émoi.
Arbres nus, sexe arraché béant, fantôme de
désolation,
debout vent de mitraille !
Mitraille de vent ! avalant, dévalant, escaladant,
et vomissant en lambeau demeures et pudeurs.
Vacillant la flottaison de l’île chavire,
latin des vents contre latin des humains !
Métal vaticinateur pour âme d’innocent,
aiguiseur psalmiste de contre miroir,
bourreau aporétique, balayeur de nécropole,
nuit ocre germinative d’anti-furie.
Métastase bariolée, pute scissipare,
nécrose purulente de pustules abominables,
apostilles divines qui, le temps mauvais
après,
sur sa nuque, en héros porte le soleil,
phallus incandescent de renaissance
pour enfin demain plus sain.
B. Leclaire
Noces Divines (Publibook)

Extrait : Noces Divines.
C'est alors que le Sachem
de force prit la parole
et son propos fut grave
face à l'auditoire en désarroi :
"Le temps renferme une mémoire
une mémoire du Trou à Diable
une mémoire noire de Bambara.
Une mémoire du deuil bafoué
que ne peuvent effacer
toutes les eaux du globe".
Ainsi souhaiterais-je
vous dévoiler mon credo :
Mon credo végétal
mon credo de jazz
mon credo de blues
mon credo d'apocalypse
et surtout
mon credo de vagues
de vagues survoltées
au crucifix brandissant".
"Les ouragans
sont des esprits dérangés
traduisant l'immense
révolte inassouvie
des par-dessus bord.
Rugissement des vents
colère des frères gémissants
rappelant que l'Atlantique
est un vaste cimetière ouvert
coloré à l'eau rouge
du flamboyant de chair.
En attente des funérailles
d'un Passsé présent
et
d'un Présent présent".
BL.
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