dimanche 19 août 2012

Littérature 7/5/2009 Bernard Leclaire* Livres : Plaidoyer pour une vraie politique

Littérature 7/5/2009 Bernard Leclaire*
Livres :
Plaidoyer pour une vraie politique


 http://www.caraibcreolenews.com/news,marie-galante,1,1247,07-05-2009-livres-plaidoyer-pour-une-vraie-politique.html




        Pour une édition à la hauteur du talent guadeloupéen

Catégorie : A la une
Publié le dimanche 10 mai 2009 00:12
Bondamanjak

Depuis les récents évènements, la Guadeloupe vit un moment de vérité sans précédent où il s’avère important, pour nous, de dévoiler l’histoire, de dénoncer l’économie, d’accuser le politique ainsi que de récuser le mal-être sociétal qui sévit afin de révoquer ad vitam toutes formes de « profitations » qui gangrènent depuis belle lurette l’équilibre même de notre société …et cette démarche a priori dans son essence est on ne peut plus noble !  
     D’ailleurs, quel individu sensé, aujourd’hui se permettrait d’être contre ce constat de fond, quand l’État même a reconnu son laxisme ?
     On serait tenté volontiers de ne pas être d’accord dans la manière ou dans le comment, mais la triste réalité est là, elle nous saute aux yeux et nous écœure !    
        Il est vrai que la critique est toujours plus facile, tandis que l’art semble plus que jamais inaccessible. Mais, entre tout accepter - ne rien dire - ne rien faire, il est  encore préférable d’opter,  les yeux fermés pour l’audace. Oser oui ! Oser lever la tête au nom des morts oubliés de l’Atlantique et des générations futures. 

     On  savait et on pressentait depuis quelque temps déjà que cette société allait tôt ou tard exploser ! L’insupportable génère inévitablement la révolte. Et d’ailleurs, est-ce réellement terminé ?
          On sent de manière insidieuse et sous-jacente que le magma social est toujours fortement en ébullition. La politique qui mène le monde, a-t-elle ici mesuré réellement, avec exactitude l’ampleur des dégâts de la misère humaine qui s’installe ? 
     Encore une fois, Elie Domota du LKP ne nous apprend rien que nous ne connaissions déjà ! Son mérite certes, et il faut le reconnaître, est d’avoir eu la hardiesse de mettre un grand coup là, où ça fait vraiment mal et précisément là, où d’autres justement adoptaient déjà et toujours la posture  fataliste  du colonisé !  
          Mais, n’y a-t-il pas plus subtil et plus sournois ? Tâchons d’aller un peu plus loin dans notre raisonnement.
         Pour cela, commençons d’abord par enlever nos masques, nos déguisements touloulous et arrêtons notre drag-queenisme latent et pernicieux qui trop souvent fait partie de nos propres comportements.
         Comme dit le livre universel « le ver est parfois dans le fruit ». 
        Dénonçons l’autre ! Oui, c’est très bien ! Mais dénonçons « nous » aussi ! Si nous tenons réellement à faire évoluer les mentalités qui nous plombent et qui nous tirent désespérément dans les catacombes du panier à crabes, nous nous devons respect et honnêteté intellectuelle d’abord.  C’est primordial ! Sinon nous n’allons nulle part.  
          Dans le domaine de la Culture, singulièrement dans celui de l’Écriture, de qui se moque-t-on ? A quoi joue-t-on ? Qu’est-ce qui se passe exactement ? 
      
                    Comment peut-on faire croire et penser que ce pays puisse se réduire à une poignée d’écrivains ? Ce serait là, un signe manifeste de dégénérescence pour notre collectivité !
                   Si un quelconque engagement était, au moins de temps en temps manifesté pour porter sur la table les problématiques de notre pays, on pourrait comprendre et dire qu’un certain travail se fait.
                   Or, ce n’est pas le cas !
                   Il est clair que la rébellion, en l’état actuel de l’écrit, ne viendra pas par ce standard-là, faute très certainement d’un embourgeoisement intellectuel inavoué, en tout cas largement visible, au détriment d’un discours qui devrait plutôt se destiner à éveiller les consciences léthargiques surtout en ce moment de doute économique et de questionnements identitaires. 
                   Il y a dans ce pays hélas, comme un cercle réservé, comme une chape de plomb, comme une espèce de club secret …saupoudreur d’assa-fœtida et secoueur de soutane …crucifix en main …où l’on referme systématiquement  portes et fenêtres à toute tentative venant d’ailleurs que d’une pseudo sacristie préétablie !    
                    Certains n’ont toujours pas accepté et n’accepteront jamais l’intérêt d’une pluralité providentielle du genre. Ils préfèrent plutôt demeurer de tristes et de taciturnes individus d’une chapelle hermétique à vouloir ainsi, carrément scléroser « la production du livre en Guadeloupe ».  
                   C’est le cas ! Disons-nous simplement à qui vraiment profite ce crime ?
                   A ceux qui confisqueraient, couteau entre les dents, jalousement l’hostie d’un tabernacle désormais appartenant essentiellement au cercle des élus apparus !  
                     Y-aurait-il un pré carré réservé exclusivement à l’écriture de, et pour la créolité, où le reste, tout le reste serait inévitablement partie intégrante bon gré malgré d’une église maudite, non-conforme à cet accoutrement prédéfini où tout écrit se colore et se décolore systématiquement d’une même et unique chromatique ? 
                    Comme dit le philosophe,  c’est  pourtant de la « contradiction que jaillit la diction ». Pourquoi alors a-t-on  la notion de divergence et de différence autant en horreur dans nos Régions ?
                    Cela semble une aberration congénitale grave, dans un siècle où logiquement il n’y a plus de tèbè gè  et où l’on prône à longueur de temps l’ouverture comme étant le leitmotiv même de l’intelligence !  
                   A d’autres qui auraient clairement peur, peur pour leur petit confort, et n’accepteraient, par conséquent, aucune anicroche dans un paysage considéré comme chasse gardée de la confrérie ? 
                  Si tel était réellement le cas, ils signeraient alors à deux mains et même à deux pieds, pour une mort lentement programmée de l’écriture dans ce pays, et, en même temps, ils condamneraient aussi leur propre écrit, inévitablement.  
                  Il faut savoir que l’écrit appelle l’écrit, le dynamisme de certains rejailli sur d’autres, les propos des uns permettent à d’autres de porter plus loin leur vision, leur réflexion dans le but d’une progression mutuelle de la pensée.
                 Ainsi, il s’agit d’instaurer dialectiquement une émulation saine au profit d’un lectorat qui appréciera forcément et qui partagera volontiers les différents points de vue.   
                 C’est en se frottant et en se confrontant à d’autres que l’on arrive à se surpasser et à aller au-delà du « soi-même ». D’une manière générale, en Guadeloupe, on a l’impression d’exister dans un marasme latent, engluant et étouffant où plus aucune idée neuve n’est capable d’émerger, où  toute pensée a priori doit épouser le politiquement correct d’une caste certaine ! 
                  Or l’écrit ne devrait point souffrir du conditionnement des discours de salon ou du préconçu mondain. Ce monde trop lisse où tout glisse, mais apparemment seulement, se référant à une espèce de jazz lancinant et paralysant,  sans âme aucune, empêchant évidemment  toute notion de progrès et d’évolution.
                  Nous attendons justement avec impatience la syncope providentielle d’un  Monk traduite en littérature pour rompre avec cet écrit qui ne dénonce plus rien et qui ne surprend plus personne. 
                    Depuis quelques années déjà, force est de constater que nous ne sommes plus présents sur aucun prix littéraire. Faites le compte ! 
                   Tout se partage entre la Martinique, Haïti et Cuba.  
                    Lors des différents Salons du Livre, que cela soit au niveau régional, national ou international, très peu de Guadeloupéens représentent le pays, ou sinon toujours les mêmes, et cela depuis déjà, plus de vingt-cinq ans !  
                  On est systématiquement enfermé dans un phénomène du déjà vu,  du déjà entendu et du déjà vécu où « la petite madeleine » de la Créolité se retrouve toujours bien trempée dans une espèce de chocolat péyi.  Inutile de vous décrire toutes les réminiscences qui en ressortent, elles sont sensiblement toujours identiques ! 
                    Par conséquent, quelle est la promotion qui est faite ou tentée d’être mise en place pour inciter véritablement l’écrit de manière générale en Guadeloupe ?  
                    Quels sont les résultats de tous ces éternels états des lieux, ces assises, ces réunions, ces états généraux et autres …réalisés depuis les quinze dernières années ? Nous faisons culturellement depuis des décennies les mêmes constats en Guadeloupe et pourtant rien ne change dans ce domaine ! 
                   Quelles sont les aides qui sont distribuées, surtout à qui, et pourquoi, afin soi-disant de dynamiser l’Édition et les nouveaux Auteurs ?  
                     Nous  remarquerons qu’à l’origine, avec le Doudouisme nous n’y étions pas. Dieu merci me direz-vous, nous vous l’accordons, sachant ce qu’a été ce courant littéraire !  
                     S’agissant de la Négritude, nous n’y étions toujours pas. On y trouve Césaire, Damas et Senghor. De plus, nous constatons que l’on a injustement tendance dans cette épopée à oublier complètement la plume de Tirolien qui n’a rien à envier même à un Césaire. Guy Tirolien devrait faire partie intégrante de ce premier grand courant qui révèlera la naissance effective d’une écriture revendicatrice post-esclavagiste nègre venant de nos contrées et d’une partie de l’Afrique francophone.  
                   D’autant plus que * le Marie-Galantais serait aussi, le « seul »  guadeloupéen, ayant contribué à la naissance et à la résistance d’un courant respecté, aujourd’hui encore. On peut affirmer qu’il est loin d’être enterré, malgré le souhait inavoué de certains fils victimes de crise œdipienne aiguë.  
                 Cet oubli  est parfois volontaire. A mon humble avis, les critiques littéraires devraient définitivement intégrer Tirolien comme un sérieux maillon dans cette courte chaîne de la Négritude du départ, surtout qu’il n’y a plus aucun témoin direct vivant de cette épopée. Tirolien au mois laverait notre honneur ! 
                 Il y a là, manifestement une erreur d’école qui est perpétrée à la barbe de tous, ce qui donne au néophyte de la poésie l’impression que le poète Marie-Galantais a été un électron libre, alors qu’il est dès ses premiers vers, un chantre incontesté et incontestable de cette merveilleuse écriture. 
                    En ce qui concerne l’Antillanité de Glissant, avec sa théorie du Tout-Monde, il faut malheureusement encore constater notre totale absence. Glissant se suffit à lui-même tellement son écrit est dense, diversifié et complet.
                  D’ailleurs, même quand on tente d’adjoindre Maximin dans ce courant, on pourrait affirmer que c’est presque un auto-positionnement.  
           Le dernier courant littéraire connu remonte déjà au début des années quatre-vingt-dix. La Créolité encore une fois, nous dénommons Bernabé, Chamoiseau et Confiant, pas un seul guadeloupéen à l’horizon ! Hélas, simple constat ! 
          Les courants littéraires passent et trépassent, nous ne savons malheureusement pas faire dans l’innovation, dans la création, dans le renouveau, a fortiori dans la renaissance totale ! On ne sait pas non plus travailler ensemble, ne serait-ce que pour tenter au moins de créer les conditions d’une réussite dans ce domaine ! 
          S’agissant du mouvement des Créolistes de ces trois dernières années, une analyse s’impose. Pour les collégiens, attention a ne pas le confondre avec la Créolité.
         Il faut avouer que ce courant n’a toujours pas atteint, à mon modeste avis, le véritable mérite de son art. Il n’existe toujours pas de prix littéraire ou de critique pour évaluer l’écrit-créole. Or il existe un Capes de créole très prisé. 
         Il est tout de même intéressant de reconnaître que depuis quelques années certains Auteurs ne font plus aucun complexe à vouloir produire en créole, ce qui est désormais, même un véritable « choix » littéraire.  
       D’ailleurs le lectorat local semble particulièrement apprécier ces textes dans lesquels on peut en toute logique parler de vraie dynamique et émulation. En effet, dans ce courant il semble y avoir une plus grande fraternité et une meilleure entente entre les Auteurs.
      Les rencontres et dédicaces sont plus chaleureuses et les discussions sont nettement plus basées sur le devenir de la Guadeloupe. Il faut croire que le « écrire-créole » libère davantage la pensée rebelle. 
       On peut dire que le mouvement Créoliste, aujourd’hui en tout cas, se veut  plus avant-gardiste et plus engagé que l’écrit français.
      On comprend alors aisément qu’il n’est pas, pour ce courant, essentiellement une question d’écrire en créole.
      Il est aussi souvent question de poésie dans le genre, ce qui explique encore l’esprit indocile des textes. Il est également assez rare de trouver des spicilèges de nouvelles ou des romans écrits en créoles.  Mais des projets sont en cours. Le texte créole vient affirmer une identité, par la reconnaissance de sa langue, il s’érige en premier vecteur d’émancipation du peuple guadeloupéen.
          Par contre, il faut noter qu’il n’existe pas encore de véritable dynamique intellectuelle pure  en Guadeloupe et c’est là, le cancer  qui gangrène l’éclosion d’une vision plus moderne et plus stimulante de notre écriture.  Nous ne savons pas faire dans le partage, dans le consensuel et pour le collectif. Est-ce dû à un certain passé ? 
        Si je ne suis pas en mesure de réaliser quelque chose, il n’est pas question qu’un autre le fasse. Il est préférable de cultiver le vide pour le vide au lieu de favoriser ou même de faciliter quoi que ce soit qui ne serait pas de moi. Voilà la façon de penser qui habite trop souvent les individus de ce territoire.
         Alors, comment un pays peut-il avancer dans un état d’esprit tel ? 
          On pourrait aussi rajouter, qui ici est habilité à dénommer untel ou unetelle en qualité d’écrivain ou pas ? Qui es-tu pour juger du degré d’intelligence de l’autre ?
          Depuis quand as-tu inventé la machine à mesurer la matière grise de ton prochain ?
          C’est à croire qu’il n’existe aucun lectorat dans cette île ? Ce qui est archi faux ! On a trop tendance à vouloir se substituer au lectorat, à penser et à réfléchir même, pour lui. Pensant qu’il est aussi stupide que la masse en général !
          Et malheureusement, les libraires, par inattention ou par objectif mercantiliste, commettent l’erreur de ne pas prendre de risque sur la production des nouvelles plumes, ce qui est tout à fait regrettable !
            On a aussi trop tendance à croire qu’il faut systématiquement être édité en métropole pour donner du grade à l’écrit. C’est encore un rejet de nous-mêmes. Cela voudrait dire, qu’il revient toujours au maître le droit de valider notre perception des valeurs. C’est triste ! 
           Nous sommes bien placés chez Alizés pour affirmer, contrairement à ce que d’autres véhiculent, que le « livre de la production locale et surtout des nouveaux Auteurs du pays » se vend, et plus de 85 % des lecteurs apprécient en général ces livres.
         On est perpétuellement en rupture de stock ! Vendre entre   1000 et 2000 livres en Guadeloupe, c’est déjà une belle réussite, de surcroît avec les simples moyens du bord ! 
          L’émergence d’une nouvelle écriture guadeloupéenne « traîne la plume »du simple fait que, nous souffrons d’une défaillance chronique de moyens.
          C’est une évidence même ! 
          Il faut avouer que nous ne sommes pas aidés dans l’Édition. Comment faire alors pour promouvoir, pour développer, pour médiatiser …et enfin, mettre en place un véritable mouvement  continu dans cette activité ?
          D’autant plus que, tout le monde sait que le livre est l’atout majeur pour la publicité touristique d’un pays, contrairement aux quelques affiches placardées dans un métro parisien à prix exorbitants. 
          Les Guadeloupéens qui nous font l’honneur de constituer notre groupe de relecture ne peuvent pas, ne peuvent  plus pratiquer éternellement le bénévolat.  Il s’agit d’un vrai travail !
         De l’amateurisme, il faut aujourd’hui passer à un réel professionnalisme et ce passage a inévitablement un coût. La Guadeloupe serait-elle le seul pays où l’on souhaite en permanence l’excellence par un coup de baguette magique ?
        Tout le monde parle « d’excellence », le mot est aussi à la mode que « lyannaj » ! Mais ne s’agit-il pas tout simplement d’un effet de mode du vocabulaire ? Ça devient même un tic de langage qui alimente tous les discours !  
        Quels sont les efforts à fournir pour faire évoluer en « qualité et en résultat » la production du livre dans notre cher pays ?
       Qu’est-ce qui nous empêche d’avoir dans les trois ans à venir notre Goncourt aussi, et pourquoi pas, même notre nouveau Césaire ? Il est grand temps que nous sachions ce que nous voulons et surtout que nous mettions en œuvre ce qu’il faut pour y parvenir ! 
         Vous devez savoir qu’un roman de quatre cents pages en format livre revient à mille huit cents euros en lecture-relecture et correctifs.
        « Un » livre du même format coûte en Imprimerie locale entre douze et quinze euros. Ce qui est inadmissible ! 
        Ce livre est proposé en librairie entre dix-huit et vingt euros, sachant que le libraire réclame cinquante pour cent sur les ventes, même en dépôt-vente …On comprend alors immédiatement où se situe le grand malaise de l’Édition dans ce pays et point n’est besoin d’être énarque pour l’analyse de la rentabilité d’une petite société d’Édition !  
         Si l’Éditeur veut s’en sortir dans ce domaine, il doit absolument avoir en arrière-cour son imprimerie, ce qui est un autre métier et qui coûte horriblement cher en investissement. Il doit avoir aussi ses librairies pour la diffusion. Il doit être de A à Z dans la chaîne du livre s’il veut maîtriser et perdurer dans le secteur.
        On ne peut pas au nom d’une désorganisation quasi anarchique mettre tant d’énergie pour atteindre enfin le but de dénicher quelques bons Auteurs. C’est une affaire de politique régionale !  
      Qui est alors prêt  à se « mouiller » pour réussir ce pari ? Pas grand monde à l’horizon, c’est du boulot, des journées et des nuits interminables de travail.
      L’écriture est un sacerdoce pour lequel les heures de labeur ne sont pas facturables ! Ceux qui connaissent savent de quoi on parle ! 
        En tout état de cause, l’Éditeur est l’élément essentiel de l’existence du livre et de l’Auteur. Sans le travail de l’Éditeur, il n’y a ni Auteur, ni livre, et, par conséquent probablement pas de libraire.  
         Pour compliquer davantage cette filière, un autre métier est venu à l’Américaine s’inviter dans le bal, c’est « l’Agent littéraire ou l’Agence littéraire ».
        Cette entité défend les droits de l’Auteur, propose le correctif des manuscrits et se charge de trouver un Éditeur pour ce dernier, prenant encore au passage sa marge sur le livre. 
         En matière d’Édition locale, comme pour tout domaine culturel en général, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Il faut un budget conséquent, et ce, du manuscrit à la publication. Et c’est au moment  seulement où le livre est en librairie, que véritablement tout le  travail médiatique peut alors commencer.  
     Comment faire la promotion de l’Auteur et de sa publication ?  
     Il y a en règle générale les dédicaces en librairie, les conférences, les rencontres scolaires, les rendez-vous en club de lecture, les passages en médiathèques, en radio, en télévision (canal 10) et les reportages.   
     Afin de sortir de ce circuit routinier,  il faudrait faire de même en Martinique, en Guyane, en Métropole et pourquoi pas mener une politique médiatique similaire dans certains pays de la Caraïbe et même sur le Canada, si on veut réellement parler de promotion et toucher le maximum de lectorat afin de faire ressortir en définitive l’excellence du pays de Guadeloupe.   
     Il est évident que la production doit se retrouver dans toutes les librairies de ces différentes contrées, ce qui signifie un quantitatif conséquent en terme de tirage, pour satisfaire toutes les commandes et les traductions en anglais et en espagnol. 
         On voit clairement que l’émergence d’un Auteur  réside aussi dans la promotion soutenue de celui-ci par l’Éditeur et par une occupation géographique de certains espaces littéraires indispensables au-delà du simple espace guadeloupéano-guadeloupéen.
        Sachant, a priori, que nous avons, bien sûr en mains, substantiellement la matière première capable de dépasser les horizons. Ce potentiel est là !
        En vérité, c’est le manque de moyens qui fait que, dès le correctif du manuscrit, on pèche à atteindre cette excellence tant souhaitée puisque les neuf re-lecteurs se réduisent à un.

         Beaucoup d’Auteurs en France sont connus parce qu’ils sont souvent sur les plateaux de télévision, dans toutes espèces d’émissions et il en est de même pour les émissions radiodiffusées.  
        Ils occupent perpétuellement le devant de la scène, participant à longueur de temps à tous les débats. Il existe en France un véritable tremplin journalistique et médiatique qui assure régulièrement l’émoustillement de cette dynamique culturelle souhaitée et recherchée.
         Le Centre National du Livre aide facilement les jeunes Auteurs et met souvent en place des bourses d’écriture et des résidences pour les Auteurs afin d’optimiser au mieux leur production. Ce n’est pas le cas chez nous ! Il n’existe pas d’Auteur à temps plein en Guadeloupe. Quel est le nom du guadeloupéen qui a bénéficié d’une résidence d’artiste ou d’une bourse d’écriture pour un projet de roman sur un an et demi ou deux ans ? Qui ? 
         On finit toujours inconsciemment par buvariser ces derniers Auteurs de France  grâce aux médias et au fur et à mesure ils rentrent dans la masse des Écrivains. Le prix littéraire n’est pas indispensable a priori, c’est la cerise, c’est d’abord le partage et l’échange de la pensée qui font avancer un pays,  puis connaître et  reconnaître un Auteur. 
          Il faut savoir que toute cette stratégie alimente, régénère, fortifie et contribue à l’élévation de l’imagination du Pays. Par conséquent, l’intelligence collective progresse en même temps.
         Ce qui est positif dans une telle tactique, c’est le fait qu’il y ait débat, discussion et d’innombrables permutations orales ou écrites  autour du livre en général par rapport aux différentes idées traitées. 
          On donne malheureusement trop peu de valeur aux « idées » dans notre pays sachant a priori que nous n’avons aucune matière première. Où se situe alors notre richesse ?  
         Aucun livre n’est écrit pour son Auteur dans la mesure où tout écrit devient systématiquement un bien national donc public.  
         Tout est irrémédiablement question de moyen et de volonté ! On parle de politique de l’excellence, encore une fois, ce n’est qu’un contenant, on met quoi dedans, avec qui et pourquoi ? 
        Le grand frein dans notre Guadeloupe est qu’il n’existe aucune émission culturelle gravitant autour de l’art ou tout simplement autour de la littérature en général, que ce soit au niveau télévision ou radio.
       C’est un triste constat ! Comment supposer qu’une entreprise comme RFO n’ait aucune place pour la littérature dans ce pays ? Or il existe un prix RFO du livre.  C’est à ne rien comprendre, cherchons l’erreur !  
       Il est encore plus triste de constater que personne ne s’en offusque ! Personne ne dit mot, et il faudra encore que le LKP vienne s’en mêler ! 
        Quand une émission essaie d’exister, on vous reproche que ce créneau ne soit pas rentable. Tout ce qui est capable d’élever l’esprit du jeune guadeloupéen coûte soi-disant toujours trop cher !
        L’argent reste et demeure le seul critère de tout jugement quand il s’agit de dossier touchant à la culture. 
         On n’est pas capable d’organiser un Salon du livre localement  digne de ce nom. Quand on met en place un Congrès des Écrivains de la Caraïbe, on oublie « volontairement » plus de la moitié des Auteurs locaux. On règle des comptes au lieu d’avoir une hauteur de vue au-delà de la bêtise, puisque nous parlons de culture !
       On pousse l’idiotie très loin, à oublier même des Sociétés d’Éditions qui opèrent dans l’île depuis plus de dix ans et qui ont déjà publié une quinzaine de Guadeloupéens.  
       On va chercher toutes espèces d’Écrivains et toutes espèces d’Éditeurs de la Caraïbe et autres …pour faire foule et pour meubler un Congrès au  point où, au dernier jour de ce congrès, on se rend subitement compte que l’on a oublié l’objet fondamental d’un Congrès des Écrivains qui est le LIVRE lui-même.  
      Il n’y avait pas un seul livre à lire, à offrir ou à acheter dans cette grandiose organisation ! Cherchons l’erreur ! 
     C’est toujours les mêmes, encore une fois qui se battent pour être à la tête de tout. Ils n’ont même pas encore parlé que l’on sait a priori tout ce qu’ils vont dire tellement le discours est rassasiant. 
    C’est toujours les mêmes, qui organisent les événements culturels dans un esprit partisan, sectaire, clanique, rétrograde, petit et mesquin, au lieu de jouer l’ouverture pour l’élévation de l’âme guadeloupéenne. On parle pourtant de culture ! 
     C’est toujours les mêmes, qui attribuent les résidences d’Artiste, les aides et subventions dans ce domaine. Bel adage qui dit : « on n’est jamais si bien servi que par soi-même ». On parle pourtant de culture ! 
     C’est toujours, et rien que les mêmes, qui sont invités dans les pays en qualité de « seul » écrivain guadeloupéen, évidemment puisqu’ils s’arrangent dans les administrations pour bénéficier  de toutes sortes d’invitations possibles et imaginables. On parle pourtant de culture ! 
      Puis, ils vous disent « Je suis invité à Tokyo ou à Rome. Samedi dernier j’étais à Cuba. On m’a invité dernièrement à New York etc.  Je suis traduit en anglais, en espagnol et même… en japonais ». Bravo ! On parle pourtant de culture !  
      Quand de nos propres deniers, nous arrivons à présenter enfin un de nos Auteurs dans un pays quelconque (ne serait-ce qu’en Martinique ?), les gens sont stupéfaits et heureux d’entendre un discours neuf, totalement nouveau, dépourvu de stéréotypes, sans masque et sans fard, venant comme d’ailleurs et surtout d’une vision générationnelle différente. 
     Que dire de plus, et quoi faire ? 
     Il est judicieux que le LKP puisse dénoncer toutes les « pwofitasyon »  d’ordre historique, capitaliste et politique dans ce pays, …mais il va falloir aussi dans le jeu des États-Généraux, des assises et autres rencontres à venir …que chacun procède  à une véritable auto-analyse pour un mieux être guadeloupéen. 
       Nous avons nous aussi, pour ne pas dire surtout, la grande responsabilité de réussir notre pays !
      Nous espérons  que certains se regarderont  dans un miroir pour se demander en toute sincérité, ce qu’ils ont réellement déjà fait pour le Pays, pour le Peuple, après tout ce que le pays a déjà fait pour eux.

 
           Bernard Leclaire
  Ecrivain Marie-Galantais

Grand-Bourg le, 07/05/2009

ÎLES DU SUD - BERNARD LECLAIRE « LES ILES DU SUD » UNE RÉALITÉ RÉVOLUTIONNAIRE !

GUADELOUPE

Grand-Bourg de Marie-Galante. Mardi 11 août 09. Caribcreole.com. Les Saintes, la Désirade, Marie Galante, ces Iles du Sud de l’archipel de la Guadeloupe ne veulent plus être celles de la désespérance. Lasses d’une souffrance silencieuse, elles ont décidé de s’unir pour refuser un scénario tout fait où ici, le Sud se conjugue avec mal développement, double insularité croupissement. Bernard Leclaire, écrivain, fils de l’une de ces îles du Sud, s’insurge lui aussi… Voilà ce qu’il a écrit pour caribcreole. Nous arriverons à sensibiliser l’opinion sur les carences persistantes qui gangrènent depuis plus de vingt ans l’épanouissement des îles parsemées autour du papillon de Guadeloupe, et c’est aussi ensemble, d’audace à force, que nous trouverons enfin des solutions suffisamment fortes et susceptibles d’endiguer la banqueroute programmée de notre Archipel.

«LES ILES DU SUD»,UNE RÉALITÉ RÉVOLUTIONNAIRE


      C’est ensemble que nous arriverons à sensibiliser l’opinion sur les carences persistantes qui gangrènent depuis plus de vingt ans l’épanouissement des îles parsemées autour du papillon de Guadeloupe, et c’est aussi ensemble, d’audace à force que nous trouverons enfin des solutions suffisamment fortes et susceptibles d’endiguer la banqueroute programmée de notre Archipel. 
     Depuis 1985 les Socioprofessionnels ont toujours attiré l’attention de la population et des politiques sur l’inexorable descente aux enfers de l’économie de ces îles. Les prémisses étaient déjà là !
     Je veux pour preuve la constitution de l’ASSECOMAG (Association des Entreprises et des Commerces de Marie-Galante, regroupant tous les acteurs économiques dès 1986).
      Je veux pour preuve mon article paru dans le Bulletin Municipal N°4 de Grand-Bourg en Août 1990 s’intitulant : « Marie-Galante la gracieu…sement sinistrée ».
     
  

   Cet article malgré ses 19 ans garde encore malheureusement l’actualité du manque d’ambition des solutions politiques proposées ! De plus, il prédit bien la catastrophe d’aujourd’hui ! Une relecture s’impose ! 
     Nous avons été les premiers à employer la terminologie de « Pays » pour Marie-Galante et aussi les premiers à réclamer une « Zone Franche ou un Port Franc sur 10 ans » à l’époque pour la redynamisation des différents secteurs économiques des îles.

     Je veux pour preuve les nombreux courriers adressés à Bernard PONS,  au Président CHIRAC et à Madame MICHAUX  CHEVRY dans les années 86 à 90.
     Il a fallu que Sarkozy, actuel Président de la République en parle en 2008 pour que la classe politique locale y pense. On s’aperçoit que cette idée est de nos jours le cheval de bataille du pouvoir en place comme « le » levier de redémarrage pour toute l’économe Guadeloupéenne !
     Jadis cette suggestion apparaissait comme une idée de folie ! 
           Que sait-il passer ?

    A l’époque d’Air-Antilles et d’Air-Guadeloupe les passagers n’avaient pas l’opportunité de ramener autant d’achats de Guadeloupe. D'ailleurs le canal de Marie-Galante qui était réputé d’être un « rendeur-de-foi » dissuadait plus d’un ! On n’allait pas faire pompomme sur le continent au petit bonheur la chance, nous nous souvenons encore des épopées dantesques du Suivez-moi, du Neptune, du Delgrès, de l’Oiseau des îles, d’Antarès, etc.  …
     Il suffisait d’écouter parler les anciens marins sur le port de Grand-Bourg pour comprendre la dangerosité de l’aventure ! Aller en Guadeloupe était une véritable expédition, il fallait trois, quatre, parfois même cinq heures pour effectuer la traversée par beau temps, je ne parle même pas de la période des avents ou de la saison cyclonique … 

     La prolifération des vedettes rapides à partir des années 90 était certes perçue comme un outil de désenclavement, mais quelques années après (particulièrement pour M/G) ce phénomène s’est avéré une arme à double tranchants. La traversée se faisait alors en un temps record de 45 minutes de passe à passe. 
     Ces affaires liées aux transports maritimes ont prospéré de manière exponentielle. On a assisté à un déferlement de catamarans de plus en plus sophistiqués où on dénombrait dans ces années plus de 12 bateaux appartenant aux deux plus grosses compagnies rivales. Et depuis, l’Avion n’a plus jamais su comment ré-institutionnaliser sa dynamique de transport !
     La concurrence entre les compagnies maritimes a poussé leurs responsables respectifs à investir sans compter sur la multiplication effrénée d’une flotte déjà pléthorique, toujours plus rapide mais surtout plus dispendieuse. 
     Autres facteurs :
  Les magasins des îles se voient confrontés à la concurrence directe de leurs propres revendeurs de Guadeloupe, puisque les clients potentiels des îles s’approvisionnent dès lors directement sur le continent.
    On a assisté parallèlement, à l’explosion, dans ces années 90, de la Zone Industrielle de Jarry. Dans cette même décennie, Pointe-A-Pitre rendait commercialement l’âme petit à petit où les acheteurs potentiels se retrouvaient tous aussi chez le revendeur de Jarry.
   Ces revendeurs grossistes n’ont pas joué le jeu de l’éthique commerciale.
      - Je veux pour preuve en qualité de Président de l’ASSECOMAG d’avoir eu en main en 1991 la copie de la facture d’une « sorbetière » achetée par un particulier chez un grossiste à Jarry au même prix qu’un commerçant à Grand-Bourg qui en achètent 6 pour la revente.
     Par conséquent, on observera à Marie-Galante la fermeture impuissante de nombreuses affaires sans pour cela que l’on s’interroge sur les inconséquences immédiates et futures !
      En final de compte, les îles du Sud finiront par se dépeupler et automatiquement ces populations viendront grossir celle des Abymes, Pointe-à-Pitre, Gosier, Baie-Mahault, Lamentin, particulièrement par les Marie-Galantais et les Désiradiens, et les régions de Basse-Terre et Trois Rivières par  les îles des Saintes.

     Systématiquement, la jeunesse Marie-Galantaise dès les années 90, va rechercher sa destinée en Guadeloupe ou ailleurs. L’île natale en elle-même n’offre plus aucun débouché sinon d’être fonctionnaire dans l’éducation nationale et encore, un fonctionnaire ayant exercé ailleurs et qui ne serait pas très loin de la retraite !
     Le plus grand revers de cet état de cause réside dans cette « fuite en avant » des populations des îles vers la Guadeloupe. On se rend bien compte que les forces vives ont disparues à partir de ces années 90 et inéluctablement ce phénomène de déclin accéléré va spolier définitivement tout espoir de relance ou de redressement économique durable et pérennisé dans ces îles.
     Vers 97, 98 les voyages se sont littéralement affaiblis, la population moins importante, les rotations moins évidentes faute de passagers, les vedettes rapides qui ont tué Air-Guadeloupe, qui ont tué l’embauche dans ces îles, ont simplement fini par se mordre la queue. Le vide a généré le vide à tel point que personne ne s’en sort plus !
     La concurrence acharnée a abouti à une lutte sans merci de dumping, ces compagnies ont été dans l’impossibilité de trouver un consensus intelligent s’agissant des horaires de départ  et d’arrivée. Elles ont toutes les mêmes horaires pour la course en mer, la question a toujours été à qui arriverait le premier à destination or le second suivait toujours de 5 minutes d’écart au plus. Nous assistons alors très vite au retrait des Banques qui auparavant stimulaient et sustentaient allègrement cette frénésie destructrice.

     Ces compagnies se sont elles-mêmes auto-fusillées sur l’autel du non-sens puisque les passagers transportés ont fini par s’établir définitivement en Guadeloupe. Ce qui était une simple envie d’achat au départ est devenu une opportunité de vie et d’échappatoire indispensable par rapport à une île où plus rien de tangible n’était proposé !

     - Je veux pour preuve que depuis plus de 20 ans, aucune politique n’a su freiner ou inverser la courbe du dépeuplement de l’île de Marie-Galante, il y va de même pour les Saintes et la Désirade. Posons-nous la question de savoir, qu’est-ce qui a été fait ou même proposé depuis pour ces îles afin de stopper leur dépeuplement ? 
        Rien, tristement rien !
     On a assisté pantois à cette hémorragie, je dirai avec même une certaine hypocrisie morbide, un sarcasme et une appétence face à malheur d’autrui qui allait inévitablement devenir collectif !
     Le Tourisme n’a jamais réellement été « pensé » à Marie-Galante dans le but d’en faire une économie véritable, sinon un simple dérivatif de week-end permettant la survie de quelques loueurs de voitures et de quelques gîtes ça et là !
     Aujourd’hui, depuis le coup de gueule du LKP, on se rend subitement compte que la Guadeloupe est un Archipel !
     Il y a des réunions partout, on parle des Assises de-ci, deçà, de Congrès par-ci, par-là, des Etats-Généraux ici ou ailleurs, de Groupement d’Intérêts pour ces îles du Sud, d’Etat des lieux, de la création d’un Observatoire Economique, de plan Colibris, etc. etc. …et que sais-je encore !


       Que faudrait-il faire ?


     Je dis une chose, tout comme je l’avais annoncé 20 ans avant tous, concernant l’état actuel des îles du sud. J’avais réclamé un statut de "Zone Franche toutes activités" sur 10 ans, mais vu l’ampleur des dégâts en 2009, j’affirme qu’il faudrait aller beaucoup plus loin ! 

     Par conséquent, je proclame qu’il est urgent de constituer les îles du Sud (Marie-Galante, Désirade et Les Saintes) en une entité de COM : (Collectivité Outre Mer), ou une CMOM (Collectivité Maritime d’Outre Mer), si nous voulons réellement nous en sortir et si nous voulons enfin choisir et définir l’orientation de notre propre développement social, économique et culturel.

     A l’intérieur de ce statut, je suggère de manière synthétique quelques grands thèmes qui seront à approfondir et à mettre en place :
        *Constitution immédiate d’une Zone Franche toutes activités sur 10 ans (sur les 3 îles).

           *Mise en place d’un Transport Maritime par l’Etat pour assurer la continuité territoriale. (Service public).
   *Idem pour le Transport Aérien avec en sus, "l’Internationalisation" de l’Aéroport des Basses.

     *Pour la Sécurité, la mise en place immédiate sur chacune des îles d’un Poste de Police ou d’un Commissariat.
         *Idem s’agissant de la PAF.
         *Idem s’agissant de la Douane.
        *Développement des échanges linguistiques avec Cuba et Barbade.

         *Création du « Musée de la Mer » aux Saintes.
    *Création d’un « Musée de l’Histoire » (Exposition permanente sur l’esclavage + les Immigrations post-esclavagistes...) sur la Désirade.
       *Dynamisation touristique des îles du Sud avec la mise en place d’un "Observatoire Touristique" sur chaque île en place et lieu d’un simple Office du Tourisme. Développement de l’Image des îles. Faire de l’industrie du Tourisme une réalité économique.
         *Mise en place d’une « Taxe » destinée à promouvoir le développement économique, sur  le CA des jeux du hasard comme le Loto – Millionnaire – PMU… etc.
         *Réfection de tous les Sites et Vestiges historiques : Château Murat – Rousselle Trianon – Fort Napoléon etc. pour le développement touristique.
        *Développer et spécialiser la Désirade en Zone de Thalassothérapie – remise en forme – idem pour sportifs de haut niveau - Centre de rééducation destiné à l’appareillage des accidentés –
        *Création à  la Désirade d’un Centre de Désintoxication inter-île, lié à toutes formes d’addictions. (Alcool  et drogue).
      *Création aux Saintes d’une « Université de la Mer », touchant à tous les métiers du secteur. (Construction navale – Réparation – Innovation des techniques) - Mise en place d’une Ecole de formation de pilotes maritime tous niveaux –
        *Création d’un « Port de Pêche Inter-îles » aux Saintes avec infrastructure permettant la vente en gros du poisson, voire exportation et création de structures pour la conservation – la transformation – le stockage et le fumage du poisson des différentes pêches réunissant l’apport des autres îles du sud –
       *Mise en place d’une « Coopérative des Produits de la Pêche des îles du Sud » aux Saintes –
        *Création à  M/G d’un Tourisme de luxe – mise en place de Structures de réception de haut niveau – 
          *Création d’un Golf - Développement de gîtes et de tables d’hôtes pour le tourisme journalier et de W E –
          *Développement à  M/G d’une « Ecole Internationale du Cinéma » en partenariat avec le CNC - 
          *Faire de Murat l’arrière cour d’un « Studio Spécialisé en Effets Spéciaux » –
       *Repérages de lieux idylliques de tournage dans un Book Mondial pour tournages internationaux sur les  3 îles.
      *Création d’une « Ecole du Journalisme et des Métiers de l’Audiovisuel » à Marie-Galante.
         *Création d’une TV des îles du Sud  - Idem Radio sur chaque île –
       *Faire de M/G, un « Centre d’Affaires au niveau Caribéen ».
         *Développement de l’Agriculture (agro-transformation) – Création d’un INRA.
    *Développement de la production cannière – modernisation de l’usine de Grand-Anse – développement de la filière (canne sucre rhum) –
       *Création du « Musée de la Canne et de l’Histoire des Usines » sur l’ancien site de l’Usine Robert.

      *Mondialisation de l’Exportation du Rhum, sans restriction de quota –
           *Faire de Folle-Anse une Zone de Développement Commerciale et Industrielle. –
        *Repositionnement du Port de Folle-Anse en « Port Sucrier et Touristique » où les bateaux de croisières peuvent accoster. (Ce qui permet de percevoir une taxe sur chaque passager).
        *Création à  Folle-Anse d’une unité de Ciment Antillais pour la mise en sachet du ciment sur place grâce à des silos de stockage de la matière première.
      *Idem s’agissant du stockage du Gaz Butane domestique. Mise en place d’une cellule pour la mise en bouteille localement.
              *Idem pour tous les produits GMA.
         *Développement du Tourisme de Croisière : Marie Galante – Désirade - Les Saintes. (Création de la destination).
       *Faire de Grand-Bourg la Capitale Administrative et Commerciale de M/G – de Capesterre la Zone par Excellence des Structures Hôtelières – de Saint Louis, l’Excellence Artisanale, Artistique et de la Restauration Marie-Galantaise.

     Je lance ici l’idée de la COM qui sera demain la voie à défendre si les générations d’aujourd’hui n’ont pas le courage de leur intelligence. Je n’ai pas volontairement livré toute ma stratégie sur l’inévitable réussite d’un tel concept. Je veux parler des nouvelles orientations  économiques modernes que peuvent développer les Îles du Sud, exemples: 

   *dans le domaine de l’Economie Culturelle et des Spectacles !
      *les nouvelles techniques pour la Maîtrise des Déchets Ménagers et le  Traitement des Ordures en générale.
   *les nouvelles technologies génératrices d’électricité à savoir l’éolienne,   l’hydroélectricité,  le solaire … etc.
      *dans le domaine du carburant bio à l’éthanol, pourquoi ne pas récupérer 85% de la production de la canne à M/G en éthanol pour la consommation d’essence des voitures et engins sur des Trois îles. Ce serait justement un label touristique exceptionnel et unique dans la Caraïbe !

     Les rapports avec le continent seront plus harmonieux, plus équitables et bien plus féconds grâce aux échanges commerciaux, touristiques, culturels, industriels et intellectuels instaurés dans les deux sens. La croissance économique des îles rejaillira sur la Guadeloupe elle-même, qui continuera de jouer un rôle  moteur dans toute la région.
     Les Trois îles en COM constitueraient un tremplin de relance économique inévitable où de nombreux Guadeloupéens pourront eux-mêmes trouver un emploi.
     Chacun doit penser l’épanouissement de sa terre pour le mieux être de sa population. Une substitution de population est entrain de s’opérer tout doucement à Marie-Galante d’où ma peur profonde de la perte progressive de ce qu’a été « l’identité Marie-Galantaise ».


       Je ne crie pas aux loups, mais je dis attention, la nature a horreur du vide !
    Un nouveau monde s’ouvre, les limites de la Mondialisation et la crise financière qui sévit démontrent une chose, c’est l’extrême fragilité du Capitalisme.
   La société occidentale qui depuis des siècles gèrent le monde semble vouloir affirmer implicitement qu’elle n’a pas ou qu’elle n’a plus la science infuse.

     Le moment est plus que venu où nous devons nous réveiller pour faire entendre une nouvelle conception de ce monde qui point, en l’attestant par cette « caribénitude » que nous portons en Nous. Il revient aux hommes politiques actuels sur ces îles de pouvoir rassembler tous les fils vaillants capables de penser et de réaliser cet immense challenge du XXIème siècle !

              Bernard Leclaire

       Écrivain Marie-Galantais.

Coup de pub: Un texte (très) mystérieux



« Les livres que le monde qualifie d’immoraux sont ceux qui montrent au monde sa propre honte. » O.W.

1- Le texte « Lyannaj » avec l'épistolier



Sûrement que vous vous demandez pourquoi ce sous-titre débile « Lyannaj » avec l'épistolier ? Parce que c'est la mode de dire « lyannaj » (beaucoup d'interprétations, mais surtout lien pris dans ce contexte) 
Epistolier ? Diantre, qu’est ce que j'ai pu écrire ces derniers temps comme lettres débiles, allant jusqu'à travestir mon style iconoclaste, m'humiliant jusqu'à imiter les fesses coincées des « useurs » de stylos, les pets secs du épistolairement correct. Les formés à l'académie du bon français, français. Des têtes bourrées par le suave sans sucre, sans sel d'une littérature obsolète dépassée, désintégrée, résidu d'un soi-disant beau parler des beaux quartiers
Oui ça c'est sûr, j'aime les mots lourds qui sentent le tafia des bas quartiers.
Ca c'est sûr, oui, j'aime ces mots qui sentent la pisse froide épicée de la pisse d'ânesse.
J'aime passer le p'tit doigt à l'intérieur du string du A pour a-baisser le D dans une fange dégoûtante.
J'aime violer le violet des mots mauves.
J'aime faire rougir les fades pétasses bon chic bon genre.
J'aime mettre le pouce dans le trou du Q
J'aime choquer les pudibonds, bondir à pieds joints sur les épithètes pour les graver comme des épitaphes sur ce moribond langage du littérairement correct. 
J'aime déblayer cette salope de langue apprise dans les bons lycées catho. J'aime casser, émasculer, démembrer, amputer, écarteler, trifouiller, néologismer cette putain de langue jamais apprise. 
Cette garce de langue que maître Silfi voulait à coups de règle en fer sur la tête, me l’enfoncer dans le crâne. 
Ca c'est sûr, c'est sûr. Là où je prends mon pied, un pied d'enfer interdit aux têtes de premier de la classe, aux acnéiques juvénilisés que je sais choquer, là où j'éjacule à m'exploser les canaux déférents, à m'imploser les roubignoles, à coller mes spermatos au plafond,.c’est quand ils portent de vives critiques sur ma vulgarité affichée, sur mon soi-disant dévergondage, c’est quand, comme des veules, ils chuchotent sur mon passage. Là, je sais qu'ils ont lu mes pontes délirantes. Là, je sais que j'ai accroché, captivé, attrapé. Là, je sais que mon message essentiel, niché dans la fibre originelle de mon être est passé, même d’une manière subliminale, un message d'amour, de liberté, d'humanisme. Un message pour les générations à venir.
Pour toi, pour toi cousine, je vais laver, frotter, cadenasser, aseptiser, blanchir, rééduquer, neutraliser, cadenasser mes mots. Je vais pour toi cousine, refermer les jambes de mes "M". Remettre les "Q" à leur place. Pour toi Carole, mes mots seront policés, mes phrases lissées. 
Et Dieu autour de nous, et Dieu devant nous, et Dieu dans sa présence enveloppante, et Dieu tout là- haut Carole, Dieu te fera un clin d'œil.
Dieu dans un souffle, un chuchotement te dira. Dieu effleurant ton âme, caressant ta pensée, Dieu te dira.
Point n'est besoin d’artifice, point n'est besoin qu'il te choque pour captiver ton attention. Point n'est besoin qu'il fasse des périphrases Carole, car ton cousin Carole, sait que tu CROIS. Ton cousin sait que tu crois comme il CROIT en moi son seigneur.
Et oui, très chère jeune cousine, et oui Carole, je te l'ai dit et répété moultes et moultes fois, j'ai beau être vulgaire, DIEU EST EN MOI.

XXXXX fin.
«Chaque effet que l’on produit nous fait un ennemi. Pour être populaire, il faut être médiocre ». O. W.
Chère Carole,
Ta question qui taraude, interpelle, qui ne laisse pas place à la triche dans les réponses, me laisse songeur.

2- Les réactions des « VIP »

Ernest Pépin (écrivain)



J'accepte volontiers de me prêter au jeu de cette devinette littéraire. Je pense que l'auteur de ce texte est Victor Sabardin. Il est le seul que je connaisse qui ait cette forme d'insolence provocatrice et à tout prendre décapante destinée à secouer le bocal des consciences et peut-être les manières d'écrire.
Du point de vue de la qualité littéraire de ce texte, je n'aime pas trop juger les gens surtout dans notre société où les susceptibilités sont si vives! Mais, il faut jouer le jeu n'est-ce pas! Alors, je dirai que c'est un texte un peu célinien qui affiche son intention de se démarquer d'une certaine conception trop "convenue" de la littérature et qui "joue" à être vulgaire. Je dis "joue" car tout texte littéraire n'est qu'une mise en scène de la parole! Aucun texte n'est "naturel" même ceux qui se prétendent tels. L'art c'est aussi l'artifice! Ce "jeu" me semble réussi car il noue bien le fond à la forme. Le parti pris esthétique (trivialité, rebellion etc) n'est pas si nouveau que cela car depuis longtemps les "belles lettres" ont été brocardées par les tenants d'une certaine libération de l'écriture par le recours à un certain registre "débraillé" voire même insolent. Que l'on pense à Sade à son époque et même à Rabelais. Mon point de vue personnel est qu'il ne sert à rien d'opposer la soi-disant littérature "compassée" à la soi-disant littérature "populaire". Seule la littérature compte et les écrivains ont toujours su utiliser tous les registres. Le lecteur antillais est volontiers pudibond car formaté par une approche "scolaire" de la littérature (alors que, par exemple, le fameux Lagarde et Michard était expurgé!). L'écrivain est libre! L'art est libre! L'anti-esthétique est aussi une esthétique! Et tout compte fait, Céline est un classique!
Voilà ce que m'inspire ce texte non comme jugement mais comme réflexion. Césaire est grand mais Léo Ferré et Prévert sont grands aussi!
Ernest 

Frantz Succab (ex Journaliste, Polémiste)



VIP du monde culturel » ! Je ne sais pas ce que cela signifie quand le moindre bonimenteur devient instance de légitimité et décerne des médailles à saucisson, à tors et à travers. Bref, je réponds juste pour faire un clin d’œil à cet ami qu’aucun anonymat ne me dissimulera :
1- L’auteur de ce texte est, évidemment, Maître IDOS alias Victor Sabardin. Que je reconnais être plus fètchyé que moi, qui reste incurablement poli avec ceux qui me gonflent.
2- Cher Idos, tu montres qu’il faut bien connaître les vices de la langue de Madame de Sévigné pour lui donner sans vergogne de quoi s’esbaudir. La bien connaître et la bien mettre, mais sans en être l’esclave. C’est toi qui écris, donc toi qui commande. J’ai relevé pourtant un besoin de te justifier, comme si tu disais « Je connais le français, mais je me soigne ». Or, c’est justement cette liberté de l’esprit qui te distingue de la plupart de nos « écrivants », trop vite qualifiés d’écrivains. Ils sont allés à l’école, ça se voit. Mais, ont-ils musardé sous nos banglen et nos zakasya ? Ont-ils écouté les dits de « Kèkech », entre deux séjours en geôle, quand il mofwazait le français en langue inconnue, en transformant les écailles de tortue en bijoux ? Ont-ils buté quelques manglous pour obtenir senksou-dis’sou, qu’on n’appelait pas encore euro ? Ont-ils, les soirs d’humanité débridée au « Sénat », cogné sur la table en discourant pour préserver un doubsis d’une mort inutile ? Ont-ils jamais été fous par conviction ?


Henri Hazael-Massieux (Ex Fonctionnaire territorial en exil)



Il n'y a pas de livres obscènes, il n'y a que des livres mal écrits. " O. Wilde
Le texte qui est très bien écrit, traduit parfaitement la pensée de l'auteur, et n'a donc rien d'obscène !
C'est vrai que la forme est de nature à choquer... les débiles et les conformistes.
Mais la poésie, qui est toujours un regard nouveau sur le monde, emprunte toujours des formes qui éclairent de sa vive étincelle le Vrai.
Pour qui connaît le monde dit littéraire de la Guadeloupe, ordinairement et paradoxalement si dénué de couleur de saveur et d'odeur,
il est tout à fait évident que ce texte ne peut être que Sabardinien (comme on dit rabelaisien). Attribuons donc à Idos ce qui lui appartient !
Henri HM


Bernard Leclaire (écrivain marie-galantais)



Drôle de courrier à sa petite cousine ! Lol ! Comme disent les « djeuns » !


Outre le ton qui paraît volontairement très imagé et sarcastique dans la forme, il est évident que dans le fond, il y a un humaniste, croyant de surcroît, qui se débat hélas ! Dans un monde un peu trop stupide à son goût. 

Ceci dit, il adore le vocable cru des amants fous et contrairement à un Tartufe qui ne saurait voir un téton dépassant, notre homme serait prêt lui, à se transformer en caméra miniaturisée pour visiter et revisiter à loisir tous les châteaux passants aussi chatouilleux que muqueux. 

L’Auteur de ce texte n’est pas un intellectuel au sens large du terme. Il serait un autodidacte, un self made man, un Michel Maurin du XXIème siècle, un Raspoutine des temps modernes ! 

Son école en vérité est plutôt l’expérience et surtout une observation caustique des bipèdes que nous sommes. Plus que voir, il sent, il renifle animal l’autre qui est ou qui hait. Il est terrible !

Il se joue de tout, il s’en fout de vous, …bref, il déteste par-dessus tout, ces Messieurs de la ville, ces Messieurs comme il faut, …il est « prière d’un petit enfant nègre » …et il n’ira plus jamais à leur école …et d’ailleurs, seulement à y penser, il est déjà pris de vomissements. 
Il n’est pourtant pas des hauteurs de Latreille, jamais il n’a vu Grand-Bourg de son mât tirolianique.

A croire, que dans la vie, il est probablement un énervé, un grincheux, un insatisfait, un mécontent pur et dur et fier de l’être. Il à le dire on ne peut plus vrai, franc, sans peur et sans reproche tel un Bayard à cheval. 
Il dit haut ce que d’autre n’ose même pas dire tout bas. Il est une grande gueule, pire il a une grande gueule ! Mieux vaut être son ami que son ennemi !

C’est un homme qui n’apprécie pas du tout la société dans laquelle nous vivons, il ne croit pas, il ne croit plus en l’Homme. C’est un nietzschéen, par conséquent un nihiliste convaincu et convainquant. 
Par rapport à ce dégoût, il ne peut s’exprimer que d’une manière acerbe et gerbique. En insultant intelligemment et subtilement, il prend son pied à jouer dans la cour de ceux qui n’ouvrent point leur porte aux autres. Il vous dit tout de même Merde !

Il veut choquer et il choque plus que les oreilles chastes jusqu’à faire exploser les tympans des soi-disant vestonnés-cravatés de cette société bourgeoise et capitaliste. Peut-être, pense t-il que le Guadeloupéen est trop devenu le singe de son maître.

Des singes fanoniques qui se méconnaissent du faciès mais qui dans l’être sont des peaux noirs masques blancs. 
Quand il regarde la danse sociale qui s’agite, il ne peut que rire jaune, et pourtant il n’est point maoïste. Par contre, derrière ce rire moqueur à la Voltaire, n’y a t-il pas « un cœur qui s’écœure, ô bruit doux de la pluie », et qui se ronsardise faute d’être aimé ? 

Il s’amuse à tordre le cou de cette langue trop lisse, trop polie, trop arrondie, trop blanche où depuis trop longtemps plus rien ne le surprend. Où, toute messe est a priori dite, redite, trop dite. Où l’on est dans le perpétuellement connu, reconnu et su d’avance.

Ceux dont le discours est plus que stéréotypé et parfois même déjà sénile malgré leur jeunisme combatif. La Créolité a porté quelques mots suaves du Pays dans un gâteau cosmique au sucre âcre, mais au-delà de la forme, est–elle capable de défendre notre front de la Patrie ? 

Il crie, par pitié de l’air, de l’oxygène, de l’espace, un peu de renouveau, un peu du bizarre, du choquant, du trépidant, enfin un peu de l’érectif, du non-conventionnel, …un peu de rébellion à défaut de pouvoir révolutionner le Monde !

A cet Auteur, je lui dit qu’il reste lui-même. Point n’est besoin de faire plaisir à Carole sa p’tite cousine. Elle comprendra demain l’utilité du franc-dit sans pudibonderie aucune. Les neurones dépucelés, elle sera la première sous peu à en redemander comme tous les autres d’ailleurs. 

Dire dans ce monde, dire, oser dire, être soi, rester soi, sans perversion, sans soumission, sans punition, sans rétention, prendre plaisir, …être et rester le suaire de son écrit ! Demeurer l’excellent esclave de sa plume originelle afin de ne jamais être la pute de ce système scatologisant. 

Raphael Confiant (Ecrivain, universitaire Martiniquais)


Ofet, sé ki sa teks swadizan litérè kouyon la ou voyé ban mwen la pou mandé mwen aprésiasion an mwen si'y ? An plis, ou ka mandé mwen dékouvè ki moun ki maké'y é ou ka pwonmet on pri si an touvé moun-la ! Franchman, an pa ka vwè ki moun ki pé maké on biten vilgè é tèbè kon sa !! An plis, an pa ka sézi pouki ou vlé pibliyé'y si CC1.

Afarel

PS: réponse de l’auteur à R. Confiant.


J'aime trop les écrits de Confiant pour m'offusquer de sa réponse d'autant plus que « point d'éloges flatteurs sans la liberté de critiquer »
J’admire trop le travail de cet homme sur la créolité pour lui envoyer un casus belli. Toutefois, j'affirme, qu'il sait très bien que l'auteur de ces lignes s'appelle Sabardin et je suis prêt à parier tout ce que j'ai (je n'ai rien) sur ce coup là.
Confiant et moi avons quelques passerelles communes. J'ai fréquenté l'habitation Mauduit à St François chez le béké Despointes, lui aussi.
Moi à l'âge de 13-14 ans, je travaillais comme ouvrier, faisant les 3/8 même de nuit. Lui, installé sous la véranda du maître sirotant son punch jusqu'à ces dernières années.
Confiant a écrit le « cahier des romances ». Dans l'édition folio de cet excellent ouvrage il dit page 232 :« vous ne faisiez pas partie de ces cohortes de lycéens besogneux qui apprenaient toutes leurs leçons par cœur » alors que moi je dis dans la « cité des chiens »:
« Avec ma bande, nous nous amusions à contempler et écouter, à espionner ce que j'appelais les studieux besogneux.
Nous les entendions, les studieux.

Les studieux qui gueulaient à tue-tête « Nos ancêtres les Gaulois vivaient à Lutèce », etc...etc
Ils gueulaient les studieux, ils gueulaient leurs leçons à haute voix. Nous avons même pu, à force de les entendre, apprendre le Cid sans connaître Corneille : « ô rage, ô désespoir n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie. »
C'était surtout le jeudi, jour de relâche des écoles, c'était surtout avant 18 heures.
Le soir, ils gueulaient, de nouveau pour le curé : « Je vous salue Marie pleine de grâce », etc... etc
Dans notre bande nous n'étions pas des studieux mais déjà.
Vercingétorix comme ancêtre ?
Le diable toujours noir ?
Les saints toujours blancs ?
On laissait ça pour les studieux, leurs leçons à la con.
Page 233 : « tu n’étais jamais sorti de la Martinique, même pour te rendre en Guadeloupe à dix-huit ans passés » qu’il dit Confiant.
Moi, dans journal atypique d’un nègre fou, page 22 : « c’est à dix-huit ans que je fis mon premier voyage hors du département. Itinéraire Basse Terre, Les Saintes, Fort-de-France, Toulon via Dakar à bord d’un bâtiment de la Marine Nationale (c’est bien connu, les voyages forment la jeunesse même la plus conne).
Si ma modeste plume est une plume de couillon, nous avons chacun à notre façon des points communs. A moins que le célèbre Raphaël soit aussi « un acnéique juvénilisé » que j'ai accroché même d'une manière subliminale. (Réminiscence quand tu nous tiens !)
Bof, après tout, Raphaël et Césaire ?
S'il critiquait la démarche de cet homme, un morpion comme moi, Sabardin Victor ! Ne peut que répéter la célèbre pensée de O.W. :
« Chaque effet que l’on produit nous fait un ennemi. ¨Pour être populaire, il faut être médiocre »

Je persiste et signe. J'aime beaucoup les écrits de Confiant, j'admire sa pugnacité quant à sa démarche vis-à-vis de la créolité, quant au personnage, I don't now. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs.
V. Sabardin

La réaction de Bruno Giroux


Il se trouve que, par un heureux concours de circonstances matrimoniales, je me suis retrouvé propulsé, il y a huit ans beau-fils de Sabardin. Huit ans beau-fils de Sabardin ! Je vous laisse imaginer par quoi je suis passé, tout de même…

Alors quand j’ai lu les lignes en question, ce style inimitable qui fait les présentations tout seul, j’ai tout de suite su que mon beau père avait encore frappé. Vite ! Tous aux abris ! Raz de marais langagier en vue. La chienlit irrespectueuse de la langue française, c’est lui ! L'aboli bibelot du beau babil, c’est encore lui ! Drôle d’espèce que ce Victor là, parti de rien et revenu de tout semble-t-il ! Un carnassier du verbe haut, mentor comme un arracheur du dedans, mais un écrivain surtout. Un écrivain ! 


Cher père-beau,

Mes rapports avec la békéterie sont assez particuliers tu le sais. Il faut dire aussi que bien qu’étant né en Martinique avec un nom en DE, j’ai passé l’essentiel de mon enfance en Afrique équatoriale et là, je peux te dire que j’étais bien loin de me soucier de ma soi disante « génialogie » et des privilèges afférents.

Au Gabon, mes maîtres Silfi à moi avaient l’habitude de ne pas corriger seulement les copies, et ce n’était pas à la baguette mais avec un mètre de tuyau d’arrosage qu’on fouettait rudement les mauvais élèves. Cette pédagogie musclée décida certainement très tôt de ma vocation de « studieux-besogneux »…

Un peu plus tard, au lycée Léon M’ba, (que j’ai longtemps prononcé « Léon me bat »), je reçus une fois en cours d’EPS une correction ingénieuse.

Pour avoir osé grimper sans autorisation à une corde dans le gymnase, (je n’étais pourtant pas le seul), mon « professeur » fit mettre la classe en rang et consigne fut donné à chacun de me de me donner une gifle. Je compris aussitôt les désavantages d’être dans une classe à fort effectif… Si certains de mes camarades ménageaient un peu leurs coups, d’autres ce jour-là se sont bien défoulés et je terminai cette séance physique avec la bouche en sang.

Le hasard qui fait bien les choses a voulu que je devienne moi-même professeur d’EPS un peu plus tard, preuve que je n’ai pas tant que ça tenu rigueur à la corporation. 

Cette parenthèse africaine, cher père-beau pour t’expliquer somme toute que je suis devenu béké sur le tard… Voici à peu près comment.

Il m’arrivait en effet pendant les grandes vacances de regagner mon île natale ; où j’appris chez ma grand-mère, les rudiments béké. Changement radical de perspectives. D’un coup je devenais un être élu… Magique ! Que mon père soit roturier n’avait pas l’air d’hypothéquer mon titre de noblesse, à croire que, comme dans le judaïsme, la religion béké est transmise par la mère.

Pour être honnête, ce statut de « Russe blanc » (nous n’étions pas du tout argentés) m’apporta plus de devoirs que de droits, une façon d’être ou de paraître, d’énormes contraintes familiales, et beaucoup de ressassements. Pour le baptême du moindre morpion familial, même à l’autre bout de l’île, nous étions tous sommés de processionner devant lui avec plus d’égards et de présents que les rois mages réunis. 

Avant chaque repas familial, je t’avoue maintenant que je tentais désespérément, d’un côté de mémoriser les prénoms des principaux membres de ma famille trop nombreuse, et de l’autre, de réviser les hauts faits de mes ancêtres : Voyons, voyons…« Un aïeul capitoul,(1682) enterré à Toulouse dans la cathédrale Saint-Etienne. Un blason, une devise : « recta linea », des armoiries : d’or au chevron de gueules, au chef d’azur chargé de trois étoiles du champ… » Bref, mon passé, cher Victor est à cette époque une récitation d’histoire qui m’ennuie un peu mais je m’acquitte plutôt bien de ce devoir de mémoire.

Grâce, je crois, à tous ces efforts, je suis invité à des bals fastueux où des jeunes filles de bonne famille et bonnes à marier rivalisent de bonnes manières… Je suis mal à l’aise car je réalise d’un coup ce qui se trame ! Je dois certainement à cette époque mon salut de célibataire à une forte timidité. 


Et puis les années passent. Je reste fier de ce legs, mais pas plus que d’oraison. Je quitte la Martinique pour Toulouse, le berceau de mes ancêtres. Un retour aux sources d’une certaine façon. J’y reste une dizaine d’année. Je rencontre Karine, coup de foudre. Trois mois plus tard on est marié. Le voyage de noce se déroule en Guadeloupe chez les parents de mon épouse.

Rencontre avec toi, Victor, mon nouveau père-beau. Un sentiment réflexe d’amitié se crée aussitôt. On file le parfait humour. Tout devrait nous séparer logiquement mais non, même si avec toi, un turbulent du verbe qui manie la langue de bois vert mieux que personne, j’en ai pris copieusement pour mon grade de béké sur les épaules. C’est de bonne guerre.

Dans la foulée, je t’invite aussi chez les miens en Martinique. Hélas, tu ne peux venir et je le regrette encore…

Mais peut-être au fond, as-tu eu raison. Peut-être, soyons honnête comptais-je un peu sur toi à cette époque pour « plastiquer » l’ambiance. Peut-être voulais-je à ma façon introduire un loup dans l’hébergement, culbuter un ordre establishment. Peut-être voulais-je également te montrer que les miens avaient aussi du répondant et que tu n’aurais, qui sait, pas eu la part si facile.



(à suivre)

Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.

  Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.     Il est des hommes dont la présence impose naturellement le respect. Monsieur  Ludovic DARI...