vendredi 18 octobre 2013

Le 27/10/2013 en Martinique




             À l'occasion de la JOURNÉE INTERNATIONALE DU CRÉOLE 

Dimanche 27 octobre, Tous créoles et l'association Promolecture présentent une conférence de Bernard Leclaire sur le thème : 

"Le créole est-il une langue en exil dans son propre chez soi ? Non… L'exemple de Marie-Galante",



RENDEZ-VOUS à la distillerie Trois-Rivières (Sainte-Luce, Martinique). (11h00 - 16h30).





vendredi 11 octobre 2013

ANNULATION DÉDICACE DU 19/10/13 A SAINT-LOUIS !












Chers tous et toutes, je vous informe que la séance de dédicace de mon Roman « La Mare au Punch » prévue le Samedi 19 de ce mois à Saint-Louis est annulée ! 

mardi 8 octobre 2013

Dîner Débat Mercredi 09/10/13







Le DÎNER DÉBAT à La Fine Galette avec : Max Rippon, Jean Samuel Sahaï, Didyer Mannette , les Editions Willy Nestor et Jasor, Bernard Dendelé Leclaire, Henri Bistoquet Officiel et biens autres auteurs et écrivains...c'est ce MERCREDI 9 OCTOBRE 2013 à 19h30. 

Parlons de la Littérature Guadeloupéenne et Caribéenne autour d'une bonne table à Pointe-à-Pitre. 

LA FINE GALETTE, 70 Rue Jean Jaurès, 97110 Pointe-à-Pitre. 

Tél. : 0590 97 23 31


Le débat sera enregistré et diffusé sur Canal 10 Télévision que j'aurai le plaisir d'animer. Un dîner débat littéraire diffusé en TV...comme une version guadeloupéenne de l'émission d'Ardisson sur Canal + ! Je compte sur votre présence. Mélina Seymour.

VENEZ NOMBREUX

dimanche 29 septembre 2013

INTERVIEW DE DANIK ZANDRONIS

                                       





Ce blog malheureusement n'existe plus sur CC1 ! Cet entretien date de 2009, mais il semble tellement d'actualité dans le fond après 4 ans que certains lecteurs avisés me le réclamaient absolument depuis déjà longtemps ! C'est fait et merci de me lire ! 



                                                  Interview de DANIK ZANDRONIS        


1.     Presque un an et 10 000 lecteurs sur votre blog hébergé par CC1 ! Qu’avez-vous appris de ces internautes ? Quels sont les sujets  les plus  récurrents ?


C’est en effet une immense joie de constater sur le compte-tour de statistique que 10 000 lecteurs ont visité mon Blog !
Ecrire c’est partager avec l’autre et on n’écrit jamais pour soi, sinon ce serait une forme d’autosatisfaction morbide.

L’outil internet joue véritablement son rôle et le lecteur en général trouve son compte. Il affirme franchement son accord quand les idées lui plaisent et il n’hésite pas à faire remarquer aussi son mécontentement quand c’est le contraire. Tout va bien tant que les gens se respectent !

Le grand mérite de CC1 est d’avoir, grâce au Net, instauré un dialogue, une réflexion et un échange permanents surtout à un moment propice où la Guadeloupe se cherche, se questionne et s’observe. Elle souhaite réellement que ses Auteurs se mouillent et que même Monsieur tout le monde donne ses impressions sur l’analyse sociologique du Pays, tout en essayant bien sûr d’apporter quelques solutions pour améliorer le système.

Des internautes en fait, je retiens la discussion, le débat et le partage des idées. Sur CC1 certains d’entre eux sont des inconditionnels qui apprécient particulièrement cette dynamique. C’est une très bonne chose dans le fond, surtout quand les idées sont pertinentes.

Je regrette parfois un certain emportement, ou plus exactement un manque de tolérance réciproque. Si nous étions tous toujours d’accord, il n’y aurait que des monologues. Comme je dis souvent « c’est de la contradiction que jaillit la diction ». Par conséquent, acceptons volontiers que l’autre ne soit pas toujours en phase avec nous puisque cela nous permet aussi de progresser.

Au niveau des différents sujets, il est manifeste que la question « sociétale » est au premier plan. Les grèves en début d’année ont terriblement marqué les esprits. On est loin d’avoir tout dit, tout analysé et tout compris de ces évènements.
Nombreux sont ceux qui aimeraient déchiffrer les raisons qui ont fait éclater ce magma social. Nombreux sont ceux qui aimeraient savoir si nous en sommes enfin sortis ou alors, si nous ne faisons que commencer à y entrer réellement !

Une chose est fondamentale et JEGO l’avait comprise : le temps de la communication est venu, le temps de la vérité est venu, le temps du dialogue est plus que jamais de rigueur !
Le Guadeloupéen epsilon ne veut plus être spectateur de son histoire. Il veut être celui qui dorénavant sera et fera l’Histoire. Il se sent magistralement Acteur.

Est-ce une mauvaise chose dans le fond ?  A priori et de manière simpliste, je dirai NON !
Veut-il être Acteur avec ou sans la France ? Je dirai qu’il se sent pour l’instant profondément français. Il tient même à ce que la France promeuve et aide au développement du pays, ne serait-ce que par ses responsabilités historiques vis-à-vis de la Guadeloupe.

Jusqu’à quand ? Personne ne le sait !  
Les générations à venir auront à gérer ces notions de perspectives. Mais, il est évident que l’homme guadeloupéen se sent totalement investi dans la réflexion d’aujourd’hui avec la France, à côté de la France pour son mieux être, mais non « en » la France.  La crise sociale est aussi et surtout une crise existentielle ! Le sacro-saint français est en pleine démystification et c’est tant mieux !

Peut-on entraver le cours de l’histoire, tout comme le cours de la rivière ou celui de la mer ? Non !  
Malgré les grandes difficultés actuelles ou probablement à cause de ces grandes difficultés, la Guadeloupe se réveille comme un après Hugo et elle se rend compte des dégâts causés, en se disant qu’il va falloir se retrousser les manches !
         Une grande « prise de conscience » face à la situation économique locale et mondiale lui dicte manifestement d’être plus que jamais au fait des solutions à envisager. Le Guadeloupéen « nouveau » est un individu préoccupé et soucieux de son devenir ! La vraie question est le choix des hommes pour mener à bien notre challenge !

L’un des problèmes immédiats auxquels la Guadeloupe doit faire face sans plus tarder, c’est sa Jeunesse.  J’appelle à la mise en place rapide des « Etats Généraux de la Jeunesse Guadeloupéenne ».
Cette jeunesse abandonnée, désœuvrée et laissée pour compte depuis la classe de troisième d’autant plus lorsqu’elle se trouve en situation d’échec scolaire ! 

         Il va falloir que les adultes (particulièrement les pères) dans ce pays retrouvent et réinstallent le dialogue avec leurs fils pour un grand exorcisme de la réconciliation.

Où sont les pères ?

Où sont ces pères de 40-50 ans qui ont abandonné la chair de leur chair  dans la souffrance affective  et dans le non-repère social et civique ?
         Il est ici, trop facile de toujours incriminer les « mères » comme les seules et uniques responsables du garçon qui a mal tourné !


2.     Vous  êtes  un  littéraire, romancier, …d'abord  un homme du « livre  papier », on parle  beaucoup du livre « numérique », y croyez-vous ?

Je pense sincèrement que le livre numérique ne marchera pas ! Et il en sera mieux ainsi !
Pour le vrai lecteur, le puriste, le contact physique avec l’objet « livre » est un cérémonial irremplaçable !   
Que de temps en temps, sur un sujet précis nécessitant des recherches, l’on consulte un livre sur le Net cela pourrait éventuellement se comprendre. Mais, cette technologie ne peut se substituer à une bibliothèque matérialisée. Oui, c’est vrai que l’on se pâme de plus en plus devant l’infinie possibilité du virtuel mais, il y a des livres avec lesquels on voudrait volontiers être enterrés !

Le livre a une odeur, le bruitage de la feuille que l’on tourne, le toucher du papier, le dernier chapitre que l’on aborde en se demandant quel sera le dénouement ? Il y a quelque chose de pratiquement comestible, dans la poésie par exemple !

Le livre que l’on trimballe partout comme un compagnon de route, avec qui on converse. On le plie, on le corne, on écrit dessus, on fait des ratures quand on désapprouve, on acquiesce par un oui écrit, on souligne etc. …

Qu’est-ce qui peut vraiment remplacer le livre sinon le livre ?
En plus, la lecture à l’écran est fatigante et désagréable. Lire plus de dix pages sur un ordinateur est une corvée. On est bien souvent obligé de sortir en pagination un texte si on veut réellement s’en imprégner au risque de passer à côté de son essentialité.  


3.     Comment expliquez-vous ce foisonnement littéraire, poétique, et culturel à Marie-Galante : Tirolien, Rousseau, Rippon, Vérin, Leclaire, Rutil ... etc. …et un gros festival ? 

Il serait effectivement intéressant sociologiquement de tenter de comprendre l’existence de ce foisonnement comme vous dites. Je dirai simplement que Marie-Galante est un Pays de très grandes luttes historiques. L’esclavage en ce lieu a été terrible. Depuis cette époque, la double insularité nous jouait déjà de très vilains tours. Ce qui était aboli en Guadeloupe était encore en vigueur chez nous.
Je veux surtout parler des tortures, puisque rares étaient les hauts dignitaires qui venaient vérifier quoique ce soit sur les îles. Le maître était le maître et sa parole était évangile.  Ce qui explique l’existence de nombreux trous de marronnage.

Les événements de 1848 à l’abolition en témoignent et en 1849 aussi, lors de la députation, on connaîtra ce fameux « procès des Marie-Galantais ». Après, il y aura de nombreuses luttes syndicales contre la fermeture des usines et des distilleries.  
 
Le Marie-Galantais est un peuple du terroir, de l’enracinement, versé dans sa culture et dans ses traditions. Un peuple qui n’envie pas l’autre, qui se bat pour ce qu’il possède à la sueur de lui-même.  Même quand il voit le médecin il ne rejette jamais sa médecine traditionnelle à base de ventouse coupée, d’assa-foetida, de queues d’anoli, de sangsues etc. …
On ne parle même pas des feuillages où chaque petite feuille, chaque branche ou chaque racine a un nom et une vertu médicinale.

Lé zyé koklèch, lé kokiyanndé, lé tòy, lé si ; avòté,  matrité, lé pirézi, mounsanbouké, mounsanmisk, fanm brenhengn, koutcham, bèlèkwè, tolinanni, tchoukoudmèl, adélala,  kachafwèt,  boukousou etc. …
« Chaque problème sur cette terre a sa solution » !
Voilà l’expression qui résume bien « l’être » Marie-Galantais !

Des aînés respectés qui jouent leur rôle de courroie de transmission vis-à-vis des plus jeunes. Un peuple d’une grande fierté, qui a le sens et le respect de la « propreté » même dans la misère la plus sordide !
Un peuple qui aime par-dessus tout, sa terre – son pays – son histoire, sa race et qui est fier aussi par-delà tout d’être noir.

Beaucoup de patronymes congolais font aussi la fierté de l’île, puisque arrivés entre 1875 et 1895 sous contrat, du Congo Brazzaville de la région du Kimélé. On trouve : les Sombé = N’Tsombe -  les Soumbo = Soumba ou Soumbou – les N’Gom ou N’Goma qui désigne le Tam Tam – les Dongal = N’Donga ou N’Dongui – les Siba = N’Tsiba qui désigne un « sifflet » - les Pambo = Pambou ou M’Pambou – les Zodros = N’Zondo etc. … le plus célèbre est probablement le patronyme de ma mère dont le père est arrivé à Marie-Galante durant l’immigration congolaise en 1892, accompagnés de sa femme Loasis avec  trois enfants, deux garçons et une fillette.
Le fils aîné s’appelait Louis Dendé, il avait 10 ans. Le second fils s’appelait Avril Joseph, il avait 7 ans et la fillette N’Goma qui avait 5 ans.
Ce Louis Dendé est le père de 32 enfants à Marie-Galante avec 4 femmes différentes. Ma mère fut la dernière enfant née de Louis Dendé qui  est mort en 1945.
Dendé = N’Dendé ou Ndé signifiant le voilà  – ou lui-lui ou celui-ci. Des papiers traduisent aussi Louis N’Dendélé ou N’Déndélé = premier enfant – premier fils - j’ai rebondi – (ku dénda) ou encore, j’ai réussi (ku lénda).
L’écriture a été francisée définitivement à partir de 1900 pour devenir la famille Dendelé. Le plus célèbre et le plus connu de Guadeloupe est sans doute l’ancien batteur de Manu Dibango, Joby Dendelé.

Je dois me rendre en voyage spirituel dans la région du Kimélé afin de respirer la terre de ce lieu et pour tenter de retrouver les traces de cette lignée. Au Congo Brazzaville, il y a aussi un fleuve qui porte le nom Dendélé dans cette même région du Kimélé. Ce mot Kimélé que l’on retrouve dans une vielle chanson créole : « mé kimélé mé kimélé an fè avèw » !

Comme quoi, d’où vient la force du Marie-Galantais ?

Il sait l’histoire rencontrée ou racontée, il sait terriblement au plus profond de ses entrailles qu’il sort d’Afrique  et il en est fier : il sait !

Cette île est probablement la plus africaine des Amériques. Le Marie-Galantais proclame et revendique haut et fort son africanité. Ma mère n’est jamais allée au Congo, mais elle a toujours réclamé cette terre. Quel atavisme de mettre ses enfants au monde à genoux, à l’africaine !                           Cela ne s’invente pas ! Marie-Galante est une terre de Poètes où le mystique, le sacré et le viscéral se jouent éperdument de la lumière du soleil…

C’est enfin, surtout un pays rebelle par excellence comme je le rappelais avec ses nombreuses histoires explosives de marronnage pendant et après l’esclavage. Aussi, de nombreux tumultes politico-judiciaires jalonnent son histoire où les élections locales sont toujours la théâtralisation d’une passion collective hors du commun.
Dans un prochain livre je raconterai toute cette histoire puisqu’elle est l’Histoire de nous-mêmes.

4.     Votre prochain roman  est annoncé, quelle est sa thématique ?

Je répondrai que j’ai mis quatre ans pour l’écrire, en immersion totale, refaisant le voyage du fleuve Congo à la mare de Pirogue. J’ai discuté avec chacun des par-dessus bords de l’Atlantique rencontrés et ils m’ont tous dit : « qu’il était enfin temps de leur offrir un digne enterrement ». Je n’en dirai pas davantage pour laisser jouer l’effet de surprise et par respect envers mon lectorat.

5.     Comment voyez-vous l'avenir de Marie-Galante, il y a des  voix qui commencent à s'élever pour demander  un statut semblable à celui des  îles du nord.  Y croyez-vous ? 

J’aurai l’air de me répéter : je viens d’écrire sur CC1 un long article à ce sujet, intitulé  « Les îles du sud, une réalité révolutionnaire » ! A lire la réaction des internautes, ce n’est pas une idée qui fait peur. J’avais parlé il y a vingt ans de zone franche globale pour l’île : c’est exactement cela que préconise Sarkozy aujourd’hui pour relancer l’économie.
                   L’expérience des îles du nord est à suivre très attentivement !

    Merci pour votre questionnement.

Grand-Bourg :   15/09/2009
                                                                      Bernard Leclaire
Écrivain Marie-Galantais


mercredi 11 septembre 2013

DRÔLE D'EPOQUE









  DRÔLE D'EPOQUE

Je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu cette pensée hier soir, et, …depuis le 11 septembre 2001 - le basculement de l'an 2000, puis cette monnaie "l'Euro" satanique qui vaut en réalité 6.66 francs ... et tout ce que cette première décennie a déjà porté de négatif dans le monde !
Après 2010, on amorce alors une nouvelle décennie, je me demande qu'est-ce qui nous reste encore à voir de pire avant 2020 ?
Or on est seulement en 2013 !
Ma réflexion est que je trouve une pathétique similitude entre le Moyen-âge et le XXIème siècle dans le comportement humain ! 
Ne serions-nous pas en pleine régression de nous-mêmes voire en pleine dégénérescence de nous-mêmes ? 
Sortir de l’obscurantisme pour y retourner, drôle d’humanité les gars !  Il fait froid !

BL : 11/09/2013

samedi 29 juin 2013

AU SUJET DE LA SYMPATHIQUE VISITE DU PREMIER MINISTRE EN GUADELOUPE !




                                                         Photo F A.


ART. Bernard Leclaire


AU SUJET DE LA SYMPATHIQUE VISITE
DU  PREMIER MINISTRE
EN GUADELOUPE !



  Les temps sont graves nous le savons et nous le subissons des décennies depuis ! 
  Est-il besoin d’un lointain héros pour encore venir nous le dire. Nous vivotons de constat en constat et chacun pense exceller mieux que l’autre dans cet exercice de polichinelle ?
  Trop de constats tuent le constat … il faut aujourd’hui enfin de l’ACTION ! 

 Nos populations en ont marre de toujours entendre parler de visionnage de photographies qu’elles connaissent déjà !
L’immobilisme et l’empirisme ont sclérosé la France mais ils guillotinent  l’Archipel Guadeloupéen ! 

Est-il besoin d’un héraut pour nous annoncer l’explosion sociale ? Le cri de désespoir des jeunes monte désormais jusqu’au trône de l’enfer et le Diable lui-même s’interroge nous demandant ce que nous avons fait pour avoir droit à un héritage tel ?

La population est au bord de l’asphyxie tout comme en 1789 – les gens ont faim Monsieur le Premier Ministre – les familles sont disloquées puisque les pères sont au chômage et dans notre pays, être un chômeur est une tare !
Un homme qui ne peut soutenir le regard de sa femme et de ses enfants ne se sent plus un homme !
Cette notion du « père » est une donnée sociologique fondamentale dans la stabilité et le respect de nos sociétés. Il faut savoir qu’aujourd’hui l’homme Guadeloupéen va mal – il va très mal ! Le père déserte la maison puisqu’il n’arrive plus à joindre les deux bouts pour sa famille, il préfère s’enfermer dans un mutisme au lieu de pouvoir verbaliser son mal être et c’est bien là le début de la fin !

  Est-il besoin d’un Ministre de la République, fut-il le  Premier du nom pour une séance de courtoisie et de tourisme au pays où tout va mal, mille fois plus qu’en France ?
  Faire un tour en Basse-Terre, puis une descente sur Pointe-A-Pitre oui, c’est très bien ! Pousser la promenade jusqu’aux Abymes, la Ville la plus peuplée de Guadeloupe pour entendre un beau discours du Chef d’édilité, nous trouvons tout cela extrêmement sympathique et finir en apothéose à la Maison Départementale du Gosier, d’où l’on peut voir la plus belle vue sur la Darse, tout cela est très poétique … mais enfin Monsieur le Premier Ministre, qu’allons-nous dire à nos jeunes qui nous observent et qui attendent de nous les conseils d’adultes que nous sommes censés être ?

 En 2009, la Guadeloupe a poussé un violent cri de ras-le-bol allant au-delà d’elle-même et ce bien avant d’autres ! Elle a cette aptitude à sentir et à voir venir la tempête et quand elle crie c’est qu’elle a mal pour elle et pour les autres aussi ! 
 La situation est insoutenable et nous devons très rapidement nous mettre autour d’une grande table pour essayer de trouver des pistes qui pourraient immédiatement soulager les populations les plus démunies et nous forcer à traiter les urgences sociales afin d’éviter le pire !

 Les Politiques manifestement donnent des signes d’être dans l’impossibilité d’agir, on a malheureusement la certitude d’être en pleine léthargie ! Nous sommes inaptes à hisser « un rêve » aux générations futures puisque l’individualisme nous a gagné et l’esprit carriériste a envahi notre demain !

Jacques Cornano, Sénateur et Maire de Saint-Louis, vous a invité sur l’Île de Marie-Galante et vous n’avez pas jugé important de vous y rendre !
Sachez Monsieur le Premier Ministre que les Îles du Sud sont en train de mourir et qu’elles souhaitent de la République une stratégie de relance !
Nous ne sommes pas des mendiants et nous n’attendons pas la manne du ciel ! Nous sommes un peuple fier et nos Monuments aux Morts témoignent largement de notre contribution quand dans la maison France il y a eu le feu !

Alors Monsieur le Premier Ministre, allez dire à Monsieur le Président de la République que nous désirons un véritable Plan Marshall pour redynamiser nos petits pays qui méritent aussi le droit au bonheur !
Nous demandons une réflexion et un travail sérieux où tous les secteurs seront analysés pour la meilleure solution possible dans le respect de l’économie d’aujourd’hui.
Nous avons des solutions et de véritables perspectives d’avenir pour nos régions. La problématique de la jeunesse est un fait, mais concrètement qu’a-t-on déjà fait ou que fait-on pour prendre en considération la démoralisation de cette jeunesse ?

Le pire ennemi de l’homme est le statuquo et le laisser-faire !
Nous sommes en train de tuer l’Image de la Politique aux yeux de nos compatriotes de France et des DOM et TOM. Notre laxisme et notre inaction sont interprétés comme du mépris et nous sabordons chaque jour la noblesse de la cause politique. Le risque obscur qui nous pend au nez est ce pont d’or que nous ouvrons au Front National  pour les Présidentielles de 2017. Attention à ne pas jeter le bébé avec le bain !
 Vous vous attaquez à de gros chantiers sociétaux alors que l’économie est au bord de la faillite ! Ne serait-il pas possible de mettre le dynamisme et la ténacité de Madame Taubira au service de la relance économique du Pays ?

Avez-vous les bonnes personnes où il le faut réellement ?

La Guadeloupe n’a jamais été aussi malade et sa jeunesse tous les jours prouve qu’il y a urgence et péril en la demeure. Nous, pères et mères de famille de ce Pays, nous attirons solennellement votre attention sur cet état de délabrement afin que vous puissiez en témoigner vis-à-vis de Monsieur le Président de la République. Nous le répétons l’heure est grave, l’heure est très grave et il n’y a pas de temps à perdre !

Prouvez-nous alors qu’il était besoin de nous envoyer un J-M  AYRAULT pour commencer à entreprendre de vraies solutions contre la déliquescence chronique qui sévit dans l’Archipel Guadeloupéen !


Grand-Bourg le 25/06/13
                  Bernard Leclaire


samedi 22 juin 2013

Bernard Leclaire tacle les organisateurs du « Congres des écrivains de la Caraibe » 2013

            
                                

              TRAGI-COMÉDIE
              AUTOUR D'UN CONGRÈS ! 

         Un Congrès des Écrivains de la Caraïbe en Guadeloupe doit pouvoir répondre avant tout à une exigence supérieure, laquelle est de savoir en quoi il doit promotionner la lecture et les écrivains du pays.

      Ce Congrès des Écrivains de la Caraïbe est tout à fait louable et indispensable dans son essence même, mais force est de constater qu’il loupe totalement sa vocation première.

            Il ne doit surtout pas être ni le miroir ni de « biten » de certains !

         En effet, il s’agit-là dès le départ d’une Association, et nous étions tous conviés à sa création.

         A priori, on pourrait penser qu’il y ait de temps en temps des réunions ou des discussions sur la problématique de l’écrit ou de la lecture chez nous ou dans une autre région de la Caraïbe.

         On pourrait essayer de réfléchir sur l’illettrisme et sur l’alphabétisme qui existent encore de nos jours dans cet archipel !

        On pourrait supposer que cette structure puisse donner la parole à ses membres sur l’organisation des différents événements  à venir. Parce qu’il n’y a pas essentiellement un Congrès à réaliser avec un tel tremplin.

     On pourrait espérer aborder les problèmes véritables qui gangrènent l’émergence d’une véritable édition parce qu’il n’y a pas d’écrivains sans des moyens modernes de diffusion de l’écrit.

         La Guadeloupe souffre depuis trop longtemps de cette désorganisation or  des personnalités ont essayé de mettre en place une ligne éditrice digne de ce nom. Mais il faut le dire, l’édition coûte très chère et nous ne sommes pas suffisamment « lecteur » pour pérenniser une société d’édition d’où l’exigence d’une diffusion désormais orientée vers la promotion des écrivains et du livre hors de Guadeloupe.


          En tout cas, cette problématique exige une réelle réflexion avant de vouloir se croire le centre du monde.  
          Lors de la manifestation de ce Congrès plus de la moitié des écrivains locaux n’ont pas été invités et ne sont pas du tout informés sur cet événement ni en amont ni en aval.
         Y aurait-il dès lors une volonté délibérée de nuire à la parole de certains au détriment des autres ?
         La Guadeloupe est un panier à crabes  où l’odeur des morts en-dessous galvanise ceux d’en-haut, mais l’on ne construit aucun édifice sur des fondations de puanteur.
         On pourrait se mettre ensemble, lors d’un tel Congrès, pour aller jusqu’à la provocation de l’histoire littéraire. Pourquoi ne pas avoir cette volonté de créer ou de promouvoir un nouveau courant littéraire, sachant que la Créolité date du début des années quatre-vingt-dix et que notre sociologie depuis a nettement changé et nos exigences avec ?

         De tous les courants littéraires, du Doudouisme à celui des  Créolistes, aucun n’est né ni d’écrivains guadeloupéens ni de Guadeloupe !

         Tout temps littéraire est en droit d’être dépassé, cela s’inscrit dans le principe même de la dialectique de la pensée d’une société donnée. Notre léthargie politique refléterait notre léthargie de la pensée et nous nous retrouvons dans l’impossibilité de recréer nos rêves a fortiori de les réaliser.

         Il n’existe pas de transmission dans notre pays – les derniers à avoir eu cette démarche étaient nos pères et mères – mais il y a une génération intermédiaire qui n’existe que par l’embourgeoisement d’eux-mêmes et de leurs pensées superficielles !
         Un peuple d’égoïstes a pris place corps et âme, méprisants alors l’essence fraternelle et légendaire d’un pays post-esclavagiste qui, en 150 ans, aurait déjà pu hisser son étendard à la cime du respect. Hélas !

         Le pays aujourd’hui va mal et notre inorganisation amplifie le désastre. J’en appelle à un sursaut éthique et civique pour mettre enfin les forces en présence en totale synergie. J’appelle à une rencontre du dire et du lire afin que demain exorcise définitivement les rancunes et les rancœurs d’hier. Il y a un pays à construire  qui s’appelle Guadeloupe – soyons les dignes fils du devenir et non de la division ! Ce pays a plus que jamais besoin de ses enfants et de tous ses enfants !


         Nous nous retrouvons avec nos propres fonds en train de faire la promotion et l'apologie de l’écrit des autres, or nous n’avançons nulle part en ce qui concerne notre propre production culturelle.

         Il n’existe même pas ici un club de relecture pour aider les éditeurs – il n’existe même pas un journaliste littéraire capable d’interroger dans le fond un auteur sur son écrit – il n’existe même pas une émission littéraire télévisée digne de ce nom qui soit habilitée à recevoir un écrivain au sujet de son œuvre.

                   Lors des différents débats télévisés, on aperçoit souvent des psychologues - des sociologues – des politologues etc. … mais on n’a jamais le point de vue d’un écrivain sur tel ou tel fait de Société. Ce pays méconnaît totalement ceux qui font la dynamique de l’écrit – de la pensée et de la réflexion.

        Par contre, on est souvent invité en milieu scolaire à la rencontre des jeunes  et c’est une excellente initiative. Dieu merci, les clubs de lecture aussi fonctionnent bien et soutiennent les œuvres locales par une invitation au dialogue avec ceux qui osent encore lire et surtout acheter un livre !

         Tous les deux ans nous avons droit à un Congrès, mais personne n’est au courant de rien du tout – dont toute manifestation dans son intégralité est organisée et décidée par des individus qui ipso facto écartent le reste de ceux qui font l'énergie même de l’écrit dans ce Pays ! 

         Or ce magnifique concept pourrait servir de tremplin pour promouvoir et développer l’écriture en général en Guadeloupe – pays où il n’y a rien qui se fait substantiellement, où il n’y a aucune nouveauté dans l’air sinon la victoire perpétuelle de l’empirisme  et du statut quo !

         Cette entité justement servirait à la créativité, à la stimulation – à la motivation de l’écrit mais aussi pourrait et devrait être  un événement exceptionnel pour la promotion de l’art dans son grand ensemble et aussi  un moteur de mise en lumière des émergences et de toutes les bonnes volontés dans le domaine du tout culturel !

         Un Congrès qui serait basé sur le signe de l’ouverture – de l’échange – de la communication – de la fraternité – de la convivialité – de l’organisation du futur – de l’espérance et de l’optimisme.
         Au contraire nous assistons à l’enfermement, au copinage, à l’étroitesse d’esprit, au clan, au parti-pris, à l’écartement, à la mise en quarantaine, à la ségrégation, à la mesquinerie et bien sûr à l’échec.

         Ce pays est trop petit pour laisser s’accumuler la division  et la stratégie du suicide collectif à tous niveaux ! Respectons-nous d’abord et le pays se portera bien mieux.
         La littérature est par excellence une matière qui rend gloire à la « pensée » – à toutes les pensées – il est évident que nous serons toujours plus intelligents à deux que seuls.
        Avons-nous le droit de refermer la porte sur celui qui vient derrière nous ?    
         Avons-nous le droit de nous autoproclamer ?
        Avons-nous le droit de fonctionner en maîtres et seigneurs ou d’être victime et bourreau en même temps ? 

         Comment peut-on alors mettre en place un Congrès des Écrivains de la Caraïbe en choisissant un auteur des USA – quand bien même  ce dernier dans ses écrits ferait l’éloge de la culture caribéenne ?

         Je pense que s’il fallait inviter un écrivain américain, il serait plus normal d’inviter Toni Morrison qui est une incroyable romancière, universitaire et aussi éditrice.  En plus, elle est tout à fait abordable et elle se ferait un grand plaisir à venir découvrir les Antilles Françaises. C’est là, une démarche déjà entreprise avec le Service Culturel du Lamentin dans le cadre d’un Salon du Livre qui devait se faire en 2009.

         En ce qui concerne l’emplacement du déroulement du Congrès – quelle belle idée de l’expatrier jusqu’à l’Hôtel Fort Royale ? Jusqu’à Deshaies !
Nous avons déjà de gros problèmes à ramener vers la littérature les gens, si en plus, nous leurs demandons de faire 150 kms pour venir découvrir notre Congrès, comprenez bien qu’il n’y a pas mieux pour un Congrès fantôme.

         Il y a un lieu, à aménager certes, mais qui représenterait bien le nouveau « Temple de la Culture » en ce moment – il s’agit de l’ancien aéroport du Raizet ! Nous détenons l’excellence de la destruction ! Voilà un site complètement délaissé qui, réaménagé – et sécurisé, pourrait répondre extraordinairement à la rencontre et à la promotion de l’écrit, de la lecture et de tous les Arts dans notre Pays.

         Je rêve d’un lieu où le sculpteur pourrait échanger avec le peintre – où le musicien pourrait échanger avec le cinéaste – où l’écrivain pourrait échanger avec le dramaturge – où l’étudiant en journalisme pourrait partager avec l’essayiste – où le poète enfin pourrait transmettre aux politiques son désir de rêve !
      Notre pays est un pays où il y aurait trop d’individualités – trop de personnalités fortes au détriment d’un consensus – d’un migan – d’un konwa – d’un chodaj créateur et salvateur vers un collectif libérateur.

         Tout le malheur de notre société passe par cette cacophonie du désespoir de nous-mêmes et contre nous-mêmes – le jour où la Guadeloupe, où les Guadeloupéens comprendront qu’ils ont la Responsabilité de leur Terre et de leur conscience, alors aucun Monde ne sera plus monde que le nôtre et nous bâtirons notre part d’humanité dans un univers qui est essentiellement en manque chronique de fraternité et d’amour.

Grand-Bourg le, 13/05/13
       B. Leclaire  

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