jeudi 2 mai 2024

Vous avez bien dit, …Octroi de fonctionnement !

Vous avez bien dit, …Octroi de fonctionnement !



Vous avez bien dit, …Octroi de fonctionnement !

 

 

Tous ces pseudo discours sur « l’Octroi de mer » finissent par devenir redondants et ridicules. Les Experts de tous bords s’autocongratulent par des démonstrations toujours aussi méandriques que nébuleuses.  

 

Je ne voudrais pas, comme à l’accoutumée, aborder le sujet sur le même angle d’une explication de l’explication. On finit par avoir le tournis, plus on essaie de comprendre et moins on a l’impression réellement de comprendre. De plus, ils prennent davantage de plaisir à ergoter sur l’inexplicable qu’à vouloir simplifier un mécanisme toujours aussi loin de son but premier. La preuve, on en parle depuis des décennies et jamais on a osé porter une modernisation rationnelle à ce bidule.

 

Tous nos politiques au moins sont d’accord sur un fait, lequel est d'être en mesure de garder ce seul levier fiscal que détient le Pays par l’administration régionale. Cette Collectivité a le privilège de conserver, de hausser, de baisser ou simplement d'exempter n’importe quel article de cette taxe. Il y a plusieurs taux, il y a même pléthore de taux et en présence des revendeurs lors des ventilations, chacun défend bec et ongle ses articles afin d’y échapper. À mon humble avis, je ne vois pas l’obligation de leur présence. 

 

Au départ, il s’agissait de taxer la marchandise à l’importation pour optimiser les prix de la production locale. Il fallait, dit-on tirer les ficelles fiscales dans le but de contrôler l’expansion de la vie chère. Guerre largement perdue, cet outil n’a pas les reins assez solides pour être en mesure de réguler la hausse des prix, a fortiori d’avoir la faculté d’arrêter un tel processus. Force est de constater qu’il existe aussi un Octroi de Mer sur les produits locaux et même l’eau « fécalisée » du robinet y a droit. Nous remarquons bien que le but est de faire rentrer des devises et de faire du chiffre. Cela peut-il suffire ?

 

Sans rentrer dans la pléiade infinie des taux et montants de cette usine à gaz, je voudrais ici, faire comprendre un principe de base qui, dans sa genèse, a priori aurait pu être productif, percutant et utile, mais de laisser pour compte sa raison d’être et sa vocation première, il finit tout simplement par devenir une monstruosité à force.

 

Même si, en général, nous n’aimons pas les impôts, nous savons tous que cette recette est nécessaire et indispensable. Elle contribue au bien-être général de la population et de la cité. On finit par intérioriser ce fait. La France est certes l’un des pays où il y a le plus d’impôts directs ou indirects, mais aucun État au monde ne peut exister sans la contribution des citoyens. Disons qu’il s’agit d’un mal nécessaire. 

Où tout cela devient conflictuel, c’est lorsque les populations se posent la question, à savoir, que fait l’État avec l’argent de mes impôts ?

 

Citoyen conscient de sa participation pour le bien collectif certes, mais on doit visuellement pouvoir observer les réalisations et les améliorations.  On tient à se rassurer que notre contribution serve réellement au bien collectif. Par conséquent, il est indispensable d’imposer les contribuables, tout en gardant un équilibre intelligent pour ne pas faire fuir ses propres habitants vers d’autres cieux heureusement moins imposés. Personne n’a l’obligation de vivre à l’endroit où il est né. Trop d’impôt tue l’impôt. 

Objectivement, s’agissant de l’Octroi de Mer, le citoyen lambda se fait la même réflexion. Les Guadeloupéens se posent les mêmes questions. Triste constat, en effet, le process ne baisse pas le cout des produits pour la maitrise de la vie chère. Le process ne préserve donc pas la production locale et il ne stimule pas non plus les Entreprises internes. Il est évident et normal que d’aucuns puissent juger sa pertinence et sa pérennité comme nulles.

 

L’Octroi de Mer, selon nos experts, représenterait 3 % grosso modo sur les produits en général au niveau du prix de vente. Ces mêmes experts affirment, preuves à l’appui, que la cherté de la vie dans nos territoires viendrait davantage des marges exorbitantes pratiquées par un système monopolistique bien rodé et bien huilé des lustres depuis.  Que fait-on pour y remédier ? À ne toujours pas attaquer le mal à sa racine ! 

 

Bruxelles veut interdire l’Octroi de Mer, car il n’existe que dans les quatre DOM, cette taxe remonterait à Colbert, comme une espèce de « droit de quai ». L’Union européenne autorise son fonctionnement jusqu’en 2027, où l’on devrait l’enterrer de sa belle mort. L’État français, par un chef guerroyeur, cherche par tous les moyens à renflouer des dépenses exorbitantes pour un fait de guerre qui, a priori, ne le concerne nullement. Même au plus haut niveau, nous voyons bien que les priorités des populations sont parfois à des années-lumière de celles des politiques. N’est-ce pas cette contradiction qui nous conduira au chaos?

   

Les caisses sont vides, disait déjà un ancien premier ministre des décennies depuis, a fortiori aujourd'hui.  Raison pour laquelle le milliard et demi que rapporte l’Octroi de Mer sur l’ensemble des territoires dans lesquels il existe encore attire la convoitise d’un État devenu lui-même accapareur et prédateur. L’interdire par Bruxelles, en remplaçant cette manne par une augmentation de la TVA. Voilà l’idée sous le symbole ! Ainsi, l’État récupère le tout et cette petite liberté de la Région se voit subtilisée en toute tranquillité. Quid de cette compensation par ce même État pour combler le manquant ? Attention aussi à ce que, ce premier assaut contre l’Octroi de Mer ne soit pas l’objet et le sujet d’une seconde salve de missiles lâchée contre les 40 %.

 

Dans cette triste danse du vautour charognard qui explore les malades, il faut savoir que cette faiblesse vient du fait même des guadeloupéens qui sont à la tête du Pays. Nous prêtons le flanc par manque d’envergure et par absence de perspective sur l’avenir. 

La carence de pragmatisme des recettes de l’Octroi de Mer vient d’une culture électoraliste qui prévaut des lustres durant. On peine à réformer le Pays, mais quand il s’agit de cogiter pour faire perdurer sa carrière politique, développer ou maintenir son électorat, là, tous les neurones sont en ébullition. Pas étonnant que les Collectivités majeures et les Mairies ne survivent plus sans cet apport afin de gonfler la masse salariale et de réajuster leur budget.  99 % des recettes versées par la Région concernant l’Octroi de Mer servent directement au fonctionnement de ces structures. 

À vrai dire, la recette de l’Octroi de Mer consiste, très simplement dite, à payer les fonctionnaires pléthoriques dont les parents des parents, enfants et alliés, cousins, cousines et taties… dans un Pays où il y a 40 % de chômage, seront évidemment amenés à voter pour l’élu en question, apparaissant comme le dieu qui porte à manger sur la table. D’où les 70 % de non-votants, pour cause, ne faisant pas partie des bénéficiaires directs ou indirects d’un système dans lequel on se couche par peur des incertitudes de demain. Comme dirait l’autre, le ver est dans le fruit.  Quid de l’attitude des anti-élections qui, n’existant pas, facilitent toujours la réélection des mêmes individus ?




Tout cela pour dire, que la vocation première de cette taxe a été détournée depuis belle lurette. Les Collectivités sont bondées et nous savons tous très bien que la quantité n’a jamais fait la qualité. Il suffit de constater que cette embauche pléthorique représente surtout les agents de cadre B ou C, or il manque terriblement aujourd’hui dans toutes ces administrations, des agents de bon niveau, référencés cadre A. On a fait du quantitatif électoral afin d’avoir les familles entières d’une Commune pour assoir son électorat et consolider sa réélection. Chaque maire en remet une couche, nous observons alors que 99 % des Communes de Guadeloupe sont au rouge puisque la masse salariale vient bouffer le budget initial. D’où une perpétuelle attente de la manne de la Région qui devient un outil salvateur pour pallier les déficits colossaux et réaliser toutes formes d’investissements au sein de la ville.   

Le président de Région, tel un Christ se voit octroyer l’image du sauveur, parce qu'en réalité, c'est bien lui qui permet de maintenir en place ce nébuleux système de garde-manger. Tout cela se fait avec l’argent collecté par l’Octroi de Mer. Nous comprenons très bien les raisons pour lesquelles les élus aujourd’hui, crient par-dessus mers et terres les bienfaits de l’Octroi de Mer, son indispensabilité allant jusqu’à faire l’objet essentiel d’une plénière afin bien sûr de sauver le soldat Octroi de Mer. Surtout pour sauver un perfide système qui fonctionne depuis l’aube des temps. 

  

Si nos politiques avaient rectifié ce fonctionnement, depuis bien longtemps la recette de l’Octroi de Mer n’aurait pas été visée par l’Union européenne et plus directement par l’État français.  C’est justement à cause de cet exécrable constat que l’Octroi de Mer est aujourd’hui autant diabolisé.   On lui reproche tout simplement de contribuer à la vie chère. N’oublions pas qu’en 2009, les gens sont descendus dans les rues pendant 44 jours à cause de la cherté de la vie, un fils guadeloupéen en est mort et depuis, rien de tangible n’a été fait, sinon que les choses ont hélas empiré ! Tous les ingrédients, à la puissance mille, sont encore bien réels. Il suffirait d’un feu de paille pour que l’incendie soit total. Sommes-nous encore conscients de cela ? Avons-nous tiré des leçons de cette colère spontanée ?

 

Que fallait-il faire ?

 

Il faut certes réformer la ventilation des taux adossés à la pratique de l’Octroi de Mer, mieux penser les secteurs en difficultés, les secteurs à soutenir, à défendre et autres… la recette sera toujours la recette… mais la question des questions : pour en faire quoi ?


Ainsi, il fallait, depuis très longtemps, que les Collectivités puissent revoir et corriger leur système d’embauche. Toutes les mairies de Guadeloupe fonctionnent encore aujourd’hui avec plus de 50 % de personnels en trop. On ne dit pas de virer les gens. C’est une triste vérité, s’il y a vingt ou trente ans de cela où on était déjà conscient de la gravité et de l’effet pervers de cette réalité, on n’y serait pas aujourd’hui. Il faut immédiatement stopper les embauches, mettre en place un grand plan de départ à la retraite et de reconversion. Établir un lissage consensuel et humain avec les personnels afin de procéder au « dés-engraissement » du mammouth. Sur le moyen terme, on y serait déjà au moment même où nous en parlons. 

 

Dans quel but ?

 

Évidemment, il ne s’agit pas de virer les gens, nous le réaffirmons et de ne pas embaucher nos frères et nos sœurs. Il faut comprendre, qu’aujourd’hui, au lieu d’avoir 90 % des recettes de cette taxe qui finissent dans le budget de fonctionnement des collectivités et des communes, on y serait à 20 %. Ce qui signifie que 80 % pourraient enfin servir essentiellement à l’investissement. La Région ayant à charge le développement économique du territoire deviendrait détentrice d’une Banque d’Investissement comme moteur d’engagements financiers dans des secteurs révolutionnaires comme l’Intelligence Artificielle. Les secteurs comme la canne, l’exportation en générale, les ateliers de transformations agroalimentaires… bref, le développement de la production locale serait pourvu d’un levier qui fait hélas trop défaut de nos jours ! Les jeunes en déshérence pourraient bénéficier d’un relai financier pour démarrer leur activité. Je pense à des secteurs dans lesquels manifestement notre jeunesse excelle, comme le sport, la musique, la danse, le cinéma, la peinture, la sculpture… des secteurs dans lesquels évidemment il faut un apport conséquent pour oser exister. 

 

Il faut donc croire que c’est la mauvaise utilisation de l’Octroi de Mer qui fait qu’aujourd’hui, il soit si vilipendé, allant jusqu’à entendre l’EU et l’État Français même, par son ministre de l’Économie, vouloir lui mettre la tête sur le bio. 

Je dis explicitement qu'il vaut mieux l’avoir que de le perdre ou de se le faire subtiliser par l’État. J’affirme aussi que si l’on continue de la sorte à persister dans une exploitation négative et hors la loi évidemment, l’État ne tardera pas, tôt ou tard, à vouloir le récupérer sous forme de TVA. La révolution de cet outil doit se concevoir dans sa finalité, ainsi davantage que dans sa structure, même si quelque part, il y aurait beaucoup à faire pour une meilleure adaptation des leviers concernant directement l’amélioration des différents secteurs économiques. 

 

On doit très rapidement montrer et démontrer que cet apport financier est utilisé à bon escient, par conséquent, dans le cadre réel du rayonnement des investissements du territoire. Il sera toujours plus performant de créer des Entreprises en donnant aux Guadeloupéens la possibilité de travailler à l’accès d’une véritable production locale afin de tordre le cou d’une importation qui enrichit les autres et jamais nous. Financer des salaires dans un but électoraliste ne fait qu’appauvrir le niveau économique global du Pays. On croit que proposer la possibilité à des Guadeloupéens de devenir des consommateurs fortifie son « Level », mais en fait, cette action sombre dans le factice et le fictif.  C’est la symbolique de celui qui préfère journellement donner du poisson à autrui au lieu de lui offrir une canne à pêche pour lui apprendre à pêcher. Finir avec une espèce de rente qui vient assoir la domination sociale et psychologique de certains sur la misère d’une population abandonnée sans perspective aucune.



Pour aller plus loin. 

 

Toutes les questions touchant à notre propre organisation nous causent problèmes et nous sommes toujours pris au dépourvu. Nous ne semblons pas être préparés aux grands changements d’aujourd’hui, a fortiori de demain. Sur la question du Changement Institutionnel, nos politiques, branle-bas-combat, découvrent subitement qu’il est en effet, d’actualité et qu’il va falloir très rapidement s’y frotter. Dans la foulée, puisque la Guadeloupe doit irréversiblement rentrer dans son XXI siècle, la problématique du Changement Statutaire s’imposera à nous, parce qu'elle devient nécessaire même pour l’État français. Si nous ne la pensons pas, on va nous l’exiger vaille que vaille. Autant, immédiatement, se tenir prêt dans le rédactionnel d’une loi organique avec le concours de tous nos experts.

 

Le temps des archaïsmes se termine et les récents soulèvements de certains États Africains nous démontrent qu’une autre ère est en train de poindre à l’horizon. Une guerre nucléaire à n’importe quel moment peut nous réveiller au petit matin. Le réchauffement climatique avec son cortège de malheurs peut aussi frapper à n’importe quel moment. Nous vivons sur un territoire qui est à la fois sismique, volcanique, tsunamique et cyclonique. Depuis Hugo, la chance nous a grandement épargné, en sera-t-il toujours de la sorte ?  Le monde livré par l’Occident, sans jouer la sinistrose, n’a jamais été autant assis sur une poudrière. Sommes-nous prêts face à tous ces désastres à venir ? 

 

Allons-nous nous contenter de regarder le ciel en levant les bras, sans jamais penser un seul instant à proposer quelques perspectives pour nous-mêmes, pour notre Pays, pour nos enfants et petits-enfants ? Le réel géographique appartient à tout individu qui vit là où il est. Notre vérité ne peut pas se concevoir par un morceau de ciel se trouvant à 8000 kilomètres d’où nous vivons. Nous avons une urgence existentielle à affirmer dans une collaboration ou un partenariat avec la France. Aucune pensée pertinente ne peut se concevoir sans passer par une Autonomie du Pays Guadeloupe   dans la pose des fondations de son demain. Nous sommes les propres acteurs de notre réel et nous serons les propres bâtisseurs et architectes de notre avenir. Une condition s’impose tout de même, il faut en être conscient et prêt à endosser cette responsabilité. Le sommes-nous ? 

 

La France elle-même est face à un mur. Il y a pénurie d’hommes, d’idées, de lumière et d’espoir. Son largage par certains États Africains est un signe de manque de lucidité, de réactivité et d’un fonctionnement colonialiste pervers et stérile. Il va falloir, là aussi, qu’elle change de paradigme, désormais incapable de réinventer le monde, ce monde qui, en effet, a bel et bien changé grâce à d’autres. Les puissances occidentales ont perdu de leur superbe, n’ayant pas su ou vu qu’il fallait davantage du developping avec les pays assistés au lieu de les exploiter sans vergogne dans une misère exécrable. La jeunesse de ces nouveaux espaces aspire, elle aussi, à prendre part à cette conquête du bonheur. Elle dit alors, plus aucun bonheur ne se fera sans elle.

 

Nous sommes la synthèse du monde. Il nous revient dès lors de proposer les changements de notre réussite afin d’être à même de faire face à cette grande transformation planétaire. Nos idées viennent de nos tripes, de notre histoire, de nos souffrances, de nos espoirs et de notre grande lucidité universelle. Osons le dire, osons le crier, osons le devenir, osons l’Être et non le Néant.

 

Grand-Bourg le 28/04/24 

 

Bernard LECLAIRE 

Président, AMBITION GUADELOUPE 

Président Coordonnateur, NOU KA SE YONN – ÎLES DU SUD

dimanche 7 janvier 2024

Grand-Bourg en flammes…


Grand-Bourg en flammes… 


                                                 Grand-Bourg en flammes… 

 

 

Toutes ces vieilles bâtisses

 Abandonnées

Où jadis

Il y eut tant de vies

À chaque pas

Je revois les yeux fermés

Tous ces visages larmoyants

Des morts pas si morts

Scrutant

Les yeux vivants de passants inconscients

Face à l’abject

Face à l'insoutenable

Sachez qu’un jour

Comptes vous seront réclamés

Chemin de mon école

Rue du Presbytère

Les Antenor-Habazac

Les Karam

Les Pierre-Jean

Les Bambuck

Les Samson

Les Tirolien ...

Comment

À ce point

Laisser mourir

Deux fois notre histoire

Notre passé

Le vide prend place

Nous enfermant alors

Dans le paradis du néant

Qui osera parler du passé 

Qui osera corriger le présent 

Qui osera refonder l’avenir 

Le Pays zombifié

Les vivants désormais

Plus morts que ses morts

Grand-Bourg aujourd'hui

Une gueule édentée

Quelques « chouk » vengeurs attendent

Attendent

Comme les clous du Christ

Le moment fatal

Pour se planter dans la chair amère

De tous ces fossoyeurs

Des temps modernes.

 

 

GB le, 07/01/24

 

BL

 

 

 

 

lundi 11 décembre 2023

Que sommes-nous devenus ? NON à la fermeture du Collège de CAPESTERRE DE MARIE-GALANTE !



                                             Que sommes-nous devenus ? 

                                 NON à la fermeture du Collège de  

                   CAPESTERRE DE MARIE-GALANTE !

 

Voilà la dernière nouvelle qui donne froid dans le dos. La lourde lame de l’échafaud s’est encore abattue sur notre pauvre île de Marie-Galante. J’apprends ce jour, que la fermeture du Collège de Capesterre est programmée pour juin 2024.

Après le Tribunal de Grand-Bourg, l’Abattoir, l’École de Faup, de Mayollet, le Service Chirurgie, la Maternité, l’hôtel Cohoba, l’hôtel Cap Reva, l’École de Musique de Grand-Bourg, les Impôts, la Sécurité sociale, le Centre Hibiscus, la Maison Familiale de Pirogue… j'en oublie très probablement, c’est le tour maintenant du Collège NELSON MANDELA de Capesterre. 

  

Capesterre : cette commune jadis poto-mitan de l’île. La commune de naissance de mon père, belle époque où de nombreux Capesterriens se sont implantés à Grand-Bourg, au plus grand service du développement de cette dernière. On pourrait ainsi nommer de nombreuses familles qui, dans la deuxième moitié du XXᵉ siècle, se sont installées à Grand-Bourg.  

 

Capesterre la belle, qui comptait deux usines à sucre, l’usine BERNARD et l’usine ROBERT. Cette magnifique commune au charme fou, possédant l’une des plus splendides plages de la Caraïbe. Une distillerie appartenant à un enfant du pays, le Rhum du Salut de Monsieur Armand TOTO. Soit dit en passant, cette usine BERNARD aussi, qui a appartenu à SIMON JACOTIN, le premier fils du Pays devenant usinier Marie-Galantais et de Guadeloupe. Raison pour laquelle les banques locales colonialistes de l’époque ne l’ont pas soutenu pour sauver sa structure.  

Bref, CAPESTERRE, où se trouve le caveau familial, où un arrière parent LECLAIRE fut secrétaire de Mairie. Ce lieu où reposent, ma mère, mon père, la mère de mon père, son frère et sa sœur.   

 

Comment puis-je alors rester insensible face à cette descente aux enfers et faire comme une majorité silencieuse, levant les yeux au ciel et ponctuant le désastre par un sempiternel hélas ?     

Mon cœur saigne de voir ce qu’est devenue mon île. Nous n’avons jamais été des arrogants, nous avons le sens de l’hospitalité, du respect de l’autre, de la dignité, de la famille, le marie-galantais est quelqu’un de fiable et de travailleur.   

Dans nombre de familles guadeloupéennes, les gens réclamaient et réclament toujours, pour la confiance légendaire de ce peuple, d’avoir quelqu’un de l’île pour travailler chez eux.  

Marie-Galante a donné à la Guadeloupe de nombreux intellectuels que l’on retrouve dans tous les domaines. Une bonne part des habitants des Abymes, de Pointe-à-Pitre, du Gosier, de Baie-Mahault, de Petit-Bourg et même du Lamentin sont des gens originaires de Marie-Galante. Cela ne signifie pas que l’on n’en retrouve pas dans les autres communes. Les patronymes ne mentent pas.  

Depuis la fermeture des usines qui a commencé au début du XXᵉ siècle avec la substitution du sucre de canne par celui de la betterave, le déclin de l’industrie de la canne était déjà amorcé.  

La grande saignée va venir, surtout avec la fermeture du ROBERT, au début des années soixante.  De trente mille habitants à cette époque, nous sommes progressivement, aujourd’hui, descendus à huit mille autochtones et deux mille à deux mille cinq cents résidents venus d’ailleurs.  

On a trop sous-estimé et on persiste à sous-estimer encore ce facteur de fuite de la population engagée depuis les années trente. Les politiques publiques, des décennies depuis, ont toutes échoué et pour preuve, cette courbe descendante persiste dans notre effroyable réalité.

Une exception, au début des années quatre-vingt, où l’on observa le retour de beaucoup de Marie-galantais revenant de France pour prendre des initiatives localement. Cela n’a malheureusement pas trop duré. Savons-nous pourquoi ? 

  

L’arrivée des vedettes rapides dans les années quatre-vingt-dix et la mort des compagnies aériennes ont accéléré cette déperdition de la population qui s’est accoutumée à faire ses courses en Guadeloupe à force, allant progressivement s’installer carrément dans les abords de Pointe-A-Pitre et autres. 

  

Évidemment, toutes ces fermetures à Marie-Galante, dans différentes structures depuis plus d’une dizaine d’années, ne vont pas améliorer les conditions pour la relance d’une réelle santé économique du moribond soldat Marie-galantais. Le processus agonisant est lancé depuis des lustres et si d’aucuns pensent régler cette problématique d’une complexité, on ne peut plus profonde, par un empirisme juvénile, superficiel et rétrograde, ils peuvent se dire qu’ils sont devenus devant l’histoire les fossoyeurs de leur propre avenir.  

 

Sortons cette île du circuit de la logique des statistiques, imposant hors humanité, à prendre des décisions comme s’il s’agissait de répondre que deux plus deux font quatre pour croire, oser penser.

  

La France elle-même, par cette méthodologie, est en train de se fracasser le crâne à tombeau ouvert sur les dalles des pourcentages. Il nous faut immédiatement remettre l’humain au centre du débat.   

Il n’y aura pas de vivre-ensemble s’il est réclamé à l’autre une chosification de lui-même. La France doit rester une et indivisible certes, mais dans la clairvoyance et le respect de sa grande diversité.   

Les relents d’un colonialisme primaire résident encore trop dans les mentalités de tous les jours. Les générations du siècle dernier, éduquées, construites, formatées et instruites pour être absorbées dans la masse, ont fait le job : elles ont joué le jeu. 

            De plus, il s’avère que la seconde génération est allée à l’école et ces personnes ne sont plus que des mineurs, des agents de voirie ou encore des occupants que de petits boulots. La troisième est issue de parents d’un bon niveau intellectuel permettant l’analyse et celle d’aujourd’hui, encore plus érudites, elles s'aperçoivent, malheureusement, que le système les a complètement oubliées. La dernière fait alors un retour sur elle-même, recherchant les valeurs sur les pays d’origines tout en vivant en France. C’est cette dichotomie, cette contradiction morbide, cette ambivalence, voire cet antagonisme schizophrénique qui surgie et qui cause malheur, pour ne pas dire mal-être.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’image. Il n’y a pas assez de visibilité de cette multiple diversité à l’écran. Comment se mouler, se reconnaître si quelque part, on ne se voit pas nulle part où justement le système excelle.  

 

Comment faire comprendre à un Guadeloupéen qu’il est considéré dans son propre pays or quatre-vingt-dix pour cent des richesses appartiennent à celles et ceux qui ont été dédommagés en 1848 ? 

 

            On a oublié l’humain, on a foncé tout droit vers la rentabilité tout en créant, ici et là, une classe de parvenues, de repus, laissant dans la débrouillardise tout le reste. Par ailleurs, on a quelque part laissé faire s’agissant de l’économie souterraine afin de laisser aussi mourir le cerveau d’une certaine classe. Ainsi, on a pensé que l’autodestruction aurait fait l’affaire. Cependant, on s'aperçoit aujourd’hui, que la consommation des drogues a dépassé les milieux pauvres pour créer des dommages beaucoup plus graves dans toute la société.  

Les produits illicites circulent à tout-va !  Nous sommes arrivés à un point tel que depuis trente ans, on ne traite plus la folie en France et dans nos régions. Quand on connaît l’ampleur du désastre en Guadeloupe, or il n’y a même pas un centre de désintoxication. N’y aurait-il pas comme un plan pour la zombification d’une partie de la population ?  

 

Ceci expliquant cela, nous en venons aux inconséquences d’une politique publique tous azimuts qui n’a jamais mis dans son axe de traiter l’aspect sociologique avant l’aspect économique.  À quoi servirait d’avoir une économie prospère où quinze à vingt pour cent de la population se sentiraient bien, alors que quatre-vingts pour cent seraient en train de se battre pour survivre ? 

            Le système est manifestement explosif ou implosif dans son essence. Tout cela ne peut pas accoucher de quelque chose de merveilleux. La société antillaise souffre du même mal que cette partie délaissée, se sentant carrément rejetée d’un système dans lequel la carte, le droit d’entrée pour le bonheur devient de plus en plus inaccessible. 

 

Où cela peut-il bien nous mener ?  

 

En France, cela va être très difficile de faire barrage au Rassemblement National en 2027 pour la présidentielle à venir.  Cette prétendue humanisation du Front National nouvelle formule est très clairement un leurre. Il est triste de voir que des Guadeloupéens, oubliant leur passé, se laissent berner par des gens qui, a priori, ont bâti leur concept, leurs fonds de commerce sur la haine de l’autre et la théorie de GOBINEAU. J’ose encore croire à une pulsion « contestative » au lieu d’un acte purement approbatif.

   

S’il n’y a pas rapidement un consensus républicain pour contrer cette monstruosité à venir, je crains alors de graves émeutes, pour ne pas dire une sorte de guérilla organisée incitant radicalement à la guerre civile, en France hexagonale comme dans les Départements d’Outre-mer. Le Rassemblement National ne va pas apporter la paix sociale, au contraire, ça va être pire où nous verserons dans l’inconnu total du malheur. À bon entendeur salut !

 

Le contexte international n’a jamais été autant sur le fil du rasoir depuis les années de la guerre froide. En plus de cela, un affrontement idéologique, religieux et civilisationnel vient rajouter de l’abstrait et du fanatisme dans une réalité où les pôles économiques sont en train de basculer. 

Quelle sera donc la position de la France dans un éventuel conflit majeur entre la RUSSIE et les USA ? Le monde risque un embrasement jamais vu si la CHINE se mêle à tout cela. Que vont faire les pays de l’UE ?  L’INDE semble avoir choisi le clan SINO-RUSSE. Les pays ARABO-MUSULMANS en grande partie sont aussi du côté SINO-RUSSE. 

La France jadis bien implantée en terres africaines se fait malproprement chasser de s’être enfermée dans un process de Françafrique, aujourd’hui devenu insultant aux yeux des nouvelles générations du continent.  Nous rappelons ici, que l’économie française excluant l’apport des ressources minières et pétrolifères des pays africains, dans moins de trois ans, glissera au trente-troisième rang mondial.  La jeunesse africaine vomit cette monnaie de singe appelée Franc CFA, ayant définitivement compris les limites et la symbolique.

 

Qu’en est-il pour nous, Guadeloupéens ?  

En cas de conflit majeur, nous serions forcément du côté français. Cependant, si le cœur devait s’exprimer, la situation ne serait pas si évidente que cela.

En France même, nous n’avons qu’à voir les manifestations contradictoires dans le conflit ISRAËLO-PALESTINIEN. Les jeux ne sont pas si clairs et la lecture du monde actuel est de plus en plus complexe par une géopolitique qui n’a rien de si objectif que cela, où chacun de plus en plus privilégie d’abord ses intérêts propres. 

  

Les Guadeloupéens, du bout du Vieux-Fort à la Pointe des Châteaux, en passant par la Désirade, Terre de Haut, Terre de Bas et Marie-Galante, ne peuvent et ne doivent pas accepter le fait qu’en 2023, bientôt 2024 qu’ils soient encore en train de pleurer pour avoir de l’eau potable au robinet. Ils ne comprennent pas que les pollueurs des nappes phréatiques du pays puissent obtenir un non-lieu. C’est un privant des gens des évidences que vous finissez par engendrer la haine, la colère et l’insécurité. Ce sentiment d’injustice ouvre la porte à l’inattendu. 

Une donnée reste évidente : certains pays de ce monde en veulent au système occidental qui depuis des lustres dominent avec arrogance l’économie mondiale. L’échec de tous semble pointer du doigt ce même système, d’où la multiplication des antagonismes grandissants.

Ainsi, pour savoir que faire, que dire et que proposer pour notre pré carré marie-galantais, nous devons avoir une analyse globale de la situation générale afin d’être plus affutés sur les voies et moyens à pouvoir proposer et entreprendre les vraies solutions pour notre Pays.  

 

Par conséquent, si nous acceptons la fermeture de ce Collège de Capesterre, nous enfonçons davantage Marie-Galante dans le chaos. D’autant plus que, cette fermeture cache un projet machiavélique bien plus large et plus lugubre. Il y a quelques mois, nous avons entendu parler de la création d’un Collège unique sur le lieu-dit de la Mare au Punch. Les Marie-Galantais encore une fois, ont manqué d’observation et de réactivité. Pendant les évènements TERRES DE BLUES 2023, nous avons tenu meeting sur ce même lieu afin d’attirer l’attention de la population sur le crime abominable de vouloir occuper ce lieu historique, par rapport à la symbolique du « Procès de Marie-Galante » écrit par Schoelcher en 1849.  

 

Nous fûmes, hélas, encore une fois, bien trop peu nombreux pour une prise de conscience aussi importante et capitale. Cela signifie que le Collège de Saint-Louis aussi sera fermé. Ce dit Collège unique se retrouvera sur les terres de Grand-Bourg. Saint-Louis et Capesterre deviendront des communes fantomatiques et très prochainement, le préfet de Guadeloupe va demander de transférer l’état civil de ces deux communes à Grand-Bourg. Si vous ne pouvez même plus faire l’enregistrement des décès dans une Mairie, elle n’a plus droit d’y être. Nous assisterons alors à la fermeture des Mairies de Saint-Louis et de Capesterre. Marie-Galante n’aura plus qu’une seule commune, Grand-Bourg.  C’est l'objectif à atteindre, toujours dans la même stratégie des quotas, des pourcentages et des statistiques.

 

Vous comprendrez aussi les raisons pour lesquelles aucun politique de Grand-Bourg depuis n'a pas osé contredire ou aller à l’encontre de ce macabre projet. 

 

Osons le dire, on a créé le dépeuplement de cette île. Nous touchons du doigt les funestes raisons de la fermeture du Service Maternité, il y a quelques années déjà, de l’hôpital de DUCOS. 

Oui ! comment améliorer votre dépopulation si vous n’avez plus la possibilité de prendre en note vos naissances à l’état civil ? Aucune politique familiale n’est mise en place pour relancer la natalité. Il n’existe aucun projet, aucune réflexion pour lancer un appel facilitant le retour des marie-galantais expatriés en métropole. 

De plus, on vous offre une Mercedes, mais vous n’avez pas la clé. Vous continuerez alors à marcher sous le soleil et vous serez encore plus risible aux yeux de tous. 

Cependant, on a construit un nouvel hôpital avec un bloc opératoire plus perfectionné que celui du CHU de P-A-P, mais deux ans après cette ouverture, on vous oblige radicalement sa fermeture. Où est la logique dans ce fait ?

 

Ainsi, on refait la piste d’atterrissage de l’aérodrome des Basses, à coups de millions et une grande inauguration au champagne, en revanche, on n’a jamais pensé, en amont, à traiter avec une compagnie pour la desserte. Où est donc le signe d’intelligence dans un tel acte ? 

 

De même, on inaugure un espace pour une poissonnerie modernisée à l’entrée de Grand-Bourg, mais le secteur de la pêche a perdu quatre-vingts pour cent des marins pêcheurs. Nos vieux marins sont partis de ce monde et on n’a rien fait pour motiver la relève. Très beau, très bien, cet espace pour l’égo des politiques, mais encore une fois, où est la réflexion, la perspicacité recherchée pour relancer un secteur pratiquement en voie de disparition ?

D’ailleurs, cette rue de la Marine a perdu sa vocation première puisque plus aucun canot n’y accoste. Faudrait-il peut-être même penser à la débaptiser ? 

Mettre deux ou trois cabanons de pêcheurs sur la plage du Troisième Pont, est-ce là, un véritable projet de relance pour ce secteur ? 

 

Il est grand temps de sortir de cet amateurisme morbide qui nous enfonce. La gestion chaotique d’un quotidien dépourvu de toute planification. Cette île devient un bateau ivre dépourvu de quilles qui s’enlise dans les abysses de la médiocrité. Il n’y a pas de projet d’ensemble, il n’y a pas de perspective pensée et réfléchie, il n’y a pas de schéma directeur, il n’y a pas de plan pour sortir de cet enfer, de la fermeture de tout jusqu’à accepter la défaite, le mauvais sort, la malédiction, la renonciation et l’ignorance malhonnête d’un échec manifeste. 

 

J’appelle à la prise de conscience des quelques soldats encore conscients de notre terrible malheur, à celles et ceux qui seront d’accord pour dire NON à la fermeture du Collège de Capesterre. 

Cet acte est lié à trois échecs en série. La fermeture certes du Collège de Capesterre, mais également à venir, celle du Collège de Saint-Louis et la troisième abomination, la construction sur le lieu spirituel du passé de nos ancêtres sur la Mare au Punch de ce fameux Collège unique.  

Ne soyons pas des acteurs passifs et poussifs face à des crimes qui, a priori, devraient au premier chef nous interpeller.  

Nous allons très rapidement nous mordre les doigts, si nous continuons de la sorte d’être toujours dans l’acceptation de l’inacceptable.

 

 Grand-Bourg le, 12/12/23

 

Bernard DENDELE LECLAIRE 

Président Coordonnateur NOU KAT SE YONN 

Président AMBITION GUADELOUPE 

Écrivain Marie-Galantais




mercredi 23 août 2023

Thionville Korval. 2023 - 12ème anniversaire de son décès. Hommage.



Hommage à Mr Thionville KORVAL pour le douzième anniversaire de son décès. Avec la participation de Jean GIRARD qui retrace les grands moments de sa vie. L’Association « Nou Kat Se Yonn » avait le devoir par son Président Bernard Leclaire d’honorer la mémoire d’un grand Marie-Galantais qui, sa vie durant a œuvré pour son île, mais aussi pour toute la Guadeloupe. A la fin de cet événement, au zénith du soleil de midi, des « malfinis » en arc de cercle ⭕️, par dizaine sont venus consacrés cet hommage comme une confirmation divine. A la dernière note de notre clarinettiste, ils ont disparu comme pour saluer tristement la mémoire de toute une île qui, hélas peine à retrouver sa dignité et son honneur ! Merci à la famille Korval d’avoir accepté ce vibrant hommage à l’un de ses plus grands fils. Dans cette assistance qualitative et non quantitative vous allez remarquer la présence de Jean Pierre SAINTON, qui avait fait, ce jour le déplacement à Grand Bourg, en sa qualité d’historien pour rendre cet hommage à Thionville KORVAL. Nous apprenons, malheureusement, à l’instant même, son décès. Nous présentons à sa famille entière nos sincères condoléances et notre profond respect. Ce brillant intellectuel guadeloupéen nous laisse dorénavant un abysse à combler. Il nous manque déjà. Que la terre te soit légère Jean Pierre. ❤️❤️❤️⭐️⭐️⭐️🙏🙏🙏. BL

jeudi 17 août 2023

TOUR CYCLISTE DE GUADELOUPE 2023 - QUELQUES REMARQUES …


TOUR CYCLISTE DE GUADELOUPE 2023

 

QUELQUES REMARQUES …

 

 

            AMBITION GUADELOUPE

 

 

Présente ses félicitations à BENJAMIN LE NY pour cette magnifique victoire du 72ᵉ tour cycliste du Pays. Toutes nos félicitations aussi au Club de l’USL du Lamentin qui lui a accordé sa confiance. Un grand respect pour Raphaël LAUTONE qui prend la première place lors de la dernière étape et pour son optique patriotique. Un immense bravo à tous les compétiteurs et à l’ensemble de l’organisation. 

 

Quelques remarques, cet évènement nous oblige à nous interroger sur comment faire mieux les années à venir pour maintenir ce résultat, en ayant toujours en point de mire l’excellence qui s’impose ?  

 

Cette victoire, personne ne l’avait prévue et surtout pas, venant de BENJAMIN LE NY qui, pour beaucoup d’entre nous, avant ce tour, demeurait un illustre inconnu.  Nous avons tous, découvert ce jeune lors de ce tour 2023 et son parcours aussi atypique nous laisse, au lendemain de cette formidable victoire, encore plus agréablement surpris. 

 

Alors, comment BENJAMIN LE NY détenteur d’un talent tel, fait pour être à ce point si méconnu, surprenant tous les pronostics ? 

Il vient tout simplement du VTT. Dit-on !

Il ne fait du vélo sur route que depuis six ou sept mois. Il ne sort tout de même pas d’un chapeau magique. Où est le problème ? 

 

Nous devons tirer leçons par rapport à son profil et par la même occasion, son incroyable émergence vient directement nous rappeler nos limites, pour ne pas dire notre immense léthargie, un Pays rempli de tels talents, or, nous nous amusons inconsciemment à passer complètement à côté de nos réussites.

 

Il aurait pu passer au travers et nous n’aurions pas eu cette victoire en 2023. Combien de BENJAMIN LE NY existe-t-il encore en Guadeloupe, toutes disciplines confondues ? En sommes-nous conscients ? 

 

Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons une Jeunesse qui, depuis des lustres, prouve sportivement, quotidiennement, l’affirmation d’un potentiel intrinsèque inexploité ou insuffisamment, au sein de notre population. 

 

Dans ce même ordre d’idée, comment se fait-il, que nous n’ayons toujours pas compris que ce Tour Cycliste de la Guadeloupe doit devenir aussi un fleuron touristique pour cet Archipel ? 

Comment pouvons-nous prétendre optimiser correctement cet évènement alors que nos participants commencent à s’y préparer quelques mois à l’avance ? 

 

-Nous préconisons alors l'organisation d’une Équipe de la Guadeloupe avec l’aide des Collectivités Majeures afin de semi-professionnaliser les acteurs de cette sélection. Ils devront se consacrer essentiellement au cyclisme. Ces jeunes seront rémunérés comme des salariés du Club de la sélection.

 

-D'anciens champions, comme BORIS, pourraient aujourd’hui faire un stage d’un an en France, dans les plus grands clubs de l’hexagone, afin d’acquérir le diplôme de coaching et de management de haut niveau, dans le but de réinvestir ce savoir-faire au Pays.

 

-Les clubs locaux doivent, dès le niveau Minime, repérer tous les jeunes espoirs afin qu’ils soient suivis par une École guadeloupéenne de Cyclisme, financée par les Entreprises privées volontaires de Jarry, par les Collectivités majeures et par la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports.

 

-Le CREPS aurait une double vocation, à savoir la formation des professeurs de gymnastiques, mais également un Centre de suivi, d’entrainement physique et de préparation pour nos athlètes de haut niveau, confirmés et à venir. 

 

Cette victoire du 72ᵉ Tour Cycliste de la Guadeloupe doit nous conduire à davantage investir sur le Sport comme une porte de sortie pour notre Jeunesse. S’il existe une Guadeloupe indivisible dans l’optique d’une saine élévation collective, force est de constater qu’elle réside bien dans le ciment de cette ferveur populaire. 

Simultanément, nous ferons briller notre jeunesse, en relevant l’honneur général de notre archipel, par ailleurs, nous construirons un socle, une unité, voire l’émergence d’un Peuple déterminé à vouloir réussir ensemble avec toutes ses composantes. 

 

Inutile de démontrer qu’il en va de même pour le Foot et autres sports motivant l’engouement national et patriotique. Nos politiques doivent absolument intégrer le développement de la Guadeloupe en misant sérieusement sur les grands évènements sportifs de notre calendrier. 

 

Ce Pays regorge de talents, il serait stupide de ne pas profiter pour faire briller notre ambition et de mieux appréhender notre avenir. Nous aimerions garder nos forces vives sur place afin d’éviter davantage l’effritement de notre démographie. Il existe un tourisme sportif et là, manifestement par les nombreux évènements à venir et à créer, nous pourrons au sein de cette Caraïbe élaborer un planning qui puisse attirer du monde de partout à participer et à découvrir notre incroyable Archipel.

 

Alors, qu’attendons-nous pour mettre en action ce Pays ? 

Osons porter une réponse claire, urgente et immédiate à notre Jeunesse ?

Une organisation digne de ce nom n’est jamais spontanée, elle se pense, se réfléchit, se bâtit, se construit et anticipe l’évènement.

 

Il y va assurément de même pour un Pays. 

 

Encore bravo champion.    

 

Grand-Bourg le, 17/08/2023

 

 

Président AMBITION GUADELOUPE, 

 

Bernard LECLAIRE.

 

 


 

 

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