samedi 4 avril 2015

PLUS JAMAIS CELA EN GUADELOUPE !



                                            Ambition Guadeloupe
         Communiqué de Presse.
Ambition Guadeloupe, par la voix de sa Présidente ainsi que de tous ses adhérents,  spontanément et avec une sincérité empreinte de confusion – eu égard aux circonstances – apporte tout le réconfort humain et affectueux à la famille Trobo et particulièrement à Patricia,  suite à l’abominable événement survenu à la Cité Mortenol de Pointe-A-Pitre.
Il est vrai qu’aucun mot au monde ne saurait condamner assez fortement un acte aussi vil et ignoble. Quand on s’attaque aux aînés,  on bafoue les fondamentaux  indispensables à la survie de notre Société.
Cet acte barbare, lâche et innommable nous impose d’ouvrir les yeux et de regarder en face et sans faux-fuyants, l’état de la conscience individuelle et collective de notre Pays.
Jusqu’où irons-nous encore pour enfin oser crever l’abcès, tous ces actes, en vérité, sont les inconséquences des maux qui rongent le vivre-ensemble de notre bel Archipel.
Ceux qui ont commis l’irréparable sont là, aussi pour nous rappeler que notre Société Guadeloupéenne en déperdition, depuis un certain temps déjà, n’arrête pas de nous lancer des signaux témoin d’un profond malaise que nos principaux responsables malheureusement n’entendent  pas et ne voient pas !  
La mort de cette mamie guadeloupéenne ne saurait être vaine – il revient à chaque Guadeloupéen, à chaque père guadeloupéen, à chaque mère guadeloupéenne et à chaque jeune de Guadeloupe  de se dire, de se demander dans le fond de son âme ce qu’il a fait ou plutôt… ce qu’il devra faire pour plus jamais ça.
Il importe  de glorifier des logiques constructives contre celles de la Destruction (de l’Autodestruction) qui est l’antichambre de la déraison ! Et dans cette démarche chacun doit prendre sa part.
Fòs pou lafanmi Trobo.
Communiqué de presse AG.
Le S G Adjoint.  B. Leclaire. 

Le, 01/04/2015

dimanche 15 mars 2015

RENCONTRE LITTÉRAIRE - ECOMUSEE DE MURAT LE 20 MARS 2015 A 18H

Soirée Littéraire


autour de mon dernier recueil de poésie : 

"Sortir du Macadam" ! 


Le vendredi 20 mars 2015 à 18h00. 

Vous êtes très chaleureusement invités par 

l’Écomusée de Murat.




vendredi 13 mars 2015

Vérité, vérité, rien que la vérité et toute la vérité ! (suite à notre Conférence de Presse avec les Gérants de Stations-service du 10/03/2015.







Vérité, vérité, rien que la vérité et toute la vérité ! 

Suite à notre Conférence de Presse avec les Gérants de Stations-service du : 10/03/2015. 
 

      Il est temps que la transparence triomphe dans le débat de ce pays - on ne communique plus, or le Guadeloupéen souhaite se faire une opinion objective et juste sur les maux qui rongent son quotidien. Tout semble alors trouble et voilé !

  La même stratégie et  la même tragédie persistent dans tous les domaines importants de la Guadeloupe.
  Est-ce une triste spécificité ?

  Pour l'Eau, on n'y comprend rien du tout - pour l’Hôpital, s'agissant de la santé, on n'y comprend rien – pour la construction du nouvel Hôpital sur les Abymes, on n’y comprend rien, il n'y aurait même plus de financement  - pour le développement économique des Îles du Sud, on n'y comprend rien - pour l'investissement et le fonctionnement de Trafikera, on n'y comprend rien - pour l'électrification de l'Alliance, on n'y comprend rien - pour les réparations du Pont de la Gabarre, on n'y comprend rien – pour la réparation de la bretelle menant vers Laurissisque, laquelle est tristement fermée depuis plus de quatre ans, on n’y comprend toujours rien -  pour la Continuité Territoriale toujours inappliquée, on n'y comprend rien - pour la gestion du WTC, on n'y comprend rien - pour le Mémorial Acte, idem, on n'y comprend rien - pour l'indépendance de la Presse locale, on n'y comprend rien - pour le Transport Urbain, on n'y comprend rien - pour la réfection des bâtiments de Baimbridge, on n'y comprend rien – pour la gestion des Terres Agricoles, on n’y comprend rien – pour la gestion des provisions de l’Octroi de Mer, on n’y comprend rien... etc. – et bien sûr sur la question de l’Essence, on n’y comprend toujours strictement rien !

 A croire que ce pays se gère dans une opacité volontaire… C’est pour cette raison première qu’Ambition Guadeloupe, qui se veut l’émanation de la société civile, souhaite désormais comprendre et surtout faire comprendre au Peuple Guadeloupéen qui sont véritablement ceux qui se cachent derrière le masque de l’obscurantisme et de la « détransparence » ?

    La problématique du Carburant est un exemple concret et flagrant sur le comment et le pourquoi de la planification de nos échecs répétitifs. Chez nous, à travers un problème, on cherche d’abord à régler des comptes avec autrui, mais le vrai sujet du débat est toujours écarté a fortiori pour lui trouver une éventuelle solution fiable et viable. Il en est de même pour tout le reste. Hélas !

       Dans un pays où règnent le favoritisme – le clientélisme – le népotisme et la subjectivité aveuglante, comment voulez-vous faire avancer les vrais dossiers ?

       Dans un pays où les Politiques en place, depuis des lustres fonctionnent avec un esprit clanique pour une mainmise absolue sur l’émergence de la moindre petite idée contraire sans même être forcément contradictoire !
Comment voulez-vous enfin rentrer dans la modernité du XXIème siècle ?

Il y a là, comme une espèce de malkadi  contagieux du pacha – du petit prince ou du petit dictateur en herbe... qui pense, par la professionnalisation de la Politique, qu’il va installer et instaurer son veto à tous niveaux. L’intérêt collectif est laissé au placard au profit de l'individualisme qui tue l'âme guadeloupéenne. Seul le petit groupe doit respirer et mort aux autres ! Il y aurait là, comme un hymne à une forme du Poutinisme inconscient, morbide  et néfaste !

Personne ne peut et n’a le droit de penser ou même de réfléchir en dehors de cette organisation du pouvoir de l'absolu et de la pensée parfaite.  
       
Ainsi va la Guadeloupe et Ambition Guadeloupe veut, avec détermination et grâce à l’énergie de tous ces Guadeloupéens rebelles, changer un système devenu dès lors suicidaire et anti-progressiste pour la réussite de notre Archipel et de sa jeunesse trop longtemps délaissée dans la souffrance et l’immobilisme.

Les pratiques empiriques et vétustes d'un autre siècle méritent d’être aujourd'hui complètement remisées aux placards des antiquités et remplacées par un nouvel esprit réformateur et novateur, tenant entièrement compte du besoin réel et profond de notre Peuple. Cette noble population qui cherche à affirmer son savoir-faire et son savoir-être dans un monde où nous fûmes déjà trop souvent oubliés par les autres et pour l'être encore, par nous-mêmes !

Ambition Guadeloupe prend le pari de faire la lumière sur tous les grands dossiers afin que les Guadeloupéens puissent voir et comprendre à chaque instant, quelles sont les véritables enjeux qui se dessinent pour leur Avenir ! Le but est de traiter les dossiers avec objectivité, avec clairvoyance, sans parti pris et sans contre-parti aucuns.

Nous ne sommes pas étonnés du refus de participation  du Président de Région à la grande Réunion de Travail prévue le vendredi 12 de ce mois.  Bien sûr, il est question que cette rencontre se déroule avec tous les acteurs du secteur, en plus, face à la Guadeloupe entière puisqu’il est exigé que ce débat soit a priori entièrement filmé par un direct télévisuel pour des raisons de transparence, de bonne tenue pédagogique et de bon entendement  pour l’ensemble des Guadeloupéens.
Ce n’est pas en faisant la poularde que les problèmes seront résolus ! Quand on a des choses à dire, on les dit en face, sans pour cela envoyer les dire ! Surtout, quand on pense détenir la vérité or l’attitude et le comportement traduisent manifestement le contraire ! Alors de grâce, cessons d’insulter l’intelligence des Guadeloupéens en traitant d’un revers de main les questions de fond comme étant a priori « sans fondement » aucun !

Pour ces raisons, nous ne sommes ni de Droite et ni de Gauche ; notre Parti Politique est la Guadeloupe – rien que la Guadeloupe et tout pour la Guadeloupe.
Toutes les solutions défendues seront a priori bonnes pour l’amélioration de la vie des Guadeloupéens et du Pays de Guadeloupe. Nous n'avons pas de chapelle et nous ne roulons ni pour, ni avec quiconque sinon pour et avec l'avancée et le progrès du peuple guadeloupéen.
Merci de comprendre et de conforter notre démarche afin de libérer enfin cette voix vitale de nous-mêmes.

Nous n’avons qu’une ambition : la Guadeloupe !
Qu’un interlocuteur : l’Avenir !
Qu’une loi : la prise en compte des intérêts de tous les Guadeloupéens face à un monde qui ne nous aidera pas si nous ne nous aidons pas nous-mêmes.


Bernard Leclaire.
Secrétaire Général Ambition Guadeloupe.
Grand-Bourg le, 11/03/2015.








dimanche 18 janvier 2015

Oh toi qui danse ...!


OH TOI QUI DANSE ...!





Oh toi qui danse … !

Ne prend pas mon cri
Pour  cri du désespoir
Ne prend pas mon cri
Pour  sanglots amers
Ne prend pas mon cri
Pour  renoncement à la Vie
Ne prend pas mon cri
Pour gesticulations
Ne prend pas mon cri
Pour le déshonneur

Ne prend pas mon cri
Pour  cri des ténèbres
Ne prend pas mon cri
Pour  cri des abysses
Ne prend pas mon cri
Pour  stridences du lugubre

Mon cri est cri
À briser  les léthargies
Mon cri est  cri
À vaincre les exorcismes
Mon cri est cri
De ralliement
Mon cri est cri
Des rebelles

Il est cri
De victoire
Il est cri à crier
Que demain
Il sera alors possible
Un soleil guadeloupéen !


BL. 18/01/2015

vendredi 9 janvier 2015

…Il était une fois la France !


…Il était une fois la France ! 




…Il était une fois la France !

Oh que non, je ne trouve pas des raisons à l'innommable ! Mais je veux aller plus loin dans la compréhension des choses.

Comment et pourquoi un pays Démocratique et Républicain peut-il faire naître en ses entrailles des anti 1789 ?
 Qu'a-t-on raté de la sorte pour que le ver soit si bien logé dans le fruit ? Pourquoi nos jeunes sont-ils attirés par les Extrêmes au détriment de nos valeurs humaines et "civilisationnelles" ?
   
Je ne me contente pas d’une photographie ou essentiellement du factuel !  Ce que nous vivons n'est pas né d'aujourd'hui, nous avons fermé les yeux quand les premiers signes ont fait surface. Pire, nous avons fait naître l’horreur !

Depuis Mai 68, nous nous sommes efforcés à tout désacraliser ! Nous avons à force, déstabilisé voire tué le monde des Lumières !       Un monde où le Père n'a plus sa place ! Un monde où la Mère n'a plus sa place - où la famille toute entière n'a plus sa place - où "travailler" n'a plus sa place - où le Maire n'a plus sa place - où le Prêtre n'a plus sa place - où l'Instituteur n'a plus sa place - où le Service National n'a plus sa place – etc. …

Commençons par nous poser aussi les vraies questions – la monde Occidental a enlevé l’homme du centre de tous les débats afin d’y mettre la rentabilité et la spéculation … on  a détruit le respect de l’homme et l’homme dans son respect !
 Mon analyse est sociologique où d’autres ne le voient que par la petite lucarne de la TV.

Je m’attarde sur les inconséquences avant les conséquences, sur le pourquoi des causes avant les causes !
 Voilà les raisons qui font que la crise du monde occidental s’aggrave sans trouver remède.

Quand on ne s’arrête que sur le visible on ne résout rien sinon on s’enfonce chaque jour davantage dans le chaos. Le Français est le premier anti français – il est le premier a jeté l’opprobre sur son propre savoir-faire a fortiori sur son faire-savoir ! 
Il achète étranger sans se rendre compte de faire l’économie, parfois même, de son propre ennemi. Le Français qui a de l’argent, et même quand il n’en a pas, veut rouler en Porsche – en Mercedes -  en Audi … et j’en passe !

La France et tout le système occidental ont une nouvelle révolution culturelle à mener au sein de leurs propres peuples afin de gagner les grands enjeux du futur.

Ceux qui en ont, ils ont tellement pratiqué et pratiquent encore et toujours "la spéculation" qu'ils ont fait du Capitalisme une barbarie bis élevant alors une armée enrobée de fanatisme contre un système qui a priori devait au moins permettre au plus grand nombre de survivre !

Certains sont les propres fossoyeurs de notre monde ! Ils se connaissent ! Mais, je reste d'accord sur le refus total de la bestialité. Par contre, dénonçons les spéculateurs et aussi, soyons pour une redistribution des richesses !
Quand ton voisin ne mange pas, il finit par devenir ton ennemi ...! 
Lorsque tu dénigres qui tu es – ce que tu as …alors ne compte pas non plus sur autrui pour faire ton éloge !
Il était une fois la France – il était une fois le Général De GAULLE !

Grand-Bourg le, 08/01/2015
Bernard LECLAIRE.

dimanche 7 décembre 2014

La Guadeloupe dans son Environnement Caribéen sur le Plan Culturel.




Contribution de Bernard LECLAIRE, 
Chargé de la Coopération caribéenne à Ambition Guadeloupe.



La Guadeloupe dans son Environnement Caribéen  sur le Plan Culturel.  

         Il est évident que l'un de nos plus gros chantiers à venir sera de nous efforcer à ancrer définitivement notre Archipel dans le paysage mental et physique de la Caraïbe.  
Cette orientation est indispensable et ne pas la pressentir est un non-sens irresponsable !
         Force est de constater que jusqu'à aujourd'hui, aux yeux de beaucoup d'entre nous, cette CARAÎBE dont nous parlons reste une chimère à défaut d'être au moins un rêve de développement dans les décennies à venir. Elle nous échappe par notre arrogance mais l’histoire finira un jour par nous dicter le contraire, et nous n’aurons alors plus que nos yeux pour pleurer !
Tout cela pour vous avouer le vide qui est à combler avant de nous sentir réellement Caribéens. Rien n’est véritablement fait pour inverser cet état de fait !
         Nous méconnaissons totalement les voisins qui nous entourent or nous affirmons notre « européanité » avec fierté !
         Sur le plan historique, que serions-nous si nous n'étions pas Caribéens ?
         Sur le plan géographique, que serions-nous si nous n'étions pas Caribéens ?
Sur le plan culturel, racial et sociologique … que serions-nous si nous ne nous sentions pas Caribéens ?
Il y aurait là, un sacré problème de déculturation, ou d’acculturation !   
Sans entrer dans les causes profondes de cette détestation de nos frères immédiats, « Ambition Guadeloupe » a d’abord la vocation de mettre l’index où ça fait mal !
Nous ne sommes pas venus en Politique pour les friandises du roi. Nous sommes et nous serons dorénavant là, avec vous tous, parce qu’il y a un Pays en mal de devenir, il y a un Pays à construire, un Peuple à redéfinir dans son entité guadeloupéenne et universelle !
Pour cela, justement la Caraïbe, notre Caraïbe comme un ciment, un tremplin est et sera le pré-carré de notre Avenir.
Ainsi, grâce à une Politique active de grande coopération nous attestons que les échanges bilatéraux seront multipliés dans toute la zone afin que le rapprochement soit effectif.
Du point de vu de l’éducation des scolaires, il faudra que les langues comme l’anglais et l’espagnol soient mieux maîtrisées pour faciliter les échanges culturels et économiques. La Caraïbe est avant tout une chance et un atout pour demain !
Nous aurons l’occasion de préciser la Politique que nous souhaitons mettre en place pour parfaire cette connexion dans d’autres rencontres. Ici, ce soir nous affirmons notre vocation à cultiver cette dynamique comme l’élément primordial de nos perspectives de développement pour notre pays.
La CARICOM (1973) en son état a prouvé ses limites échappant ainsi au réel, notre réel et celle de la Caraïbe. En ce sens, elle n’est pas tangible, et elle s’enferme dans les méandres du juridisme et de l’administratif. Il est temps que le réel surpasse le virtuel !
Nous voulons une Politique de l’action – du possible et de l’atteignable ! La politique a le pouvoir de transformer demain et si nous affirmions le contraire alors, nous serions tous dans la formule du désaveu et de l’immobilisme !
La Politique doit contribuer au bien-être et à l’amélioration des êtres dans une société donnée ! S’il en est autrement, alors il faudra reconnaître l’échec de ceux qui sont au pouvoir en laissant à d’autres la possibilité de porter des solutions.

Merci de soutenir AMBITION GUADELOUPE.

B. Leclaire.  

07/12/2014.


dimanche 21 septembre 2014

« Marie-Galante, paradis avant liquidation ! ou Sortir du Macadam ! » : Bernard LECLAIRE emprunte la voix du blues et des griots pour dire MARIE GALANTE.

PRÉFACE DE SCARLETT JESUS.





« Marie-Galante, paradis avant liquidation ! ou Sortir du Macadam ! » :

Bernard LECLAIRE emprunte la voix du blues et des griots pour dire MARIE GALANTE.





"La poésie est mémoire baignée de larmes"
Miguel Angel Asturias, "Châtiment des profondeurs", 1966.

           « Sortir du macadam », c’est se détourner d’une voie dans laquelle on se sent englué, abâtardi, aliéné. C’est se séparer d’une communauté dans laquelle on ne se reconnait pas pour, comme le fit le nég mawon quittant l’habitation, s’installer endeyó, entrer enrézistans.La métaphore qui est ici utilisée pour donner son titre au livret poétique de Bernard Leclaire indique clairement une voie à suivre : celle d’une rupture
Bernard Leclaire se positionne donc ouvertement dans la tradition d’une poésie engagée. Celle du Cahier d’un retour au pays nataldans lequel Aimé Césaire brosse le portrait d’un nègre soumis, « le très bon nègre », qui se redresse et se révolte.  Une poésie engagée qui met en scène la figure emblématique brossée par Jacques Roumain dans Bois d’Ebène, en 1945, celle du Rebelle incarnant à lui seul l’espoir d’un avenir meilleur :

            Nègre, colporteur de révolte,
           Tu connais tous les chemins du monde…
           Mais quand donc, ô mon peuple […]
          Reconnaîtrai-je la révolte de tes mains ?

Comme Césaire le fit pour la Martinique, Jacques Roumain pour Haïti ou, avant Bernard Leclaire, Guy Tirolien  pour Marie-Galante dans Balles d’Or en 1961, chacun de ces poètes monte au combat par amour pour son pays natal. Pour Bernard Leclaire,  c’est bien en raison de cet amour qu’explose, à travers un cri de douleur d’une rare violence, une colère longtemps contenue. L’urgence de la situation le  contraint de renoncer à chanter les charmes d’une nature enchanteresse, pour déplorer la déchéance dans laquelle se trouve son île. Exactement comme le fit le poète chilien Pablo Neruda, écrivant en 1938 dans L’Espagne au cœur :

           Vous me demandez pourquoi ma poésie
           Ne parle pas du songe, des feuilles,
          Des grands volcans de mon pays natal ?

 Avec Bernard Leclaire donc, le Poète est « celui qui dit non » à un monde dans lequel il ne se reconnait plus, un monde qui fait de lui un être dénaturé, aliéné.  Au réquisitoire qu’il dresse à l’égard d’une société en décomposition, il oppose des valeurs de vie qui seules permettront à une communauté réunifiée de reconquérir, avec sa liberté, sa dignité.  Car un puissant  désir orphique l’habite, celui de « changer le monde » par sa parole éclairante, comme le disait un autre poète rebelle, Rimbaud.
Pour satisfaire à cette ambition élevée qui se double d’une vision prophétique concernant  l’avenir, un « haut langage » s’impose. Il relèvera tantôt de l’épopée, tantôt du registre sacré.
Dans le premier long poème, intitulé « Hommage à Alonzo », Bernard Leclaire s’empare d’un personnage ayant réellement existé. Avec lui, il entreprend d’écrire l’Histoire de Marie-Galante, une histoire longtemps occultée. Il confie à ce personnage dont il fait son porte-parole le rôle d’incarner à lui seul l’identité de toute une communauté. Afin d’en assurer la cohésion. C’est donc avec fierté que celui-ci se présente, « Moi Alonzo fils rebelle ». La mémoire des Marie-Galantais a retenu en effet que Saint-Jean Alonzo, ancien esclave illettré, fut considéré comme le meneur des troubles ayant éclaté à Pirogue lors des élections législatives de juin 1949. Et qu’il fut, pour ce motif, condamné avec 42 autres rebelles. Dans un long monologue, Alonzo exprime sa douleur et sa colère face aux générations actuelles qui ont renoncées à suivre son engagement. Il les exhorte à reprendre le flambeau pour atteindre l’idéal qu’il poursuivait :

           Ensemble faisons tous le pèlerinage
          De l’impossible et de l’inimaginable 

A la menace implicite qui clôt son discours évoquant le châtiment d’une « possible et rude colère », succède un second monologue, celui de l’Ile. Personnifiée, celle-ci devient une figure allégorique incarnant la Terre-mère. A sa présentation, « Moi, Marie-Galante», succèdent des litanies destinées à décliner ses différentes qualités  :

            Femme rebelle
           Femme debout
           Femme fiel
           Femme mamelle, etc...

Procédant alors à une mise en scène plus dramatique que précédemment, le Poète opère un double  renversement. Marie-Galante « la Gracieuse » se transforme d’abord en Furie. Son monologue donne lieu ensuite à un second procès dans lequel la population de Marie-Galante est à nouveau mise au banc des accusés.  Mais non plus cette fois pour des actes de rébellion.  Pour s’être complu au contraire dans le « néant », le « vide », la « division », le « déshonneur ». Le registre épique impose des oppositions contrastées entre le Bien et le Mal, des simplifications ainsi que des exagérations visant à renforcer l’horreur  et le dégoût que suscite le spectacle donné à voir. Aux accusations succèdent, pour venger la profanation dont ont été victimes les morts, une série d’imprécations appelant la malédiction sur les coupables.
La péroraison s’achève sur une menace réitérée, d’autant plus forte qu’utilisant la seconde personne elle cesse d’être générale pour s’adresser personnellement à tout un chacun.
Si le jazz est l’expression musicale inventée par les esclaves de la Nouvelle Orléans dont  Marie-Galante, « Terre de bues », se réclame, nous retrouvons également dans l’écriture poétique de Bernard Leclaire des dissonances et des ruptures de rythmes qui l’évoquent. Toutefois, à la différence des « subtils glissandos » de la trompette de Satchmo évoqués par Guy Tirolien, ce sont plutôt des stridences  qui se font entendre dans les vers de Bernard Leclaire.  Des stridences qui sont indissociables des claquements de tambour d’un Ka. Martelant de façon répétitives certains propos, déroulant des improvisations toujours en équilibre instables, ou suspendant le déroulé des mots par la pause d’une simple conjonction détachée : « Et » ou « Mais ».
 Ces partis-pris à la fois littéraires et musicaux font l’originalité et l’intérêt d’une écriture que l’on  pourrait qualifier de « Poétique des griots ». Une poétique mêlant Histoire et Mythe, écriture et oralité, images poétiques et injonctions. Nous retrouvons ces partis-pris dans le second poème du recueil, « Congo de mon île » qui débute, lui aussi, par une prise de parole à la première personne du Congo : « Je suis le Nègre dernier ». Derniers arrivés sur l’île après l’abolition de l’esclavage, les Congolais, comme les Indiens venus d’’Inde un peu plus tard, ont été méprisés et ont éprouvé des difficultés à s’intégrer à la population. La situation d’énonciation choisie ici permet à ce Congo d’évoquer son histoire personnelle avant d’englober dans  un « Nous » généralisant toute une communauté.
Le ton prend des allures bibliques, parfois même prophétiques (« La fin d’un monde est proche »), recourant volontiers à l’assertion, à l’injonction, à l’aphorisme imagé,

             Il n’y a pas d’arbre sans écorce
            L’écorce ne fait pas l’arbre

ou revenant avec insistance sur la notion du temps écoulé, de manière incantatoire :

             Il a fallu du temps
             Beaucoup de temps
            Trop de temps
            Jusqu’à pas longtemps encore

Bernard Leclaire  s’autorise même à utiliser, en la détournant de sa signification première, l’image de la « Bête immonde » pour rendre plus saisissant le constat –celui-là même qui parut en février 2009, dans le « Manifeste des 9 »-, de ce à quoi a conduit le libéralisme économique : « non pas épuration ethnique comme ce fut le cas pour le nazisme, mais bien à une sorte « d’épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain ».
S’est alors posée au Poète la question : comment sortir Marie-Galante du « macadam » ?
Aimé Césaire aurait certainement répondu : « Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes. »
Abandonner les vieilles routes bitumées et sans espoir pour emprunter des chemins de travers grand ouverts sur des imaginaires poétiques.
Avec les figures poétiques d’Alonzo et du Congo de Marie-Galante, Bernard Leclaire libère un imaginaire dans lequel « le politique [se trouve] enchanté par l’utopie », comme  le préconisaient les Neuf. Il croît qu’il est possible de réveiller les consciences ; et que l’on peut agir collectivement pour changer le monde.

Ensemble faisons tous le pèlerinage
             De l’impossible et de l’inimaginable

Cette confiance peut également se lire dans le troisième poème du recueil, « Marie Galante », qui exprime la dévotion que le Poète ressent envers le pays qui l’a vu naître. Réduit à dix-sept vers, il se présente sous une forme rappelant les litanies que le croyant adresse à la Vierge Marie. Ce « pays », précédé de l’article défini (« le »), se voit complété par une série de compléments qui en précisent le sens, accompagnés d’un possessif à la première personne. L’évocation amplifiée de ce « mien pays » renvoie (et construit tout à la fois) à un imaginaire qui, s’il prend racine dans le passé (la terre des ancêtres), tend vers une liberté à conquérir et à faire respecter, comme l’indique le dernier vers.
Enfin, les deux dernières pièces se présentent comme les deux versions différentes (l’une en français, l’autre en créole) d’un même poème « Aller à veau l’eau ». Ce titre reprend l’idée de la faillite d’une société qui va à sa perte, idée qui traverse tout le recueil dans son double titre « Marie-Galante, Paradis avant liquidation ! ou sortir du Macadam ! ». 
L’héritage laissé par la mainmise consécutive à l’esclavage puis au colonialisme comporte deux volets, l’un économique, le capitalisme, l’autre idéologique, la religion catholique qui prône soumission et acceptation des souffrances ici-bas, en attente d’une  vie meilleure dans l’au-delà. Il semble donc parfaitement cohérent qu’à un poème écrit dans la langue de la puissance dominante, le français, succède un poème qui s’en émancipe et revendique une langue à soi, forgée par les ancêtres durant la période de l’esclavage. Le « face-à-face » ou diptyque que constituent ces deux versions d’un même texte sont loin d’être une pure traduction (dont on se demande d’ailleurs quelle serait la version originale). Elles rendent compte de deux façons d’appréhender le monde. 

De façon abstraite, pour l’une, à l’aide d’images renvoyant à la Bible (évocations de la Genèse et de l’Apocalypse en particulier) et aux chefs d’œuvres  d’une culture dite engagée (Les Tragiques d’Agripa d’Aubigné ou encore Les Châtiments de Victor Hugo).  Et, pour l’autre, une langue qui puise ses référents dans son environnement, où « l’arbre » n’est pas n’importe quel spécimen, mais un « pyébwa », ou « ma terre » ne se contente pas d’être une référence particulière, mais véhicule à travers l’expression « Péyi  an-mwen », la charge affective d’un lien détenteur d’une identité.  Perpétuer la mémoire des ancêtres c’est, de façon métaphorique en français  faire « sonner » et « claquer » les noms de ses martyrs, tandis que le dire en créole, c’est faire entendre tout à la fois des bruits concrets (« nom dyo sé kloch-légliz  ») et les souffrances endurées (« sé fwèt »). Si la désignation du Capitalisme, « Bondyé-Lajan », évoque le culte du veau d’or  qui suscita la colère de Moïse, le Poète se sent investi, lui aussi, d’une mission supérieure, qui n’est pas simplement  devoir de mémoire mais aussi réparation. C’est avec une rare violence que le créole exprime cette idée, n’hésitant pas, là où le français se contente de dénoncer « l’ignominie », à avoir recours à la malédiction  (« Malédisyon !... Malédisyon !Pou tou séla ki chwazi maké nou si do konsidiré nou té ké zannimo »). A ce « Moi » justicier qui se dresse, tel le bras armé de Dieu, répond dans la même langue « Papa–Bondié an mwen » ; un « Gran-nonm », bien différent de l’image  traditionnelle du « Grand Barbu ». Celui-ci réitère la malédiction émise précédemment, malédiction qui sera suivie d’une Apocalypse, la « liquidation » annoncée par le titre, dans « on gran tonnèdidyé ». Après quoi s’ouvrira une nouvelle page du grand Livre de la Création…

Le titre du recueil poétique de Bernard Leclaire « Marie-Galante, paradis avant liquidation ! ou Sortirdu Macadam ! », se présente comme une bannière largement déployée sur laquelle peuvent se lire, sous la forme de deux slogans, une menace et une injonction. Les points d’exclamation témoignant tout à la fois d’un élan et d’une émotion. C’est donc bien une œuvre ambitieuse dans ses intentions (« ramener à la raison » ses compatriotes avant qu’il ne soit trop tard), et courageuse dans ses propos puisque l’auteur y expose ouvertement son engagement politique. De fait, une telle entreprise relève d’un devoir de mémoire qui s’inscrit dans une tradition, celle –orale- des griots. 

Le Poète se veut dépositaire d’une mémoire collective, celle de tout un peuple, en vue d’alimenter une Histoire qui reste à écrire. Marie-Galante eut ses propres martyrs qu’il convient de ne pas laisser dans l’oubli mais de célébrer dans une langue enflammée. Car ce recueil poétique témoigne aussi d’une écriture poétique spécifique, une écriture caractéristique d’une antillanité. Elle relève d’une esthétique héritée d’Aimé Césaire et de la Négritude, reconnaissable à la violence de la révolte qui l’anime et à l’inventivité de son langage poétique. 

Bernard Leclaire nous offre une œuvre puissante et puissamment poétique en raison de l’imaginaire sur lequel elle s’ouvre. Non pas destinée à une jouissance solitaire, mais ouverte sur un avenir où parole poétique et praxis vont de pair. Ainsi Bernard Leclaire pourrait-il retourner les propos émis par Saint-John Perse lorsque  celui-ci décrétait dans son Discours de Stockholm:« C’est  assez pour le poète d’être la mauvaise conscience de son temps. »
-« Awa ! Awa ! ».

Alors, aurions-nous entre les mains un Contre Saint-John Perse ?...
Peut-être pas. Mais nous avons bien là, assurément, une œuvre de combat. Une œuvre qui ne laissera personne indifférent.

                                                                                                                 Scarlett JESUS, 20 septembre 2013.