vendredi 3 mars 2023

14 ANS APRÈS, NOUS EN SOMMES AUX MÊMES INTERROGATIONS.

14 ANS APRÈS, NOUS EN SOMMES AUX MÊMES INTERROGATIONS.




Réflexions 

     Sur le « rêve » guadeloupéen.

 

PUBLIÉ LE 1 FÉVRIER 2009 / ÉPISODE DES 44 JOURS DE GRÈVES.

 

14 ANS APRÈS, NOUS EN SOMMES AUX MÊMES INTERROGATIONS.

 

J’ai écrit cet article pendant les évènements des 44 jours de grèves qui ont marqué la Guadeloupe en 2009. Voilà déjà quatorze ans. Nous constatons malheureusement depuis que rien n’a changé dans l’esprit de la rectification souhaitée. Le vrai changement espéré dans le sens de propres et réelles responsabilités tarde à poindre faute de lucidité et de courage fasse à l’avenir. Il ne serait pas stupide d’affirmer, bien au contraire, que la situation a empiré et rien aujourd’hui ne nous annonce une quelconque prise de conscience face à notre triste réalité. 


De plus, je veux pour preuve, sans entrer dans une grande démonstration, le dernier rapport de l’INSEE informant la déperdition de notre démographie. Il n’y a pas plus parlant et plus percutant pour comprendre le malheur à venir. Les Guadeloupéens ont intérêt à faire très attention pour ne pas simplement disparaitre dans les trente ou quarante ans à venir.  

Le CIPPA ne dit pas comme certains qui spéculent encore sur le sexe des anges, que devons-nous faire ? Ce parti politique clairement autonomiste et avant-gardiste dicte, montre et démontre le chemin sur lequel la GUADELOUPE devrait aller. L’heure n’est plus à la tergiversation. Si nous n’allons pas vers le statut de PTOM, alors la France elle-même finira par nous l’imposer. 

 

Entre une autonomie pensée, calculée, souhaitée et une autre ordonnée, il n’y a pas photo. Le CIPPA encore une fois aura averti des dangers à venir. Le Peuple guadeloupéen doit se réveiller et arrêter de croire qu’être apolitique ou pire, ne pas voter aide le Pays à avancer. Chaque fois que quelqu’un de ce territoire détournera la tête de ses propres responsabilités politiques, il devra savoir au plus profond de lui qu’il devient le fossoyeur de sa propre terre.  Chaque enfant du Pays doit devenir Militant en s’engageant clairement pour améliorer son pré carré. Personne ne s’investira pour défendre la Guadeloupe à notre place sinon pour souhaiter et instiller notre départ !


Drôle de retournement, c’est un ministre français qui, aujourd'hui, dit aux Guadeloupéens qu’ils sont incapables de penser et de réaliser leur autosuffisance alimentaire. Il va de soi que si l’on est dans cette incapacité, nous serons automatiquement aussi incapables d’imaginer une quelconque autonomie. La France hier qui n’a rien fait et qui ne fait toujours rien pour permettre à ce pays de mettre en place un quelconque développement économique se permet aujourd’hui de rejeter la faute sur nous-mêmes. Facile cette forme de sophisme. Cela nous ramène à cette mystification historique à faire croire que les Africains ont vendu leur propre frère. L’Occident a les mains propres, par conséquent, nous sommes responsables de nos malheurs.

 

Pour sortir de cette spirale, nous devons présenter le rédactionnel de notre loi organique en précisant notre Projet programme pour le Pays sur les cinquante ans à venir. Les responsables des deux assemblées doivent convoquer un Congrès dans l’optique de finir avec ces deux structures tout en recherchant à ériger une Assemblée Unique afin d’optimiser les urgences du développement de la Guadeloupe. 2003 a été une monstruosité, il n’est pas question que cela perdure. L’État français finira aussi par l’imposer. Le statut de PTOM est le plus adéquat pour la Guadeloupe. Il ne s’agit pas là, d’une révolution, nombreuses sont des îles autour de nous qui fonctionnent avec ce principe encadrant. Nous pouvons établir un PTOM à la carte, mais cela sous-entend une collaboration avec tous les partis politiques pour l’élaboration d’un projet commun. Le Régalien restera à l’État comme cela se fait dans chaque pays Autonome. 


Le CIPPA suggère même de transférer la responsabilité de la Santé à l’État étant donné que ce poste reste particulièrement délicat et onéreux. Cependant, nous devons rester maîtres de notre fiscalité afin de maîtriser les flux financiers capables de générer de l’actif pour cette nouvelle assemblée. Nous ne ferons pas contre l’État. L’État va devoir s’assurer de la bonne réalisation de cette nouvelle gouvernance. Alors, nous ferons avec l’État puisqu’il a aussi la responsabilité de la réussite de cette nouvelle Autonomie. 


Si les Politiques guadeloupéens ne se mettent pas d’accord pour accéder à cette nouvelle donne, il est à parier que le peuple guadeloupéen ne se lèvera pas en masse pour la réclamer. Les Guadeloupéens dans le fond savent que le statuquo est un échec. Les politiques doivent faire preuve de maîtrise et de connaissance de la nouvelle situation souhaitée. Leur hésitation devient un aveu d’impuissance et de méconnaissance de la question de l’Autonomie. 


Ce pays a tellement vécu sur l’idolâtrie de ce système, par conséquent, dans l’inconscient de nos compatriotes aucun changement ne serait envisageable. Surtout pas avec les représentants que nous avons en ce moment. Il s’avère évident que la seule manière de redonner la confiance au peuple guadeloupéen serait de créer un collectif averti maitrisant les tenants et aboutissants d’un nouveau projet, un nouveau paradigme autocentré sur l’avenir économique du territoire. Les politiciens actuels doivent penser Pays et non carrière personnelle. L’heure n’est plus à l’individualisme, mais à la collectivité majeure de cet Archipel qui doit enfin se construire. Les mentalités doivent changer pour définitivement sortir de cet archaïsme ambiant et rétrograde. Le jour où nous serons capables de dire aux Guadeloupéens que nous nous sommes mis d’accord sur un consensus d’évolution, le CIPPA est persuadé que le peuple va suivre. Faisons preuve de compétence et de lucidité afin de porter une note pédagogique à notre peuple dans le but de rassurer tout ce beau monde vers un changement qui dès lors s’impose. 


Si nous restons davantage dans le statuquo, il est évident que nos représentants politiques sont responsables de cet enlisement. Les Guadeloupéens seront prêts pour le changement le jour où nous démontrerons que nous serons capables de verbaliser clairement ce que nous voulons. 

Certains se complaisent dans cette situation parce qu’ils craignent de perdre leur petit privilège. Pour ce qui est du CIPPA, nous avons déjà démontré que l’Autonomie était viable à condition de penser Guadeloupe dans son ensemble et non pour certains. 

 

Allons-nous tous les quatorze ans refaire les mêmes constats ? 

 

Grand Bourg le, 02/03/23 

 

Bernard LECLAIRE 

Président du CIPPA


 

 

Article du premier février deux mille neuf 

                         

 

Ce qui se passe dans notre Pays de Guadeloupe n’est que la résultante de la faillite des politiques publiques jusque-là menées, calquées sur des modèles extérieurs et en complète inadéquation avec les réalités historiques, géographiques, sociologiques et culturelles.


Pour les avoir ignorées, le pays se trouve aujourd’hui confronté à une situation désastreuse dont nous ne mesurons pas l’ampleur. Pour mieux les appréhender, quelques réflexions s’imposent.


La Guadeloupe est sous pression depuis vingt ans. De l’amélioration du niveau social qui s’imposait dans les années soixante, on est passé à un autre extrême, cette pseudo-modernité d’aujourd’hui, sans se soucier du mal qui se répandait autour.


A-t-on seulement pris le temps de s’interroger sur ce qu’il convenait réellement de proposer, ou mieux, d’interroger directement les intéressés sur le fond de leur souhait ? Cette perte de temps supposée de la part d’une élite au pouvoir, sans vision sur l’avenir et obnubilée par le modèle dominant, révèle aujourd’hui la profondeur du gouffre qui sépare les attentes du peuple par rapport à ce pseudo idéal qui lui est proposé.


On a pensé à ériger des tours de béton comme des étendards de succès politiciens, mais on a oublié l’homme, l’Homme guadeloupéen et particulièrement l’âme guadeloupéenne. Où serait donc passé notre Rêve ? 


Le « rêve » guadeloupéen, n’est-ce pas la naissance d’une conscience guadeloupéenne et n’est-elle pas d’ailleurs de la responsabilité de Tous ?
Ce rêve a été mis à mal par un misérabilisme entretenu et une répression farouche de toute tentative de remise en cause de l’exploitation coloniale par le pouvoir.


Tout cela n’a pourtant pas empêché l’éveil des consciences auquel on assiste. De ce fait, je crois que notre plus belle performance est la réussite intellectuelle amorcée depuis les trente dernières années. On voit désormais le Monde tel qu’il est.


Plus personne n’est dupe. Où l’on grugeait nos aînés, les générations d’aujourd’hui ne l’acceptent plus.
 D’ailleurs, cette évolution des intelligences est mondiale. L’Homme en général n’autorise plus n’importe quoi et tout le monde aspire dorénavant au « droit à l’existence » et le Guadeloupéen aussi.


La Société de consommation a investi l’esprit des adultes, mais surtout de nos jeunes qui ne connaissent malheureusement, que cette vie-là.
 Nos enfants ne savent pas ce qu’est d’aller « charroyer » de l’eau des mares pour la toilette matinale. Nos enfants ne savent pas ce qu’est d’apprendre les leçons à la lumière de la bougie. Nos jeunes ne savent pas ce qu’est la valse matinale des tinèt, et autres, j’en passe. D’où leur impossibilité naturelle à accepter la situation qui perdure et qui empire sans la démonstration surprenante de leur insatisfaction sociale.


À une époque, on partait en Métropole effectuer des études dans l’unique objectif de revenir au pays afin de faire progresser sa terre natale. Depuis une dizaine d'années, la donne a changé. La nouvelle génération part faire des études au Canada, aux États-Unis, dans la Caraïbe, mais dans l’esprit de s’établir à l’étranger.

 

Pourquoi ?

 

C’est un signe fort qui signifie que le Pays ne retient plus ses enfants. La crise économique et le chômage endémique qui sévissent depuis quelques années ont désormais fermé les portes de l’Avenir. Nombreux sont aussi les couples qui plient bagages pour retourner vivre en Métropole ou ailleurs. Beaucoup d’Antillais qui atteignent l’âge de la retraite en France, ne reviennent plus passer leurs vieux jours dans leur pays d’origine.

Ce sont là, des paramètres qui devraient nous imposer maintes réflexions.
Le fait que les Îles du Nord soient passées en Collectivité n’est pas une simple question administrative.
 Le fait que les Îles du Sud commencent d'affirmer leur ras-le-bol avec la Guadeloupe n’est pas un simple phénomène de mode. Posons-nous, encore une fois, les vraies questions ?


On a trop la monomanie du laisser pourrir. On pense toujours que l’autre est un ignare en face, et que l’on a la science infuse. Cette attitude pousse toujours au conflit et lorsque la situation explose, il est déjà trop tard.


Avons-nous toujours la communication adéquate pour désamorcer et éviter que les choses ne dégénèrent ? Avons-nous le sens de l’anticipation ?
 Nous aimons les bavardages et les situations conflictuelles. C’est même un héritage français dans lequel nous excellons.


C’est dans un esprit de combat de chefs, de gros bras, où personne ne gagne, et surtout pas le peuple guadeloupéen, que nous cherchons constamment à régler les problèmes.


Il faut croire que les Politiques successives issues de l’hexagone depuis la départementalisation se sont bornées à vouloir transposer un schéma macroéconomique dans un archipel microscopique. Or, il se débat chez nous une microéconomie basée encore sur des signes forts d’un schéma esclavagiste.
Notre microéconomie vit de la culture de la canne à sucre et de la banane et il n’existe aucune autre forme de production exportable, viable et capable d’auto nourrir la population. On est dans le « débrouillardisme ». 


Tout est alors basé sur le jeu pervers de l’importation.
 Incapable de s’autosuffire, la Guadeloupe est esclave de la France, cette mamelle nourricière indispensable alors à sa survie alimentaire.


Cette terre n’est plus que le théâtre de toutes les expérimentations consuméristes pour des développements, à grande échelle vers le marché national.
Nous ne sommes plus qu’une vitrine capitaliste pour un système qui se veut mondialisation et planétarisation.


Est-ce à croire que la Guadeloupe puisse résister, survivre ou se développer avec un tel dessein ?

La Francité veut depuis la décolonisation nous intégrer voire nous absorber parce que probablement nos Politiques n’ont jamais su jusqu’ici réfléchir à un Modèle de développement économique guadeloupéen.

 

Être partenaire de la France ne signifie pas le rejet de la France ! Il serait grand temps que la Guadeloupe fasse des propositions fortes sur « SON CHOIX » de développement économique, social et culturel.


Revenons à notre Jeunesse qui entend désormais parler de parachutes dorés, de spéculations boursières, de rémunérations mirobolantes de PDG et de cadres dans les grandes Entreprises.


Ils entendent parler des gains du millionnaire, des dessous-de-table pour avoir des marchés, des casses, des contrebandes, des deals, des enrichissements faciles par la drogue, toute cette économie souterraine dévoilée au cou des boss et étalée au grand jour par des 4×4 pléthoriques sur nos routes.


Dans le domaine sportif, ils entendent spéculer sur les salaires sur-exagérés dans le foot, le rugby, le tennis, le golf et nous ne parlons même pas de la F1.


La démesure règne en maître et seigneur grâce à son phantasme matérialiste constamment alimenté par le « toujours plus ». Tout cela est très tentant.


On est bercé par cette pluie de milliards aisés qui n’a qu’un but d’aveugler et de meurtrir l’esprit des gens.


J’en veux pour preuve le matraquage des spots publicitaires en télévision, dans la presse écrite, sur les panneaux sauvages, et la prolifération de carte de fidélité dans les magasins, conduisant à une boulimie des achats pour endetter les ménages.


Le coup du « acheter aujourd’hui et payer dans quatre mois », ou « oui, vous pouvez faire dix chèques antidatés » ; à peine sortis des fêtes de fin d’année, on vend déjà la galette des rois. On parle déjà de carnaval, on est déjà à Pâque, ainsi de suite dans une spirale infernale de la consommation.


Dans cette société, on est passé du capitalisme originel au capitalisme libéral, de l’ultralibéralisme au capitalisme sauvage où les riches se sont enrichis en dépossédant les Entreprises pour gonfler les actions en Bourse.
L’argent facile est l’appât rêvé, on veut tout et tout de suite ! On méconnaît le goût de l’effort et de l’attente. L’impatience de la réussite et la frénésie de l’enrichissement incitent l’homme à la perversité.


Contrairement à nos aînés, qui ne souhaitaient que pouvoir nourrir leur famille, la génération d’aujourd’hui, en plus des richesses extraordinaires, veut la « notoriété ».
Comme quoi, l’Image devient un objet de supériorité, monnayable en toute indignité et ce, quel que soit le prix.


Au résultat, le manque de surveillance et de régulation du système a mené le monde tout droit à la crise que nous vivons.


Une crise qui passe par l’argent, le « pouvoir d’achat », mais qui va beaucoup plus loin, engendrant un dérèglement psychologique collectif.


Crise oui ! À tel point, que les gros maigrissent et les maigres meurent. Une situation qui conduit les gens à la famine ou pire, qui transmet un sentiment de frustration, d’impuissance, et d’échec de soi. Une société du voyeurisme où ceux qui réussissent, étalent comme des trophées, à profusion, leurs signes extérieurs de richesse.


Plus grave dans ce chaos, c’est l’homme guadeloupéen en définitive qui va mal. Lui, qui jadis était censé être le chef de famille, il ne supporte plus le regard de sa compagne et de ses enfants face à son échec pécuniaire.


Il finit par s’esquiver, préférant vivre en multipliant ainsi les compagnes tous les deux ans sans pour cela se fixer.
 C’est la famille guadeloupéenne qui se disloque et nous avons comme résultat cette délinquance exponentielle qui gangrène notre Société. Le père n’est pas, le père n’est plus. L’homme guadeloupéen, macho qu’il est, refuse ce sentiment de honte dans une société qui ne reconnaît plus son « droit au travail » et, où il a l’impression qu’il faille soulever des montagnes au sens propre pour exister et pour faire exister sa famille.


Ce qui se vit mal en France, se vit terriblement plus fort dans la douleur ici. Il y a le poids de la Culture. Nous étions un peuple qui se targuait de ne pas imposer le travail à notre compagne et le seul salaire du père faisait vivre la famille.
Aujourd’hui, la Francité s’est étalée et deux personnes qui travaillent dans une famille n’arrivent plus à équilibrer un budget.  


C’est que l’État a laissé le Patronat et les Spéculateurs diriger le monde économique, se retirant progressivement des régies et bradant tout investissement étatique ou semi-étatique, il ne contrôle plus les flux monétaires circulants.


L’État a créé un État dans l’État. Il fallait aussi qu’il trouve un moyen astucieux pour financer les Partis Politiques. Tout le monde sait comment cela se passait et comment cela se déroule encore.


Ceux qui détiennent les grands marchés publics sont ceux-là mêmes qui arrosent les propres pourvoyeurs pour continuer d'exister et de profiter. L’histoire du cercle vertueux.


L’État a nourri une pieuvre par son capitalisme aveugle, irresponsable et égoïste sans jamais être capable de tenir compte de l’éthique, de la bonne répartition des richesses, du respect de ce triptyque qui fonde la République : Liberté – Égalité – Fraternité.


En effet, pendant que l’intelligence générale s’améliorait, d’aucuns ont continué à profiter de la situation, alors qu’une autre tranche de la population, malgré des efforts surhumains, n’arrive pas, n’arrive plus à joindre les deux bouts, allant parfois même à perdre l’acquis par la saisie immobilière.


Dans les années Mitterrand, l’État a pu relancer et maintenir la consommation des ménages, grâce aux recrutements tous azimuts de fonctionnaires. Aujourd’hui, ce même État n’a pas la trésorerie pour relancer la consommation par l’embauche publique.


D’ailleurs les Collectivités se retrouvent dans la même situation de pléthore où la moindre embauche supplémentaire risquerait de déstabiliser leur budget déjà en mauvaise posture. C'est là un énorme problème ! Comment faire pour relancer l’économie ?


Des années électoralistes et du clientélisme, on a sabordé toute éventualité de recrutement de jeunes du niveau cadre B ou A. Il se pose dans ces Collectivités un véritable problème d’efficacité des services puisque 90 % des fonctionnaires sont d’un niveau trop bas. De surcroît, ils refusent tout projet de formation ou de perfectionnement.


Dans cette société fonctionnarisée à outrance, même cette classe, désormais n’arrive plus à équilibrer son budget et encore moins à réaliser des économies pour relancer la consommation.


Par déduction, on peut d’ores et déjà affirmer que la suppression des 40 % de vie chère dont bénéficie la fonction publique serait la mort totale de la Guadeloupe.


L’État « papa De Gaulle » est terminé !
 L’état RMIste, RSA et subventionniste n’a plus les moyens de son assistanat institutionnalisé. Les liquidités se sont envolées dans les pertes colossales des banquiers spéculateurs. Ils sont encore les premiers à vouloir continuer à spolier et à piller les fonds de l’État par des aides détournées. Dans ce système, on a tendance à oublier que l’argent de l’État est l’argent du contribuable. Personne n’est dupe de ce qui se passe et les populations vont se rebeller de plus en plus. J’affirme qu’une explosion sociale n’est pas chose impossible si des mesures urgentes ne sont pas prises.


Les gens et les jeunes en particulier ont l’impression d’avoir été grugés par les politiques menées et par les 15 % de la population qui détiennent hélas toutes les richesses du Pays.


La Guadeloupe ne peut pas trouver son équilibre avec une telle statistique de cinquante mille demandeurs d’emploi. C’est impossible et impensable.


Pour ce qui est du passage à l'euro, rien n’a été maîtrisé. Il serait grand temps de le dire, l'État, encore une fois, a laissé faire les Banques, les Trusts et les Firmes, et l'on ne nous dit pas toute la Vérité sur les méfaits de cette monnaie. L’euro est un échec. Il faut l'exprimer !


Les prix se sont littéralement envolés et tout a été multiplié par six, surtout pour tout ce qui est des denrées de première nécessité. Tout ce qui valait 1 Franc est passé à 1 Euro. Cependant, on oublie que 1 € équivaut à 6.50 F. Dans une telle anarchie économique du coût de la vie, il n’y aura pas d’autre issue que l’implosion qui va précéder l’explosion.


On s'aperçoit que la Société capitaliste n’a pas su maîtriser ou a volontairement laissé filer la vraie valeur de l’argent par rapport à la chose à acheter. D’où un décalage et une incompréhension totale de notre réalité. Il est effrayant qu’en 1976, un immeuble en béton R+2 puisse coûter 200 000 francs et qu’aujourd’hui pour réaliser le même immeuble qu’il faille dépenser 500 000 euros.


Il y a là, une démesure totale pour ne pas dire une folie installée et légiférée qui conduit tout le monde droit à l’abattoir.


Au fil du temps, les populations se sont fortement urbanisées, tout le monde vit dans les villes, on a rejeté les vingt dernières années les terres et les campagnes. La nouvelle génération est essentiellement citadine.

 
Or, la Société guadeloupéenne, à chaque moment difficile, a toujours su résister grâce à sa production propre et à son autoconsommation.
 La société Antillaise se fondait sur l’entraide, la proximité et le bon voisinage, tout cela n’existe plus. En tout cas, plus suffisamment pour servir de réseau de subsistance en attendant des jours meilleurs. 


Il est à remarquer que les revendications d’aujourd’hui sont incommensurables. De plus, je vois très difficilement l’État français être en mesure rapidement de porter une réponse positive à plus de cent vingt-trois points urgents de réclamations. (LKP).


Des questions en plus qui, inévitablement, pour satisfaire la population, manqueront de réponses fiables dans ce même Système en place.
Le total global des points de revendications se voit multiplier par deux si nous rajoutons les questions annexes et collatérales venant directement ou indirectement des points essentiels.


La « Question » des Îles du Sud ne figure même pas à la table des négociations. Or, elle est d’importance pour ces îles qui se meurent depuis plus de vingt ans par un dépeuplement hémorragique.


Vu l’ampleur des points de revendication, il faudrait arrêter la Guadeloupe pendant plus de 365 jours arithmétiquement pour être en mesure de répondre de manière sensée et honnête. Il est question de trouver des solutions fiables, pérennes et non des mesurettes.


Pour ce faire :


– Il faudra commencer par s’asseoir autour d’une table de réflexion afin de définir clairement les chantiers et les actions à mettre en place.


- Il s’agira nécessairement de lister tous les points de revendications touchant l’économie, le social et le culturel.


- Il sera indispensable de mettre en place un agenda, un calendrier de travail dans le temps avec les décideurs, par secteur d’activité propre et respectif afin de faire des propositions pour améliorer le système.


– Il s’agira ensuite de rassembler tous les Corps dans une « Synthèse globale » consensuelle pour voir dans quel contenant pourra se réaliser toutes ces actions.


- Ce contenu sera défini dans le possible immédiat, le court terme, le moyen terme et le long terme.

 

- Il faudra dresser un programme de réalisation, lissé dans le temps sur au moins cinq ans en fonction des urgences.

 

- Le contenant, c’est le Peuple guadeloupéen lui-même qui doit en décider. Toute action économique doit forcément être guidée par une Action Politique.


Cette politique tournée sur l’Avenir doit répondre à 3 critères :


- Quel statut voulons-nous avec la France ?


- Comment fortifier l’économie guadeloupéenne ?


- Qu'elles doivent être nos relations humaines et économiques avec la Caraïbe ?


- Pour cela, aux Guadeloupéens alors d’élire et de proposer les personnalités qu’ils veulent pour réussir le tournant des réformes par la voie démocratique.
Aux Guadeloupéens, par le vote, de définir dans quel statut et rapport avec la France, ils souhaitent amorcer leur évolution.


Toute autre approche serait hâtive, sous la pression et suicidaire. Nous sommes une force de propositions, mais plus que cela, nous devons faire preuve de méthodologie et de pragmatisme.


Par conséquent, le Guadeloupéen doit pouvoir faire confiance à ses représentants. Nous devons, dès lors, faire appel aux compétences et à l’excellence pour réussir à amorcer avec confiance ce New Deal. Il nous faudra l’entente, le consensus, l’harmonie et le même amour de la Guadeloupe, tout en nous respectant pour démontrer aux générations à venir notre Sens des Responsabilités.
Si nous manquons ce tournant, pris dans l’étau de la crise économique mondiale, notre Société va droit au mur.


Si les réponses apportées à la crise que traverse notre société sont adéquates, porteuses d’avenir et innovantes, elles conduiront, nous l’espérons, à l’apaisement auquel a droit notre population ; dans le cas contraire, on aura perdu une opportunité de plus, et plus dur sera le réveil.

 

Lamentin, le 25 janvier 2009.

 

Bernard LECLAIRE

mardi 14 février 2023

GUY TIROLIEN : Un Visionnaire Politique




Hommage à un Visionnaire Politique

 

Je trouve que l'on s’exprime peu sur l'aspect visionnaire de Guy Tirolien, s'agissant de l'Autogestion qu'il préconisait dès 1978 pour notre Archipel.

 

De quoi parle-t-on aujourd'hui ? On n'a jamais autant discouru de changement institutionnel et de mutation statutaire vers l'autogestion.  Il défendait une prise en main autonomiste quarante-cinq ans auparavant, les gens n'ont rien compris, il était en avance sur son temps, un pionnier en la matière et politiquement il avait tout à fait raison.

 

Ainsi, on mentionne TIROLIEN comme un excellent Poète certes, dans une récente émission, j'ai mis l'accent sur son parcours politique fondé sur un avant-gardisme insolent pour l'époque, mais infiniment juste. Ce documentaire trop chargé en intervenants n’a pas laissé place à mes propos. Or, Tirolien est d’abord politique, c’est de cette vision que naquit « Prière d'un petit enfant nègre ». Je ne veux plus aller à leur école ? Il s’agit là, de l’école de qui ? Le « qui » est qui ? 

Dommage, tous ses discours de l'époque n'ont pas été enregistrés. Nous passons tous à côté d'une lumière qui nous permettrait aujourd'hui de sortir de l'obscurité de cette problématique. L'État français dès lors, impose les changements pressentis par Guy Tirolien, que de temps perdu ? 

 

Nos représentants politiques sont-ils à la hauteur des exigences ? Sont-ils capables d'aller au-devant de l'histoire ? Sont-ils déterminés à faire comprendre à la population que le quantitatif d'élus aujourd'hui entre les deux Assemblées est une ineptie ? Le quantitatif de salariés sur ces deux entités ne s'exige pas ? Il ne faut pas confondre quantité et qualité. 

 

Il va falloir revoir la gestion de la GUADELOUPE par une Assemblée Unique avec la moitié des élus et de même pour les fonctionnaires qui y travailleront. Il faut donc, dès maintenant, trouver les orientations afin de recaser les salariés. Les instances en place ont la responsabilité de la réorientation de la carrière de chacun.  Ce nouveau schéma doit être plus efficace, moins quantitatif et surtout moins couteux dans le but d'optimiser l'économie du Pays. Un centime dépensé est un centime constructif. L’heure du gaspillage est terminée. 

 

Si nous passons à côté de ce grand changement, il nous sera tantôt ordonné. Autant désormais, et tout de suite, anticiper en tentant de maitriser convenablement ce nouveau paradigme. La politique de l'autruche est négative, suicidaire et réactionnaire. Notre démographie vient hélas nous prouver que notre Archipel est agonisant et il n'y a pas pire posture que celle de l'immobilisme.

 

Le CIPPA GUADELOUPE, défend un programme chiffré et un Projet ambitieux de Pays et Territoire Outre-Mer pour notre Archipel. Nous devons faire face à l'histoire en prenant nos responsabilités. Le COVID nous a démontré les limites de ce système. Voulons-nous encore une fois fuir nos engagements ?

 

 Ghetto : …/… si je pousse le cri qui me brûle la gorge c'est que mon ventre bout de la faim de mes frères et si parfois je hurle ma souffrance c'est que j'ai l'orteil pris sous la botte des autres …/…

 

Bernard Leclaire 

GB le, 14/02/23

 

Byenbonjou tout moun !

 

            Aujourd'hui on est le 13 février 2023 :  

 

Nous célébrons la naissance du poète Marie-Galantais Guy Tirolien (13 février 1917 - 3 Août 1988), fils de Furcie Tirolien qui fut maire de Grand-Bourg pendant 40 ans, député et président du Conseil Général. Après un excellent parcours scolaire à Marie-Galante puis en Guadeloupe, Guy Tirolien intègre le prestigieux lycée Louis-le-Grand en France hexagonale en 1936 où il prépare avec succès le concours d'entrée à l'École Nationale de la France d'Outre-Mer. Aussitôt ses études terminées, il est enrôlé dans l'armée française dans le douloureux contexte de la Seconde Guerre Mondiale et devient par malheur prisonnier des Allemands (en compagnie de Léopold Sédar Senghor). 

 

Après sa libération, il participe à la création de Présence Africaine (avec Alioune Diop). En 1944, il part en Afrique (en même temps qu'Albert Béville) pour plus de 30 ans, d'abord en tant qu'Administrateur des colonies (Guinée, Niger, Mali, Côte d'Ivoire) puis en tant que Commissaire Général à l'Information au Niger (1961-1965) et qu'Ambassadeur (Représentant Résident) des Nations-Unies auprès des gouvernements du Mali (1965-1970) et du Gabon (1970-1973). Enfin, avant de rentrer définitivement en Guadeloupe (1977), sa terre natale, il est attaché culturel auprès d'Alioune Diop au Festival des Arts Nègres au Nigéria (1976). 

 

De ce très long séjour de Guy Tirolien en Afrique, on retiendra son engagement précoce et sans faille au sein du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) avec ses camarades de lutte Sékou Touré et Madeira Keita (membres fondateurs, avec Guy Tirolien, du RDG : Rassemblement Démocratique Guinéen). La longue carrière diplomatique de Guy Tirolien en Afrique lui a aussi permis de rencontrer les grandes personnalités noires de l'époque, dont l'Empereur d'Éthiopie Haile Sélassié 1er, Père fondateur de l'OUA : l'Organisation de l'Unité Africaine.

 

En Guadeloupe (1977), et plus exactement à Marie-Galante, son île d'élection, Guy Tirolien met au profit du pays la compétence et l'expérience acquises en Afrique, en devenant le fondateur du GRA : Groupe de Réflexion et d'Action, qui lutte pour la décolonisation et l'auto-détermination de nos régions. Il utilise les élections législatives de 1978 pour diffuser ses idées d'avant-garde concernant la question statutaire de nos îles. Il tombe malencontreusement gravement malade en 1979 et s'éteint en 1988, sans avoir pu s'impliquer plus durablement dans la vie politique du pays.

Depuis la disparition trop rapide de ce Grand Nègre, "le ciel en sa mémoire verse des pleurs d'étoiles".

 

Toutefois, Guy Tirolien ne nous laisse pas orphelins : il nous laisse une œuvre littéraire à méditer (Balles d'or, 1961, et Feuilles vivantes au matin, 1977) dont certains chefs d'œuvre datant des années 40 (en particulier la célèbre Prière d'un petit enfant nègre) sont toujours d'une grande actualité quant à la profondeur prophétique de leur thématique.

 

Honneur et respect !

 

Guyto Tirolien Fils.

Association Racines.

 

 

 

 

mardi 20 décembre 2022

En réponse à l’Intervention de Teddy BERNADOTTE - 40ᵉ anniversaire de l’Université des Antilles.

40ᵉ anniversaire de l’Université des Antilles.  

 

En réponse à l’Intervention de Teddy BERNADOTTE.


40ᵉ anniversaire de l’Université des Antilles.  

 

En réponse à l’Intervention de Teddy BERNADOTTE.

 

Cette intervention a retenu toute notre attention au niveau du CIPPA. Nous misons des lustres depuis sur l’excellence guadeloupéenne sachant, que dorénavant, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes afin de trouver les solutions véritables à nos problématiques.  

Ainsi, l’étroite collaboration de l’Université par rapport à la réalité du Pays, demeure un atout de réussite gagnant-gagnant.

  

Teddy BERNADOTTE a raison de souligner qu’aucune université digne de ce nom ne pourrait exister sans tenir compte de la photographie et des perspectives de son territoire. La mouvance du monde nécessite que l'on ait la capacité de s’adapter aux inévitables changements entrainés par la Mondialisation, voire de les prévenir. 

Les politiques publiques doivent s'établir sur cette expertise universitaire afin d’éviter de tomber en anachronisme par rapport au réel.

En effet, depuis plus de vingt ans, on en a grandement fait pour concilier savoir et savoir-faire. De la théorie, passons à la pratique. Nous rencontrons beaucoup de nos universitaires dans les différents cabinets de nos Collectivités. C’est une excellente réalité.

Assurément, nous souhaitons que cette corrélation soit encore davantage soutenue. La préférence à l’embauche de nos compatriotes est indispensable, à condition bien sûr, de créer le potentiel. Des colloques, des ouvrages, des associations… et autres, œuvrent déjà pour cette étroite relation entre les deux, mais il faudra concrètement aller plus loin. 

L’urgence est telle, que nous constatons quotidiennement et béatement l’abandon du Pays par notre population active, un fait dramatique qui devrait davantage nous apostropher.

  

Au CIPPA, lorsque l’on parle de « Souveraineté Alimentaire » comme levier pour définir notre secteur agricole, comme manette indispensable de notre économie, nous ne pouvons pas rester insensibles, soutenant alors étroitement de tels propos. Nous préférons tout de même parler « d’Autosuffisance Alimentaire », l’autre appellation serait un peu idéaliste, voire utopique. Cependant, la seconde nous semble tout à fait abordable par la mise en œuvre des mécanismes douaniers et fiscaux, traduisant ainsi une réelle préférence guadeloupéenne

Remettre en cause la ligne ou l’obtention de financements européens afin de promotionner l’Aide aux Jeunes Agriculteurs est un constat intelligent, même si, quelque part, nous choisissons un PTOM (Pays et Territoire Outre-mer) dans le changement statutaire de notre Archipel. 

Nous donnons autant à l’Europe qu’elle ne nous reverse, dans ce processus rien n’est gratuit. La totalité des actifs financiers, toutes les formes d’impôts confondues, octroi de mer, taxe sur la valeur ajoutée, budgets intrinsèques des Collectivités majeures ou de « La » Collectivité majeure à définir par un changement institutionnel, amendes, radars, sans compter les suggestions sur un pourcentage retenu sur la Française des jeux, notre fiscalité propre et autres… nous devrions largement être au-delà de notre actif financier du système actuel. 

Oui, nous garderons l’Octroi de mer. Cependant, nous porterons une grande réforme sur les taux attribués afin d’harmoniser une véritable relance économique aux services des Guadeloupéens. Il est très sérieusement question de créer une banque locale d’investissements dans le but de répondre aux grands défis de demain. 

Pourrions-nous, à ce point, plus longtemps laisser mourir les îles du sud ? De l’Université à l’existence, à la présence de nos cerveaux dans les postes du pouvoir guadeloupéen, certes une magnifique réalité, mais aujourd’hui ce facteur doit devenir un tremplin de réussite tangible et visible à l’œil nu.

 

La question qui me vient spontanément à l’idée est celle de savoir si nos différents élus prennent réellement en considération les conseils des Experts qui dispensent recommandations et feuille de route ? 

S’il s’agit d’avoir des universitaires à côté de soi comme porter un sparadrap sur une plaie afin de cacher la profondeur et l’étendue de la calamité, alors nous devons nous interroger sur la réelle stratégie du comment sortir de cette agonie ? 

Je dis qu’il serait temps que ces intellectuels se positionnent en véritables Politiques en place de celles et ceux qui parfois n’ont pas le réel désir du changement. Le moment que nous vivons nous impose une forme d’authenticité vis-à-vis des autres et de nous-mêmes.

Le temps de l’objectivité doit être à l’avant-poste de nos actions. Encore une fois, il ne s’agit pas d’entrer en guerre contre quiconque, le Pays est trop petit pour des guerres intestines.  Nous devons ensemble, nous mettre au service de la réussite et de l’excellence de la Guadeloupe. 


Pour ce faire, nos intellectuels encadrants au sein des Collectivités majeures peuvent conseiller les différents chefs d’édilité, qu’il serait temps de constituer un Groupe de Réflexion travaillant sur un Grand Congrès Constitutif qui déboucherait sur une ligne de changement institutionnel afin de créer une Assemblée Unique recherchant l’efficacité méthodologique pour « l'optimisation » de la relance économique globale de la Guadeloupe. Ce grand cadre fixé nous permettra d’envisager une feuille de route pour aboutir à une proposition statutaire pour l’Autogestion de notre Territoire. 

Sachant que la Guadeloupe est un Archipel, il conviendra par un « Conseil des Îles du sud Élargi » d’élaborer un système fiscal permettent à Marie-Galante, la Désirade et les Saintes de bénéficier très rapidement à un électrochoc économique afin d’enrayer immédiatement la déperdition des populations. 

Les Politiques ont la responsabilité première, avec les Universités, de créer les conditions de cette rencontre, de ce travail, de cette réflexion, de ce Brain-Trust… pour essayer enfin de sortir la Guadeloupe de sa léthargie. 

Le CIPPA se met au service des Guadeloupéens pour le rédactionnel d’une pré-loi Organique avec toutes les Entités, individualités et autres… qui voudront bien se joindre à ce Collectif de Travail pour rendre la copie de la Guadeloupe de demain sur la table de l’État français.


Nous ne cultivons aucun traumatisme à ce sujet et cela fait longtemps que nous avons préparé cette indispensable étape de notre Pays. En effet, nous savions avant d’autres (humblement) que tôt ou tard, il n’en serait pas différemment dans la dialectique des évènements à venir.  Le pire serait d'accepter, bon gré malgré, une Autonomie forcée où nous n’aurions pas cette respectabilité de nous-mêmes à proposer la ligne verticale en adéquation avec les doléances de notre population, nous permettant alors de rester en stature debout, face à l’horizon des grands enjeux déjà là.

  

Un Pays qui ne rêve plus est un Pays qui se meurt. Cher Teddy, je compte sur toi pour promouvoir cette grande fraternité autour de la table résurrectionnelle de notre quête légendaire de Dignité. 

 

Pon moun pa pli moun ki nou !

 

 

An nou las fè bigidi, I lè pou nou sav sa nou vlé !

 

 

Bernard LECLAIRE 

Président du CIPPA.

 

Grand-Bourg le, 20/12/22

 

lundi 21 novembre 2022

POUR QUI PRENEZ-VOUS LES MARIE-GALANTAIS ?



POUR QUI PRENEZ-VOUS LES MARIE-GALANTAIS ?


Si nous paraissons gentils, il ne faudrait pas, pour autant, nous faire passer pour des imbéciles.

Il y a six mois de cela, l’État dépêchait une Préfète sur Marie-Galante pour faire un diagnostic général des problématiques majeures dont le but serait de porter des solutions afin de sortir l’île, au plus vite, de sa longue agonie.

Un énième diagnostic, pour quoi faire ?

Lorsque l’on connait, à première vue, les grands freins au développement de l’économie de cette île, par suite de trop nombreux états des lieux, de rapports et que sais-je encore..., déjà existants ? Il y a trente ans que cette île se meurt et ce n’est plus un cas d’école, de savoir qu’il va définitivement falloir consolider et optimiser la filière « canne-sucre-rhum ». Cet effet d’annonce défonce des portes ouvertes pour constater que l’eau de mer est belle et bien salée.

Marie-Galante est un terroir riche et sain en matière du développement agricole. Elle a eu cette miraculeuse chance de n’avoir pas été infectée par la chlordécone, d’où une perspective d’amplification jusqu’ici, pas suffisamment prise en compte par la haute autorité. Ce n’est pas pour rien qu’elle a démontré « an tan Soren », qu’elle était le grenier vivrier de la Guadeloupe.

Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, elle supportait le besoin en pois-de-bois des Îles du Sud et de la Guadeloupe. À un point tel, qu’il a même été inventé sur cette île, une machine à écosser le pois d’angole. Nous achèterons hélas, pour la Noël à venir, des pois-de-bois venant du Costa-Rica !

Qu’en est-il de toute cette dynamique aujourd’hui ? Qu’a-t-on fait pour pérenniser la filière ?

Je me souviens encore d’une époque, où la ferme de VIDON desservait le besoin en viande et sa production en lait frais, mise en sachet sur place, couvrant l’intégralité de la demande locale.

Qu’en est-il aujourd’hui de cette ferme pilote ?
Ne serait-il pas possible d'agir pour qu’elle renaisse de ses cendres ?

Évidemment, on n’a pas pu et surtout pas su gérer l’Abattoir, le seul de l’île, aujourd’hui hélas, définitivement fermé. Cet abattoir inauguré en grandes pompes avec les ustensiles les plus modernes et les plus performants de l’époque.

Jadis, je me souviens encore de cette période, où ce lieu d’abattage se trouvait derrière l’hôpital Sainte-Marie. Lieu où tous les bouchers du pays se

retrouvaient afin, bon gré malgré, d'activer une économie qui permettait, tout de même, à des familles entières d’exister.

Ce même abattoir fut transposé au lieu-dit la Cible. On peut le comprendre, l’ancien était situé derrière un hôpital et une décharge publique à ciel ouvert. Celui de la Cible était déjà bien plus moderne que le premier. On sortait du Moyen Âge pour passer dans le luxe. Il fonctionna des années durant, mais contre toute attente, l’intégralité des ustensiles disparaissaient en catimini, au grand désespoir du SYVOM ou de notre Communauté des Communes. De plus, on avait fini par le rendre obsolète, dès lors dédaigné de tous par le manque d’entretien et de suivi.

Par ailleurs, on se souvient encore, lors d’un fameux reportage TV, de l’horreur constatée de la technique d’abattage à l’ancienne et des conditions d’hygiènes de cette structure, devenue une honte monumentale pour Marie- Galante. C’est alors, avec grand plaisir que ce nouvel abattoir flambant neuf a vu le jour, non loin de l’emblématique Usine de Grand-anse.

Malheureusement, on a pensé budget de construction en oubliant totalement l’essentiel, c’est-à-dire le fonctionnement. Cette structure complètement abandonnée et fermée, est devenue un furoncle sous le nez des responsables de la Communauté des Communes de l’île. Conséquence, alors que je vous parle, je confirme, Marie-Galante ne dispose pas d'abattoir et les éleveurs doivent acheminer leur cheptel par péniche vers celui du Moule. On comprend ainsi la belle intelligence rendue pour le prix d’un kilo de viande locale, revenue à son point de départ. Or, les politiques ont la lourde tâche de combattre la vie chère, objet des évènements de 2009.

Que fait-on depuis ? 

Que propose-t-on pour permettre la restructuration et le réel développement de la filière viande et élevage ?

Comment peut-on, un seul instant, concevoir le développement moderne d’une île de 12 000 habitants, fonctionnant de manière descente sans un abattoir ? On a indirectement légiféré et authentifié l’abattage sauvage à l’ombre des manguiers. On ira dire après, que les Marie-Galantais sont des sauvages et autres...

De plus, il y a tout de même un paradoxe qui me glace le sang, quand je pense à mon île. Je me dis que les Marie-galantais anciennement étaient certes moins instruits, mais force est de constater, avec un recul certain, que le Pays fonctionnait mieux. Nous étions aussi davantage respectés et le bon sens guidait nos actions.

Dans le domaine de la médecine, nous avons encore en tête le nom de certains grands médecins et chirurgiens qui ont sauvé bien des habitants de cette île par suite de maladie ou d’accident grave. L’hôpital Sainte-Marie carburait, la Polyclinique Saint-Christophe, les officines, les cabinets médicaux, les dispensaires aussi, etc. ... et l'on se rendait sur la Guadeloupe vraiment pour les cas les plus graves. Maintenant, c'est l’hélicoptère qui transfère nuit et jour les personnes vers le CHU de Pointe-A-Pitre.

Comment peut-on, narquois, assister à la fermeture de l’Hôtel COHOBA, revendu à l’encan comme une viande avariée ? Attirant dès lors, tous les flibustiers et charognards du monde.

Comment peut-on accepter la fermeture de l’Hôtel CAP RÊVA, à Capesterre, la structure posée là, comme une honte lugubre, emblème de notre léthargie et de notre immobilisme ?

Lors des récentes Élections Municipales et Régionales, on a entendu parler d’un chantier de modernisation de l’appontement de Grand-Bourg, nous sommes en fin d’année 2022 et rien ne se fait. On en a assez de ces effets d’annonces, nous prenant pour des abrutis sans réflexion aucune. J’aimerais bien savoir où en est ce projet ?

Je vous invite maintenant à prendre votre voiture en parcourant la montée de Lalane ou de Beaufils, l’élagage depuis des décennies n’est pas fait, les arbres se touchent des deux côtés des abords de route en arrachant les fils électriques qui dorment parfois tranquillement à même la route, des mois durant. Si un Pays n’arrive même pas, même plus, à maintenir l’esthétique de sa nature, la sécurité des habitants, le nettoyage et l’hygiène de ses espaces... alors, nous pouvons sérieusement mettre en doute l’idée d’un quelconque développement économique.

Des personnes ont brigué des postes politiques dans un esprit de revanche futile et hypothétique comme un leitmotiv existentiel, au détriment d’un Projet réel, d’un Programme tangible pour sortir cette île du macabre et de l’assistanat de sa population. Quid des jours, des mois et des années à venir... faudra-t-il le chaos pour s'apercevoir de l’horreur et du lugubre qui, sournoisement, s’installent ?

Quand allez-vous enfin ouvrir les yeux ?

Je n’en dirai pas davantage sur cet horrible parcours visuel à ciel ouvert qui traduit la morosité dans laquelle se trouve cette île. Je souhaite revenir sur cette mission du constat de la porte ouverte opérée par une Préfète, pour essayer de nous décrire mieux que nous, ce que nous vivons depuis des décennies et que d’aucuns ne cessent de dénoncer. Tout cela, après six mois, pour déboucher sur le simple fait, qu’il va falloir développer la filière « canne-sucre-rhum ». De qui se moque-t-on ? C’est un scandale et une honte intellectuelle.

Comment redispatcher la motivation pour cette relance ? Quels sont les moyens ? Quel budget ? Géré par qui, et comment ? Quelles sont les modalités d’avancer et de surveillance de cette entreprise ? Sur quelle durée et, à quand le changement espéré ?

Au sujet de l’Usine de Grand-Anse, j’aimerais aussi savoir où l'on en est, s’agissant de la fameuse enquête sur l’explosion de la chaudière ? Accident ou sabotage ? De même, où en est-on, concernant la réalisation de l’Unité Centrale produisant l’énergie électrique nécessaire pour pérenniser le bon fonctionnement de l’unité sucrière ? Cette belle idée de l’indépendance énergétique de notre île ? Est-ce subitement devenue une chimère ? Notre Préfète ne dit mot sur tous ces sujets, mais les Marie-galantais sont très accueillants, l’île est attachante... blablabla !

Qu’en est-il du développement des relais pour la diffusion d’un réseau téléphonique qui couvre toute l’île ? Développement touristique certes, mais le téléphone portable ne passe même pas en allant simplement à Capesterre ; a fortiorià l’intérieur des terres? Les mêmes interrogations sur la propagation d’Internet sur tout le territoire, encore trop de zone blanche à une époque où, tous les documents administratifs et bancaires se font sur le Net ?

On a refait, à coups de millions, la piste d’atterrissage en revoyant l’éclairage nocturne et le goudronnage de l’espace. Cependant, on a en amont et en aval totalement oublié l’inexistence d’une Compagnie Aérienne digne de ce nom, pour assurer la desserte rationnelle de la destination. On continue à mettre la charrue avant les bœufs, autant de dépenses pour deux coucous qui se posent aux Basses.

Notre Préfète s’est-elle rendu compte de toutes ces problématiques ?

L’argent public gaspillé sans réflexion aucune, et le Pays est toujours dans la stagnation à cause d’individus incapables de la moindre pensée constructive. Je n’ai rien contre le moulin de Bézard ou autres..., mais quand des familles restent, en 2022, sans adduction d’eau potable, sans électricité et sans une totale couverture du téléphone portable, je dis qu’il y a des urgences ?

Par ailleurs, on a récemment parlé de l’éventuelle fermeture de la Sécurité Sociale sur l’île et voilà maintenant, que se rajoute le spectre du départ aussi, des Impôts. Bonjour les dégâts, lorsque les Marie-Galantais vont devoir aussi systématiquement se déplacer à Blachon pour le moindre petit problème d’impôt, sur le revenu ou de taxe foncière. A ce moment, il faudra alors s’attendre à l’amplification des difficultés en matière de droit de succession et l’indivision regagnera du terrain, sclérosant davantage les perspectives de modernisation de l'île.

Le lycée Hyacinthe BASTARAUD est en sursis, faute du nombre d’élèves requis. L’absence de natalité et le dépeuplement galopant ne vont pas améliorer la situation si nous n’agissons pas pour inverser la courbe. De plus, la Communauté des Communes, elle-même, dans ces offres d’emploi, a déjà amorcé une forme d’interversion par la mélanine, accentuant ainsi, le trou démographique des autochtones. Nous assistons, en effet, à un remplacement systématique du personnel par des individus essentiellement de l’hexagone. Attestant alors, consciemment ou inconsciemment, que les locaux sont des incapables. Il n’y a pas pire suicide collectif programmé que celui de désavouer ses propres frères, son propre peuple, aux yeux de soi-même et des autres. Comment peut-on, à ce point, devenir le propre bourreau de sa terre ? Quid de la question de la DIGNITÉ ?

Je dis qu’il n’y a pas de fumée sans feu, cette stratégie d’annoncer des malheurs afin d’appuyer inconsciemment, par anticipation, sur le bouton maléfique de l’inacceptable, pour finir par rendre le pire "acceptable" dans l’inconscient des gens. Un Pays où l’on serait même capable de dédiaboliser le diable en personne, dans le but de le faire passer pour un saint. Dans cette culture de l’échec, il faudrait un jour se poser la question : qui profite du crime Qui cherche à nous vendre la mort de notre île ?

Des décennies durant, nous avons vu le Pays se vider, alors que nos représentants locaux n’ont jamais osé imposer sur la table des réflexions ce sujet pourtant, on ne peut plus crucial. Il fallait d’urgence, essayer d’en débattre avec tous, pour tenter de trouver, au plus vite, des solutions afin d'arrêter cette hémorragie de la désillusion.

En ce sens, comment comprendre et supporter aujourd’hui, depuis quatre ou cinq ans déjà, qu’il n’y ait aucun Service Maternité dans cette île ? Marie-galante serait-elle réduite à n’être définitivement plus qu’un mouroir à ciel ouvert ?

Comment concevoir un seul petit instant, l’idée même qu’il n’y ait plus aucun Marie-galantais qui naisse sur ce territoire ? Quand on connait la fierté de ce peuple, à battre son estomac et à crier dans le blanc des yeux d’autrui, « Je suis Marie-Galantais » ! An sé moun mawigalant, moun lanklo !

Comment ? Comment accepter cela ? Encore une fois, à qui profite le crime ?

Il faut désormais avoir le courage de le dire, le Pays régresse et sombre sans mot dire sous le regard « fouté-pa-mal » de ceux qui en ont la charge. Les mêmes qui s’esclaffent et ont l’air tout à fait satisfait de cette banqueroute programmée.

Madame la Préfète, je ne mets pas en doute votre bonne volonté, il est vrai que l’île est gracieuse et attachante, mais il faudrait bien plus aujourd’hui, pour remettre ce Pays sur les rails du modernisme.

Dans le cadre du changement Institutionnel et très probablement Statutaire qui vont devoir suivre sous peu, en Guadeloupe, il serait urgent de concevoir une réflexion consensuelle pour optimiser le concept des Îles du Sud qui, jusqu'ici, n’a jamais fait l’objet d’une profonde et moderne pensée, suffisamment virile afin de combattre les mauvais temps à venir.

Le champ de tous les possibles doit enfin s’ouvrir, si nous ne voulons pas disparaitre dans le demi-siècle à venir. Je n’y serai pas, mais d’aucuns par-delà le temps, oseront répéter haut et fort, que je l’avais dit.

Bernard N’DENDÉLÉ LECLAIRE

Président du CIPPA 

Grand-Bourg le, 12/11/22

Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.

  Hommage à Monsieur Ludovic DARIN, dit FÉFÉ.     Il est des hommes dont la présence impose naturellement le respect. Monsieur  Ludovic DARI...