samedi 22 décembre 2018

LA NEGRITUDE NE SE DECRETE PAS !


                            La Négritude ne se décrète pas !

                                                 Remarque suite  à cet article   

La Négritude ne se décrète pas !
On l’a ou on ne l’a pas et on ne s’en débarrasse pas !

       Pas étonnant, dans ce XXIème Siècle du grand retour à l'obscurantisme que l'on veuille systématiquement trouver une opposition morbide entre une vision masculine et féminine.
         Comme si, nous n'avions plus un seul argument intéressant pour oser repousser les rives de notre horizon imaginaire.

         Ce siècle de néant est en train de pourrir les relations hommes femmes. De leur complémentarité légendaire, naturelle et indispensable, la vie avait et donnait tout son sens vers l'élévation.
          Triste est de constater, que même (la) Littérature, aujourd'hui participe à cette explosion. 
        Quand la nature même réunissait des êtres, notre art ou pseudo art les sépare, les oppose, les animalise ...!

       On en a fait un terrain de chasse, de guerre, que dis-je, de guérilla à l’image de l’Occident, maudissant alors le sacro-saint familial qui fondait nos sociétés.
         Depuis, ne vit-on pas un monde plus triste, plus amer et plus vide ?
         Nous avons tué le Bonheur, le bonheur d'aimer et d'être aimé avec la complicité macabre de « l'écrit » devenu des clous cérébraux et des épines du cœur.
          Certains et certaines en ont fait même, un fond de commerce. Leurs livres, leurs essais, leurs contes, leurs nouvelles, leurs films et leurs romans ne parlent que de cela !
         Nonm kont fanm é fanm kont nonm ! Sé on sèl tra-la-la an lari-la !
           Voilà le théâtre à la mode !
           Nous nous trompons constamment de cible !
       De même, au sujet des "pères fondateurs", je dis : Pères de qui et surtout Fondateurs de quoi ?
      D'ailleurs, ceux ainsi nommés, ne refuseraient-ils pas bien humblement et justement de porter un si lourd chapeau-fardeau ?

         En 2018, je me réveille toujours et encore sous le soleil putride de 1848 ... et rien n'a changé, nous avons toujours le même maître, et tout reste à faire.
     Il devient trop facile à n'importe qui, n'importe quand et n'importe où,  de se cacher derrière l’auriculaire de Césaire, de Fanon ou …d’un autre pour jouer à l’apprenti penseur.
     Trop de ses airs tuent Césaire
     En ayant ou pas l’air
     On se joue de ses vers
     Même pour un adultère
Alors 
     Césaire est-il pour autant aimé ?
         Ne faudrait-il pas dissocier le poète de  l’homme, l’homme du politicien, son parcours et sa vision quand il fut jeune, sa transformation,  son évolution à  l’âge adulte,  voir aussi son état d’esprit ou son état d’âme quand  il fut  un vieillard prêt  à s’en aller ? 

      Plusieurs facettes constituent un individu, de quel homme parle-t-on exactement ? 
      N'avait-il pas lui aussi ses limites ? 
      La Négritude est-ce une finitude ? 
      Ne nous a-t-elle pas quelque part fainéantisé ? 

       N’est-ce pas réducteur  de  le  voir que  sur l’angle de la poésie, lui enlevant alors sa complexité dans  une totalité forcément interactive ?

    Nous avons un monde à bâtir, des fondations au clocher du respect, l'édifice sort à peine de terre, la lutte sera encore longue, très longue.
      Il faudra ouvrir la porte aux générations à venir qu'elles voient de loin la route à entreprendre avant systématiquement de brandir « clownesquement » « au bout du petit matin » pensant avoir tout dit ou tout fait. 
     Il manque encore beaucoup de lumière à ce Peuple pour une prise de conscience collective capable de rectifier son réel.
        Cessons de faire de Césaire une arrivée alors qu'il ne serait que notre "poing" de départ !
       Reconnaissons certes les étincelles, les lampes, les phares ...qui ont commencé à jalonner la sortie des traces de canne. 
     Mais osons dire  aussi, avec davantage de force et de lucidité qu’il reste beaucoup à faire, afin que nos jeunes, encore trop souvent sous l’emprise de la léthargie de l’embourgeoisement, s’investissent davantage et se réveillent enfin, pour un futur plus digne de nous-mêmes. Ils sont notre demain et qu'ils le sachent !

B Leclaire.
Grand Bourg le, 21/12/18




mercredi 13 décembre 2017

CREDO DE SANG POUR GUY TIROLIEN

CREDO DE SANG POUR GUY TIROLIEN 

Credo de Sang 
pour Guy TIROLIEN
ED. BOIS D’ÉBÈNE

Oui ...
Il est pourtant revenu le Poète
Revenu à la case du départ
La case des grands départs et de tous les espoirs
Dans cette rue de l'Eglise
Notre Dame de Grand-Bourg
Où Sacco sage canidé guettait ton retour
Retour sur cette terre
Ta terre
Matée et démâtée
Celle-là même où s’est levée ta race
Toute ta race
Afin que trace se fasse miroir
Dans « l'immensitude » des Peuples
Pour toi certes
Mais d'abord pour eux
Toute ta contribution
Ta reconnaissance
Ton amour
Dire et oser
       Exister avant tout …
      Oui …
Exister par-delà la stigmatisation
Par-delà la géhenne des trafiqueurs humains
Exister dans un monde immonde
Un monde sourd
Où l'on ne nous reconnaît
Ni droit au verbe
Ni droit à l'oxygène

Tard diront certains
Trop vieux diront d'autres
Mais là et terriblement là
Pour enfin
Crier et transmettre ta vision
Ta raison
Ta pensée
Ta révolte
Ton espoir
Oui …
Sage et expérimenté
De la grande saga des siècles
Ayant scruté l'Homme dans sa genèse
Ton retour au pays natal
Au bout d’un petit matin
N’est que la dernière balle d'or
Des feuilles vivantes
De tout ce que tu voudrais de sublime
Pour ce Pays nôtre
       Et s'il le faut …
Nous convoquerons encore
Toutes les fleurs de carême et d'hivernage
Afin d'apaiser
Les esprits épouvantés
De la Mare au Punch de Pirogue
Du Haut Matouba
De Mai 67
Et …
Malgré la danse lascive
De la déesse aux seins de satin noirs
Oui …
J'atteste ce jour
Certains ne t'ont pas compris
Ils ne t'ont même pas vu
Ils ne t'ont pas cru
Ils ne t'ont même pas entendu
Étaient-ils trop jeunes
Étaient-ils trop verts
Dans le gluant et l'engluant
D'un idéalisme égoïste
Étais-tu trop vieux
Étais-tu dépassé
Ton heure trop tard
Ou bien trop tôt
Dans la compréhension de l'Histoire
        Oui …
Rien de pire sous l’astre cyclope
Pour une Terre qui ne sait plus faire  Peuple
Et pour un Peuple qui ne sait plus faire Terre
Faire taire oui alors tous les déshonneurs
Les perfidies
Et
Même la malédiction du mythe des sales-gueules
Réinventons l’être vertical
Le poète absolu ou l’absolu poète
N'est-ce pas là
N'est-ce pas cela
Toute la magie d’une Afrique indélébile
Perpétuellement brandissante
L'essence même de ma Négritude
Riche de cette Caribénitude
Réaffirmée mienne
Vôtre
Et …nôtre
Mon africanité retrouvée
Réappropriée et surtout
Résolument consciente
Jusqu’à la cime des baobabs immortels
Oui alors ….
Qui étais-tu
Qui es-tu
Que seras-tu
Dans la cohue et la mélasse de ton histoire
Giclée à coup de lambeaux de chair
A la face d'un Occident putride
Criminel et amnésique
« Sinon l'Afrique
Qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus »
Berceau et tabernacle du Monde
Étang - fleuve et mare de l'humanité
Ils ont volé ton  calice
Ils ont violé tes fils
Et tes filles
Et …
Ils volent encore et encore ton hostie – ton calice
Tes fils
Et …tes filles
Est-ce mon NON à cela
Est-ce ma HAINE à cela
Que vous n'avez su
Ni voir
Et ni comprendre
Oui …
Moi je dis
Malheur et re-malheur
Au destructeur du Poète
J’affirme sous l’immense drap bleuté
Malheur et re-malheur à tous ceux qui
Dans leur exiguïté d'esprit
Dans leur abysse du lugubre
Cultivent la néantisation
Des passeurs de mots
Des passeurs du verbe
Des passeurs de demain
Des passeurs d'humanité
Oui …
J'exige alors Respect
Respect pour ma Terre
Respect pour mon Peuple
Aussi pour celui qui écrit
Qui dicte et qui prédit
Index et phallus  de toutes les destinées
De toutes les voies
De toutes les issues
La Poésie est le troisième œil du Monde
Le triangle nourricier de l’âme
Le cercle de tous les centres
Sachez ooooooh Sachez …
Que le Poète est le garant des avertissements
Le dernier des précurseurs
L’ultime dieu humain
Contre l'ignominie et l'ignorance
    Alors …
Dans combien de temps encore
Perdurera le crime des Incompréhensions
Vis à vis des fils visionnaires
Du Pays Marie-Galante
Pays cœur et univers
Univers cœur et pays
Pays univers … et cœur
Combien de temps
Combien de temps encore…
Et dire
Qu’il était pourtant revenu le Poète
« En lettres d’or
Notre credo de sang ...pour Guy Tirolien ».

BL.
Grand-Bourg le, 05/09/2017.














mercredi 27 septembre 2017

SACRILEGE DE SACRILEGE ! ALEXIS LEGER, DIT SAINT-JOHN PERSE !


SACRILEGE DE SACRILEGE ! 




Alexis Léger, 
Dit, Saint-John Perse
Né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe
Mort le 20 septembre 1975 à Hyères dans le Var
Poète, écrivain et diplomate Guadeloupéen
Lauréat du prix Nobel de littérature en 1960.
Sacrilège de sacrilège !
Alexis Léger 
dit, Saint-John Perse

« Innombrables sont nos voies, et nos demeures incertaines »

Sacrilège de sacrilège
Ils m’ont tué
Que voilà une deuxième fois

Anéanti
Dans ma chair
Dans mon cœur
Dans mon être

Décapité
Et 
Assassiné  
Sur l’autel de l’oubli - de la honte
Du déshonneur
De l’ignorance

Ce 23 Septembre  2017
La Maison de mon enfance
54 rue Achille René Boisneuf
Dans ma ville 
D’art et d’histoire
A Pointe-A-Pitre
Juste quelques heures
Après le passage de Maria
Comme quoi
Le désastre 
Pas suffisamment horrible
Alors
L’on décida l’estocade portée
De ce qui fut moi
Et 
Le tout Pays Guadeloupe

A coup de bulldozer
A coup de concasseur
A coup d’idiotie oui …
Ils ont ratiboisé mon enfance
Ma vie
Mon histoire

Mais leur enfance
Mais leur vie
Mais leur histoire
   
A tous ceux qui 
Sans vergogne aucune
M’ont crucifié sur le Golgotha de la honte
Je dis 
Vos noms pourriront dans la géhenne
Et 
L’enfer même refusera vos âmes

Car 

« Ils m'ont appelé l'Obscur,

Et mon propos était de mer


L'année dont moi je parle est la plus grande Année  

La Mer où j'interroge est la plus grande Mer


Révérence à ta rive

Démence
Ô Mer majeure du désir...


La condition terrestre est misérable

Mais
Mon avoir immense sur les mers
 Et mon profit incalculable aux tables d'outre-mer


...Et ma prérogative sur les mers est de rêver

Pour vous ce rêve du réel...
Ils m'ont appelé l'Obscur
Et j'habitais l'éclat »

De cet éclat de silex vert
Rejaillira toujours 
Une aube de diamant
Face aux ténèbres de fer rouge
Sachez que
Le Poète est Immortel

Vivant à jamais 
Démiurge
Par le temps 
Dans le temps
Par le vent  
Dans le vent
Par l’encens 
Dans l’encens 
Et 
Dans l’esprit 
Et 
Le cœur des érudits

Les zombies eux
Ils erreront ad vitam
Attachés aeternam 
A leur cécité maléfique

Aussi 
Sachez que  
La lumière incandescente
Appartiendra toujours
À ceux 
Qui osent transmettre
L’Humanité de la régénérescence !

         « Ils naviguaient déjà tous feux éteints, 
quand descendit sur eux la surdité des dieux » ...

Bernard Leclaire, G B le, 24/09/2017




dimanche 30 juillet 2017

HOMMAGE A ERIC FONTES

                                                        HOMMAGE A ERIC FONTES
                                                        Hommage à ERIC FONTES
                                                                G/B le, 29/07/2017

POUR ERIC …

La mort n’est que chair
Les gens viennent et traversent
Le cercle  qui toujours se régénère
L'instant d'une porte ouverte
Sur l’extralucide
Certains par l'esprit à jamais demeurent
Mon ami, notre ami
Parent, frère …
Qui subrepticement nous a tourné le dos
Pour le temps du non-temps
Pour le temps de tous les temps
Mais
Ici-bas  parmi nous
L'artiste est présent
Présent
Dans toute sa dimension musicale
Spirituelle et ésotérique
S'il existe bien un présent-continu
Digne d'un commencement d'éternité  
Alors 
Cet art  immuable et intemporel
Est bien notre Eric de l'allée des Poiriers
Notre cher Eric
Silex conscient au sourire délicat
Un être aux contours de sens et du sens
Incompris parfois  dans son acuité du vivant
Toujours à frôler le nirvana
Des envolées magnétiques
Personnage énigmatique certes
L'Artiste au sens noble
Trois fois Oui
Normalement anormal
Dans la cohue d'un Monde pathétique
Mais 
Nectar fondamental
Pour quérir le langage du démiurge
Du bas comme du haut
Dorénavant
Il possède cette clé ultime et alchimique
Clé d'Ut, clé de sol ou de Fa
Mais clé des clés 
Celle de toutes les galaxies  
De toutes les quintessences
De lui plus que quelques photos
Quelques bons souvenirs
Quelques pétales musicaux ici et là
Dans un univers désormais cacophonique
Mais
Dans nos cœurs  vivant et libre il restera
Jusqu'au temps fatidique
Des grandes retrouvailles universelles
Où tous élus et déifiés
Nous t'imaginons frangin
Les doigts sur le clavier céleste avec un Monk
Un Errol
Un Peterson  ou encore un Art Tatum …
Comme tout alors  te semble bien plus  beau
Plus juste  et volupté
D'où tu es
Tu dois nous sourire  si fort
Car
Nous sentons tous  ton regard
De nous  tu ne seras jamais oublié
Chapeau bas l'Artiste.

Bernard LECLAIRE









CES FLAMMES QUI NOUS OBLIGENT À RÉFLÉCHIR

  CES FLAMMES QUI NOUS OBLIGENT À RÉFLÉCHIR             Les immenses incendies qui frappent aujourd’hui l’Europe, le Canada et d’autres régi...