Accéder au contenu principal

Lettre Ouverte à Maryse ETZOL !

                              Lettre Ouverte à Maryse ETZOL ! 




                         Lettre Ouverte à Maryse ETZOL !

Aurions-nous le droit d’adopter la posture des trois singes ?

Mon souhait le plus grand serait que l’on s’attaque d’abord au désenclavement de cette île, en réclamant à l’Etat d’établir une   « continuité territoriale » tangible par la mise en place d’un réseau aérien adapté ainsi qu’un projet maritime digne de ce nom, pour faciliter tous déplacements.

Comment parler de développement touristique sans cette mobilité évidente et indispensable ?

Pourquoi ne pas parler d’Internationalisation de l’Aéroport des Basses ?

Pourquoi ne pas envisager la double opportunité pour le Port de Folle-Anse en réaménageant sa structure certes, à vocation sucrière mais aussi touristique, afin de recevoir à quai les paquebots de croisières. (1 ou 2par passager pour la Commune).

Pourquoi ne pas poursuivre l’aménagement du Port de Grand-Bourg et sortir de cet enrochement définitif ?
Le jour où nous subirons un deuxième ouragan comme Hugo, cet enrochement deviendra un projectile contre les habitations du littoral.
 La tranche finale devait normalement consolider l’existant par un bétonnage rendant compact les différents blocs. Depuis plus de 20 ans ces travaux ne sont  toujours pas réalisés !

A quand la possibilité de sortir et d’entrer dans les vedettes sans pour cela se faire surprendre par la pluie ?  Je pense surtout aux handicapés et aux personnes âgées.

Pourquoi ne pas se battre avec autant de fougue pour la réouverture d’une maternité à Marie-Galante ? (Je dis même, Polyclinique ou Hôpital) ?

Que fait-on des vestiges de l’hôtel KAÏWAN ? Pensez-vous réellement qu’il n’y aurait rien à faire ?

Pourquoi ne pas mettre en place une Politique d’agrandissement  ou d’élargissement du réseau routier marie-galantais en créant des ouvertures dans les campagnes et à l’intérieur des terres, afin de rendre plus attractif le cœur de  l’île ?
  Le réseau routier du pays existe depuis des lustres et personne n’a jamais pensé à son redéploiement ? Les plus beaux coins sont toujours inaccessibles ! Et on parle encore de développement touristique !

Pourquoi ne pas mettre en place une véritable réhabilitation des sites touristiques – des anciennes usines et distilleries ? (Robert – Bernard etc. …).
 Les vestiges sont les témoins du passé et on pourrait en faire des œuvres d’art !

Il en serait de même pour l’Aménagement de l’entrée du Grand et du Petit Trou à Diable ?

A quand l’extension du Boulevard Maritime jusqu’à la plage de la Cible ?

Lieu où l’on devrait créer le fameux Village de Pêcheurs.

A quand une vraie politique d’aménagement des plages de l’île ? (cabanons – sanitaires – douches – restaurent etc. …).

Pourquoi ne pas promouvoir un passage International de la Mode à Marie-Galante ?

Pourquoi ne pas inviter chaque année le FEMI  pour deux jours d’activité sur notre île ?  

Il en va de même pour le Tour Cycliste de la Guadeloupe, cela s’est fait dans le passé.

Pourquoi ne pas se battre pour un « Salon du Livre » sur notre île ? En Guadeloupe même, il n’existe plus, cela fait plus de dix ans ! N’est-ce pas un créneau pour ce Pays Marie-Galante  qui prône l’excellence ?

Que propose-t-on au Pays pour le Centenaire de Guy Tirolien ? Pour cette année 2017 proclamée « Année Guy Tirolien » ?

Où est cette organisation pour rationaliser la filière Pêche ?  On a dans le passé parlé « d’Ecole de Pêche ».  Voilà une idée et une vocation marie-galantaise !

Evidemment on pourrait poursuivre longtemps cette énumération afin de prouver que beaucoup reste à faire pour améliorer l’existant des Marie–Galantais. Car, en effet presque tout reste à faire !

Je ne parle même pas de statut ou de fiscalité, le monde connaît mon  point de vue sur la question. La « dépendance » Marie-Galantaise est une absurdité historique !

Je voudrais humblement revenir sur le sujet du moment qui est directement lié à la pérennisation de la filière canne, avec cette épée de Damoclès qui danse sur la tête de notre dernière Usine à sucre, laquelle encore essaye  de résister.

Voilà un sujet on ne peut plus délicat, complexe et amphigourique.
Je ne suis pas un spécialiste de la question mais à travers mon propos, je parle en qualité de marie-galantais.

Je suis fils de Commerçants marie-galantais. Je suis né à Marie-Galante et  ma mère me disait souvent que c’est grâce aux gens de la campagne et aux  planteurs de canne qu’elle a pu élever ses enfants. Je me sens alors naturellement redevable envers cet univers. Vous comprendrez alors pourquoi je me sens  concerné par la situation préoccupante des planteurs.
Aussi, l’écrivain Marie-Galantais que je suis, parle  avec son âme et son cœur. Je suis un passionné et un amoureux fou de mon Pays, de mon Peuple et de ma Terre.
Ce Pays  m’habite à un point tel que je n’ai pas besoin d’y être pour quérir la voix et les cris des pères fondateurs.

J’ai écrit sur la problématique de l’inceste sur cette île en faisant un parallèle avec l’esclavage dans un roman intitulé, Le Château des Murat ou le viol d’Alicia.

J’ai écrit sur la légende d’Alonzo dans un roman éponyme intitulé, La Mare au Punch. J’ai récemment accordé un reportage  (qui passera en mars 2017) sur ce lieu à la chaîne ARTE, au sujet des évènements autour de cette   mare au punch. J’ai été par contre terriblement surpris par l’état de délabrement du site. Le pont est impraticable, l’herbe est haute et le texte explicatif n’existe plus. En fait, disons-le, le site est carrément à l’abandon !

J’ai écrit un recueil de poésie, Noces Divines en donnant des clés ésotériques au sujet de cette île. Je constate que très peu de lecteurs jusqu’à aujourd’hui ont été capables de me faire un retour.

J’ai plus récemment publié, Sortir du Macadam, encore un recueil de poésie, qui hurle les tripes de mon île.

Recueil un peu prémonitoire puisqu’il est question aussi des difficultés du monde agricole.

J’ai enfin fait la préface de la réédition, du Procès des Marie-Galantais, rédigé par Victor Schœlcher, lors des premières législatives organisées en 1849.

Sans compter bien sûr mon Blog (+ de 36000 vues en quatre ans), avec de très nombreux articles relayés dans le FA, CCN, Mediapart, le Monde et autres.

S’agissant de la « Grande-Anse-Gate », voilà un projet ficelé d’un bout à l’autre, conceptualisé depuis 2012, et qui pour cette campagne 2017 devait être opérationnelle. A priori, il était question d’une unité Bagasse/Charbon, et l’ensemble des politiciens du moment,  aujourd’hui encore en place, ont validé un autre projet, plus vert et donc plus propre.
Cette unité serait une Centrale Bagasse/Biomasse. Ce projet n’a en rien changé et, est le même, validé et approuvé par l’ensemble des concernés par la question.
Au moment de rendre opérationnel ledit projet, les actuels responsables politiques trouvent plus adapté une Centrale Thermique pouvant même, porter l’île vers son indépendance énergétique.

Oui, et là, tout semble mirobolant !
  
Sauf que, ledit meilleur projet est au stade de l’embryon. C’est un concept et non un projet, qui mettra manifestement des années  avant de voir le jour !

En attendant, on fait quoi ?

L’Etat ne reculera pas et aucune subvention de 1600000e ne  sera versée à l’Usine pour son redémarrage cette année.  Les conditions, a priori, engagées ne sont pas respectées.
Les 800000e qui doivent être versés par la Région demeurent jusqu’à nouvel ordre en souffrance, puisque sous contrat de l’engagement Bagasse/Biomasse.

On se regarde en chiens de faïence et l’usine de Grande Anse avec ses 2800 planteurs scrutent l’horizon les bras vers le ciel ! Comme l’affirme la Présidente du Conseil Départemental, (marie-galantaise de surcroît), pouvons-nous attendre 2020 pour l’élaboration et la finalisation d’un projet Centrale Thermique ? Lequel projet en 2020, sera lui-même probablement déjà obsolète.

L’appel au consensus me semble plus raisonnable. Il serait alors plus judicieux d’adosser  au projet validé et opérationnel un avenant à court terme pour l’utilisation de la Bagasse. Le  statu-quo et le choc frontal qui ne mèneront nulle part.

Marie-Galante, peut-elle se payer le luxe d'accepter la fermeture de sa dernière unité sucrière ? La question fondamentale est là !
Dans une dialectique des évolutions naturelles, il semble tout à fait évident que le fonctionnement de cette unité aille dans le sens d’une écologie plus propre et plus juste. Mais, en attendant, peut-on faire abstraction du réel, du quotidien et de "l'immédiateté" ?

Où est l'URGENCE ?

Allons-nous fermer l'Usine de Grande Anse ? Comme si, subitement,  "l'indépendance énergétique" de la triste petite île Marie-Galante devenait la chose la plus importante sur cette terre !

Nous ne sommes plus au temps de la SPEDEG à Marie-Galante et du dernier « cacatoire »  avalé par la mer sous les vents du cyclone Cléo !

Notre ultime  usine fermée, comment allez-vous rémunérer les 2800 planteurs ? A croire que le bon sens a vraiment déserté certains esprits. Il y a des symboles intouchables, l'histoire le rappelle tous les jours !
Nous avons la mémoire courte !
  
Allons-nous pouvoir de la sorte,  combattre le dépeuplement de cette île, le vieillissement de la population et le marasme économique grandissant ? 
D’un point de vue purement écologique, j’entends très bien l’absurdité de faire venir en granulé, du bois du Canada ou du Brésil.

 L’usine travaillant cinq mois pendant la récolte oui, alors comment fonctionner l’année durant, sinon par l’apport du bois importé ?

Pourquoi avoir soumis le versement des subventions à la contrainte du démarrage du projet Bagasse/Biomasse ?

Pourquoi avoir signé un tel projet sachant que l’île a déjà expérimenté les Éoliennes sur Capesterre ?
Pourquoi n’avoir pas priorisé le « triptyque » : solaire/bagasse/éolienne ?

Je crois que cet énorme imbroglio vient du seul fait que les politiques nous engagent un peu trop à la légère vers des lendemains incertains. Un tel sujet aurait dû davantage tenir compte  d’analyses pour mieux aboutir.
Nous voyons là, les limites de nos dirigeants qui persistent et qui signent toujours avec cette même méthodologie de solitaire et qui, dès que les choses se corsent,  n’hésitant pas à renier sans scrupules  leurs propres décisions.  
Si l’Etat dit oui au versement des subventions en revoyant le projet d’Albioma, je dis immédiatement oui pour la Centrale Thermique et l’indépendance énergétique de mon île. C’est une évidence !

Si l’Etat Français campe sur le fait que les subventions ne seront versées, qu’en respectant la signature commune, alors je préfère accepter la continuité du fonctionnement de Grande Anse, tout en me battant pour l’amélioration et le remplacement à terme, de ce projet par la future Centrale Thermique.

J’aime bien le vieil adage qui dit « un tien vaut mieux que deux tu l’auras » !

Je n’accepterai jamais, et aucun marie-galantais sensé ne pourrait le tolérer, l’idée de la fermeture de cette Usine ! Il y va de l’âme du Pays !

On ne badine pas et on ne rigole pas avec la rémunération des gens qui leur vie durant se battent pour joindre les deux bouts.
 Nous devons faire preuve de bon sens, afin de ne pas rompre les équilibres en jouant le chaos ou à la roulette russe. Surtout, quand il ne s’agit pas de votre propre survie !
Je vous demande de faire preuve de pragmatisme. Le peuple marie-galantais a besoin de calme et de sérénité, il serait souhaitable que nous allions vers l’apaisement en tenant compte des doléances des planteurs.

Je sais que je peux compter sur votre lucidité et votre perspicacité à entrevoir l’Avenir.
Le temps de l’indépendance énergétique viendra. Très sincèrement, je ne crois pas que le redémarrage économique de notre île passera essentiellement et immédiatement par cette action. Revenons sur terre, mettons-nous au travail sur les basics, car nous nous heurtons encore trop souvent aux évidences de notre quotidien.

Merci d’aller dans mon sens.
Respectueusement.
Bernard LECLAIRE.
          GB le, 06/02/2017.

Commentaires

  1. Un tristement anonyme m’a remercié d’avoir eu l’occasion d’améliorer son vocabulaire. J'espère qu'il a aussi progressé dans la technicité de la pensée complexe !

    RépondreSupprimer
  2. Le canidé aboyeur continue d’aboyer dans le chaos de sa vacuité abyssale à défaut d’une once de fatuité naissante que déjà crépusculaire !
    On lui a pris son os ou sa « galette » de 158 km2 !
    Il est « contraint de commenter en anonyme » se cachant dans les fosses sceptiques de sa néantisation.
    L’inexistant se raccroche à celle des autres comme pour se faire croire qu’il est détenteur d’une part d’oxygène.
    Non, non tu n’existes pas et tu n’existeras jamais ! Tu n’as rien fait – tu n’as rien dit et tu n’as rien écrit ou alors donne la patte !
    Néant tu es et néant tu resteras dans la crasse purulente des poubelles putrides de ton non-être !

    RépondreSupprimer

Posts les plus consultés de ce blog

HOMMAGE A ERIC FONTES

HOMMAGE A ERIC FONTES
Hommage à ERIC FONTES         G/B le, 29/07/2017
POUR ERIC …
La mort n’est que chair Les gens viennent et traversent Le cercle  qui toujours se régénère L'instant d'une porte ouverte Sur l’extralucide Certains par l'esprit à jamais demeurent Mon ami, notre ami Parent, frère … Qui subrepticement nous a tourné le dos Pour le temps du non-temps Pour le temps de tous les temps Mais Ici-bas  parmi nous L'artiste est présent Présent Dans toute sa dimension musicale Spirituelle et ésotérique S'il existe bien un présent-continu Digne d'un commencement d'éternité   Alors  Cet art  immuable et intemporel Est bien notre Eric de l'allée des Poiriers Notre cher Eric Silex conscient au sourire délicat Un être aux contours de sens et du sens Incompris parfois  dans son acuité du vivant Toujours à frôler le nirvana

Le créole est-il une langue en exil ? L'exemple de Marie-Galante" !

Le, 27/10/2013

À l'occasion de la JOURNÉE INTERNATIONALE DU CRÉOLE, dimanche 27 octobre, « Tous créoles » présente une conférence de Bernard Leclaire sur le thème :
"Le créole est-il une langue en exil dans son propre chez soi ? L'exemple de Marie-Galante" !
        Rendez-vousà la distillerie Trois-Rivières (Sainte-Luce, Martinique).

                                                   ***
"Le créole est-il une langue en exil dans son propre chez soi ?     Non… ! L'exemple de Marie-Galante" !

Avant de commencer cette intervention, je dois vous avouer que je l’aborde  dans l’esprit d’un échange fraternel, d’autant plus que lorsque je suis en Martinique je me sens chez moi. Avant d’aller plus loin néanmoins, permettez-moi de remercier les organisateurs de cette manifestation. D’abord « Tous Créoles » qui fait un travail remarquable et remarqué sur notre « créolitude » ainsi que mon Éditeur, Monsieur Jean Benoît Desnel, qui, dès nos premières rencontres, a cru…